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Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Des Québécois au secours de la planète

par Pierre Jasmin et Laure Waridel

die_in

Photo du « die-in » de la manifestation pour la planète du 10 novembre 2018, rue Ste-Catherine

Potentiellement trente mille braves ont manifesté à Québec, Sherbrooke, Cacouna, Gaspé, Maria, Trois-Pistoles, Trois-Rivières, Rimouski, Gatineau et Val David. Avec Montréal, on arriverait à 80 000 marcheurs, c’est-à-dire 1% des Québécois, sel de la Terre écolo.

Québécois patriotes au souci planétaire

Parmi les cinquante mille marcheurs à Montréal, se distinguaient sa mairesse Valérie Plante, Ruba Ghazal et Gabriel Nadeau-Dubois de Québec solidaire, Catherine Fournier du Parti québécois, Pierre Arcand et Dominique Anglade de l’Opposition officielle, le député du NPD Alexandre Boulerice, l’ex-cheffe du Bloc, Martine Ouellet, accompagnée de son fils pianiste, et enfin les ministres caquistes Marie-Chantal Chassé, Chantal Rouleau et Christian Dubé, courtisés par Dominic Champagne assumant sa candeur en recrutant aussi Guy Laliberté ! CAR CE N’ÉTAIT PAS UNE MANIF CONTRE, MAIS UNE MANIF AVEC, en particulier avec les syndicats qui ont contribué monétairement à la marche et à l’organisation sonore du kiosque Mordecai Richler sur le Mont-Royal.

Sur la photo ci-dessus (cherchez bien !), j’avais le privilège de converser avec UN MODÈLE D’ENGAGEMENT ÉCORESPONSABLE, Laure Waridel [1]. Ou Sainte Laure, comme la surnommait, avec une pointe d’agacement, feu Pierre Falardeau. Il ignorait alors qu’on peut à la fois être patriotique ET visionnaire planétaire; comme le militant Daniel Gingras tenant son drapeau sous la pluie devant la basilique Notre-Dame tout au long des funérailles de Bernard Landry, mais aussi, par leurs paroles inspirées, à l’intérieur, les Pierre-Karl Péladeau (acclamé par des bravos !), Maka Kotto, Djemila Benhabib, Louise Harel, Ted Moses, Daniel Amar et Pascale Landry rappelant l’engagement planétaire de son père Bernard qui lui chantait dans son enfance el pueblo unido jamas sera vencido.

Les snobs dédaignent la cause

Plus exaspérée que Falardeau, Denise Bombardier, invitée principale de La soirée est (encore) jeune fut vexée d’être upstagée par Dominic Champagne, en passage-éclair à Radio-Canada après ses paroles adressées aux milliers de manifestants. Elle commenta dédaigneusement: «un fondamentaliste : tout ce qui est exagéré est insignifiant », renchérie par un humoriste : « Il n’est même pas resté; j’aurais volontiers discuté ses affirmations. »

DISCUTER QUOI ?

Le constat dressé en septembre par le GIEC formé de milliers de savants du monde entier ? La nécessité affirmée par le Secrétaire Général des Nations unies pour tous les paliers de gouvernements d’agir radicalement d’ici 2020 pour empêcher la catastrophe climatique ?

Relativiser les feux de forêt californiens à l’ampleur sans précédent, vu la sécheresse climatique, avec un quart de millions d’évacués et des dizaines de morts : ce décompte morbide à Puerto Rico après l’ouragan qui avait frappé l’île, avait plus que décuplé.

Et nos amuseurs publics auraient-ils le courage et l’honnêteté de les relier avec les dépenses militaires augmentées aux États-Unis à plus de 700 milliards de $ annuels, sans commander de nouveaux hélicoptères ni d’avions équipés pour arroser les feux [2] ? Et Trump de renier la COP21, de blâmer l’administration des Parcs californiens et d’envoyer l’armée non pas au secours des malheureux sinistrés, mais contre des réfugiés honduriens sans défense, fuyant leur dictateur imposé par les Américains et les mafias de vendeurs de drogues.

L’émission s’est tranquillement poursuivie avec le mandat de perpétuer un monde civilisé qui bavarde et manie l’humour avec la même vivacité superficielle d’esprit stérile, que celles parfois de René Homier-Roy, Richard Martineau et Sophie Durocher, avec leurs sarcasmes à l’endroit des 1% « fanatiques ou intellectuels déconnectés ». À la suite de son épouse Nathalie Petrowski dans La Presse, Michel Lacombe s’est fait samedi l’apôtre du titre de son émission « Faut pas croire tout ce qu’on dit ». Félicitons-le de n’avoir pas invité de sectaires ou d’illuminés born again, habitués de chez Denis Lévesque à TVA.

