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Activités de nos membres






Je suis APLP parce que…

"Je suis artiste pour la paix parce que quand je me monte sur scene, j'ai l'impression de faire la paix avec mon âme et celle du public. Je me retrouve là, en lieu sûr, pour explorer les forces et les failles de nos coeurs, sans danger, sans jugement ni discrimination pour célébrer la beauté de l'humanité. Et si la vie était toujours ainsi ?"
Paule Tremblay, autrice-compositrice-interprete
"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire
"Je suis artiste pour la paix... Sans la paix, pas d'avenir pour la planète. Contribuer à bâtir une culture de la paix me semble un devoir."
André Jacob, auteur et artiste-peintre, APLP honoraire
"Je suis artiste pour la paix parce que la paix justifie l'espoir ."
Denis Carrier, auteur

L’Humanité : Éditorial et Tribune, 11 mars 2022

Revue de presse

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Éditorial, le vendredi 11 mars 2022

La culture, le nerf de la paix

Maud Vergnol, co-directrice de la rédaction de l'Humanité

Par Maud Vergnol, co-directrice de la rédaction

L’autocrate sanguinaire du Kremlin doit s’en frotter les mains. Les va-t-en-guerre du café de Flore, aveuglés par leur manichéisme bêta, appellent au boycott des artistes et de la culture russes. Ou comment tomber dans tous les pièges. Bannissement des œuvres de compositeurs russes, interdiction d’un cours sur Dostoïevski, annulation de spectacles, exclusion de cinéastes et donc assignation des artistes russes à résidence… Quelle bêtise ! Et quelle honte quand on sait combien nombre d’entre eux prennent des risques pour s’opposer à Vladimir Poutine. Malgré les menaces d’emprisonnement, des cinéastes ont créé un collectif et réalisent des courts métrages pour dénoncer l’invasion russe. Face à une guerre qu’ils qualifient de « désastre », de « honte » ou encore de « plus grand échec moral de notre siècle », des dizaines de milliers d’artistes et d’acteurs culturels ont signé une lettre ouverte intitulée « Non à la guerre ». Certains ont démissionné de leurs fonctions. Et il faudrait les sanctionner, donc ?

Quand les armes parlent, les lois se taisent. Pas la culture. Boris Godounov n’a-t-il rien à nous dire sur la guerre actuelle ? Et l’œuvre de Dostoïevski ? Les mêmes qui dénoncent la « cancel culture » se lancent aujourd’hui dans une chasse aux sorcières ridicule. Aux pires moments de tension avec l’Iran, nous n’aurions pas interdit à ses cinéastes de présenter leur film à Cannes. Aussi saluons ici la position prise mercredi par la ministre de la Culture d’accueillir les artistes russes « obligés de s’exiler ». « On ne va pas arrêter Moussorgski, on ne va pas arrêter Tchaïkovski, on ne va pas arrêter de jouer Tchekhov. Il y a des demandes de boycott qui ne correspondent pas à ce qu’est pour nous la culture », a-t-elle estimé.

D’autant que ce boycott culturel est un cadeau fait à Poutine, qui ne manquera pas de l’instrumentaliser pour exacerber ses délires nationalistes et sa paranoïa belliqueuse. Le 27 février, à l’opéra de Naples, à la fin d’une représentation d’Aïda, deux artistes lyriques russe et ukrainienne se sont avancées sur la scène avant de s’enlacer, sans un mot. Le public les a ovationnées au cri de « pace ». « La guerre : c’est l’humanité contre l’humanité, malgré l’humanité. »

Tribune

Il n’existe pas de « petite » bombe nucléaire

Par Jean-Marie Collin, expert et coporte-parole d’Ican France, organisation prix Nobel de la paix.

Les propos du président Poutine concernant la menace d’utilisation d’armes nucléaires ont rappelé aux populations que nous vivons en sursis de manière permanente. Ce conflit en Ukraine met ainsi en évidence ce que les acteurs du désarmement affirment depuis 1945 et a été énoncé par Albert Camus : « Il va falloir choisir, dans un avenir plus ou moins proche, entre le suicide collectif ou l’utilisation intelligente des conquêtes scientifiques. »

Les Nations unies ont toujours placé le combat contre les armes nucléaires au cœur de leur action. Ainsi, la première résolution votée le 24 janvier 1946 appelait à éliminer les armes de destruction massive et en particulier les armes nucléaires. Depuis, le Comité international de la Croix-Rouge n’a cessé d’informer de l’horreur d’Hiroshima. Des scientifiques ont démontré au milieu des années 1980 que les conséquences d’un échange nucléaire feraient entrer l’humanité dans un « hiver nucléaire ». Notre campagne Ican ( pour International Campaign to Abolish Nuclear Weapons ), depuis sa création en 2007, a pointé du doigt l’obligation de sortir de la logique de dissuasion, symbole de la menace perpétuelle, en interdisant par le droit international totalement ces armes.

