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Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

La paix, le bilan désastreux du Canada

Le Canada et la promotion de la paix : un bilan désastreux (21 sept. 2015)

D’abord soumis au journal Le Devoir, qui a manifesté peu d’intérêt, ce texte, une initiative du Collectif Échec à la guerre, a été endossé par l’exécutif des Artistes pour la Paix (Guylaine Maroist, Judi Richards, Pierre Jasmin et Jean-François Garneau), et publié dès hier soir dans l’édition en ligne du Journal de Montréal et du Journal de Québec, sous la rubrique Blogues votre opinion. Une version abrégée a aussi été publiée aujourd’hui, en page 24 de l’édition papier du Journal de Montréal.

La conclusion du texte appelle nos concitoyens et concitoyennes à questionner les candidat.e.s aux élections fédérales sur les enjeux de guerre et de paix et à participer, cet automne, à la 5ème campagne annuelle du coquelicot blanc du Collectif et aux actions de la Marche mondiale des femmes au Québec.

Le Canada et la promotion de la paix : un bilan désastreux

La Journée internationale de la paix, le 21 septembre, tombe cette année au milieu d’une campagne électorale et fait suite à une controverse sur l’accueil des réfugiés de guerre — et non des « migrants », comme on les désigne en occultant la nature de ces migrations et notre responsabilité. Manquant à la compassion la plus élémentaire dans les circonstances, la première réaction de Stephen Harper a été de marteler son mantra : il faut continuer de bombarder l’État islamique. Cette position, qui en a scandalisé plusieurs et qu’il a dû ajuster, est cependant parfaitement conforme à la promotion de la guerre et du militarisme qui marque la politique étrangère et la politique intérieure du Canada.

Après l’Afghanistan et la Libye, encore la guerre : en Irak, en Syrie, en Ukraine

À la suite des attentats meurtriers à St-Jean-sur-Richelieu et à Ottawa en octobre 2014, le gouvernement Harper a engagé le Canada officiellement dans la campagne de bombardements aériens contre l’État islamique en Irak, pilotée par les États-Unis. Le 30 mars dernier, le Parlement canadien a prolongé cette implication d’un an et l’a étendue à la Syrie. De plus, tout un train de mesures de surveillance et de restriction des droits ont été adoptées, dont la nouvelle loi antiterroriste (C-51), sous les critiques, notamment, de l’Association du Barreau canadien et du Comité des droits de l’homme de l’ONU.

À ce jour, M. Harper n’offre, pour justifier ces choix, qu’une propagande primaire : « Toutes les civilisations, toutes les nations civilisées, font face actuellement à un ennemi qui déteste tout ce qui nous caractérise : liberté, démocratie, tolérance, ouverture ». Or l’intervention militaire à laquelle le Canada participe est illégale au regard du droit international, puisque le Conseil de sécurité des Nations Unies, qui doit être saisi de toute « menace à la paix et à la sécurité internationale », ne l’a jamais autorisée. Le fait que l’Irak ait appelé à l’aide ne peut servir de justification à ce qu’un groupe de pays se lance en guerre dans la région, en profitant même pour bombarder un autre pays, la Syrie.

Rappelons aussi qu’avant que l’Irak soit mis à feu et à sang par les États-Unis et une autre coalition de circonstance, le groupe armé État islamique n’existait même pas. De plus, l’appui dont ce groupe bénéficie au sein de la minorité sunnite d’Irak découle principalement de l’exclusion systématique et de la répression sanglante qu’elle a subies aux mains d’un pouvoir central, soutenu et armé par nos « nations civilisées ». Il y a donc fort à parier que plus de bombes larguées sur ces régions et plus d’armements livrés à ce pouvoir n’entraîneront pas beaucoup de sympathie pour « tout ce qui nous caractérise »…

Dans la même veine, les déclarations de politique étrangère du gouvernement ont généralement jeté de l’huile sur le feu. À titre d’exemple, en juillet dernier, le ministre des Affaires étrangères Rob Nicholson a réitéré les affirmations gratuites du Canada et d’Israël à l’effet que « l’Iran reste l’une des plus importantes menaces à la paix et à la sécurité internationales » même après l’entente internationale sur le nucléaire iranien. La position canadienne face à la Russie dans le conflit en Ukraine témoigne également de cette posture provocatrice.

