29 janvier 2017 Douloureux anniversaire par l’AplP Aquil Virani
Par Pierre Jasmin, secrétaire général des Artistes pour la Paix

1- Aquil Virani fut nommé Artiste pour la Paix 2018 sous la présidence d’André Michel pour avoir réagi avec son art reconnu par la mosquée de Québec au massacre peu commémoré aujourd’hui de six Musulmans le 29 janvier 2017. Un hommage au pianiste André Gagnon avait également été rendu lors de la cérémonie tenue à l’Atrium du Conseil des arts de Montréal où Stéphane Aubin et Judi Richards avaient salué son vaste répertoire, y compris «Compassion», une œuvre inspirée du tsunami qui a frappé le Japon en 2011 (Québecor avait signé cet article).
Muslim sources publie [i] ce qui suit (ma traduction) :
Aquil est un expert des questions d’art, de design graphique, de peinture, d’art collaboratif, de représentation, d’identité, de justice sociale et de diversité. Récompensé comme « Artiste pour la paix 2018 » par le collectif d’artistes québécois « Les Artistes pour la Paix », Aquil Virani est un artiste visuel, graphiste et cinéaste primé qui brouille la frontière entre l’art et l’activisme, intégrant souvent la participation du public dans ses projets artistiques socialement responsables. En novembre 2021, Aquil a produit une anthologie d’art bilingue intitulée Ottawa InshaAllah présentant 25 œuvres d’artistes musulmans basés à Ottawa qui rêvent d’un avenir meilleur. Fils d’immigrants, Aquil est un métis, musulman ismaili et artiste visuel d’origine indienne et française né et élevé au Canada. Il est membre de la génération milléniale (entre 1981 et 1996). Il a exposé le projet « Autoportrait du Canada» au Musée canadien de l’immigration du Quai 21 à Halifax. Il a remporté un prix de la Fondation Michaelle Jean pour produire son documentaire artistique « Postering Peace », présenté en première au Musée Aga Khan de Toronto. En collaboration avec le Théâtre Imago de Montréal, il a réalisé 12 portraits plus grands que nature et une pièce sonore immersive mettant en vedette des femmes inspirantes et nominées publiquement, grâce à une subvention du Conseil des Arts du Canada. On peut voir offerte en cadeau au Centre Culturel Islamique de Québec (et à la grande mosquée ?) sa série de portraits commémoratifs et son livre collaboratif honorant les six hommes musulmans tués lors de l’attentat terroriste à Québec : sa série répondait aux vœux des veuves et de leurs familles, une initiative artistique communautaire soutenue par des subventions du Silk Road Institute, de TakingITGlobal et du gouvernement du Canada.
Aquil is an expert on issues of art, graphic design, painting, collaborative art, representation, identity, social justice and diversity.
Awarded as the 2018 “Artist For Peace” by the Quebec-based artist collective “Les artistes pour la paix,” Aquil Virani is an award-winning visual artist, graphic designer and filmmaker who blurs the line between art and activism, often integrating public participation into his socially-conscious art projects. In November 2021, Aquil produced a bilingual art anthology titled Ottawa InshaAllah featuring 25 artworks from Ottawa-based Muslim artists who dream of a better future.
A son of immigrants, Aquil is a mixed-race, millennial, Ismaili Muslim and a visual artist of Indian and French descent who was born and raised in Canada.
He exhibited the “Canada’s Self Portrait” project at the Canadian Museum of Immigration at Pier 21 in Halifax. He won an award from the Michaelle Jean Foundation to produce his “Postering Peace” art documentary that premiered at the Aga Khan Museum in Toronto. His collaborative artwork honouring Québec City Muslims was delivered as a gift to the Centre Culturel Islamique de Québec with support from the Silk Road Institute. In collaboration with Montreal’s Imago Theatre, he produced 12 larger-than-life portraits and an immersive sound play featuring inspiring, publicly nominated women, thanks to a grant from the Canada Council for the Arts. He is presently working on a commemorative portrait series and collaborative book project honouring the 6 Muslim men killed at a terrorist attack in Quebec City on January 29, 2017, according to the wishes of the widows and their families; the community-driven arts initiative is supported by grants from the Silk Road Institute, TakingITGlobal and the Government of Canada.
Virani also works as a graphic designer. He has worked with a wide range of brands and organizations such as the NHL’s Ottawa Senators, L’Oréal Canada, Maybelline, Dessange, McGill University, Concordia University, the McConnell Foundation, Just For Laughs, and Shoppers Drug Mart. His creative projects have been exhibited regionally, nationally, and internationally, in cities such as Montreal, Toronto, Vancouver, Ottawa, Quebec City, Halifax, Whitehorse, New York, Boston, Punta Cana, Sofia, Lisbon and Copenhagen. To learn more, visit aquil.ca.

