Evénements du mois

Activités de nos membres





Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

La guerre syrienne – angles de vue

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Une image qui vaut mille mots : le Canada semble se laver les mains du sang que son association avec l’OTAN et les compagnies militaires répand. L’image de mode Trudeau serait-elle devenue plus dangereuse, plus trompeuse auprès des jeunes naïfs que celle de « mon oncle » Harper ?

Les Artistes pour la Paix s’efforcent de poser avec d’autres tels les Médecins sans Frontières, Project Ploughshares, le Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire, Pugwash, Développement et Paix, Alberto Rabilotta, Michel Agnaïeff, Dimitri Roussopoulos, Nathan McDonnell, Chris Westdal, Dominique Boisvert etc. des actions et des déclarations solidaires du peuple syrien. Sous cet angle de compassion, nous sommes intervenus à plusieurs étapes cruciales de la guerre syrienne.

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Deux manifestations en moins d’un mois

Ce lundi 17 octobre, nous nous retrouvons dans la rue devant l’hôtel Hyatt Regency. Des industries militaires y organisent un dîner (cher) où le ministre Stéphane Dion est invité à présenter la politique étrangère de son gouvernement. Daniel Gingras, Dimitri Roussopoulos, Lorraine Guay et Nathan McDonnell ont dénoncé l’abandon des simples valeurs de respect de la vie humaine par le gouvernement Trudeau, avec des chansons des Raging Grannies (Mémés déchaînées). Voici en gros ce que le président des Artistes pour la Paix a déclaré :

« Aujourd’hui, les Artistes pour la Paix manifestent devant l’hôtel Hyatt Regency contre la politique étrangère du Canada pro-turque, pro-OTAN et anti kurde. Nous profitons de cette occasion pour informer les citoyennes et les citoyens du Québec et de Canada et d’ailleurs que le ministre des Affaires mondiales Stéphane Dion prononce un discours devant un aréopage subventionné par des industries militaires. Nous nous rassemblons pour que Stéphane Dion n’oublie pas le peuple kurde, parce que nous n’oublions pas les frères et soeurs qui souffrent ! Le Canada est le second exportateur d’armes au Moyen-Orient. Le Canada pour le moment suit la politique des États-Unis, qui utilisent le conflit en Syrie comme une guerre indirecte contre le gouvernement de Russie. La guerre en Syrie se prolonge, et tandis que les ministres parlent autour d’une table sur comment se partager les territoires, les civils meurent. Que propose le Canada pour le règlement de la crise humanitaire en Syrie ? C’est l’occasion de rappeler au ministre les récentes           invasions de territoire en Syrie et en Irak faites par l’armée turque, sans la moindre             condamnation internationale.

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De g. à dr.: Daniel Gingras, Nathan McDonnell, Dimitri Roussopoulos et deux Kurdes

Nous rappelons au ministre la persécution que subissent les kurdes par l’armée turque depuis tant d’années. Le gouvernement du Canada ferme les yeux sur les agissements de son allié de l’OTAN le gouvernement turc, mais ses peuples n’oublient pas. Nous sommes enfin venus ici pour rappeler les recommandations du mémoire des Artistes pour la Paix au ministère de la Défense :

  • Que nos militaires soient formés pour les missions de Casques Bleus sous la responsabilité des Nations-Unies, afin de protéger les populations civiles, en particulier les Kurdes;
  • Que leur formation ait comme priorité l’aide humanitaire aux réfugiés de guerres ou aux victimes des catastrophes naturelles, par exemple inondations à Haïti.
  • Que l’appellation du Ministère de la défense nationale soit changée pour le Ministère de la Paix et de la sécurité;
  • Que le Canada quitte l’Organisation du Traité d’Atlantique-Nord dont les bombardements en Afghanistan, en Irak, en Libye et en Syrie sont en grande partie responsables de la situation pourrie au Moyen-Orient et dont le militarisme voudrait doubler les dépenses militaires du Canada ».

