OTAN – IA – APLP – Oka – Obomsawin

Par Pierre Jasmin, secrétaire des AplP et professeur honoraire à l’UQAM

Journée nationale des peuples autochtones – 21 juin 2026

L’Enquête populaire-Chrétien-OTAN

Cofondateur et secrétaire du Centre Pierre-Péladeau, je reçois en 1999 la distinguée maorie Kiri Te Kanawa invitée par son confrère du Covent Garden de Londres Joseph Rouleau (ancien vice-président des Artistes pour la Paix). Le Premier ministre Jean Chrétien qui préside ce concert-gala me prend à part pour féliciter les Artistes pour la Paix pour l’œuvre ci-haut, aussi amérindienne que son propre fils adoptif.

Il l’a découverte en photo dans la version gouvernementale traduite en français par nos soins (Hardhouin) de l’Enquête populaire pour la Paix et la Sécurité 1992, exemple oublié de travail gouvernemental en faveur de la non-violence. Six cents mémoires à travers le Canada, résumés par les représentants des trois partis principaux (le Bloc n’existe pas à cette époque) dont le sénateur conservateur Douglas Roche, plus feu le professeur de l’UQAC Jules Dufour et le chef huron-wendat Konrad Sioui, tous deux recommandés par les AplP, participent des mois durant à cette vaste enquête dont les principes de légalité diplomatique favoriseront indirectement l’élection du Premier ministre libéral en 1993.

Car je dénonçai alors les six milliards de $ envisagés par la Première ministre conservatrice Kim Campbell pour acheter cinquante hélicoptères EH-101 qu’elle réduira à quarante-trois, dans une vaine tentative de se montrer moins dépensière. Sur les ondes de CBC (dans ce temps-là, les journalistes ne craignaient pas de m’interviewer…), je dénonçai d’une part qu’on voulait les surcharger d’obusiers (prouvés trop lourds, selon des études de Paramax pour qui mon père Yves fait des travaux de relations publiques). Cette dépense, contre des sous-marins russes inexistants dans nos eaux territoriales surveillées par les Américains, est imposée à notre Première ministre  par le secrétaire général de l’OTAN, Willy Claes, ancien ministre socialiste belge, dont une enquête révélera son implication d’avoir favorisé la compagnie italienne Agusta pour un pot-de-vin qu’au lieu de dissimuler dans une banque suisse, il verse naïvement à son parti, le rendant facilement retraçable : il devra démissionner honteusement vers la prison. Les secrétaires généraux de l’OTAN qui ont succédé à M. Claes ont sûrement pris bonne note de son erreur : mais laquelle, selon vous? …Gloire à  !?!

Pour fins de cette recherche 1990, je recopie la photo de la murale sur un document Microsoft UQAM, pour la voir amputée par l’intelligence artificielle (qui nuit souvent à mes mises en pages : heureusement, je ne lui confie jamais mes textes!). Par un rapide examen, on constatera l’intention de l’IA qu’on ne peut hélas que qualifier d’impérialiste et colonialiste, offrant la première version reconstituée ci-dessous :

oblitérant carrément l’arrestation par

la Gendarmerie Royale des Innus protestataires

et leurs leçons d’histoire du nord

du Québec cartographiée en rouge,

pointée par un éducateur blanc.

Revoir la version originale en page 1 qui restera intacte rue Cherrier jusqu’en 2011!

Après remise en état de ma part, l’image est encore rectifiée sur l’ordi pendant la nuit, cette fois en oblitérant la partie du haut montrant le combat symbolique des animaux totémiques protégeant la faune du Nitassinan contre les avions supersoniques de l’OTAN en répétitions de l’invasion de la Serbie pro-russe afin de séparer le Kosovo, « victime, selon l’OTAN, de génocide »!

Voilà comment l’intelligence artificielle rectifie dans un sens réactionnaire l’histoire, même celle aimée par un Premier ministre prestigieux et admiré du Canada entier, sauf au Québec ne lui pardonnant pas sa campagne frauduleuse avec argent du love in canadien, victorieuse à ses yeux à quelques centaines de milliers de votes près contre le oui « séparatiste » lors du référendum 1995.

