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Je suis APLP parce que…

"Je suis artiste pour la paix parce que quand je me monte sur scene, j'ai l'impression de faire la paix avec mon âme et celle du public. Je me retrouve là, en lieu sûr, pour explorer les forces et les failles de nos coeurs, sans danger, sans jugement ni discrimination pour célébrer la beauté de l'humanité. Et si la vie était toujours ainsi ?"
Paule Tremblay, autrice-compositrice-interprete
"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire
"Je suis artiste pour la paix... Sans la paix, pas d'avenir pour la planète. Contribuer à bâtir une culture de la paix me semble un devoir."
André Jacob, auteur et artiste-peintre, APLP honoraire
"Je suis artiste pour la paix parce que la paix justifie l'espoir ."
Denis Carrier, auteur

In Memoriam : un texte visionnaire d’Andrée Ferretti, la passionaria de l’indépendance

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Andrée Ferretti nous a quittés le 29 septembre dernier à l’âge de 87 ans. Pour lui rendre hommage, nous republions un texte paru en octobre 1987 dans le no 57 de l’Aut’journal. Ce texte représente, selon nous, l’essence même de la pensée politique de Mme Ferretti par sa défense de la culture québécoise. Il a été écrit pour exprimer son opposition au traité de libre-échange nord-américain. Comme elle l’a fait tout au long de sa carrière, la passionaria de l’indépendance n’hésite pas à fustiger les leaders indépendantistes, dans ce cas-ci MM. Parizeau et Landry, lorsqu’elle croit qu’ils errent. Dans ce cas-ci, force est d’admettre que les événements lui ont donné raison (NDLR).

Je voudrais m’employer à démontrer, ne serait-ce que pour l’instruction de messieurs Parizeau et Landry dont les voix, elles, étrangement, trouvent soudain un si puissant écho dans nos médias, en quoi et pourquoi un tel accord, quelles qu’en soient les conséquences, bonnes ou mauvaises, pour le Canada, constitue la pire menace qui n’ait jamais pesé sur l’avenir de la nation québécoise, puisqu’elle met en péril notre identité avec son corollaire, notre créativité.

Après les échecs répétés et couteux des solutions économistes aux problèmes structurels d’un développement capitaliste traditionnel dans les sociétés post-industrialisées – erreurs également commises par le gouvernement péquiste – ce sont les investissements dans les industries culturelles (principalement dans les arts, les sciences, l’informatique et les communications) qui sont devenus le nouveau système nerveux du développement économique et de l’organisation sociale des sociétés contemporaines, entraînant un complet renversement des rapports entre économie et culture, celle-ci remplaçant celle-là comme pouvoir fondateur de tous les autres pouvoirs. Il nous faut donc absolument comprendre que, moins que jamais auparavant, il ne peut y avoir de souveraineté culturelle sans souveraineté économique et vice-versa et qu’elles ne peuvent s’exercer, dans notre monde presque exclusivement composé d’États-nations, que dans le cadre de la souveraineté nationale.

Procéder à l’atomisation des sociétés

Avec l’avènement de la révolution technologique et des transformations qu’elle opère dans tous les domaines, particulièrement dans ceux de l’informatique et des communications, nous assistons en effet à une transformation majeure, à l’échelle internationale, de mode de production et de distribution des biens et des services qui porte à un degré encore jamais atteint la puissance des pays déjà dominants et, à l’inverse, décuple la dépendance des autres.

Bien que ce phénomène soit fort connu et évidentes ses conséquences, je crois utile de rappeler qu’il tient essentiellement au fait que la condition sine qua non d’un rendement profitable du nouvel ordre économique basé sur l’industrie culturelle est sa pleine capacité d’expansion mondiale. D’où la nécessité pour les gestionnaires des grandes entreprises transnationales qui proviennent toutes des pays hautement industrialisés et technologisés et largement dominés par les États-Unis, de procéder à l’atomisation des sociétés, à l’uniformisation de leurs besoins et à la limitation maximale du degré d’imprévisibilité de l’action sociale.