 

À l’occasion de la Journée de la Paix (ONU, 21 septembre), nous étions devant le bureau montréalais de Justin Trudeau pour dénoncer l’indifférence canadienne envers les Kurdes attaqués en Syrie. Nous avions alors publié un article sur notre site : http://www.artistespourlapaix.org/?p=11841.

 

Petite rétrospective pour y voir clair dans le chaos guerrier syrien

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03/12/2013  Les Artistes pour la Paix avaient répondu « présents » à l’action de l’organisme syrien de solidarité Basmet Amal (« Sourire d’espoir »), le 3 décembre 2013 à 19 h, au Centre Islamique Libanais, 40-60 rue de Port-Royal Est à Montréal (métro Sauvé) pour le grand public et à 14h à la CSN (salle C du 1601 avenue Delorimier), à une conférence de presse présidée par Pierre Jasmin que notre membre Dominique Boisvert a organisée en offrant aux journalistes ses numéros de téléphone et courriel. Car nous accueillions à Montréal Mère Agnès-Mariam de la Croix, supérieure du Monastère St-Jacques à Qara en Syrie, un visage syrien autrement plus amène que ceux de Bachar al-Assad ou de ses opposants islamistes commandités par l’Arabie Saoudite [tous les médias nord-américains ignoreront jusqu’en mai 2014 l’existence de l’État islamique ou Daesh pourtant dénoncés explicitement par Mère Agnès en décembre 2013]. Une grande partie de la population des villes autour du Monastère a été forcée de s’exiler comme réfugiés. Mère Agnès a quitté la sécurité de son couvent et met sa vie en danger pour organiser des cessez-le-feu permettant l’évacuation ou la protection de civils de minorités religieuses (comme les Chrétiens et les Alaouites) ou ethniques (comme les Druzes), pour éviter les attaques contre églises et monastères et pour promouvoir le dialogue entre les belligérants. En mai 2013, son véhicule a été la cible d’une attaque armée, au moment où elle organisait la venue en Syrie d’une Délégation internationale dirigée par la Prix Nobel de la paix Mairead Maguire, une des principales initiatrices de Mussalaha (“Réconciliation”), un mouvement populaire syrien qui tente de contribuer à une solution syrienne, à la fois politique et pacifique, à la guerre en cours. Mère Agnès, notre candidate au prix Nobel de la paix (le prix Nobel a justement été accordé à l’organisme des Nations-Unies responsable d’éliminer les armes chimiques, l’OPCW opérant à partir de La Haye), témoigne d’une réalité très différente de celle dépeinte par les médias occidentaux. Elle est présentement aux États-Unis et au Canada pour demander l’arrêt de toute intervention étrangère dans son pays. Ses efforts cherchent à résoudre la guerre civile par la médiation et à négocier un cessez-le-feu entre belligérants, avant que ne soit forcée à l’exil la plus grande partie de la population civile syrienne. Son message est universel et fait la promotion de la paix, de l’amour et de la réconciliation. Voir conférence de presse sur http://artistespourlapaix.org/?p=5628

Dans sa première lettre à titre de présidente nouvellement élue des APLP, Guylaine Maroist écrivait le 10 septembre dernier à l’Honorable John Baird, ministre canadien des Affaires étrangères, les mots suivants: « La 30e Assemblée Générale de notre organisme a endossé hier une résolution proposée par Amir Maasoumi qui dénonce tout bombardement envers le peuple syrien et appuie toute solution négociée par l’ONU avec l’aval de la Russie, par exemple le transfert de l’arsenal d’armes chimiques possédé par le gouvernement Assad pour qu’il soit dorénavant sous contrôle international et bientôt détruit. Nous espérons que vous prendrez contact avec vos homologues syrien et russe, Messieurs Walid al-Mouellem et Sergueï Lavrov, pour que le Canada aide à la réalisation de cette annihilation d’armes de destruction massive. Après le rapport onusien sur le triste massacre du 20 août, nous espérons que ses coupables seront jugés par la Cour Pénale Internationale de La Haye. »

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13/04/2014, nous écrivions ceci : « Mairead Maguire a témoigné, au nom des Arméniens syriens de Kessab réfugiés en l’Église Orthodoxe arménienne de la Vierge-Marie (Lattaquié), en affirmant sa tristesse et son indignation de voir à quel point les médias occidentaux sont biaisés dans leur appréciation de la situation en Syrie, proie de mercenaires étrangers.