« Un des problèmes politiques des AplP » est qu’ayant adopté, grâce au vice-président Dimitri Roussopoulos fondateur des pacifistes non-alignés canadiens, aux principes anti-impérialistes, tant USA-OTAN qu’Union des Républiques Socialistes Soviétiques, nous sommes contestés et par les guerriers de l’OTAN et par les marxistes pacifistes idéologiques, frustrés d’avoir perdu leurs subventions après la chute du mur de Berlin que les AplP avaient fêtée.

L’été 1990 à Kanehsatà:ke en cinq chapitres

1- Notre humble travail d’artistes pour la paix

L’art de la murale adoucit les mœurs. À partir du 1er juillet 1990, les pressants projets d’écriture d’Antonine Maillet ne lui permettant pas d’attendre l’assemblée générale annuelle de septembre, terme officiel de son mandat de deux ans, le conseil d’administration APLP me désigne, à sa demande, comme son successeur à la présidence: trois semaines d’enseignement et de concert au Camp Musical de Métabetchouan ne sont pas une raison suffisante pour refuser cet honneur, d’autant plus que l’été, hormis nos commémorations annuelles d’Hiroshima, est en général une période tranquille (ouf!). Il s’agit de parachever la murale, peinte par l’artiste amérindienne Sabrina Mathews assistée de trois peintres innus, sur un chantier supervisé par l’APLP Clément Schreiber. Sise en plein centre de Montréal, à un coin de rue de la future grande Bibliothèque Archives nationales du Québec, sur trois étages d’un bureau d’avocats coin Cherrier et Berri, notre murale offre un superbe exemple d’art engagé en protestation contre les vols à basse altitude supersoniques d’avions de l’OTAN décollant de Goose Bay, perturbant caribous… et faune humaine du Nitassinan. Réalisée en pleine crise d’Oka, elle intrigue les Montréalais dont certains, excités par les animateurs nationalistes Gilles et Jacques Proulx des radios CJMS et CKAC, qui se déchaînent contre les « maudits Indiens qui bloquent nos ponts ». Or, une fois mieux informés par les peintres innus ou par le poète François Charron mandaté pour y inscrire son généreux poème, ils repartent vaquer à leurs occupations, impressionnés par ce travail bénévole créateur de beauté non-subventionnée, la location de l’échafaudage étant payée par une artiste de Montréal et la peinture donnée en charité.

Passivité relative du gouvernement fédéral avant, pendant et après

Des recommandations pacifistes de l’Enquête populaire sur la paix et la sécurité du Canada, aucune ne sera appliquée par quelque gouvernement que ce soit; l’Enquête sera aussi tablettée que la très complète Commission royale d’enquête sur les peuples autochtones de René Dussault et Georges Erasmus (1996) et que l’Accord de Kelowna (2005) prévoyant cinq milliards de $ en santé et en logements, plus un solliciteur général autochtone nommé pour assurer l’imputabilité des dépenses. Ce dernier projet libéral sera annulé par Stephen Harper qui affectera ces milliards à l’armée et ignorera pendant des années la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones ratifiée par 143 pays en 2007 mais à laquelle s’opposent alors le Canada, les États-Unis, l’Australie et la Nouvelle-Zélande. Incidemment, c’est du côté fédéral, et non provincial, que des négociations préalables auraient pu et dû empêcher la Crise d’Oka de survenir. Malgré l’ouverture antiraciste démontrée en Afrique du Sud par le Premier ministre Brian Mulroney, son ministre Tom Siddon, nouvellement en place aux Affaires indiennes, n’a pas saisi assez vite l’importance d’accepter certaines des modestes et minimes concessions territoriales mohawks, alors qu’il acceptera plus tard la création du Nunavut!

