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Je suis APLP parce que…

"En cette époque de repli sur soi, de violence et de conflits incessants, plutôt que de publier mes états d’âmes sur les réseaux sociaux et de me cantonner dans un rôle de spectateur impuissant, je choisis de militer au sein d’Artistes pour la Paix, un regroupement qui me semble plus pertinent et nécessaire que jamais."
Sébastien Dhavernas, comédien, metteur en scène et producteur, vice-président des APLP
"Peu importe la bannière sous laquelle on s’exprime, c’est la paix qu’on souhaite et recherche, est juste occupée, mais ça va arriver... je suis en contact constant."
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète, président des APLP
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, v-p. des Artistes pour la Paix et membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Pourquoi les APLP?

Pourquoi les Artistes pour la Paix ? dialogue fictif

Pourquoi Artistes… pour la Paix ? Tout le monde est pour la Paix, ça n’veut rien dire…

Les Artistes pour la Paix s’engagent collectivement pour la justice sociale et le désarmement et pour un développement viable…

On dit développement durable

L’écologiste Pierre Dansereau (1911-2011), membre des APLP et professeur-chercheur à l’Université du Québec à Montréal où un pavillon porte son nom, préférait l’expression viable, parce que dans viable il y a la vie, première valeur à respecter dans tout projet de développement économique. Le dégradant effet de serre des sables bitumineux qui entraîne le réchauffement climatique n’est pas viable. La technique de fracturation pour extraire les gaz de schiste  entraîne une pollution non viable des nappes phréatiques.  Non viables, les projets de mine d’uranium dans le grand Nord. Non viables, nos compagnies canadiennes qui ont surexploité les vies de travailleurs africains, centre et sud-américains dans des mines ensuite abandonnées en carrières éventrées et en cours d’eau empoisonnés à l’arsenic. Mais viable, le combat que mène l’ONG justement nommée Développement et paix avec l’APLP 2006 Luc Picard !

Moi, je ne parle pas de développement moral, mais de développement durable, qui entraîne une balance commerciale positive pour le Canada.

Si vous voulez, sauf que contrairement aux Chambres de Commerce, les APLP en excluent ce que nous appelons «destructions durables » : l’exploitation de l’amiante (100 000 morts annuelles selon l’Organisation Mondiale de la Santé) et la centrale nucléaire Gentilly 2 qui réclamait des milliards de $ pour une réfection qui aurait ajouté du tritium dans la nature et des tonnes de déchets toxiques pour des milliers d’années pour ne produire que 2% de l’énergie électrique du Québec ! Deux combats gagnés en 2012 grâce au Parti Québécois !

Au fédéral, il y a « destruction durable », lorsqu’on prévoit dépenser plus que 45 milliards de $ pour des F-35 furtifs et agressifs sans aucune utilité défensive et lorsque le Canada est devenu en 2006 le 6e exportateur mondial d’armements et le 4e de munitions ! Les APLP avaient d’abord ciblé dans les années 90 l’usine SNC Terrebonne inc. à LeGardeur (devenue General Dynamics) en contribuant à instaurer le traité d’Ottawa contre les mines anti-personnel (1995). On travaille maintenant contre les bombes à fragmentation et celles à uranium appauvri.

En étant pour le désarmement, vous nous enlevez donc des jobs ! Être « pour la justice sociale », ça veut dire que vous êtes socialistes ?

Pas forcément, engagement social comme l’écrivain Bruno Roy s’engageait pour les orphelins de Duplessis, comme Simonne Monet-Chartrand pour les syndiqués CSN et la Voix des Femmes, comme Annie Roy et Pierre Allard pour les itinérants, comme Dan Bigras pour les jeunes dans la rue, comme Judi Richards pour la protection des femmes violentées au Chaînon et son mari Yvon Deschamps en porte-voix du Quart-Monde, c’est-à-dire les plus pauvres de nos pauvres en ville. Tous sept Artistes pour la Paix, travaillant chacun, chacune, utile selon ses propres forces.