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Amir Maasoumi, Mairead Maguire et mère Agnès-Mariam de la Croix en Syrie (2014)

La photo montre l’arrivée à Damas, après leur visite de Lattaquié, de mère Agnès-Mariam joignant sa main avec celle de madame Maguire en blanc, derrière laquelle se trouve Amir Maasoumi. On se souvient qu’il avait organisé le voyage et la conférence de presse de mère Agnès à Montréal il y a cinq mois environ. Il a joint, depuis, les Artistes pour la Paix, dont un des membres, Jean-Daniel Lafond, avait réalisé le très beau documentaire sur son voyage en Iran.

La ville de Kessab, proche de la frontière syrienne avec la Turquie, a été envahie le 21 mars 2014 par des milliers de mercenaires du groupe armé Jabbat al-Nusrah (proche d’Al-Qeida), avec la complicité d’avions F-16, de tanks et de pièces d’artillerie turcs (la Turquie a vu lors des dernières élections le pouvoir de son président islamiste s’accroître, en dépit des accusations de malversations financières douteuses, en complicité avec son fils, qui pesaient sur lui). Le gouverneur syrien Abdoul-Qader de la province de Lattaquié s’est déclaré catastrophé par les ravages causés par cette invasion facilitée par l’OTAN : ni la France, ni la Grande-Bretagne, ni les États-Unis n’ont voulu condamner cette exaction d’un pays contre un autre pays, bien pire, en conséquence de vies humaines sacrifiées, que l’annexion de la Crimée par les Russes! Nos médias en se taisant s’en sont aussi faits complices. Selon le gouverneur et selon les témoins oculaires réfugiés visités par nos amis pacifistes, près d’une centaine d’habitants ont été tués, un nombre indéterminé d’entre eux emmenés de force en Turquie, tandis que des milliers d’autres, à prédominance chrétienne arménienne (70%), se sont réfugiés plus au sud, principalement à Lattaquié. »

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Mai 2016 : Christian P. Morin publie sa traduction de l’article de Robert F. Kennedy publié initialement dans Politico sur l’origine de la haine des syriens à l’égard des États-Unis : une rétrospective historique révélatrice qu’on ne peut pas compter sur les médias pour nous la communiquer ! http://www.artistespourlapaix.org/?p=10719

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Vu notre vocation première (en 1983 avec Performing Artists for Nuclear Disarmament – Liv Ullman et Harry Belafonte) de dénoncer l’armement nucléaire et vu notre rôle commun avec Pugwash Canada et le Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire, il est important de dénoncer l’appétit de guerre sous l’angle de l’affrontement OTAN-Russie.

Alberto Rabilotta et Michel Agnaïeff analysent (extrait choisi) :

Aujourd’hui, un quart de siècle pourtant depuis la dissolution de l’Union soviétique, la guerre froide ressurgit et représente une menace croissante pour la paix mondiale. La tentative en cours de se servir de l’expansion de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord (OTAN) pour compléter l’encerclement militaire de la Russie et le pivotement des États-Unis vers la région Asie-Pacifique pour y préserver leur statut de maître du jeu, notamment en mer de Chine, sont perçus comme les sources immédiates de cette résurgence d’une guerre froide qu’on pensait disparue à jamais.