Nous assistons ainsi à la mise en place des structures propres à l’exercice d’une démocratie de plus en plus restreinte dans laquelle l’ultime pouvoir de décision appartient aux gestionnaires du savoir, c’est-à-dire à ceux qui maîtrisent les sciences et les techniques de manière à contribuer à un développement toujours plus poussé et plus rapide de l’informatique et des télécommunications, puisque ce sont ces technologies qui permettent de prévoir les situations, d’une part, et, d’autre part, de conditionner les mentalités et les comportements. D’où l’actuelle diffusion dans le monde entier, par les puissances qui contrôlent les télécommunications, d’une prolifération de discours contre l’interventionnisme des États dans les économies nationales.

Vers l’uniformisation des modes de vie

Cette critique négative du rôle des États et la valorisation de l’entreprise privée n’ont rien à voir avec un supposé néo-libéralisme, car, loin d’avoir pour objectif de rétablir le pouvoir capitaliste traditionnel et la reprise des économies nationales, elle ne vise, au contraire, qu’à lever les derniers obstacles à la performativité internationale des industries oligopolistiques qui exigent l’uniformisation générale des modes de vie, des savoirs et des savoir-faire.

Ce qui explique le rôle prépondérant que, dans leur stratégie, les gestionnaires accordent à la production culturelle. Il s’agit pour eux, par le biais d’une programmation et d’une diffusion massive des mêmes informations et des messages, de provoquer partout et en même temps, les mêmes besoins, d’inculquer les mêmes goûts, de développer les mêmes compétences, de répandre les mêmes idées, de promouvoir les mêmes valeurs. Il s’agit, en bref, de détruire le potentiel productif de chaque société qui tient à l’originalité de sa culture nationale, à sa manière spécifique d’attribuer utilité et signification aux objets et aux idées. Il s’agit, en bref, de pulvériser toutes les différences culturelles afin de transformer les personnes et les nations en consommatrices passives de tout ce qui dérive des innovations technologiques produites par les firmes transnationales.

Avec comme résultats déjà observables, selon des analyses publiées dans différents numéros de Le Courrier de l’UNESCO, une civilisation mondiale basée sur l’imitation des formes d’expression américaines au détriment de la création selon les valeurs esthétiques, intellectuelles et morales propres à chaque nation, même dans des pays qui possèdent de riches traditions culturelles et qui jouissent de la souveraineté politique.

Développer notre créativité en sauvegardant notre identité

J’espère que je porte d’assez gros sabots pour qu’on me voie venir et que je n’aurai pas besoin d’insister davantage pour faire sentir combien il est capital que nous ne participions pas à aucun acte politique dont nous ne contrôlerions pas entièrement toutes les implications. Or, à l’intérieur du Canada, le Québec ne dispose d’aucun des pouvoirs majeurs nécessaires à l’élaboration et à l’application de politiques nationales en matière de communication qui sont devenues le moteur principal du développement, non plus qu’en aucune autre matière de contrôle économique, ni, enfin, en matière de relations internationales.

À la lumière de ces données, il me semble qu’il est facile de voir l’énormité du danger que représente pour le peuple québécois un éventuel traité global de libre-échange entre le Canada et les États-Unis et qui aurait pour effet incontournable de le soumettre aux impératifs d’expansion d’une puissance industrielle, financière, politique et militaire fondée sur son impérialisme, en plus de le lier à un modèle de société où règnent les pires inégalités sociales et la violence sous toutes ses formes.

Que messieurs Mulroney et Bourassa feignent de l’ignorer est terrifiant, mais attendu. Que messieurs Parizeau et Landry ne l’appréhendent pas est plus étonnant, votre incompréhensible, si on veut bien continuer à croire à la sincérité de leur engagement dans la défense des intérêts du peuple québécois.

Non, il ne vaut vraiment pas la peine, en réaction contre le Canada, de nous jeter dans les bras des États-Unis. Aujourd’hui comme jadis et naguère, le meilleur moyen de garantir notre existence est de développer notre créativité en sauvegardant notre identité. Elle est la voie royale qui nous permettra de prendre avec avantage le tournant décisif de la révolution technologique.

Une cérémonie d’adieu aura lieu le vendredi, 11 novembre, de 13h00 à 18h00, au Salon Memoria, 1115, rue Laurier Ouest, Montréal (courte période de témoignages à 15h30).