Les savants et les sensibles [3]

Mais Lacombe a souvent coupé la parole de ses invités, des savants respectables tels Lucie Sauvé, professeure à l’UQAM et directrice du Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté, Karel Mayrand de la Fondation Suzuki, la scientifique citoyenne de la terre Catherine Potvin de McGill et d’autres telle Laure Waridel. Verrons-nous ces trois derniers à Tout le monde en parle, dont les animateurs ont signé le pacte.ca (L’AVEZ-VOUS SIGNÉ ???)? Combien d’autres émissions tardent à imposer le sujet en invitant les Sidney Ribaux, André Bélisle, Dr. Lyne Morissette, Jimmy Vigneux et Patrick Bonin? Tous les médias écrits devraient à chacune de leur parution consacrer une page au réchauffement climatique, afin d’aider à l’enrayer.

Et s’ils se méfient des intellectuels, que les animateurs cités prennent la peine d’inviter Benoît Trépanier, organisateur et co-porte-parole de la marche sous la neige à Maria, en Gaspésie, une région unie politiquement qui semble mieux informée que le reste du Québec. Écoutons-le : « C’est clair que vu qu’on est un petit peu plus proches de la nature que les gens en ville, on voit tout de suite les impacts, l’érosion, la submersion des berges ». Dans les Cantons de l’Est, à Dunham aux vignes menacées par des maladies aggravées par les chaleurs inhabituelles, les conseillers ont appuyé unanimement la Déclaration d’urgence climatique [4]. En entrevue à La Voix de l’Est, le maire Pierre Janecek a souligné l’urgence d’agir vite et bien : « On ne peut pas passer à côté de ça, on doit tous embarquer dans le même bateau pour voir un changement. »

Ces 1% dont la conscience dérange les pusillanimes font honneur à la clairvoyance avant-gardiste du Québec. La foule bigarrée du 10 novembre brandissait des pancartes colorées, plus positives que négatives (y compris les pro-véganes), évoquant une planète à aimer de façon créatrice, tout en dénonçant les pétrolières de sable bitumineux de Trudeau et son pipeline de 5 milliards de $ dont il veut tripler la capacité avec 9 milliards additionnels de nos impôts.[5]

Des Artistes pour la Paix et autres

Cinq cents artistes connus sont passés de la parole au pacte. Richard Séguin, toujours présent : « on manifeste depuis longtemps, Pierre, mais maintenant c’est rendu tellement urgent ! » Les écrivains Mélissa Grégoire et Yvon Rivard avaient comme à leur habitude bricolé une pancarte qui reprenait les mots sacrés de feu Pierre Perreault, Pour la suite du monde, en ajoutant au verso Deux ans ! André Cloutier, Judi Richards et le webmestre Christian Morin étaient rejoints par le cinéaste Martin Duckworth, 83 ans, avec son petit-fils nouveau-né, Laurier Schirmer-Brochu, le plus jeune de tous les manifestants que sa mère, la belle Évelyne (étoile de la télésérie Trop ! avec Virginie Fortin) m’a fièrement présenté. D’autres actrices exubérantes, telles Pascale Bussières et Guylaine Tremblay, la réalisatrice et écrivaine Anaïs Barbeau-Lavalette, avec ses trois enfants, avaient trouvé le temps de venir manifester pour la stabilisation du climat, devoir essentiel pour papa Émile Proulx-Cloutier, à nos côtés malgré ses occupations de comédien dans TROIS téléséries (dont la remarquable Demain des hommes) et d’auteur-compositeur-interprète en tournée de concerts de la Marée haute à travers le Québec!

Les Christian Bégin, Jean-François Casabonne, Roy Dupuis, Jacques Lavallée, Alexis Martin et Emmanuel Bilodeau exigent des gestes concrets qui urgent ! Présents aussi nos leaders autochtones du Québec, Ghislain Picard et le mohawk Kenneth Deere qui a déploré « la pourriture de la société par l’argent, qui n’existait pas avant l’arrivée des Européens » (c’est-à-dire nous), l’Africain Mohamed Lotfi, si généreux, pardonnera ma boutade pour l’exclure des reproches de Deere. Quant au professeur du collège Montmorency François Geoffroy et à l’auteur de l’état du Québec 2019, Dominic Vézina, ils étaient accompagnés par une dizaine de jeunes étudiantEs du secondaire, au verbe aussi allumé que le leur.

Et dans cette finale de choix, accueillie avec enthousiasme par les beaux participants à cette belle marche contestée par aucun sinistre Black Bloc, le discours magnifique que voici !