Aucun secret n’entoure d’ailleurs la volonté de Washington de faire grimper les tensions. Au fil des jours, les annonces se suivent pour réaffirmer la présence active de l’OTAN en Europe, et en particulier dans les pays limitrophes de la Russie. Cela se traduit par la création de nouvelles bases militaires, l’installation de systèmes avancés de radars et de missiles de portée moyenne pouvant être équipés d’une charge nucléaire, et le stationnement prochain de bombardiers stratégiques B52 dans les bases aériennes européennes de l’OTAN. Le tout se déploie dans le contexte de manœuvres militaires incessantes. Un bon exemple est fourni, entre autres, par l’exercice Anaconda-16 qui a été le plus important déploiement de forces étrangères en Pologne depuis la Seconde Guerre mondiale. Un rythme tout aussi soutenu s’observe également dans les vols de reconnaissance à caractère intrusif et les manifestations ostensibles de la présence des navires de guerre des É-U et de leurs alliés au large des eaux territoriales russes ou encore en Méditerranée orientale.

Ces démonstrations de force inspirées par « la stratégie du bord du gouffre » sont dépeintes toutefois par la presse occidentale cartellisée comme constituant uniquement une réponse « légitime » à une menace russe (supposée et jamais démontrée) contre les pays baltes et la Pologne. La Russie serait l’agresseur et l’OTAN la victime qui tenterait de faire bon cœur contre mauvaise fortune. Il en va de même de la tournure prise par les événements en Ukraine, après le renversement du gouvernement Yanoukovitch, où absolument tout « relèverait d’une ingérence russe intolérable ». Dans le cas de la Chine, elle juge des situations comme si l’enjeu de la liberté de la navigation se limitait au « droit » des vaisseaux de guerre américains de patrouiller dans les eaux de la zone économique exclusive de 200 milles de la Chine, ou encore de « contrôler » les eaux du détroit de Malacca qui est une artère vitale pour l’économie chinoise. La presse occidentale encadre de la sorte les faits et les événements dans une toile de fond où peu de place est laissée à des analyses plus équilibrées.

Fin de l’extrait. Relisez la prise de position courageuse de Chris Westdal, orateur invité à deux reprises par Pugwash Canada, un observateur impartial, puisqu’ancien ambassadeur canadien ET en Ukraine Et en Russie. S’il est difficile de ne pas croire à 100% ce qu’il dit, demandez-vous au moins pourquoi son point de vue n’est publié que par les Artistes pour la Paix http://www.artistespourlapaix.org/?p=11075, alors qu’il équilibre toute la propagande anti-russe que nos médias y compris Radio-Canada répandent sur nos ondes! Pierre Jasmin sera à Ottawa dans une semaine pour rejoindre ses amis Pugwash et fêter Peggy Mason qui avec ceasefire.ca et l’Institut RIDEAU dénonce avec vigueur la politique de Trudeau d’exporter des armes canadiennes (une quinzaine de milliards de $) à l’Arabie saoudite.

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La « colombe » de Washington, avec son masque de phrases creuses de paix (caricature russe)

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Revenons, si vous voulez bien, à l’angle compassion.

La présidente des Médecins sans frontières Joanne Liu, dont les hôpitaux afghans et syriens ont subi des bombardements, et par l’OTAN, et par la Russie, et par les avions du tyran syrien Bachar Al-Assad (et par l’aviation turque ? Non confirmé) a lancé un appel au nom de la population syrienne exsangue en se présentant devant le Conseil de Sécurité. Sur Facebook, Pierre a endossé en le signant et en l’envoyant au premier ministre (et invite les APLP à endosser) l’appel de Développement et Paix, assez similaire à celui de madame Liu. Le voici :

Le Très honorable Justin Trudeau
Premier ministre du Canada
Chambre des communes
Ottawa, Ontario K1A 0A6

Monsieur le Premier ministre,

Je voudrais vous faire part de ma préoccupation pour la crise humanitaire en Syrie et ses impacts sur les civils. Je me joins ainsi à l’appel de Développement et Paix et demande donc au gouvernement canadien qu’il fasse tout ce qui est en son pouvoir pour :

