Les Artistes pour la Paix désarmants …contre toutes armes

Par Pierre Jasmin, secrétaire général 23 avril 2026

 

Du cash et des bombes : Zelensky Cela n’amènera pas la paix : Michalchuk

1- Même les armes vers l’Ukraine

Selon la nouvelle du jour, le nouveau gouvernement conservateur de Hongrie ne faisant plus obstruction, la Commissaire européenne allemande Ursula Von der Layen triomphe avec son désir haineux de fournir pour $90 milliards d’armes à l’Ukraine pour guerroyer (encore 4 ans?) contre la Russie.

Le 26 février dernier [i], les APLP déploraient l’entrée de la guerre dans sa cinquième année de destructions et morts d’hommes et de civils. Ce qui s’ajoutait aux huit années précédentes quand les fascistes ukrainiens, mis au pouvoir par la CIA et notre ministre des Affaires étrangères conservateur John Baird, réussirent à Kiyv leur révolution du Maïdan contre un gouvernement élu corrompu mais pro-russe.

Malgré les efforts de paix de l’ONU par deux Traités de Minsk (2014-5), le bataillon Azov nazi [ii] harcèle sans cesse la Crimée et surtout le Donbass ayant élu des représentants pro-russes à Louhansk et à Donetsk. Mais le 24 février 2022, la Russie envahit l’Ukraine [iii] pour, croyait-elle, protéger les russophones et aussi pour empêcher le sinistre plan de l’OTAN s’étant étendue jusqu’aux frontières russes avec 32 pays membres, qui convoite s’emparer de l’Ukraine, en dépit des promesses faites à Gorbatchev en 1989 lors de la chute du mur de Berlin.

Deux mois après l’invasion, le sabotage par Biden et l’OTAN d’un plan de paix presque conclu en Turquie entre les deux pays en guerre et un conseil avisé fait à Zelensky par l’ancien chef afghan Karzaï de conclure au plus vite un traité de paix, sinon les deux impérialistes se feraient une guerre par procuration comme celle qui avait démoli son pays pendant une vingtaine d’années, feront que les prises de position des APLP rejoignirent celles de Glenn Michalchuk de l’AUUC aux opinions ukrainiennes divergentes cachées par nos médias mais défendues par le Réseau pancanadien pour la justice et la paix ou CWJPN [iv] avec lequel nous sommes alliés. Au Québec, l’unité est plus difficile à trouver, même si dans le fond, comme Samir Saul m’écrivait,

 

«  nous sommes du même côté ». Son brillant article écrit en duo avec son collègue professeur comme lui à l’Université de Montréal, Michel Seymour [v], contient une liste de très nombreux intellectuels, experts, journalistes, anciens diplomates ou militaires qui ont fait l’impossible pour modifier le narratif officiel. On n’y retrouve pas les Artistes pour la Paix, parce que nous avons reproché aux deux auteurs de ne jamais admettre que l’invasion par Poutine de l’Ukraine était une erreur militariste qui aurait dû être évitée par une défense mieux orchestrée des deux traités de Minsk au côté de l’ONU…

2- Toutes armes, même celles devant amener du cash, selon Carney

Saluons le professeur émérite de l’Université de Toronto, Jorg Filmus d’origine chilienne, qui a le 20 avril publié son courageux éditorial :

Lettre du président de SCIENCE POUR LA PAIX CANADA

20 avril 2026

Traduite par un de ses membres, l’Artiste pour la Paix Pierre Jasmin

Chers membres,

Les pays de l’OTAN ont récemment décidé de créer la Banque de défense, de sécurité et de résilience (DSRB). L’objectif du DSRB est de fournir un financement à long terme et à faible coût pour les initiatives de défense, de sécurité et de résilience dans les chaînes d’approvisionnement. En d’autres termes, il s’agit d’une banque conçue pour faciliter l’augmentation des dépenses militaires des pays de l’OTAN en canalisant des fonds publics et privés vers les fabricants d’armes. Le premier ministre Carney encourage le Canada à jouer un rôle de leadership dans la création de cette banque. Cela est conforme à l’objectif du gouvernement libéral d’augmenter considérablement le budget militaire du Canada de 2 % à 5 % du PIB. Plusieurs provinces canadiennes sont actuellement candidates pour accueillir le siège social du DSRB.

Lloyd Axworthy, ancien ministre libéral des Affaires étrangères, a récemment déclaré qu'”une Banque de défense, de sécurité et de résilience, superposée à un programme de défense en expansion rapide et encore mal défini, est un choix ave des conséquences. Sans limites claires sur ce qu’elle peut financer, sans combler les lacunes du contrôle des exportations et sans surveillance démocratique significative, le Canada risque de passer d’un pays qui défend les droits de la personne et le droit international à un pays dont la prospérité dépendra de l’expansion des systèmes qui les mettent à rude épreuve“.