Ces engagements individuels sont de loin préférables à votre lutte collective « pour le désarmement » : vous êtes donc contre notre armée ?

Les Artistes pour la Paix ne sont pas contre l’armée, ils sont contre le militarisme, c’est-à-dire contre les dictatures, toutes contrôlées par des armées, et contre les dépenses militaires exagérées dans les pays dits démocratiques. Le président américain Eisenhower, ancien général, donc plutôt bien informé sur le complexe militaro-industriel (on lui doit la première formulation de ce terme), dénonçait ce marketing de « guerres perpétuelles, profits perpétuels ». Il constatait avec tristesse : « Chaque fusil fabriqué, chaque navire de guerre lancé, chaque missile déclenché signifie en fin de compte un vol perpétré à l’encontre de ceux qui ont faim sans qu’on les nourrisse, de ceux qui ont froid sans qu’on les vête ».

Assez de slogans! Dites-le que vous êtes contre notre armée-fleuron du gouvernement conservateur, contre nos valeureux militaires qui se sacrifient! 

Les APLP ont entretenu des rapports cordiaux avec le colonel Michel Drapeau dans ses dénonciations de gaspillages militaires, avec le lieutenant-général Roméo Dallaire dans ses efforts pour appeler le gouvernement à soigner les militaires victimes de choc post-traumatique, pour éradiquer les bombes nucléaires et pour dénoncer le phénomène des enfants-soldats et avec l’ex-général en chef de Chastelain (un excellent peintre !), qui a réussi à désarmer les belligérants (IRA et milices protestantes) et à instaurer la paix en Irlande du Nord avec quelques millions de $ (contre 12 mille millions de $ gaspillés en pure perte en Afghanistan, sans compter 150 vies de soldats canadiens sacrifiées). Aux côtés de Walter Dorn, officier spécialiste des missions de paix de l’ONU qui enseigne au Collège Royal Militaire de Toronto et qui a présidé Pugwash, nous avons loué les Casques Bleus, qui s’interposent entre belligérants avec courage et abnégation : hélas, le Canada est passé de 1er pays pour les missions de paix de l’ONU en 1996 au 60e rang en 2011, se dévoyant plutôt dans les assauts guerriers de l’OTAN dont les APLP souhaitent depuis la fin du pacte de Varsovie la dissolution : ce serait bon pour notre économie de récupérer les milliards qu’on lui consacre à Goose Bay où ils empoisonnent la vie des Innus et ailleurs dans les « Harpervilles » projetées du grand Nord.

Pourquoi le ministère de la Défense du Canada ou les journalistes devraient-ils tenir compte d’opinions de civils comme vous sur la chose militaire ?

Lors de la première guerre Mondiale, il y eut plus de 90% de morts chez les militaires, moins de 10% chez les civils. Dans les conflits majeurs des vingt-cinq dernières années (Congo, Rwanda, Irak, Darfour, Soudan, Éthiopie, Afghanistan, Tchétchénie, Colombie, Guatemala, ex-Yougoslavie, Libye, Syrie…), la proportion s’est totalement inversée, c’est-à-dire 90% ou plus de victimes civiles et 10% ou moins de militaires. C’est pourquoi il est du devoir des civils de se prononcer sur les guerres qui les concernent directement!  D’autant plus que les gouvernements (surtout ceux dits démocratiques) dépensaient en 2010 une moyenne de 240$ par personne habitant la terre pour l’armer, alors qu’il suffirait de 5$ investis par personne pour éliminer la faim qui tenaille plus d’un milliard de personnes et pour assainir et distribuer équitablement de l’eau potable, dont le manque tue des dizaines de milliers de personnes par jour. C’est l’objectif poursuivi par l’UNICEF et par tant d’organismes non gouvernementaux, tels Care ou Oxfam.

Vous n’avez pas répondu à la question : pourquoi acquérir une expertise statistique militaire, lorsqu’il existe tant de militaires experts et tant d’instituts et de chaires de recherche ?