  • Augmenter le financement de l’aide destinée aux Syriennes et Syriens victimes de la crise et s’engager dans des efforts à long terme pour la réconciliation et la reconstruction du pays. Exiger activement que toutes les parties impliquées dans le conflit respectent le droit international humanitaire. En particulier, exiger la protection des civils et l’accès sans entrave à l’aide humanitaire.
  • Contribuer activement à un processus de paix inclusif, sachant que la solution durable à ce conflit ne pourra être que diplomatique et négociée. Instaurer des mesures économiques et politiques pour mettre un terme à la violence, telles que des initiatives visant à tarir les sources de financement et d’armement des belligérants.
  • Favoriser la création d’une société plurielle et inclusive, dont les différentes composantes, incluant les minorités, seront respectées. Donner plus de voix à toutes les Syriennes et tous les Syriens qui œuvrent pour une Syrie libre et pacifique sans discrimination ethnique, confessionnelle ou sociale.

 

Je vous prie d’accepter, Monsieur le Premier ministre, mes meilleures salutations.

 

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AVAAZ avec ses moyens considérables a pris le plancher pour hélas rejouer à Alep, Syrie, la pièce machiavélique Benghazi, que l’organisme avait jouée en Libye, appuyé par BHL

On se souvient qu’en 2011, l’OTAN avait bombardé sans relâche la Libye avec une attaque aérienne commandée par le général canadien Bouchard : lire pages 16 et 22 du mémoire des Artistes pour la Paix adressé au ministre de la Défense (http://www.artistespourlapaix.org/?p=11183) le 29 juillet (et vu son refus de même accuser réception du document, à la ministre du Développement international en direct à l’Université Bishop’s le 3 août). Alors que la mission confiée à l’OTAN par le Conseil de sécurité de l’ONU demandait la protection des islamistes de Benghazi, les bombardements ont été effectués sur la Libye entière jusqu’à la mort de Kadhafi dont les armes sont tombées entre les mains islamistes. L’Afrique du Nord jusqu’au Mali, Nigéria, Soudan et Burkina Fasso, s’est enflammée, comme les islamistes chiites au Yémen, pays martyrisé par l’Arabie Saoudite sunnite à qui nous vendons pour 15 milliards de $ d’armes canadiennes.

AVAAZ répète en ce moment l’opération d’apitoiement sur des « victimes » qu’on invite à sauver des griffes des « méchants » Russes et soldats d’Assad en exigeant que les États-Unis interviennent. Se rappeler que l’opération apitoiement sur les victimes de Benghazi a mené à une Libye dévastée que fuient chaque année des bateaux chargés de réfugiés dont des milliers coulent en Méditerranée.

Voici un des messages de leur propagande, ce que je leur ai écrit, leur réponse et ma contre-réponse (11 septembre, restée elle sans réponse) :

a) De: Alice Jay – Avaaz – avaaz@avaaz.org

Objet: Alep: trop, c’est trop !

Chères amies, chers amis,

100 enfants ont été tués dans des bombardements à Alep en quelques jours. Trop, c’est trop !

Il n’existe pas de solution miracle au conflit. Mais il est possible de faire cesser la terreur venue du ciel: il faut que les citoyens du monde entier demandent une zone d’exclusion aérienne pour protéger les civils en Syrie.

Envoyons à Barack Obama et aux autres dirigeants un appel tonitruant à résister à Vladimir Poutine et Bachar al-Assad. Cela pourrait bien être notre dernière et meilleure chance de faire cesser ce massacre de masse d’enfants sans défense.

Cela fait des années que nous sommes témoins de monstrueuses attaques chimiques et de l’explosion de bombes-barils. Mais la destruction totale d’Alep est d’un tout autre niveau. Toutes les règles et les accords sont piétinés. 250 000 personnes sont piégées dans les quartiers est, pratiquement privées de nourriture, de soins ou d’eau potable… et 100 000 d’entre eux sont des enfants !

La solution parfaite pour mettre fin au conflit n’existe pas, mais l’inaction est bien pire. Une zone d’exclusion permettrait à une coalition internationale de menacer d’abattre tout avion qui voudrait bombarder le nord de la Syrie. Près de 70% des membres d’Avaaz soutiennent cette option, et seuls 8% s’y opposent. Il est normal et même avisé d’hésiter à utiliser la force pour protéger des gens. Mais imaginez que ce soient nos enfants qui soient bombardés: qu’attendriez-vous du reste du monde?