Aquil Virani peint ici le portrait d’Azzeddine Soufiane, une des victimes de Québec que contrairement à la tradition funéraire, il peint vivant et souriant.
Quelques mois après le massacre dans la mosquée de Québec, nous avons participé à l’UQAM au dévoilement de la murale suivante, qui sera montrée lors de la première commémoration à Québec télévisée en janvier 2018. Quand les étudiants de Concordia et de l’UQAM ont convié au nom de 138 groupes les journalistes à son dévoilement le 12 novembre 2017, aucunE n’est venu ne serait-ce que pour voir le rare spectacle de fraternité avec Jaggi Singh que les médias ne se privent pas de montrer en manifestant enragé!

2- Noël 2021 Aujourd’hui, des maires de grandes villes telles Calgary et Toronto se lancent sans réfléchir dans des attaques mensongères contre la loi 21 qui, malgré ses imperfections, rallie une solide majorité au Québec. Notre but n’est pas tant de la défendre, mais de lancer un signal d’alarme contre de telles divisions qui mettent en danger la paix intérieure du Canada. Le massacre 2017 fut perpétré par un jeune désorienté par son écoute exclusive de réseaux sociaux et de programmes de radio-poubelles axés sur la démonisation des musulmans (Les brutes et la punaise, par Dominique Payette, aux éditions LUX, nous offre l’alternative à ce sujet). L’écrivaine Monique Proulx, ou en tout cas le personnage musulman masculin de son roman intitulé Ce qu’il reste de moi, a très justement exprimé l’ambivalence québécoise :
Choisir délibérément de se cacher les cheveux quand on est une femme ici est un geste d’une tonitruance inouïe. Je vous ai vue sourciller, alors que le foulard dont je parle ici est loin de ressembler au tchadri opaque comme une armure que je vois dans vos yeux. Ce n’est qu’un bout de tissu aérien, coloré, qui serait un ornement aimable, et certainement un sujet négligeable dans un monde moins paranoïaque. La paranoïa est si forte des deux côtés, à vrai dire, que je ne blâme pas davantage les Occidentaux, qui associent tout tissu sur la tête au terrorisme et à l’écrasement des femmes, que les islamistes, qui ont investi deux minuscules versets du Coran de leur interprétation biaisée pour nous infliger sans en avoir l’air leurs vieilles traditions bédouines. Cette obsession pour les cheveux des femmes couverts ou découverts est tellement risible qu’elle donne envie de pleurer. (…) Le Coran, le Qur’an, est une œuvre magnifique d’une luminosité et d’une poésie indescriptibles, intraduisibles, et l’entendre réciter ou le réciter soi-même ouvre des brèches dans l’Absolu. Ma peine est grande de voir le Qur’an, cette monumentale déclaration d’amour, réduit à un symbole d’oppression ou à un instrument de fermeture. (…) Tous les jours des gestes atroces sont commis par des gens malheureux qui dirigent leur douleur vers l’extérieur, et tous les jours la douleur se propage au lieu de se colmater. »
En attendant, les Artistes pour la Paix qui tentent d’empêcher une guerre en Iran ou appuient la fin de la guerre en Ukraine sont censurés, parce que les gens de pouvoir ne comprennent pas que les deux guerres, celle de Poutine ou de Trump, prétextent de nobles interventions pour redonner aux femmes iraniennes ou aux Russophones leur exercice légitime de leurs libertés, mais comme toutes guerre, par exemple celles de l’OTAN en Afghanistan, en Libye, en Irak et en Syrie ont toutes eu comme résultats des morts par centaines de milliers et une détérioration du niveau de vie des populations, surtout des femmes et enfants.
3– La manif du Mouvement Québécois pour la Paix le 1er mai 2021 fut moins fréquentée que par exemple la marche de révolte puérile anti-masque tenue en même temps au stade Olympique, pendant que les antifas turbulents de Jaggi Singh suscitaient une réaction de Québec Solidaire avertissant son Collectif antiraciste décolonial de limiter ses accusations musclées à l’extrême-droite ou aux radios-poubelles de Québec. S’il est légitime de dénoncer solidairement, avec l’immigrée d’Égypte Nadia Alexan et Djemila Benhabib, la burka, le tchador et le niqab, instruments d’asservissement de la femme par les pouvoirs islamistes d’Égypte, d’Iran et du Maroc, les interdire chez nous dans la rue en démarche policière de droite n’aurait-elle pas pour effets contreproductifs de marginaliser et même de fanatiser ses adeptes et d’entretenir un climat toxique nuisible aux immigrantEs et à leur intégration sociale? Enfin, ne faut-il pas refuser du même souffle la théorie canadienne anti-québécoise que la loi de laïcité 21 et le projet de loi 96 du Premier ministre Legault sont responsables de notre désunion sur ces enjeux importants? On illustre la confusion amenée par tous ces conflits.
4– Faites de l’Art, pas la guerre ! Merci à Arts visuels pour cet envoi fraternel…

i[] https://muslimsources.org/expert/aquil-virani/
On lira l’article de Charles Castonguay dans l’Aut’Journal qui dénonce la tendance antimusulmane de la droite française qui nourrit le fantasme du grand remplacement avec des statistiques à qui on fait dire des faussetés:
https://www.lautjournal.info/20260211/le-voile-est-il-un-marqueur-dislamisme