Les Artistes pour la Paix se prononcent sur les enjeux militaires, parce que les militaires n’ont pas la liberté de s’exprimer, puisqu’ils doivent obéissance à leur commandement, même lorsque ce dernier, par exemple le général canadien Rick Kill those scumbags Hillier, opérait, influencé par Stephen Harper et par le psychopathe colonel Russell Williams, un virage à 180 degrés de la politique du général en chef précédent. Nous avons demandé et obtenu sa démission, comme celles des ministres de la défense Gordon O’Connor et Peter McKay, inféodés aux industries militaires !

Trop de chaires de recherche ou d’instituts pour la paix sont commandités par ces industries militaires ou financés par le gouvernement du Canada (chaires fédérales), ce qui leur enlève objectivité et tout sens critique. Il y a de belles exceptions, bien sûr, tels Project Ploughshares de l’ex-général Johnson, de Cesar Jaramillo et Ernie Regehr à Waterloo, les Conférences internationales Pugwash sur la science et les problèmes mondiaux, l’Institut Rideau de Steven Staples

Pourquoi diable vous « immiscer dans des domaines où [votre] expertise serait contestable ? »

« L’humanisme consiste à s’impliquer dans tout ce qui est humain, c’est-à-dire qu’il ne faut surtout pas laisser la défense aux militaires, ni la vie économique aux économistes, ni les finances aux banquiers, ni l’islam aux islamistes, ni la sexualité aux pornographes, ni la paix aux diplomates, ni la justice aux avocats, ni la musique aux musiciens qui se mettent à fabriquer l’aberration sérielle (!)… ». Hannah Arendt s’est  exprimée brillamment là-dessus. Porter un regard global et critique, réagir avec une sensibilité d’artiste ou avec les repères plantés par Amnistie internationale,  provoque des remises en cause et éveille les consciences soumises.

Encore une paranoïa de votre part que cette soumission des consciences ! Que prétendez-vous ajouter au « regard global et critique » des médias ?

Dany Laferrière vous a déjà répondu : Nous sommes cette génération  qui refuse qu’on tue un poulet dans un film, alors que nous nous asseyons tranquillement devant la télé pour regarder la guerre.  Naturellement nous ne sommes pas d’accord mais que faisons-nous pour dire notre désaccord?  Pas grand-chose.  Et quand nous le clamons ce désaccord, on nous répond, par la bouche des experts en géographie, en économie, en histoire et en stratégie militaire, que c’est plus compliqué que nous le croyions. En fait ce n’est pas du tout compliqué :(…) la guerre est une si bonne affaire qu’il faut l’entretenir constamment. Souffler sur le feu. Un gouvernement en guerre ne connaît pas d’opposition. C’est aussi bon pour les marchands d’armes. C’est surtout bon pour tout système qui se nourrit de la peur de son peuple ou du pétrole de l’ennemi qu’il s’est inventé. En somme, c’est bon pour tout le monde, sauf pour les petits soldats qui vont crever sans même savoir pourquoi. Et la plus sinistre plaisanterie de l’État c’est encore de faire la guerre au nom de la paix. Et cette paix s’appelle la paix du cimetière. Fin de cette citation pas mal efficace contre la political correctness et contre l’inaction cynique de certains collègues universitaires dits experts…

Vous vous prétendez plus fins que les autres ?

Oh non, nous n’oublions pas en toute humilité que Reagan et Hitler se disaient artistes ! Sérieusement, les artistes applaudis à l’étranger ont une vision du monde plus positive que les diplomates, les militaires ou même les sportifs, souvent hués par des partisans chauvins. Les avis des Artistes pour la Paix sont par conséquent non pas plus justes, mais simplement plus positifs. En tenant compte de nos avis différents, le gouvernement équilibrerait sa politique extérieure avec les autres avis démocratiques reçus, plutôt que s’aligner uniquement sur les avis des businessmen corrompus qui ont INTÉRÊT à voir la guerre financée.