Laure Waridel dont la foule reprend en chœur le leitmotiv

« La planète est malade.
Elle a la fièvre des humains.
Les changements climatiques n’en sont qu’une expression.

NOUS TOUS ICI PRÉSENTS FAISONS PARTIE DE SON SYSTÈME IMMUNITAIRE.

Nous sommes l’air que l’on respire, l’eau que l’on boit, la terre qui nous nourrit.
Nous sommes la planète que l’on détruit.
Cette autodestruction touche en premier lieu les plus vulnérables, les moins fortunés d’ici comme ailleurs.
Ceux qui ont pourtant la plus petite empreinte écologique.
Il y a déjà des millions de réfugiés climatiques, des millions de personnes aux droits humains bafoués.
Nous avons le devoir d’agir pendant qu’il en est encore temps.
Quand on se mobilise contre l’exploitation du pétrole, la construction de pipelines, les gaz de schistes, l’agrandissement des autoroutes, le 3e lien et autres projets qui contribuent à augmenter les émissions de gaz à effet de serre :

NOUS FAISONS PARTIE DU SYSTÈME IMMUNITAIRE DE LA TERRE.

Quand en Grande-Bretagne, des centaines de citoyens planifient une vaste campagne de désobéissance civile appuyée par une centaine de grands scientifiques du pays, quand des jeunes aux États-Unis et au Pays-Bas poursuivent leur gouvernement pour leur inaction en matière de changements climatiques :

ILS FONT PARTIE DU SYSTÈME IMMUNITAIRE DE LA TERRE.

Quand des syndicats, des entreprises publiques, privées ou de l’économie sociale s’engagent concrètement dans la transition écologique de notre économie, quand trois ministres d’un parti largement critiqué pour ses faiblesses en environnement au moment des élections marchent avec des citoyens pour la planète, quand de petites, moyennes et grandes municipalités du Québec comme Montréal signent la Déclaration citoyenne universelle d’urgence climatique et que nous nous engageons à respecter le Pacte de la transition…

NOUS FAISONS PARTIE DU SYSTÈME IMMUNITAIRE DE LA TERRE.

Quand on évite le gaspillage, réduit notre consommation, prend le transport en commun, se déplace à pied ou à vélo, quand on isole mieux nos maisons, quand on mange moins de viande, achète le moins emballé possible, choisit bio-local-équitable, quand on composte, utilise des énergies et ressources renouvelables, quand on désinvestit des énergies fossiles et pose tant d’autres gestes au quotidien pour réduire la taille de notre empreinte écologique individuellement et collectivement…

NOUS FAISONS PARTIE DU SYSTÈME IMMUNITAIRE DE LA TERRE.

On a besoin de politiques publiques cohérentes à tous les paliers de gouvernement.
On a besoin d’un vrai projet de société.
Le Québec peut être à l’avant-garde de la grande transition qui s’impose pour transformer notre système économique du local au global.
On peut créer une économie qui respecte les limites des écosystèmes.
Mener une transition juste pour tous !
L’économie est une construction sociale qui opère grâce à des institutions que nous avons créées dans un cadre juridique et politique que nous pouvons contrôler.
Nous avons le CHOIX !
À travers l’histoire, le Québec a maintes fois fait la preuve de sa capacité à mener de grands chantiers.

NOUS AVONS L’INTELLIGENCE, LE COURAGE ET LA SOLIDARITÉ NÉCESSAIRES POUR LE FAIRE.

NOS RÉVOLUTIONS SONT TRANQUILLES MAIS CE SONT DE VRAIES RÉVOLUTIONS.

C’EST AUJOURD’HUI QUE NOUS CHOISISSONS CE QUE SERA DEMAIN.

NOUS SOMMES ENSEMBLE !


[1] Co-fondatrice d’Équiterre, professeure associée à l’UQAM à la Chaire sur la transition écologique, chercheure membre du CINBIOSE et du CIRODD (discours à la fin de l’article).

[2] Des avions-citernes du gouvernement québécois aident chaque année les Californiens et c’est ce qu’il faut et faudra faire par solidarité, même si les Californiens votaient pour Trump.

[3] Citation de Frédéric Chopin, en réponse autoconsolatrice au peu d’adhésion démontré par le public viennois face à sa musique : « J’ai conquis les savants et les sensibles ».

[4] Documentée avant les élections sur : http://lautjournal.info/20180914/notre-avenir-tous

[5] http://www.artistespourlapaix.org/?p=14967

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21 septembre : Lancement du Manifeste pour la Paix à Montréal.
5 août : Cérémonie commémorative d'Hiroshima à Montréal.
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