Les trahisons écologiques de Carney
Les Artistes pour la Paix

De budget en budget, le Canada régresse en reculs écologiques infernaux.
Mis en vedette par le maître québécois du blogue écolo, Walter Bertacchi, nos deux des plus grands journalistes écologiques, Paul Journet et Alexandre Shields, dépassent les critiques de Steven Guilbeault, ministre démissionnaire de l’Écologie et du Changement Climatique sur le PM Carney : « pire que Harper ».
1- 16.05.2026, La Presse, Paul Journet
« Mark Carney vient d’enfoncer le dernier clou dans le cercueil du plan vert du Canada. Il n’en reste presque rien, à part les slogans creux et ceux qui font encore semblant d’y croire.
L’évocation de la carboneutralité ressemble à une vaste séance collective d’hypnose. C’est une cible reportée à un horizon lointain, presque abstrait, pour justifier l’inaction.
Et Donald Trump ? Oui, il existe. Mais cela n’empêche pas l’Union européenne d’avoir réduit ses émissions de près de 40 % depuis 1990, et de vouloir les diminuer encore plus. Le Canada veut faire davantage d’échanges avec ce partenaire commercial. Or, l’Europe imposera l’équivalent d’une taxe sur les biens à forte teneur en carbone. Les cancres comme le Canada seront désavantagés. M. Carney plaide le réalisme économique. Les énergies fossiles ne disparaîtront pas demain. Mieux vaut que la planète consomme celles du Canada, argue-t-il. Mais si cette industrie est si viable, pourquoi a-t-elle besoin de fonds publics ? Pourquoi la soustraire au principe du pollueur-payeur et refiler la facture de sa pollution aux citoyens ? Et pourquoi en faire si peu pour inciter les citoyens à consommer moins, et mieux ? »
« Mais le pire pourrait être à venir. Le fédéral limitera ses évaluations environnementales aux projets nucléaires, extracôtiers ou interprovinciaux. Pour le reste, il s’en remet aux provinces, même si certaines d’entre elles ont un régime déficient. C’est peut-être justement le but… La protection des espèces en péril deviendra aussi facultative. Ottawa pourra y déroger en fonction de critères arbitraires et cachés grâce au secret ministériel. »
La suite : https://www.lapresse.ca/actualites/chroniques/2026-05-16/la-trahison-ecologique-de-carney.php
2- Le gouvernement Carney abandonne le climat au profit des pétrolières, dénoncent les écologistes 15.05.2026, Le Devoir, A. Shields
L’entente signée vendredi entre le gouvernement Carney et la province pétrolière de l’Alberta vient de signer l’arrêt de mort des objectifs climatiques du Canada au profit des entreprises du secteur des énergies fossiles, dénoncent les groupes écologistes. « Le premier ministre se sert de la guerre commerciale avec les États-Unis pour enfoncer le Canada dans la dépendance aux hydrocarbures, alors que le monde cherche par tous les moyens d’en sortir », résume Marc-André Viau, directeur des relations gouvernementales chez Équiterre.
« Le gouvernement de l’Alberta et l’industrie pétrogazière qui se plaignent d’être désavantagés, même après s’être fait donner un pipeline de 34 milliards de dollars aux frais des contribuables, c’est un sport national au même titre que le hockey », ajoute-t-il, en rappelant au passage que le gouvernement libéral fédéral a lui-même financé l’expansion du pipeline Trans Mountain, qui était réclamée par l’Alberta. Vendredi, le premier ministre Mark Carney, ancien envoyé spécial des Nations unies pour le financement de l’action climatique, a promis un autre pipeline réclamé lui aussi par le gouvernement albertain. Avant même qu’un promoteur privé ne se montre intéressé au projet et avant de connaître le tracé et les impacts environnementaux de cette infrastructure, Ottawa a assuré que ce « projet d’intérêt national » entrera en phase de construction dès septembre 2027. Le gouvernement Carney mise sur une hausse de la production et des exportations d’énergies fossiles au cours des prochaines années, notamment de la part de l’industrie des sables bitumineux. Depuis 1990, les émissions de gaz à effet de serre provenant de l’exploitation des sables bitumineux ont augmenté de 529 %.