Premier mois de la crise d’Oka

C’est le 11 juillet que la quiétude de l’été 90 explose avec l’irruption d’une expédition armée de la Sûreté du Québec, déclenchée par l’irresponsable ministre Sam Elkas contre les Mohawks. Aux APLP, nous réagissons d’abord en rédigeant et payant une publicité d’un tiers de page dans Le Devoir pour rectifier la désinformation médiatique générale qui a transformé les agressés en agresseurs. L’IA résume assez fidèlement son contenu : « la publicité des Artistes pour la Paix, un encart financé par l’organisme publié au début de la crise d’Oka en juillet 1990 dans le quotidien Le Devoir, visait à dénoncer la désinformation médiatique et à défendre la Nation Mohawk de Kanesatake ». Car les Mohawks de la Maison Longue protègent une pinède écologique, plantée à partir de 1886 par toute la communauté – amérindienne, protestante et catholique – pour préserver les habitations d’Oka d’ensablements et d’éboulis; la pinède, qui plus est, abrite des tombes où reposent des ancêtres mohawks. L’agression de la SQ n’est motivée que par l’appât du gain de projets de golf et domiciliaires par le maire Jean Ouellette, en dépit d’une pétition lancée avant la crise par Helga Maeder, qui avec 900 citoyens (sur les 1500 que comptait la municipalité!) avait dénoncé le projet unilatéral commercial, sans étude environnementale et sans consultation ni des citoyens, ni évidemment de la communauté Mohawk de Kanehsatà:ke !

L’Association policière syndicale réagit aussitôt à notre tiers de page en publiant une pleine page dans tous les journaux affirmant que la SQ n’a tiré aucun coup de feu : ce sera démenti par une enquête ultérieure découvrant une centaine de leurs douilles dans la pinède. Aucun éditorial ne reprochera aux policiers ce mensonge, sans doute destiné à éviter toute enquête sur l’origine de la balle qui a atteint le caporal Marcel Lemay à l’aisselle. Sa mort lors de l’échange de tirs avec les Warriors est un élément clé qui déchaîne la hargne raciste des médias, alors que sa sœur Francine se lie avec les femmes Mohawks dans un partage chrétien de leurs douleurs respectives et en diverses publications restées hélas dans l’ombre [1].

Les éditoriaux préfèreront s’indigner de la signature d’ententes offertes par le probe ministre John Ciaccia à la porte-parole principale Mohawk, Ellen Gabriel, sous prétexte qu’elle s’est fait accompagner de Warriors masqués : par manque de confiance en les Blancs ? Non, leur otage, mentent-ils. Car comme l’analyse Robin Philpot [2], le lourd contexte historique aggrave les vives tensions. Des femmes mohawks pacifistes giflent à tour de rôle les policiers de la SQ encerclant Kanehsatà:ke et même certains arrivants agités, armés d’AK-47 en provenance d’Akwesasne. Selon Normand Beaudet du Centre de Ressources sur la Non-Violence avant la « crise d’Oka », le conseil traditionnel Mohawk de la Confédération iroquoise, en collaboration avec les Conseils de bande d’Akwesasne (un au Canada, l’autre aux États-Unis) cherche à mettre fin aux activités des casinos et aux divers trafics illégaux sur la réserve. Il se heurte à la Warriors Society, groupe armé à la solde des propriétaires mafieux de casinos. Dans son livre Iroquois on Fire, Doug George-Kanentiio raconte ces dramatiques déchirements entre Mohawks qui ont causé deux morts, nécessitant l’intervention des forces policières de l’État de New-York, du Québec et de l’Ontario, ainsi que l’évacuation de la réserve. J’écrirai par ailleurs en 2004 une lettre de solidarité au chef James Gabriel, lorsque sa maison sera incendiée. Le beau récit Indienne de ville d’Isabelle Picard relativise cet événement.

En 1990 – insérez ici l’écoute de la chanson de Jean Leloup -, une délégation d’APLPs formée de notre vice-président Dimitri Roussopoulos, notre Secrétaire Gilles Marsolais et le sculpteur Armand Vaillancourt traverse les lignes policières avec Arthur Lamothe, connu pour ses films sur les Innus (dont plus tard l’Écho des songes, avec Florent Vollant nommé APLP 1994), afin de porter symboliquement fèves, courges et maïs aux femmes Mohawks, ainsi qu’à Monique Giroux et Myra Cree, seule des APLP de l’année choisie de façon posthume, en 2006. D’autre part, la Commission des droits de la personne du Québec avec Martine Éloy invite des observateurs internationaux qui confirmeront les abus policiers et dénonceront les graves manquements à la Charte québécoise des droits et libertés.

