2 choix à l’ONU – nucléaires toxiques et SIPRI
Par Pierre Jasmin, artiste pour la paix, 21 juillet

La costaricaine Rebeca Grynspa La chilienne Michèle Bachelet
Deux choix possibles à l’ONU pour succéder à Antonio Guterres
1- La journaliste Sophie Langlois, dont on a aimé les reportages en direct d’Afrique à Radio-Canada, y déclarait ce matin du 21 juillet le candidat africain Macky Sall, ancien président du Sénégal, illégitime, selon l’ONU même, pour une candidature comme prochain Secrétaire général.
2- Les APLP mettent en garde contre Rafaël Grossi, sans aucun doute le choix de Trump et des 31 autres membres de l’OTAN, y compris le Canada dont la ministre des Affaires étrangères Anita Anand a déclaré aujourd’hui au Pakistan mener une nouvelle diplomatie basée sur les missions commerciales de Carney (ouch!). Notre PM agenouillé a accordé à Trump 50% des redevances du pont Gordie Howe, pourtant financé à 100% par les Canadiens, une énième concession à l’ogre américain qui l’a incité évidemment, selon sa philosophie du greed en deal, à récidiver, notamment trois jours plus tard par des tarifs à 50% sur un grand éventail de biens!
Aujourd’hui, le vétéran journaliste Yves Malo prédisait, en franchissant courageusement la censure Radio-Canadienne, que les ministres provinciaux allaient étriper le PM à l’Île-du-Prince-Édouard sur les transferts fédéraux insuffisants en santé, alors qu’il dépense des centaines de milliards de $ en achats d’armes offensives. Les provinciaux ne semblent pas avoir eu cette franche audace.
Mais on s’éloigne du sujet : on relira ce qu’on pense du faux jeton Grossi. D’abord, selon les mots de Tariq Rauf, intègre membre de Pugwash, autrefois bras droit de Mohamed El Baradeï, qui a lui-même dirigé avec une objectivité onusienne anti-guerre en Irak, l’Organisation Internationale d’Énergie Atomique :
https://www.artistespourlapaix.org/issue-guerriere-helas-previsible-aiea-onu/
Comme cet article date déjà d’un an, on lira aussi l’article récent plus conclusif :
https://www.artistespourlapaix.org/arbitres-nucleaires-onu-infectes/
3- Reste l’alternative entre deux choix féminins : d’abord Michèle Bachelet, ex-présidente du Chili, « aussi peu socialiste que François Hollande », contre qui Sophie Langlois n’a aucun doute que la Chine apportera son veto. Pourquoi? À cause de son rapport 2022 à l’ONU, hélas inspiré par les fabulations sinophobes de la CIA contre le Xinjiang et ses musulmans ouïghours, rapport qui ne tenait pas compte des transfuges influencés par les Talibans du Pakistan noyautés par les Afghans les plus fanatiques et rétrogrades, au grand dam de leurs gouvernements respectifs. Lire sur pressenza.com l’article de décembre dernier par Claudia Aranda, sans doute influencé par la Chine : dans-la-terre-des-ouighours-developpement-integral-investissement-record-et-gouvernance/pressenza.org
4- Nous avons écrit à quelques reprises que le grand déchirement ONU-OTAN est survenu en janvier 2021, lorsque l’ONU a voté à majorité, comme loi mondiale, le Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires. Introduit en 2017 par l’ambassadrice du Costa Rica, Elayne Whyte-Gomez, il avait alors recueilli 122 voix. Boycottée par l’OTAN, Elayne fut snobée à Ottawa par la ministre des Affaires étrangères Chrystia Freeland lors de sa visite en septembre à Ottawa, d’autre part bénie par nous, ayant fait signer le T.I.A.N. par Elizabeth May (Parti Vert) et Thomas Mulcair (NPD) qui se sont empressés d’oublier leurs signatures, partant d’un bon cœur mais vite attaquées par l’OTAN.
Issue d’une famille de réfugiés juifs ayant fui la Pologne, Rebeca Grynspa fut l’ancienne vice-présidente du Costa Rica sous Cesar Oscar Sanchez et, depuis 2021, secrétaire générale de la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement. Première femme élue à ce poste, était-ce en avant-première à un poste éventuel comme secrétaire générale? On l’espère pour janvier 2027…
Il y a deux semaines, avait lieu la série de webinaires Lex Mundi Nova examinant l’impact de l’avis consultatif de la Cour Internationale de Justice de 1996 et de trente années d’évolutions du droit et des normes internationales concernant la légalité des armes nucléaires, au regard des preuves scientifiques croissantes de leurs effets catastrophiques. Elle évaluait les progrès accomplis et les reculs subis dans la mise en œuvre de la conclusion unanime de la CIJ sur les obligations des États en matière de désarmement ; elle est revenue sur la question cruciale et non résolue de la licéité de la menace ou de l’emploi d’armes nucléaires dans des circonstances extrêmes de légitime défense ; enfin, elle analysait les risques juridiques émergents liés aux nouvelles technologies, notamment l’Intelligence Artificielle dans les systèmes de commandement, de contrôle et de communications nucléaires (NC3) et le déploiement d’armes nucléaires dans l’espace extra-atmosphérique.