Une arme nucléaire dispose d’une capacité de destruction qui n’est absolument pas comparable avec celle d’une arme conventionnelle. En effet, la plus puissante des armes conventionnelles, actuellement détenue par la Russie ( l’arme thermobarique Faob ), atteint à peine 0,30 % de la puissance ( 15 kilo­tonnes ) de Little Boy, la bombe nucléaire qui a rasé Hiroshima.

L’idée même, exprimée par le président Poutine, de menacer d’employer ce type d’arme est une offense aux mémoires des centaines de milliers de victimes japonaises. Tout emploi viendrait briser un tabou et modifier radicalement l’environnement de sécurité mondial. En effet, il n’a jamais été utilisé, dans le cadre d’une guerre, d’arme nucléaire depuis 1945. Notons tout de même les 2 000 détonations nucléaires réalisées dans le cadre d’essais atmosphériques et souterrains. Les puissances de destruction de ces armes nucléaires, pour ce qui est de l’arsenal russe, sont comprises entre 10 et 800 kilotonnes ; et cela comprend autant des armes utilisables sur un champ de bataille ( usage tactique ) que pour aller frapper des villes ( usage stratégique ) avec des missiles intercontinentaux. Il n’existe donc pas de « petite » arme nucléaire.

Selon les conclusions faites au cours des conférences intergouvernementales sur l’impact humanitaire des armes nucléaires ( entre 2013 et 2014 ), toute détonation nucléaire aura des conséquences catastrophiques et durables pour la santé humaine, l’environnement, le climat, la production alimentaire et le développement socio-économique. De plus, il n’existe aucun moyen efficace permettant d’aider une grande partie des victimes tout en protégeant convenablement ceux qui apporteraient une assistance. Enfin, les conséquences humanitaires ne se limiteraient pas aux États où elle se produit, les autres États seraient également touchés.

L’insécurité atomique actuellement vécue n’a donc rien de nouveau pour tous les acteurs humanitaires. Ceux qui la découvrent étaient dans le déni le plus complet. Cette épée de Damoclès n’a cessé en effet d’être brandie au cours de la guerre froide, avec comme point d’orgue la crise de Cuba. La dissuasion ne fut pas responsable de l’absence de confrontation entre l’Union soviétique et les États-Unis, mais la chance et le sang-froid en particulier d’acteurs individuels ( comme Valentin Savitsky, capitaine du sous-marin soviétique B-59 [ dans les profondeurs de l’océan, près de Cuba, octobre 1962] ) ont éloigné ce risque de déflagration. Cet exemple n’est qu’un parmi les nombreux autres où la société humaine fut directement exposée à une fin possible de l’histoire.

Cette guerre qui met une nouvelle fois les populations au centre des conflits doit cesser le plus rapidement possible. Et le jour d’après, les puissances nucléaires auront une responsabilité particulière vis-à-vis de l’insécurité mondiale qu’elles ont créée. La France ne devra pas ainsi échapper à son examen de conscience. Sa première séance de réhabilitation doit se faire en participant comme État observateur à la première réunion du traité sur l’interdiction des armes nucléaires ( juillet 2022 ). Dans le cas contraire, la poursuite de cet équilibre de la terreur ne pourra à terme que nous amener à une chute brutale.

Les APLP suggèrent…

Voici deux organisations humanitaires qui sont actives en Ukraine et dans les pays où les Ukrainiens se réfugient, sans être contrôlées ni par le gouvernement ukrainien ni bien sûr par la Russie.
Note : ces liens mènent directement aux sites web des organismes. Les dons ne transitent pas par les APLP.

Nos actions récentes

5 avril 2022 : Les APLP endossent la lettre du Canada Peace Network contre les dépenses militaires.
27 mars 2022 : Lettre à l'ambassadeur des États-Unis à Ottawa.
26 mars 2022 : Manifestation avec Échec à la guerre contre la guerre en Ukraine et au Yémen.
23 mars 2022 : Lettre à l'ambassadeur de Russie à Ottawa.
23 février 2022 : Lettre à la ministre Joly sur l'Ukraine.
15 février 2022 : 33e cérémonie des Prix APLP.
21 décembre 2021 : Nos souhaits de paix 2022, lettre aux ministres fédéraux.
13 décembre 2021 : Lettre au premier ministre sur l'exportation d'armes vers l'Arabie Saoudite.
21 novembre 2021 : Deuxième lettre au ministre Miller.
27-28-29 octobre 2021 : Lettres aux nouveaux ministres fédéraux Joly, Guilbeault, Anand et Miller.
19 février 2021 : Lettre ouverte au PM concernant Haïti.

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