Août et septembre 1990 : l’Abénakise Alanis Obomsawin

En août, l’occupation du pont Mercier est de moins en moins tolérée par des citoyens de Châteauguay qui s’en prennent à la réserve de Kahnawà:ke en clamant que des « terroristes armés et fanatiques » ont pris la population de la rive-sud de Montréal en otage …et que les coûts de leurs propriétés baissent. La révolte est réprimée par la police, cette fois garante de l’ordre. Même un homme droit, comme le chef de l’opposition Jacques Parizeau, est forcé sous la pression populaire de blâmer « la mollesse de Bourassa » pour sa gestion de la crise. Il rompt de la sorte sa sympathie manifestée après le discours patriotique de juin du Premier ministre déplorant l’effondrement de l’entente du Lac Meech, provoqué par Trudeau et Chrétien mais détourné hypocritement par les médias portant le blâme sur un… « Indien », le député manitobain Elijah Harper. Un animateur de radio populiste implore Bourassa d’intervenir avec l’armée contre les Mohawks : « il y aura une douzaine de morts, c’est pas grave, chaque fin de semaine il y en a autant dans des accidents de la route ». Mon intervention à l’émission calme le jeu, suivie à ma grande surprise sur les ondes par le PM affirmant fermement, malgré le cancer qui le ronge : « Monsieur l’animateur, vos propos sont irresponsables! Tant que je serai premier ministre, mon devoir est d’empêcher qu’une seule goutte de sang de plus soit versée dans ce conflit ! »

Siégeant au C.A. des APLP, la cinéaste Alanis Obomsawin obtient de l’Office National du Film, pour qui elle avait tourné en 1984 les événements de Restigouche (sur une autre infâme attaque de la SQ), la permission de se rendre avec sa coûteuse caméra dans le camp retranché pour tourner les images saisissantes de son film Kanehsatake : 270 ans de résistance : il s’agit d’un manifeste autochtone, qui sert encore de modèle pour toutes les Premières nations, des Wet’suwet’en de Colombie-Britannique à la première Nation Kebaowek et à celles des Maritimes.

Les APLP lui rendront en 2014 un vibrant hommage, sous la présidence de la cinéaste Guylaine Maroist. Récompensée pour l’ensemble de son œuvre lors du Gala des Iris en juin 2020 (à 87 ans, plus de cinquante films, mais aussi des chansons et une œuvre picturale exposée en musées …), elle y déclare avec optimisme : « Je suis très honorée et touchée par ce prix, parce qu’il vient du Québec. Je n’aurais pas pensé que nous pourrions en venir à ce point de certain respect, qui n’existait pas avant envers nos nations respectives. C’est encourageant car nous nous dirigeons vers une autre ère, où tout sera possible, alors que pendant si longtemps, tout était impossible. »

Fin août – septembre

En annonçant l’imminence d’une intervention armée fédérale, le Premier ministre Brian Mulroney provoque le 28 août l’exil paniqué d’un convoi mohawk de véhicules transportant femmes, enfants et vieillards : l’un d’entre eux succombera à une crise cardiaque, sous la pluie de roches lancées par une centaine de racistes ameutés par les radios populistes ayant fuité leur sortie de Kahnawà:ke par le pont Mercier. C’est magnifiquement relaté par le beau film de 2020 Beans de Tracey Deers. L’APLP Gilles Tremblay qui composera plus tard son Wampum symphonique – Avec, interprété par l’Orchestre Symphonique de Montréal sous la direction de Charles Dutoit diffusé par toutes les radios de la francophonie, nous soumet alors une lettre indignée destinée au Premier ministre Robert Bourassa, pour qu’il dénonce ce geste raciste de lapidation. Ayant en mémoire les propos insultants refusant abruptement notre lettre par la rédactrice-en-chef abitibienne Lise Bissonnette (qu’on réussira à publier lors de ses vacances), j’avais pourtant pris soin de la faire contresigner par cinquante collègues rejoints par un blitz téléphonique de deux jours (plus facile à faire dans ce temps-là, sans agents ni téléphones secrets), dont les regrettés Gilles Carle, Simonne Monet-Chartrand, Gilles Pelletier, Renée Claude, Jean-Louis Roux, Michel Brault, Janine Sutto, Kim Yaroshevskaya et Joseph Rouleau, ainsi que les encore très actifs Janette Bertrand, Paule Baillargeon, Mario Bruneau, Édith Butler, Hélène Cardinal, Raymond Cloutier, Pierre Curzi, Anne Létourneau, Ginette Laurin, Monique Miller, Louise Portal, Michel Rivard, Marie Tifo et à la fin septembre, par les métis Marie-Claire et Richard Séguin. Ce dernier sera nommé cinq mois plus tard APLP de l’année 1990, puis co-président d’honneur avec Antonine Maillet lorsque Jean-Louis Roux commettra l’erreur d’accepter le poste de lieutenant-gouverneur du Québec.

