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Je suis APLP parce que…

"Je suis artiste pour la paix parce que quand je me monte sur scene, j'ai l'impression de faire la paix avec mon âme et celle du public. Je me retrouve là, en lieu sûr, pour explorer les forces et les failles de nos coeurs, sans danger, sans jugement ni discrimination pour célébrer la beauté de l'humanité. Et si la vie était toujours ainsi ?"
Paule Tremblay, autrice-compositrice-interprete
"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire
"Je suis artiste pour la paix... Sans la paix, pas d'avenir pour la planète. Contribuer à bâtir une culture de la paix me semble un devoir."
André Jacob, auteur et artiste-peintre, APLP honoraire
"Je suis artiste pour la paix parce que la paix justifie l'espoir ."
Denis Carrier, auteur

Y a-t-il une « solution haïtienne » par l’ONU ?

Par Marcela Escribano* et Pierre Samuel,
avec une synthèse tentée par Pierre Jasmin APLP

concertation-haiti

Rivière Artibonite en Haïti (wikipédia)

Intervention de l’ONU ou pas?

GRAHNDans une entrevue accordée à l’émission de Radio-Canada Michel Desautels dimanche le 23 octobre, Pierre Samuel du GRAHN approuvait la résolution unanime du Conseil de Sécurité de l’ONU, tout en mettant plusieurs bémols au cours de l’entrevue. En appuyant ce Groupe de Réflexion et d’Action pour une Haïti Nouvelle, risque-t-on d’accroître la distance entre les Artistes pour la Paix et les « progressistes anglophones du Canada anglais » avec qui nous travaillons souvent main dans la main, par exemple les médias The Bullet et Rabble.ca, la directrice du Canadian Foreign Policy Institute Bianca Mugyenyi et Yves Engler, son conjoint écrivain et père de ses deux enfants, dont les discours radicaux d’extrême-gauche condamnent trop souvent l’ONU ? Leur opposition à l’ONU devient plus qu’irritante quand, par exemple, ils refusent de se joindre à notre appel à la paix pour l’Ukraine basé sur l’appel à la négociation lancé par le Secrétaire général de l’ONU, M. Antonio Guterres : « négocier est possible et surtout nécessaire ».

Il est vrai que les faits imputent à la MINUSTAH la responsabilité de l’introduction du choléra en Haïti, alors qu’en 2010 des soldats népalais installés par l’ONU à une centaine de kilomètres au nord de Port-au-Prince ont bâti des installations sanitaires déficientes laissant leurs déjections contaminer les affluents du fleuve Artibonite qui approvisionne en eau la majorité des Haïtiens. Si les Artistes pour la Paix endossent cette historique (au contraire des objections techniques de l’ONU), la faute en incombe, selon nous, à l’obstination du militariste Stephen Harper à vouloir éliminer les Casques Bleus canadiens appuyés par notre ami l’officier Walter Dorn, et au refus du Premier ministre canadien d’aider l’ONU qui devant la situation instable causée par le tremblement de terre en Haïti, dut improviser les secours à sa population avec des soldats Népalais sous-équipés, mal formés et indisciplinés. Certains ont même été accusés de viols et pour éviter toute accusation de racisme, rappelons que des policiers canadiens membres de la MINUSTAH l’ont aussi été. Le choléra fait d’ailleurs un retour inquiétant dans une population privée d’eau potable, qui pourrait lui provenir en partie de la désalinisation (ou dessalement), un procédé qui réclame de l’électricité ou de l’essence. Nous reviendrons sur ce problème.

Concertation pour Haït

Un autre groupe se fait entendre dans Pressenza.com, il s’agit de Concertation pour Haïti qui établit les priorités suivantes pour le Canada :

  • Mettre fin au soutien au gouvernement d’Ariel Henry, dont la légitimité est largement contestée depuis son ascension au pouvoir et soutenir l’Accord de Montana;
  • Frapper un coup contre l’impunité en soutenant une commission internationale chargée d’enquêter sur l’assassinat du Président Jovenel Moïse en juillet 2021 et d’en punir les auteurs, et en appuyant la justice haïtienne dans des affaires emblématiques comme l’assassinat du juge Monferrier Dorval en 2020;
  • Offrir une assistance technique à Haïti dans le dossier de corruption Petro Caribe dont le dossier a été complété par la Cour supérieure des comptes et qui pourrait permettre à l’État de récupérer au moins une partie des sommes détournées; dans une note, ce groupe déclare qu’à l’origine des troubles actuels, il y a un mouvement de la société civile légitime et à large assise qui a commencé à faire campagne en 2018 pour que le gouvernement enquête sur les fonds prêtés par le Venezuela, connus sous le nom de fonds Petro Caribe. Ce mouvement a été saboté par une élite économique bien établie, liée au parti PHTK au pouvoir, qui s’oppose à tout changement du statu quo et qui a financé une campagne de violence des gangs dans les quartiers populaires de Port-au-Prince où le mouvement Petro-Caribe était fort. Depuis le massacre de La Saline en 2018, au cours duquel plus de 70 civils ont été tués et violés par des bandes armées, la violence s’est intensifiée et les gangs contrôlent désormais l’entrée de Port-au-Prince, tuant et violant en toute impunité.

