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Je suis APLP parce que…

"Je suis artiste pour la paix parce que quand je me monte sur scene, j'ai l'impression de faire la paix avec mon âme et celle du public. Je me retrouve là, en lieu sûr, pour explorer les forces et les failles de nos coeurs, sans danger, sans jugement ni discrimination pour célébrer la beauté de l'humanité. Et si la vie était toujours ainsi ?"
Paule Tremblay, autrice-compositrice-interprete
"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire
"Je suis artiste pour la paix... Sans la paix, pas d'avenir pour la planète. Contribuer à bâtir une culture de la paix me semble un devoir."
André Jacob, auteur et artiste-peintre, APLP honoraire
"Je suis artiste pour la paix parce que la paix justifie l'espoir ."
Denis Carrier, auteur

Mireille Dansereau visionnaire, Prix du Québec 2022

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Comme Martin Duckworth cinq ans avant elle, la cinéaste et artiste pour la paix Mireille Dansereau vient de recevoir le Prix du Québec Albert Tessier (cinéma). Écoutons d’abord ce qu’elle dit d’elle-même avec le courage et la sincérité qui la caractérisent :

J’ai voulu témoigner de ce que c’était, être une femme de ma génération qui a cherché à s’affirmer comme artiste francophone au milieu d’une majorité anglophone.

Qui a fait ses films de façon indépendante sans jamais faire partie de quelque institution que ce soit. Initiant ses projets, patiemment avec ‘le dur désir de durer’ (Paul Éluard).

Je me vois comme une RÉSISTANTE. Une résistante contre les schémas imposés par la famille, la société et même les schémas imposés par le cinéma.

Dans les années 70, on a commencé à dire que pour nous les femmes “le privé est politique”, ce qu’on chérit aujourd’hui plus qu’à l’époque.

Mon parcours fut celui d’une recherche d’identité comme femme, en parallèle avec la recherche d’identité du Québec.

En faisant mes films, je me suis toujours ‘mise en danger’.

J’ai voulu sensibiliser et éveiller la conscience des femmes et des hommes en communiquant des moments de vérité et de poésie.

Voici son éloge prononcé par le ministère de la Culture et des Communications :

Mireille Dansereau s’est taillé une place unique dans l’histoire du cinéma québécois. Elle a ouvert la voie à des générations de réalisatrices grâce à sa détermination et à son audace, en offrant comme modèles des œuvres authentiques, pertinentes et singulières. Possédant une habileté rare à fusionner avec subtilité le documentaire et la fiction, cette pionnière explore dans ses films les enjeux intimes comme sociaux. Le rapport au corps féminin, la famille, la relation mère-fille ou le suicide sont autant de thèmes abordés dans son œuvre vaste et variée, révélant une profonde sensibilité et une grande intégrité artistique. 

Recevoir le prix Albert-Tessier représente pour Mireille Dansereau « une reconnaissance au Québec de [son] travail de 55 ans de cinéma ». « À mon retour de Londres, j’ai choisi de rester au Québec et de faire mes films en français, en dépit des offres européennes. » Mireille Dansereau attire l’attention comme cinéaste dès son premier court métrage Moi, un jour…, sélectionné au Festival du film de Montréal et présenté lors d’Expo 67. Ce film pose les premiers jalons thématiques de son œuvre cinématographique, dont la quête de liberté des femmes dans une société en changement. Puis, elle obtient une maîtrise du Royal College of Art de Londres en 1969. Au cours de ses années d’études en Angleterre, elle réalise 2 films, dont Compromise, lequel lui vaudra le premier prix du Festival international du film étudiant à Londres, ce qui est exceptionnel à l’époque pour une femme étudiant en cinéma.

De retour au Québec, elle cofonde en 1971 l’Association coopérative de productions audiovisuelles. En plus d’être la seule femme à participer à la fondation de cette organisation, elle devient l’année suivante la première Québécoise à réaliser un long métrage de fiction avec La vie rêvée, récompensé de plusieurs prix, à Toronto et sur la scène internationale. Ce film, qui porte un regard féministe tout nouveau sur la société québécoise des années 1970, lance véritablement la carrière de la réalisatrice. Avec lui s’amorce la création d’une longue série d’œuvres qui ne feront que confirmer la signature distinctive de cette figure majeure du septième art au Québec, faisant s’entrecroiser images de vie réelle, fictionnelle et instants de poésie.

Parmi ces œuvres, notons L’arrache-cœur (1979), dans laquelle elle aborde la relation mère-fille, thème récurrent dans sa filmographie, également exploré dans le moyen métrage Entre elle et moi (1992), exposant son rapport avec sa propre mère. Preuve de l’immense talent de la cinéaste à créer des films de grande qualité, aussi intelligents que touchants, les deux œuvres ont récolté des récompenses, notamment la première avec un prix d’interprétation pour la comédienne Louise Marleau au Festival des films du monde. Son film Le sourd dans la ville (1987), adaptation du roman éponyme de Marie-Claire Blais (APLP hélas décédée) met en scène une femme de famille aisée quittant son milieu pour s’installer dans un hôtel miteux. Ce film obtiendra une prestigieuse mention spéciale du jury œcuménique de la quarante-quatrième Mostra de Venise.

Bien d’autres œuvres importantes ont ponctué sa carrière de cinéaste féministe, l’une des premières au Québec : J’me marie, j’me marie pas (1973), 4 entrevues avec des femmes expliquant leur relation complexe avec les hommes, la maternité et leur féminité, de même que Les seins dans la tête (1994), Les cheveux en quatre (1996) et Vu pas vue (2018), dans lesquelles la réalisatrice explore le thème du corps féminin.

La cofondatrice de Réalisatrices équitables, entreprise qui défend la place des femmes dans le domaine du cinéma depuis 2007, est en outre à l’origine de films expérimentaux et novateurs, dont Les marchés de Londres (1996), créé à partir d’images tournées lors de ses études en Angleterre. Cette œuvre lui vaudra notamment d’être de nouveau invitée au Festival international du film de Venise et primée à Toronto.

Quel message Mireille Dansereau souhaite-t-elle transmettre à la relève ? « N’attendez pas des années que les autres vous disent que vous avez fait un bon film. Continuez envers et contre tous. Construisez votre propre confiance en vous », recommande-t-elle.

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Mireille Dansereau a creusé une œuvre personnelle d’avant-garde, bien avant The Hours avec Meryl Streep, Nicole Kidman et Julianne Moore, La leçon de piano de Jane Campion, les documentaires Femme(s) d’Anastasia Mikova et Yann Arthus-Bertrand, Scandale avec Margot Robbie et Charlize Theron, Je vous salue salope, de Guylaine Maroist et Léa Clermont-Dion, She said, des Américaines Maria Schrader, Carey Mulligan, Zoe Kazan sur les deux journalistes du New York Times, Megan Twohey et Jodi Kantor, qui à force de démarches auprès de femmes victimes les ont persuadées à briser le silence sur Harvey Weinstein mis hors d’état de nuire.

La dénonciation n’est pas le moteur de Mireille qui comme « À tout prendre » de Claude Jutra explore plutôt l’intimité des relations humaines, avec une poésie exempte de voyeurisme. Intéressant de noter que le design de la médaille de l’Ordre du Québec est une œuvre de Madeleine Dansereau, sa mère, première femme joaillière du Québec, information que Mireille a tenu à nous fournir en hommage aux combats artistiques d’une génération avant la sienne, celui de sa mère luttant pour exister dans un monde d’hommes.

 

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