Ce cycle de quatre conférences fut organisé en partenariat avec l’Institut de hautes études internationales et du développement (Genève), l’Université de Johannesburg, la Campagne internationale pour l’abolition des armes nucléaires (ICAN), l’Association internationale des médecins pour la prévention de la guerre nucléaire (IPPNW) et la Société africaine de droit international (AfILS) :
1- L’IA dans les systèmes NC3 : une analyse juridique et éthique de la militarisation de l’IA et de son impact sur le risque nucléaire. Emily Crawford, directrice adjointe et doyenne de la Faculté de droit de l’Université de Sydney.
2- Le Traité sur l’espace extra-atmosphérique de 1967, le droit des conflits armés et les pratiques des États : qu’est-ce qui limite le déploiement d’armes nucléaires dans l’espace ? David Koplow, professeur de droit (chaire Scott K. Ginsburg), Faculté de droit de Georgetown.
3- Les droits culturels et politiques des communautés autochtones*, comme contrainte [positive] à l’essai, à la menace et à l’emploi d’armes nucléaires, ainsi que lien entre armes nucléaires et climat. Dr Milla Vaha, directrice adjointe (programmes d’études supérieures et de recherche), Université du Pacifique Sud.
4- Les droits des enfants face aux essais et à l’emploi d’armes nucléaires, et les recherches émergentes sur les conséquences humanitaires de ces armes pour les enfants et les jeunes. Tim Wright, directeur pour la région Asie-Pacifique, ICAN.
* Depuis cette conférence, vient de surgir chez nous une révolte de Premières Nations opposées au nouveau plan canadien d’installer une dompe de déchets nucléaires toxiques dans une localité du Nord-Ouest de l’Ontario. La Nation Anishnabeg va sûrement requérir l’assistance de MINING WATCH dont le président Rodrigue Turgeon sera sensible à ses arguments opposés au transport risqué de déchets nucléaires vers Ignace (Ontario) et la Nation Ojibwée du Lac Waabigonii Zaaga’igan.
En plus d’avoir, par son rejet des normes environnementales souhaitées par le GIEC et les COPs à l’ONU, contribué à l’incendie de deux petites Nations autochtones nichées dans des forêts de l’Ontario cette semaine (les APLP avaient réclamé en 2016 dans notre mémoire au ministre de la Défense l’abandon des F-35 et le développement des Canadairs), les nouvelles paroles fourchues du PM Carney sont dénoncées par nos amis experts nucléaires M.V. Ramana, Susan O’Donnell et Gordon Edwards:
“Whenever a new nuclear development is proposed that could adversely impact Indigenous constitutional rights, the Crown’s duty to consult and, where appropriate, (quel scandaleux adjectif!), accommodate (!) Indigenous peoples comes into effect.” (quelle infâmie que ce texte contre l’autorité de l’ONU!)
Enfin, les Artistes pour la Paix résument ci-dessous le rapport annuel de SIPRI sur les centaines de milliards d’euros-dollars consacrés aux bombes nucléaires…
New SIPRI Yearbook (Stockholm International Peace Research Institute)
Increasing focus on nuclear weapons amid heightened escalation risks
8 Juin 2026 par Stephanie Blenckner, directrice des coms : blenckner@sipri.org
“L’une des principales conclusions du SIPRI YEARBOOK 2026 est que les États recourent de plus en plus aux armes nucléaires comme leviers de puissance NATIONALE, remettant ainsi en cause des décennies d’efforts destinés à diminuer les arsenaux nucléaires, alors même que LES RISQUES de méprise stratégique et d’escalade s’accentuent. Les neuf États délinquants face au T.I.A.N. ont poursuivi leurs programmes de modernisation et de renforcement de leurs arsenaux nucléaires, la plupart avec l’ajout risqué de nouveaux systèmes.
Ogives mondiales :
Chiffre estimé total : 12 187 ogives (9745 déployables, dont autour de 2100 maintenues en état d’alerte opérationnelle maximale sur des missiles balistiques).
5420 par la Russie, 5042 par les États-Unis, champions hors catégories.
620 par la Chine,
370 par la France,
225 par le Royaume-Uni*,
190 par l’Inde,
170 par le Pakistan,
90 par Israël
et 60 (approximativement) par la Corée du Nord.
AUCUNE par l’Iran, précisons-nous devant les bombardements criminels de Trump.
* en 2025, le Royaume-Uni a annoncé son intention d’acheter 12 F-35 Américains à capacité de bombes nucléaires (américaines!) pour l’OTAN, une rupture avec la décision prise il y a trente ans de dénucléariser la Royal Air Force.
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