La presse se déchaîne à l’unanimité contre notre lettre jugée antiquébécoise entre autres par l’écrivain nationaliste Claude Jasmin qui me couvre d’injures publiées par des journaux qui refusent notre réplique, pour se convertir à notre point de vue plus tard, mais sans rétracter le moins du monde leurs attaques fielleuses qui ont fait chuter le membership de l’association, d’autre part boudée à cause de son embourgeoisement (!) par le défunt poète anarchiste Yves Boisvert : voyez quand même le beau film qui lui est consacré : Pour tous ceux qui ne me lisent pas.

L’arrivée de l’armée avait paradoxalement calmé la situation, puisque remplaçant la SQ haïe, elle est commandée par le général de Chastelain dont la philosophie désarmera plus tard les milices protestantes d’Ian Paisley et la branche Sinn Féin de Gerry Adams de l’Armée républicaine irlandaise (IRA), aidant grandement à l’établissement de la paix en Irlande du Nord. Rappelons la légende de notre photo en page 2 avec le sinistre Hillier dont nous exigeons la démission dans l’indifférence médiatique qui s’en repentira lors des morts canadiennes qui s’accumuleront à Kandahar en « Agonisthan », néologisme qu’on doit à Richard Desjardins, autre artiste immense défenseur de la cause amérindienne.

En septembre 90, de retour à ma tâche régulière de professeur à l’UQAM, je fais face au recteur Corbo proche irréductible de la religieuse Corneille (sic), co-fondatrice du département de musique, qui m’en veut à mort d’avoir pactisé avec les descendants des cruels bourreaux des saints martyres canadiens Brébeuf et Lalemant morts trois cents ans avant ma naissance : allô l’ambiance de paix !

En conclusion

Avec le musicien montréalais Patrick Watson, choqué par le retrait des paroles pro-autochtones de son laïus de la fête du Canada sans avoir été avisé, où en est-on, 36 ans plus tard ? Notre solidarité acquise aux autochtones s’exerce à travers les années

  • grâce au métis Bruno Roy qui, en plus de son leadership des Orphelins de

Duplessis, assumera le poste de secrétaire des APLP jusqu’à sa mort prématurée;

  • et grâce à André Jacob, ex-coordonnateur de l’Observatoire international

sur le racisme et les discriminations, qui à titre de vice-président de notre C.A. présidé pendant deux ans par le sculpteur André Michel (dont la statue orne Sept-Îles pour sa contribution remarquable aux musées innus), rappela que la commission de vérité et de réconciliation qualifie les conséquences du racisme systémique nié par le Premier ministre Legault de génocide culturel.

Nos nombreuses lettres en appui aux initiatives de Theresa Spence et de Melissa Mollen Dupuis du mouvement Idle no more ou Finie l’inertie et en dénonciations des actes racistes de la Gendarmerie Royale du Canada avec le juge de la Cour Suprême Michel Bastarrache à l’égard des chefs Wet’suwet’en en Colombie-Britannique, au Nouveau-Brunswick, au Nunavik et en Alberta, ne trouvent aucune place dans les médias officiels; en consolation, elles ont suscité la réaction solidaire suivante d’André Dudemaine de Terres en vue (Présence autochtone) : « Merci pour vos franches et lucides prises de position; merci de toujours rappeler, avec une courageuse constance qui force l’admiration, que Paix est sœur de Justice ».