Nous souhaitons tous un cessez-le-feu durable et une solution politique négociée, mais jusqu’à présent, toutes les tentatives ont échoué. Ce qu’il se passe à Alep prouve que si l’on ne commence pas par protéger les civils, il n’y aura pas de solution. Une zone d’exclusion aérienne bien pensée peut ne causer aucune perte, mais sauver de nombreuses vies. Et de sincères négociations de paix seraient bien plus envisageables si les dirigeants russes et syriens sentaient le reste du monde déterminé.

Disons à Barack Obama et à tous nos dirigeants qu’ils ne peuvent plus se contenter de mots face à cette boucherie. Que leur inaction les rend complices. Le destin de ces familles ne tient qu’à un fil, et elles ont besoin de notre aide. Au plus vite!

Cliquez ici pour sauver les enfants d’Alep.

Notre mouvement a mené de nombreuses campagnes contre les interventions militaires. Notre campagne fondatrice s’opposait à la guerre en Irak, et nous avons œuvré sans relâche à dénoncer les interventions américaines souvent cyniques au Moyen-Orient. Mais 400 000 personnes ont été tuées en Syrie; 400 000 vies qui pèsent sur la conscience de l’humanité. Une zone d’exclusion aérienne est la seule chose à faire dans cette situation dramatique, et nous ne pourrons pas l’instaurer sans les États-Unis. Rassemblons-nous pour demander à Barack Obama de sauver les enfants et les familles d’Alep.

Avec espoir et détermination,

Alice, Mais, Ricken, Nick, Mohammad, Marigona et toute l’équipe d’Avaaz

b) Message rapide numéro 1 :

D’accord pour arrêter TOUS les raids aériens en Syrie (russes, syriens, américains, de l’OTAN et turcs) mais entièrement opposés à votre idée d’appel aux responsables américains, qui est une incitation à la guerre.

Pierre Jasmin, vice-président des Artistes pour la Paix

c) Réception beaucoup plus tard de « la réponse formatée suivante »

De : Info Avaaz [info@avaaz.org] Date d’envoi : 11 octobre 2016 06:14 À : pierre Jasmin
Objet : Re: pétition AVAAZ POUR la Syrie

Bonjour,

Merci de votre message et de nous faire part de votre réaction au sujet de notre appel pour une zone d’exclusion aérienne pour protéger les civils à Alep.

Notre mouvement ne fonctionne qu’à condition d’écouter les membres d’Avaaz où qu’ils soient. Par ailleurs, tous les membres ne sont pas toujours d’accord avec chaque campagne lancée par le mouvement.

Nous procédons toujours à des sondages auprès de membres du monde entier afin d’évaluer nous recueillons suffisamment de soutien pour lancer une pétition. Dans le cas présent, 70% des membres d’Avaaz se sont prononcés en faveur d’une zone d’exclusion aérienne, tandis que 5% s’y opposent.

La décision au sujet de cette campagne n’a pas été facile à prendre. Nous l’avons prise après avoir vu toutes les autres solutions disparaître et la violence augmenter pendant des années. Il est également vrai qu’une zone d’exclusion aérienne n’a pas le même sens pour tout le monde. Pour cette campagne en particulier, il existe un espoir qu’une telle zone puisse conduire à un cessez-le-feu aérien. La menace de représailles pourrait à elle seule dissuader les avions de survoler les immeubles où vivent ces personnes, et faire cesser les bombardements.

Notre équipe a rédigé une réponse plus détaillée de ce qui semble être les questions les plus fréquemment posées <https://secure.avaaz.org/campaign/fr/protect_syrian_civilians_faq/>. Les 3 objections principales ont été jusqu’à présent:

  1. Une zone d’exclusion aérienne ne risque-t-elle pas de nous entraîner plus avant dans le conflit?
  2. Que faites-vous du risque d’une confrontation entre les États-Unis et la Russie?
  3. Avaaz n’est-elle pas au service de l’impérialisme américain au Moyen-Orient?