Si vous êtes si positifs, pourquoi êtes-vous toujours là à dénoncer, à vouloir désarmer, à dire non?

Il y a soixante-cinq ans, une partie de l’humanité croyait encore au progrès par, horreurs suprêmes, l’extermination des Juifs, des Gitans et des homosexuels dans des camps de concentration, puis par les bombes atomiques qui ont rasé Hiroshima et Nagasaki. Prétendez-vous que dire non en de tels cas n’avait pas un sens éminemment positif?

Le progrès va de l’avant, sans regarder en arrière ! Je m’en vais…

Eh, pas si vite ! Ce n’est que dans les quarante dernières années qu’on a commencé à comprendre l’écologie et la diversité des interactions : une solution de développement viable doit désormais se méfier des solutions faciles telles l’utilisation du DDT pour nous débarrasser des mauvais insectes et l’épandage de produits chimiques en quantités industrielles pour éliminer les mauvaises herbes : les Républicains continuent de prôner le bombardement de l’Iran après leur échec lamentable en Irak. Pierre Dansereau a reçu, parce qu’il était le premier chercheur à inclure l’humain dans l’équation de l’écologie, des doctorats honorifiques d’une quinzaine d’universités à travers le monde. Il plaida pour l’austérité joyeuse dans notre monde occidental de richesses, afin de venir en aide aux pays du Sud et du Tiers-Monde. Cet idéal repris par Serge Mongeau, aussi membre des APLP, est mieux connu sous l’appellation simplicité volontaire. C’est donc que le progrès ne signifierait plus automatiquement accumulation de nouvelles technologies, mais sagesse de renoncer à certaines richesses (mines d’uranium, etc) qui signifient armes de destruction massive.

Laissez-moi tranquille, allez fumer votre herbe d’optimisme dans votre coin…

La non-violence ne signifie pas passivité ou inertie rétrograde, mais au contraire action constante, comme nous l’a enseigné par son exemple Mahatma Gandhi. Et selon les mots du philosophe Raôul Duguay, artiste-fondateur des APLP et de la coalition Eau-Secours qui veut protéger le bien collectif de l’eau pour l’humanité : Tout’ est dans tout’.

Les guillemets sont tirés du livre Notes d’espoir d’un « joueur de piano » écrit par Pierre Jasmin qui répondait alors aux questions de Jeanne Gagnon aux éditions Triptyque (octobre 2006), alors qu’il a imaginé ici les questions…

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Nos actions récentes

13 mai : Les APLP participent à la fondation du Rassemblement Québécois pour la Paix.
13 mai : Allocution de Pierre Jasmin lors de l'événement Cuisine ta ville.
9 avril : Présence à la manifestation pour la paix en Syrie à Montréal.
21 janvier : Manifestation au rassemblement pour les droits des femmes à la Place des Arts.
21 décembre : Lettre au premier ministre Trudeau sur le vote à l'ONU et le désarmement.
26 novembre : Lettre au premier ministre Couillard pour une enquête systémique sur les pratiques policières.
26 novembre : Déclaration de paix au premier ministre Trudeau avec démission suggérée de son ministre de la Défense.
26 novembre : Lettre au ministre Dion sur l'OTAN, le TCA et les armes nucléaires.
11 novembre : Manifestation avec la coalition Échec à la guerre, Montréal.
2 novembre : Lettre collective au ministre Dion, avec le Réseau canadien pour l'abolition de l'arme nucléaire.
14 octobre : Lettre au ministre Carr sur les centrales nucléaires.
21 septembre : Conférence de presse devant le bureau de J. Trudeau sur la situation Kurde.
20 septembre : Lettre à Stéphane Dion sur les Kurdes, les bombes nucléaires et l'exportation d'armes canadiennes.
18 septembre : Conférence de presse du Front Commun pour la transition énergétique, contre la loi 106.

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