4 Commentaires

  1. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    9 novembre 2022    

    Rappel de son discours en hommage posthume à Hélène Pedneault où les compliments qu’elle y distribuait généreusement pourraient aider à dresser son propre portrait: « Droite et lumineuse, aussi aimante qu’intrépide, aussi sensible qu’intelligente, elle a écrit les paroles de la chanson Du pain et des roses (Marie-Claire Séguin – Paul Klopstock) pour accompagner la première marche mondiale des femmes en faveur de leur émancipation, partout sur la terre. En faveur. Car il s’agit bien de cela. Comme je l’ai écrit, dans un texte-hommage, le jour de sa mort, le premier décembre 2008, cette femme était toute entière dans son amour. Comment dire autrement qu’elle guerroyait uniquement pour, jamais contre, même quand elle fustigeait les malveillants, leur bassesse et leur violence? (ce qu’Andrée elle-même a fait) . Même quand indignée jusqu’à la révolte, elle dénonçait avec virulence l’injustice sous toutes ses formes, elle proposait dans le même souffle solutions et actions porteuses d’espoir. Elle écrit clairement, a des opinions fortes basées sur une information exacte et étendue, critique avec courage un monde blâmable, mais ne tombe jamais dans le moralisme, son humour décapant et son formidable sens de la métaphore la protégeant d’un tel travers. » Fin de la citation : applaudissez Andrée Ferretti ici présente, s’il-vous-plaît, étais-je alors intervenu.

  2. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    10 novembre 2022    

    Nous avons oublié de remercier L’Aut’Journal pour ce texte tiré de leurs archives: https://lautjournal.info/20221109/memoriam-un-texte-visionnaire-dandree-ferretti-la-passionaria-de-lindependance

  3. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    14 novembre 2022    

    Merci à l’historienne Lucia Ferretti et à toute la famille élargie qui m’a permis d’évoquer de vive voix ce souvenir d’Andrée, solidaire des Artistes pour la Paix, pendant la cérémonie à sa mémoire du 11 novembre après-midi (je remercie aussi Nicole Boudreau qui a fait une éloquente eulogie réussissant à couvrir l’ensemble des engagements de notre fervente Québécoise).

  4. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    27 novembre 2022    

    Lucia Ferretti a pris le soin de m’écrire :
    « Merci monsieur Jasmin, pour votre présence au salon lors des funérailles de ma mère
    et du beau témoignage que vous lui avez rendu
    en l’associant à son amie Hélène Pedneault.
    Cordialement, Lucia Ferretti.

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Les APLP suggèrent…

Voici deux organisations humanitaires qui sont actives en Ukraine et dans les pays où les Ukrainiens se réfugient, sans être contrôlées ni par le gouvernement ukrainien ni bien sûr par la Russie.
Note : ces liens mènent directement aux sites web des organismes. Les dons ne transitent pas par les APLP.

Nos actions récentes

20 novembre 2022 : Lettre à la ministre Mélanie Joly : Négociez avec la Russie !
26 septembre 2022 : Événement Nourrir la paix à Rosemont.
17 septembre 2022 : Nettoyage du parc Lucia-Kowaluk pour le Journée internationale du nettoyage de la Terre.
28 juin 2022 : Lettre à la ministre des Affaires étrangères.
28 juin 2022 : Manifestation avec le Mouvement québécois pour la paix
8 mai 2022 : Manifestation Les mères au front à Québec..
5 avril 2022 : Les APLP endossent la lettre du Canada Peace Network contre les dépenses militaires.
27 mars 2022 : Lettre à l'ambassadeur des États-Unis à Ottawa.
26 mars 2022 : Manifestation avec Échec à la guerre contre la guerre en Ukraine et au Yémen.
23 mars 2022 : Lettre à l'ambassadeur de Russie à Ottawa.
23 février 2022 : Lettre à la ministre Joly sur l'Ukraine.
15 février 2022 : 33e cérémonie des Prix APLP.
21 décembre 2021 : Nos souhaits de paix 2022, lettre aux ministres fédéraux.
13 décembre 2021 : Lettre au premier ministre sur l'exportation d'armes vers l'Arabie Saoudite.
21 novembre 2021 : Deuxième lettre au ministre Miller.
27-28-29 octobre 2021 : Lettres aux nouveaux ministres fédéraux Joly, Guilbeault, Anand et Miller.
19 février 2021 : Lettre ouverte au PM concernant Haïti.

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