 

J’espère que ces points plus développés apporteront un éclairage, voire une réponse à vos observations et vous permettront à comprendre le contexte de notre campagne. N’hésitez pas à nous contacter de nouveau si vous avez d’autres questions ou commentaires.

Bien à vous,
Aloys, d’Avaaz

d) 2e message resté jusqu’à ce jour sans réponse :

« Nous sommes en faveur d’une zone d’exclusion aérienne SI ELLE S’APPLIQUE aussi à la Turquie, à l’OTAN et aux États-Unis et donc si elle s’applique pour TOUTE la Syrie.

Notre premier ministre Trudeau a souhaité dès le premier jour de son mandat que les avions canadiens ne bombardent plus l’Irak (ni la Syrie), qu’ils ne soient affrétés que pour des missions humanitaires (vivres, médicaments, transports de réfugiés effectués à partir de la Jordanie ou du Liban).

La CIA, l’argent et les armes des pouvoirs sunnites du Moyen-Orient et, bien sûr, la police de Bachar al-Assad sont les premiers coupables de cette guerre barbare épouvantable qui a fait 300 000 morts et des millions de réfugiés.

Or, votre message demande à Obama d’intervenir dans la guerre. C’est cette partie agressive de votre message que nous condamnons fermement.

Pierre Jasmin, pour les Artistes pour la Paix

e) Enfin, la libre opinion suivante publiée le 6 octobre par le New York Times

http://www.nytimes.com/2016/10/06/opinion/dont-intervene-in-syria.html?emc=eta1 , démontre le danger d’une «no fly zone», telle qu’appelée par AVAAZ, non pas d’un point de vue pacifiste mais d’un point de vue strictement géo-politique.

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Des membres nous écrivent sur la multiplication des propagandes guerrières

Grâce à Dominique Boisvert, nous avons été en contact avec le pacifiste Jan Slakov qui nous a écrit, soucieux de la multiplication de propagandes de guerre : « une amie m’a envoyé le message ci-dessous, alléguant qu’Avaaz envoie beaucoup de pétitions utiles pour pouvoir gagner de la sympathie pour des pétitions impérialistes … Qui sait ?»

Subject: Re: please don’t sign Re: 300 children killed in 10 days – Syria needs a no-fly zone NOW.
Jan, please share this link with your friends. Cory Morningstar, a good friend of mine, has done some digging into Avaaz. In short, they ask us to sign all sorts of wonderful petitions so that they can pull this kind of imperialist war-mongering over our eyes without us realizing what we’re doing. (Avaaz is partly responsible for the West’s atrocities in Libya, for example.) Cory’s articles are long but quite insightful. The titles in the series say it all. BTW, one thing to remember in all this is that much of what we read/hear is simply not true. (Let’s never forget the lies about Iraq’s WMD!)

http://www.wrongkindofgreen.org/2012/09/10/avaaz-imperialist-pimps-of-militarism-protectors-of-the-oligarchy-trusted-facilitators-of-war/

Ce lien contient toutefois une contre-propagande qui nous semble, avec sa dénonciation d’Amnistie internationale, aussi pernicieuse que la propagande officielle nord-américaine. N’est-ce pas pourquoi les APLP existent, pour tenter de modérer le débat mais aussi de dénoncer à la fois les fauteurs de guerre gouvernementaux et les propagandistes dont les arguments chauffés pourraient hélas fomenter du terrorisme chez les esprits fragiles ou les familles des victimes?

« Merci encore à vous tous, nous écrit Dominique Boisvert. Il n’est pas facile de travailler vraiment pour la PAIX. Mais c’est plus nécessaire et urgent que jamais. »

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En guise de conclusion : je sais qu’on m’accusera d’être pro-russe, je suis pro tous les peuples, on m’accuse même d’être pro-Israël! Je me suis croisé les doigts pour le succès de ce qu’on appelait la rencontre de la dernière chance, c’est-à-dire samedi le 15 octobre à Lausanne, une réunion internationale sur la Syrie du secrétaire d’État américain John Kerry et du ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov qui a hélas échoué.