 

Position du GRAHN

Le GRAHN soutient tous ces points mais sa priorité est de soutenir l’action des Casques bleus de l’ONU pour une opération humanitaire afin de libérer l’accès au pétrole bloqué par le gang mené par l’ancien policier Barbecue : la population est présentement empêchée d’utiliser ce pétrole pour les soins chirurgicaux à l’hôpital (les hôpitaux non privés n’acceptent que des patients équipés de bidons d’essence pour actionner l’électricité des appareils nécessaires !) et pour la circulation des autobus scolaires empêchés présentement de conduire les enfants à l’école, ce qui est en train d’entraver l’éducation de toute une génération sacrifiée. Et pour ce faire, l’ONU doit s’attaquer aux gangs armés qui contrôlent l’île en les privant des armes qui proviennent à 90% des États-Unis, en empêchant leur importation si nocive pour les Haïtiens mais lucrative pour les USA jamais très chauds à l’idée de limiter le commerce des armes, même chez eux, à l’intérieur de leurs propres écoles.

Solution commune à envisager

Peu de choses séparent les points de vue des deux groupes. Une déclaration de Concertation Haïti s’adresse au Canada: « Le moment est venu pour le Canada de tenir compte des propositions haïtiennes de la société civile et de réfléchir à son rôle dans les missions de maintien de la paix passées et de l’évaluer. Cette fois, il ne doit pas limiter ces discussions à la classe politique, mais inclure tous les secteurs, y compris la société civile. Les leçons apprises devraient permettre de formuler des propositions pour un rôle plus constructif à moyen et long terme, qui sera plus inclusif de tous les Haïtiens et qui contribuera à des solutions réelles et plus durables en Haïti ». Le groupe demande aussi « que le Canada impose des sanctions, notamment l’annulation des visas et le gel des avoirs de ceux qui financent et contrôlent les gangs » (difficulté de juger d’anciens sénateurs).

La stratégie canadienne est pour l’instant de renforcer les capacités de la police nationale haïtienne. Ottawa a fourni un financement d’environ 30 millions de dollars en 2022, en plus d’avoir récemment donné le feu vert à la vente de véhicules blindés canadiens pour ses policiers, mais son action doit aller plus loin notamment en reconnaissant la légitimité des solutions mises de l’avant et provenant de la société civile haïtienne.

Le Canada devrait également utiliser son rôle et son influence au sein du Core Group pour que ses autres membres soutiennent ces pistes d’action en Haïti et non un statu quo dénoncé à juste titre par l’Institut canadien de politique étrangère. A-t-on une solution commune ?


*Marcela Escribano, responsable du programme Amérique latine et Caraïbes chez Alternatives Canada, a écrit en partie les textes ci-dessus avec Marc Édouard Joubert.

