UNESCO, clé de notre souveraineté culturelle

Par Pierre Jasmin, artiste pour la paix (english follows)
https://www.lautjournal.info/20260217/unesco-cle-de-notre-souverainete-culturelle
À Paris, deux événements affirmaient le 13 février notre volonté québécoise vitale de souveraineté culturelle : en prévision d’une décision à venir mercredi à l’UNESCO [i], le ministre Mathieu Lacombe espère, contre les GAFAM et Netflix américains, un élan de solidarité européenne.

Le ministre Lacombe à l’UNESCO en février 2025 (photo dans l’Aut’Journal)
C’est beaucoup espérer de leaders qui s’acoquinent à la 61e conférence sur la sécurité ARMÉE de Munich, tout en étant restés mous et indécis dans la défense du Kalaallit Nunaat (baptisé Groenland par ses envahisseurs vikings) : notre gouverneure générale y a implanté un meilleur symbole de solidarité diplomatique en ouvrant un consulat, geste apprécié par le seul député québécois du NPD, Alexandre Boulerice (m’a-t-il confirmé en zoom vendredi matin).
Afin de motiver les Européens, suscitons un appui des forces culturelles unies, malgré l’atermoiement du ministre fédéral Marc Miller qui représente un Canada anglais dont les repères culturels n’ont aucun éloignement par rapport à l’hégémonie de Hollywood, alors que la CBC est désertée par les auditeurs qui se voient promettre sa suppression par Poilievre pour des raisons « économiques » depuis 2 élections au profit de CTV.
Du côté québécois, Paul St-Pierre Plamondon se méfie non sans raison du ministre Miller, ministre de l’Identité et de la Culture canadienne, méfiance qui l’a motivé à effectuer sa sortie malencontreuse sur « la vacuité intellectuelle et l’aplaventrisme d’une partie substantielle du milieu culturel québécois franchement gênants, j’ai honte » en réclamant « une loyauté envers le Québec …et la francophonie ».
Qu’il salue d’abord le choix du Rassemblement pour un pays souverain qui offre le prix Antoine Gérin-Lajoie à l’illustre Louise Deschâtelets dont les vingt-cinq ans au courrier du cœur du Journal de Montréal à donner des conseils avisés la signale aux yeux de tous comme la digne successeure de notre Janette Bertrand [ii] et surtout qu’il s’engage à ne pas suivre les traces des magouilleurs Macron et Trudeau ayant trahi la secrétaire générale de la francophonie, Michaëlle Jean à l’idéalisme pourfendant en Afrique les mutilations génitales au nez et à la barbe des présidents, au profit d’une représentante du Rwanda qui a opté pour la langue anglaise lucrative pour ses exportations de coltan pillé chez son voisin le Congo, continuellement trahi depuis Lumumba [iii].
Lors d’une belle entrevue à Radio-Canada, au jour de la Saint-Valentin cher à nos cœurs d’AplP meurtris par l’asphyxie appliquée à tous nos articles, le ministre Lacombe a souligné avec fierté le triomphe de l’artiste féminine de l’Année aux Victoires de la musique, Charlotte Cardin. Son chant, comme celui des Klô Pelgag et Ariane Roy reine de l’Adisq 2025, est servi par un registre étendu, un beau sens du rythme accentué par des chorégraphies rehaussées par des danseurs choisis avec une belle sensibilité à l’Histoire des Noirs de ce mois de février.
Les Artistes pour la Paix sont là pour affirmer que le combat contre le fasciste Trump ne se fera pas par 82 milliards de $ annuels détournés des services sociaux et de la lutte pour sauver le climat vers la construction de pipelines et l’achat d’armes périmées tels ses F-35 contrôlés à distance par le Pentagone, mais par le retour à des valeurs défendues par l’ONU et le Secrétaire général Antonio Guterres.
C’est par une solidarité avec l’ACEUM, le Mexique, Cuba et le Venezuela et par l’union avec les pays désireux de paix non pas avec l’OTAN mais avec le BRICS et l’Organisation de Coopération de Shanghaï cherchant à éviter une invasion destructrice de l’Iran [iv] auquel le Canada vient de surajouter des sanctions économiques. Et pour les médias qui nous censurent pour nos opinions politiques, nous saluons le retour des voyages sans visa vers la Chine (merci à la ministre Anita Anand!) et réitérons notre solidarité avec l’approche lumineuse du ministre Lacombe de l’Unesco, dont le siège est à Paris et qui a pour objectif de :
« contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science, et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue, ou de religion, que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples ».
i L’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture est une institution spécialisée internationale de l’Organisation des Nations unies (ONU), créée le 16 novembre 1945 à la suite des massacres et dégâts de la Seconde Guerre mondiale.
iv https://www.artistespourlapaix.org/monsieur-le-premier-ministre-lettre-contre-la-guerre-28-janvier-2026/
(a shortened version)
In Paris on February 13, two events affirmed Quebec’s vital desire for cultural sovereignty: in anticipation of a decision to be made on Wednesday at UNESCO [i], Minister Mathieu Lacombe hopes for European solidarity against the American GAFAM and Netflix. This is a lot to hope for from leaders who are hobnobbing at the 61st Munich Security Conference, while remaining weak and indecisive in their defense of Kalaallit Nunaat (Greenland, named after its Viking invaders): our governor general has established a better symbol of diplomatic solidarity there by opening a consulate, a gesture appreciated by the only Quebec NDP MP, Alexandre Boulerice (as he confirmed to me on a zoom on Friday morning).
We should rally by supporting united cultural forces at a political moment where Minister Lacombe has not yet enjoyed support of Federal Minister Marc Miller. Artists for Peace are here to affirm that the fight against fascist Trump will not be won by diverting $82 billion annually from social services and the struggle to save our climate, to the construction of pipelines and the purchase of obsolete weapons such as the F-35s, remotely controlled by the Pentagon, but by a return to the values defended by the UN and Secretary-General Antonio Guterres. It is through solidarity with the CUSMA, Mexico, Cuba, and Venezuela, and through unity with countries that desire peace, not with NATO but with the BRICS and the Shanghai Cooperation Organization, seeking to avoid a destructive invasion of Iran [iv], to which Canada has just added economic sanctions. And to the media that censor us for our political opinions, we welcome the return of visa-free travel to China (thank you, Minister Anita Anand) and reiterate our solidarity with the enlightened approach of Minister Lacombe of UNESCO, headquartered in Paris, whose goal is to :
“…contribute to peace and security by promoting collaboration among nations through education, science, and culture in order to further universal respect for justice, the rule of law, and the human rights and fundamental freedoms that are affirmed for all peoples by the United Nations Charter, without distinction based on race, sex, language, or religion.”
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[i] The United Nations Educational, Scientific and Cultural Organization is a specialized international agency of the United Nations (UN), created on November 16, 1945, in the wake of the World War II massacres and destructions.
On est heureux d’apprendre par le ministre Mathieu Lacombe que le Canada de Marc Miller s’est rallié à la position du Québec exigeant un encadrement accru des GAFAM par une entente internationale devant l’UNESCO. Grâce aux 24 pays membres du comité intergouvernemental de la Convention de 2005 sur la protection et la diversité des expressions culturelles, une entente se dessine, selon Destiny Tchéhouali, titulaire de la Chaire UNESCO à l’UQAM qui s’active aussi pour une IA culturellement responsable. Les États-Unis s’objectaient mais ils auraient été mis en échec par le Brésil et le Groupe de l’Amérique latine et des Caraïbes.