Avez-vous vu à l’émission Grands Reportages du mardi 4 octobre sur RDI, cette émission terrifiante sur les Staybehind, des milices armées coordonnées par l’OTAN [1] afin de résister à une éventuelle invasion russe en Europe ? C’était pendant la guerre froide et elles ont, à travers leur bras italien nommé Gladio (aux 600 membres et plus : allez voir sur wikipedia), contribué aux actions terroristes de droite avec des explosions provoquant des dizaines de morts civiles (encore impunies), pour éviter l’arrivée au pouvoir de Berlinguer. A-t-on besoin d’amateurs idiots de théories de complot, quand la vérité historique nous présente de tels faits authentiques troublants ?

Radio-Canada est toujours utile aussi avec ses émissions Enquêtes : jeudi le 6 octobre, un reportage équilibré de Martin Movilla sur la Colombie des FARC était proche du point de vue du directeur de Project Ploughshares, César Jaramillo, collègue au Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire, d’abord dévasté par la victoire au référendum du NON allié des Américains, puis réconforté par le prix Nobel de la Paix à J. M. Santos : voir http://www.artistespourlapaix.org/?p=11920.

Mais c’est hélas aussi, comme l’appelait Pierre Falardeau, le même Radio-Cadenas avec son C.A. de vieux conservateurs nommés par Harper qui croient encore en la guerre traditionnelle des années soixante avec ses dizaines de milliards de $ de dépenses inutiles en ces temps de terrorisme : RDI a fait circuler pendant 36 heures toutes les deux minutes dans sa bande passante il y a une semaine et demie la propagande militariste suivante, démentie par notre mémoire à la Défense [2] : Plusieurs bases militaires tombent en ruines en raison d’un sous-financement chronique, selon un audit. On fait une collecte pour le complexe militaro-industriel ?

Et la transparence promise par Trudeau ? La Défense reste un sujet tabou pour nos journalistes de Radio-Canada, de la PRESSE, du Devoir et pour nos professeurs de la Chaire Raoul-Dandurand et du CÉRIUM qui préfèrent se donner l’illusion d’être de gauche en dénonçant, par une redondance d’articles, l’épouvantail macho et prédateur sexuel Donald Trump, dont l’unique message sensé refuse la solution AVAAZ, en disant qu’il faudrait plutôt s’allier aux Russes pour éliminer DAECH. Voici en résumé une œuvre de l’artiste pour la paix d’origine tunisienne Abdelhamid Hanafi.

dessin_hanafi


[1] http://www.artistespourlapaix.org/?p=11183 pages 13 à 18 qui dénoncent le militarisme de l’OTAN
[2] Ibid pages 19 à 27 sur les dépenses de l’armée canadienne

3 Commentaires

  1. Pascale Camirand Pascale Camirand
    19 octobre 2016    

    Cher Pierre,

    Ton article sur la Syrie est très bon. Il me permet de réfléchir à ce conflit, de prendre le temps de revenir en arrière et de me demander deux choses:

    – Comment cela a-t-il commencé ? (Le printemps arabe)
    – Quelles sont les solutions pour que les pays qui font de « l’ingérence géopolitique et stratégique » se retirent ?

    J’aime le volet de l’article qui parle de la politique étrangère du Canada. Et cela amène une question:

    – Comment amener le Canada à changer cette politique alignée sur les États-Unis et l’OTAN ? Quels seraient les meilleurs arguments ?… si nous pouvons arriver à persuader Stéphane Dion et Justin Trudeau…

    Pascale

  2. Nathan McDonnell Nathan McDonnell
    20 octobre 2016    

    Une manif magnifique ! On a fait plusieurs discours. Les Montreal Raging Grannies ont bien chanté. On a même pu parler à Stéphane Dion et il a pris notre dépliant. Merci à tout le monde qui est venu

  3. Izabella Marengo Izabella Marengo
    20 octobre 2016    

    Une rétrospective historique très instructive!

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