Chers amis autochtones, c’est plutôt à nous de vous remercier chaque jour, humblement, pour vos messages et actions de protestations urgentes, constantes et essentielles à travers l’Amérique du Nord; merci à l’artiste multidisciplinaire Samian APLP2016 et à Ghislain Picard, chef retraité de l’Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador, dont la sagesse a évité bien des conflits depuis 1992. Merci aux « activistes », tel Normand Raymond, membre APLP, pour son poème sur les Sioux du Dakota du Nord qui ont fait reculer l’armée américaine à Standing Rock, en luttant avec la population contre les exploitations pétrolières par fracturation et contre le pipeline canadien Keystone XL.

Merci à l’Aut’Journal engagé avec Pierre Dubuc à nos côtés : http://lautjournal.info/20200608/racismes-royaux-et-autres

Merci à notre cofondateur Gilles Vigneault qui a participé à notre cérémonie 1992 filmée par l’APLP Arthur Lamothe avec Kashtin : qu’il pardonne à feu Gaston Rochon (que j’engage comme professeur au département de musique de l’UQAM pour ouvrir la section de musique populaire) pour avoir toujours refusé que sa chanson serve d’hymne national, pour éviter qu’elle soit entonnée par des soldats armés autrement que pour les Casques Bleus de l’ONU.

Nous avons intérêt à vous écouter, si nous voulons sauver la paix et… la planète.

[1] Notre amie écologiste Lucie Massé nous a fait connaître la traduction française par Francine Lemay de À L’orée des bois: Une anthologie de l’histoire du peuple de Kanehsatà:ke (autrices Brenda Katlatont, Gabriel-Doxtater et Arlette Kawanatatie Van den Hende, illustrations d’Ellen Gabriel – version anglaise 2010).

[2] Oka : dernier alibi du Canada anglais (publié dès 1991!) illustre que la crise a exacerbé l’hostilité du Canada envers les Québécois, accusés en bloc de racisme : la Paix des Braves signée entre le Cri Ted Moses et le PM Bernard Landry en 2002 a mis fin à ce mensonge abondamment colporté à des fins politiques pour faire oublier la pendaison de Riel et les pensionnats tueurs d’enfants du PM raciste Mcdonald.

Very much impressed by your wonderful answer, dear Douglas. Many thanks! I will relay your beautiful answer to Alanis Obomsawin who was the main Artiste pour la Paix involved in our struggle to be heard and understood. P. J.

De : Douglas Jack <douglasjack@indigenecommunity.info>Envoyé : 21 juin 2026

Objet : Re: an article written for the Juneteenth day by Pierre Jasmin, general secretary of Les Artistes pour la Paix.

BUILDING LIVELIHOOD FOR STRONGER COMMUNITIES / LES VIVRES POUR DES COMMUNAUTÉS PLUS SAINES

www.indigenecommunity.info   Communauté Indigène

Sustainable Development Association SDA / Association du développement durable ADD ‘Akwe:kon ‘Mohawk’ Noustous’, She:kon

Est-ce que tu portes le bon chemin de la gentillesse’ (Iroquois ‘Kaianerekowa’ = ‘Grande loi de la paix’)

Thank you, Pierre, for such a wonderful resumé of half a century of cutting-edge contributions. It’s a pleasure to hear this perspective on my friends & such an important event in Canadian history. If ‘Kanata’ (Mohawk ‘village’) is to become a real nation, we must recognise the beauty, lush productivity & peace, which we find in many 10s of 1000s of years of 1st Nation ancestral roots.

When Jacques Cartier asks 1st Nations, the name of their country, they respond using a cultural ‘fractal’ (‘Fraction, Multiplier, Building-block, Where-the-part-contains-the-whole’) concept. Cartier’s informants were trying to illuminate his understanding how: Turtle-Island (N. America) has some ~110 nations joined into ~ 25 Confederacies, based in the ~100 person Multihome-Dwelling-Complex (eg. Longhouse-apartment, Pueblo-townhouse & Kanata-village).