Carboneutralité « hors d’atteinte »
Outre ce nouveau pipeline facilitant l’expansion de l’industrie des énergies qui alimentent la crise climatique, le gouvernement fédéral s’est entendu pour accroître la production d’électricité et il a accepté de revoir la tarification du carbone, de façon à repousser les hausses de tarifs qui étaient prévues. En réponse aux critiques de Danielle Smith, qui a déjà qualifié l’enjeu climatique de « débat » dans le passé, Ottawa a accepté que le « prix réel du carbone » atteigne de 130 $ la tonne d’ici 2040. Jusqu’à présent, il était prévu que le prix soit de 170 $ en 2030, un prix qui s’alignait sur les recommandations des scientifiques pour envoyer le signal nécessaire afin d’orienter l’économie vers une réduction des émissions de gaz à effet de serre. Après lecture des détails de l’entente annoncée vendredi, Rick Smith, président de l’Institut climatique du Canada, est formel : « L’accord de mise en œuvre du protocole d’entente Canada-Alberta mettra la cible canadienne de carboneutralité d’ici 2050 hors d’atteinte. » « Les compromis injustifiés de l’accord sur les marchés du carbone industriels et les règlements sur l’électricité propre, ainsi que leurs implications pour l’affaiblissement des politiques dans les autres provinces, nuiront aux réductions d’émissions et à la compétitivité sobre en carbone du Canada », ajoute-t-il.
M. Smith rappelle du même souffle qu’en dehors des frontières canadiennes et de la perspective climatonégationniste du gouvernement Trump, les pays gardent le cap sur le virage vers des énergies qui ne menacent pas la vie sur Terre. « Face au choc énergétique mondial en cours, les autres grandes économies misent sur la transition vers l’énergie propre comme clé de leur compétitivité future, de leur souveraineté énergétique et de leur abordabilité », insiste-t-il. « Le Canada, pendant ce temps, fait marche arrière, malgré la vision à long terme de croissance alimentée par une électricité propre, abondante et abordable, énoncée dans la stratégie sur l’électricité dévoilée pas plus tard qu’hier. »
Le gouvernement Carney $$$$$$$ ne l’entend pas ainsi. « Ce protocole d’accord change l’orientation des politiques énergétiques et climatiques, qui étaient fondées sur des règlements rigides, pour favoriser une approche pragmatique $$$$$$$$$$$, responsable et collaborative », peut-on lire dans le communiqué publié vendredi. « Le protocole permettra de procurer de la certitude aux investisseurs $$$$$$$$$$$$$$$$$, de favoriser concrètement la réconciliation avec les peuples autochtones et de rester sur la voie de la carboneutralité d’ici 2050. »
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3- Crise climatique et environnementale, changements climatiques
L’ONU adopte une résolution pour consolider les obligations climatiques des États
20.05.2026, AFP et La Presse
L’Assemblée générale de l’Organisation des Nations unies (ONU) a adopté mercredi une résolution consolidant les obligations climatiques des États, un texte jugé capital par les défenseurs de la planète malgré les concessions arrachées par les grands émetteurs de gaz à effet de serre (GES).
Climat -La crise climatique risque toujours de rendre le monde «méconnaissable»
20.05.2026, Le Devoir, A.Shields https://www.ledevoir.com/actualites/environnement/981581/pire-scenarios-climatiques-est-ecarte-mais-meilleur-aussi
« Le président climatonégationniste Donald Trump a toutefois utilisé cette étude technique pour réaffirmer, sur le réseau Truth Social, que la crise climatique est « fausse ». »
Éliminer l’oléoduc 9B d’Enbridge d’ici 2030. Le premier ministre canadien Mark Carney et son homologue de l’Alberta, Danielle Smith, ont annoncé récemment leur volonté de faciliter la construction d’un nouvel oléoduc et de réduire certaines protections environnementales. Une telle orientation consolide notre dépendance aux énergies fossiles malgré l’urgence climatique. Le Québec devrait envoyer un message clair d’opposition à ces politiques en exigeant la fermeture du principal vecteur d’approvisionnement en pétrole brut au Québec : l’oléoduc 9B d’Enbridge. Cela mettrait fin à notre complicité dans l’intensification de l’exploitation des sables bitumineux, l’un des projets industriels les plus destructeurs de l’histoire. Outre ses effets sur le climat, l’exploitation du pétrole qui y circule contribue également à une pollution cumulative en Alberta.
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