3 Commentaires

  1. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    28 octobre 2022    

    Haïti : Le BQ reçoit favorablement la demande du secrétaire d’État américain 2022/10/28
    Le Bloc Québécois accueille favorablement la suggestion des États-Unis à l’effet que le Canada puisse devenir un leader pour aider le peuple haïtien. Le peuple haïtien souffre d’une crise sociale majeure alors que des groupes armés sèment la terreur auprès de la population et contrôlent des infrastructures essentielles, ainsi que de larges parties du territoire. Cette situation mène à une crise humanitaire désastreuse et le pays ne cesse de s’enfoncer davantage. Le gouvernement haïtien a demandé l’aide de la communauté internationale, sans obtenir d’engagements clairs pour le moment. La nature d’une éventuelle intervention canadienne devra toutefois être clarifiée par le gouvernement, et toute intervention devra être réalisée en concertation avec la communauté internationale.
    « Les Haïtiens souffrent de l’une des pires crises à avoir frappé le pays depuis plusieurs décennies. Comme le gouvernement américain, nous croyons que le Canada n’en fait pas assez et doit faire plus pour venir en aide à nos sœurs et nos frères haïtiens. Nos liens privilégiés avec Haïti, tant au niveau de la diaspora haïtienne vivant au Québec qu’au niveau de l’usage du français, justifient à eux seuls que le Canada vienne en aide aux Haïtiens. Le Canada doit prendre les devants en partenariat avec la communauté internationale et le peuple haïtien afin d’élaborer rapidement un plan d’action pour stabiliser le pays et fournir l’aide humanitaire nécessaire », soutient le chef du Bloc Québécois, Yves-François Blanchet.
    Alors que le premier ministre Trudeau soulignait en 2015 que le Canada était de retour sur la scène internationale, le Bloc Québécois a plutôt constaté l’inverse : le Canada sous Justin Trudeau a même réussi à faire pire que le gouvernement Harper en matière d’aide internationale. Le Bloc Québécois exhorte une fois de plus le gouvernement à augmenter substantiellement son aide internationale. « Le Bloc Québécois incite depuis des années le gouvernement fédéral à augmenter son aide internationale à hauteur de 0,7% de son produit national brut afin d’atteindre la cible des Nations unies. Malheureusement, le Canada en fait trop peu alors que nous savons tous que les changements climatiques entraîneront des conséquences dramatiques dans plusieurs parties du monde. La situation en Haïti donne un aperçu de ce qu’il risque d’arriver dans plusieurs régions du monde si des pays comme le Canada n’en font pas plus. Le Canada doit tout mettre en œuvre pour aider le peuple haïtien et revoir de fond en comble sa politique étrangère afin d’en faire plus pour les populations vulnérables », conclut le porte-parole en matière d’Affaires internationales, Stéphane Bergeron.

  2. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    29 octobre 2022    

    Loïc Tassé dans le Journal de Montréal du 29 octobre révèle, sans qu’on puisse confirmer ses informations, que de riches « commerçants syro-libanais s’opposent aux élites économiques traditionnelles divisées en diverses souches provenant des régimes précédents depuis celui de Duvalier. Deux familles, les Martelly et les Saint-Rémi exerceraient une forte pression mafieuse. Les pressions des curés favorisant la natalité (…) entraînent une trop forte densité de population et de graves problèmes environnementaux.

  3. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    5 novembre 2022    

    Le 4 novembre, la police haïtienne, SANS AIDE EXTÉRIEURE, a délogé le gang qui bloquait le principal terminal pétrolier (réussira-t-elle à maintenir son contrôle ?) et le Canada a enfin emprisonné deux riches sénateurs haïtiens établis à Montréal, soupçonnés de coordonner le trafic de drogues et d’armes à Port-au-Prince et leurs contacts internationaux et même nationaux semblent avoir été gelés. Est-ce que nos communications avec notre gouvernement y ont été pour quelque chose?

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Les APLP suggèrent…

Voici deux organisations humanitaires qui sont actives en Ukraine et dans les pays où les Ukrainiens se réfugient, sans être contrôlées ni par le gouvernement ukrainien ni bien sûr par la Russie.
Note : ces liens mènent directement aux sites web des organismes. Les dons ne transitent pas par les APLP.

Nos actions récentes

20 novembre 2022 : Lettre à la ministre Mélanie Joly : Négociez avec la Russie !
26 septembre 2022 : Événement Nourrir la paix à Rosemont.
17 septembre 2022 : Nettoyage du parc Lucia-Kowaluk pour le Journée internationale du nettoyage de la Terre.
28 juin 2022 : Lettre à la ministre des Affaires étrangères.
28 juin 2022 : Manifestation avec le Mouvement québécois pour la paix
8 mai 2022 : Manifestation Les mères au front à Québec..
5 avril 2022 : Les APLP endossent la lettre du Canada Peace Network contre les dépenses militaires.
27 mars 2022 : Lettre à l'ambassadeur des États-Unis à Ottawa.
26 mars 2022 : Manifestation avec Échec à la guerre contre la guerre en Ukraine et au Yémen.
23 mars 2022 : Lettre à l'ambassadeur de Russie à Ottawa.
23 février 2022 : Lettre à la ministre Joly sur l'Ukraine.
15 février 2022 : 33e cérémonie des Prix APLP.
21 décembre 2021 : Nos souhaits de paix 2022, lettre aux ministres fédéraux.
13 décembre 2021 : Lettre au premier ministre sur l'exportation d'armes vers l'Arabie Saoudite.
21 novembre 2021 : Deuxième lettre au ministre Miller.
27-28-29 octobre 2021 : Lettres aux nouveaux ministres fédéraux Joly, Guilbeault, Anand et Miller.
19 février 2021 : Lettre ouverte au PM concernant Haïti.

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