Avec d’autres organisations opposées au militarisme, Science for Peace a récemment signé une lettre ouverte dénonçant le rôle du Canada dans la direction et l’hébergement du nouveau DSRB. La lettre déclare : “Le DSRB détournerait l’argent public des besoins sociaux et environnementaux urgents vers les revenus gonflés des sociétés d’armement et de leurs actionnaires… Financer la guerre ne nous apportera pas la paix. Le mandat du DSRB – financer la fabrication et l’achat toujours croissants d’armes – est fondamentalement en contradiction avec les espoirs d’un monde pacifique. Il est indéniable que le monde est en train de devenir un endroit moins stable et que les grandes puissances – y compris les États-Unis sous le président Trump – font preuve de nouveaux niveaux de mépris pour la diplomatie et le droit international. La solution à ces échecs de la consolidation de la paix ne réside cependant pas dans une augmentation massive de nos investissements dans les armes de guerre. »

Un autre développement alarmant survenu le mois dernier a été la présentation au Congrès du budget du gouvernement américain pour le prochain exercice budgétaire par le président américain Donald Trump. Ce budget propose des dépenses de défense de 1,5 billion de dollars, ce qui représente une augmentation de plus de 40 % par rapport au budget actuel. Trump propose de financer cette augmentation spectaculaire en augmentant la dette publique et en réduisant le financement de nombreuses agences nationales, y compris les principaux programmes fédéraux de santé, de logement et d’éducation, ainsi que les fonds destinés à répondre aux catastrophes naturelles, à former de nouveaux enseignants, à lutter contre la fraude fiscale, à rechercher des remèdes aux maladies et à développer des technologies d’énergie propre. Le président a justifié les coupes dans les programmes sociaux en déclarant : « Il n’est pas possible pour nous de nous occuper des garderies, de Medicaid, de Medicare, de toutes ces choses individuelles », puis il a ajouté que l’accent devait être mis sur « la protection militaire ». Le budget demandé, qui devra être approuvé par le Congrès américain, est distinct des 200 milliards de dollars demandés par le Pentagone pour la guerre en Iran. Il comprend également un financement de 185 milliards de dollars pour le système de défense antimissile Golden Dome proposé par l’administration Trump, ainsi qu’une augmentation de la production nationale de navires de guerre, y compris de nouveaux cuirassés de classe Trump. Le Congressional Budget Office a cependant estimé le coût potentiel à 542 milliards de dollars sur 20 ans pour les seuls systèmes spatiaux. Les experts ont suggéré que le coût total du Golden Dome pourrait à terme absorber une grande partie du budget de la défense américain.

Il va sans dire que l’un des principaux bénéficiaires de cette énorme augmentation des dépenses de défense est le complexe militaro-industriel américain, qui dépense des millions de dollars pour financer les campagnes électorales. Nous devons trouver une autre voie pour construire un monde pacifique et durable. Science for Peace s’efforce de définir cette voie alternative avec son travail sur l’abolition des armes nucléaires et l’initiative de défense civile non violente. Le 28 avril, Science pour la paix co-parraine la projection du documentaire « Earth’s Greatest Enemy » à Innis College. Ce film documente l’impact climatique du plus grand pollueur du monde : l’armée américaine. Pour vous inscrire, visitez scienceforpeace.org. Jorge Filmus

3- Belle synchronicité avec une lettre ouverte de Steven Guilbeault

 « Le gouvernement fédéral doit rester ferme sur les piliers essentiels de la stratégie climatique canadienne – la tarification industrielle du carbone, l’électricité propre et les réglementations sur le méthane. Tout compromis supplémentaire sur ces éléments non seulement mine les engagements climatiques du Canada envers sa population et la communauté internationale, mais risque également de causer des dommages irréversibles à la santé humaine, à l’air pur, à l’eau potable ainsi qu’à la confiance des communautés autochtones. Bien négocier cette entente n’est pas seulement un impératif environnemental – c’est un impératif économique, social et moral. »

4- L’horrible article du Devoir du 23 avril

En place prépondérante ce matin à la une, il dévoile triomphalement la stratégie du PM Carney, dénoncée par tous les commentaires dont le mien qu’on peut lire dans sa forme électronique [vi].

ii[] Tamara Lorincz vient de publier un article qui se termine par une VIDÉO DE 6 MINUTES réalisée par SCOTT TAYLOR “CANADIAN ARMED FORCES: Shooting themselves in the Foot…Again les Forces Armées Canadiennes se tirant dans le pied …encore ».

Les FAC participent à la formation des Forces armées ukrainiennes depuis 2016 (tiens, tiens…). À ce jour, les instructeurs de combat canadiens ont formé plus de 30 000 soldats ukrainiens. Dès le début, le Canada s’est officiellement engagé à éviter toute association avec la fameuse Brigade Azov, liée aux néo-nazis d’Ukraine. Pourtant, une fois de plus, ils ont été surpris en train de commettre cette asso au Collège Militaire Royal du Québec, heureusement dénoncée par des étudiants québécois vigilants contre le laisser-aller coupable des hauts gradés militaires canadiens.

https://youtu.be/XHId2S9aM3I    

Pour une photo + claire du Bataillon Azov avec fanions de l’OTAN et swastika, allez voir : https://www.artistespourlapaix.org/souhaits-dune-paix-russie-ukraine-pour-la-nouvelle-annee/