Glorification de l’armée et patriotisme militaire

Le 17 juillet, lors de la cérémonie de passation des pouvoirs au nouveau chef d’état-major de la Défense canadienne, Stephen Harper a rappelé ses paroles antérieures à l’effet que « les Forces armées canadiennes avaient été au cœur de l’histoire de notre pays depuis plus de 200 ans » et il a poursuivi en disant « Elles sont au cœur de notre identité nationale, au cœur de la réussite de notre pays et parfois déterminantes pour sa survie ». Deux semaines plus tôt, à la Fête du Canada, près du quart de son discours rendait hommage à l’armée canadienne. Le gouvernement Harper profite de toutes les occasions pour glorifier l’armée et jouer la carte du patriotisme militaire. Les voyages à l’étranger du PM et du ministre des Affaires étrangères – notamment en Ukraine – renforcent la position belliciste canadienne et s’accompagnent souvent de visites éclairs aux troupes canadiennes (comme au Koweït le 3 mai et en Pologne le 10 juin). L’orientation générale donnée aux préparatifs du 150e anniversaire du Canada s’inscrit dans la même ligne. Déjà, en 2012 et 2013, le Canada a dépensé plus de 80 % des 42 millions de dollars du plan « En route vers 2017 », pour financer des activités marquant le bicentenaire de la guerre de 1812. Pour 2015, 2016 et 2017, le programme d’aide aux musées de Patrimoine canadien privilégiera les projets liés à certains jalons historiques, parmi lesquels on retrouve – sur le même pied que les anniversaires du drapeau, de la Coupe Stanley, de la LNH, des Jeux du Canada et des raids féniens – le 100e anniversaire du premier droit de vote des femmes, une avancée sociale autrement plus significative ! La priorité est cependant nettement accordée aux projets liés au 100e anniversaire de la Première Guerre mondiale et au 75e anniversaire de la Seconde Guerre mondiale, admissibles pour chacune des trois années.

Appel à nos concitoyennes et concitoyens à l’occasion de la Journée internationale de la paix

Les guerres dans lesquelles le Canada s’engage depuis plusieurs années, dans le sillage des États-Unis, n’ont rien de combats pour la liberté, la démocratie ou les droits des femmes. Elles sèment la mort et le chaos dans des pays dont le crime principal, aux yeux de l’empire, est de ne pas se plier à ses diktats. Alors que nos grands médias ne portent aucune attention aux conséquences désastreuses de ces guerres, le gouvernement nous inonde d’une propagande simpliste du Bien contre le Mal.

Au cours des dernières années, le discours des partis d’opposition à Ottawa a lui aussi été traversé par les faux prétextes humanitaires et sécuritaires pour justifier la guerre et ils n’ont pas sérieusement tenté de faire barrage à cette montée du militarisme au Canada, par ailleurs soutenue par des intérêts extrêmement puissants. Pour renverser la vapeur, la construction d’un important mouvement citoyen est donc nécessaire. La crise actuelle des réfugiées de guerre illustre bien cette possibilité et cette nécessité. Avant la mort du petit Aylan Kurdi, la situation de ces millions de personnes n’était en rien moins dramatique, mais elle n’était une priorité pour aucun parti politique. C’est la pression populaire qui en a fait un enjeu. Cet automne, nous vous invitons à poser des gestes concrets en ce sens. Profitez d’abord de la campagne électorale pour questionner les candidats et les candidates sur les enjeux de guerre et de paix. Puis, à l’occasion du Jour du Souvenir, participez à la 5e campagne annuelle du coquelicot blanc en portant ce symbole de rejet du militarisme et de commémoration de toutes les victimes des guerres, dont la grande majorité sont des civils. Participez aussi aux diverses actions de la Marche mondiale des femmes au Québec qui s’opposeront « aux forces capitalistes, patriarcales et colonialistes qui sont responsables de l’austérité, de la destruction environnementale et de la militarisation ».

SIGNATAIRES

Yves-Marie Abraham, professeur agrégé, HEC, Montréal
Azzedine Achour, directeur, Solidarité Ahuntsic
Claire Adamson, Clerk, Quakers de Montréal
Paul Ahmarani, acteur
Emiliano Arpin-Simonetti, journaliste
Suzanne Audette, vice-présidente et responsable politique de la solidarité internationale, Conseil central du Montréal métropolitain-CSN
François Avard, auteur
Rémi Bachand, professeur, sciences juridiques, UQAM
Gregory Baum, professeur émérite, Université McGill
Émilie Beauchesne, militante féministe
Luc Benoit, chargé de cours, Université du Québec à Trois-Rivières
Marie Boti, pour Femmes de diverses origines/Women of Diverse OriginsÀ
Christian Brouillard, professeur, science politique, Cégep de Drummondville
Serge Bruneau, peintre et écrivain
Raphaël Canet, professeur, École de développement international et mondialisation, Université d’Ottawa
Louise Chabot, présidente, Centrale des syndicats du Québec
Stéphane Chalifour, professeur, sciences sociales et humaines, Collège Lionel-Groulx
Anne-Marie Claret, professeure, philosophie, Cégep du Vieux-Montréal
James D. Cockcroft, historien, sociologue, auteur
Denise Couture, professeure, théologie et sciences des religions, U de Montréal
Donald Cuccioletta, historien, spécialiste de la politique américaine
Dominique Daigneault, présidente, Conseil central du Montréal métropolitain-CSN
Mary Ellen Davis, réalisatrice
Nancy Diaz, secrétaire, Centre Chilien Pablo Neruda de Québec
Ferdinand Djayerombe Vaweka, président, Antennes de paix
domlebo, artiste
Martin Duckworth, cinéaste
Francis Dupuis-Déri, professeur, science politique, UQAM
Paul Eid, professeur, sociologie, UQAM
Ariane Émond, journaliste indépendante et animatrice
Aziz Fall, président, Centre Internationaliste Ryerson Fondation Aubin
Andrés Fontecilla, président, Québec Solidaire
Élisabeth Garant, directrice, Centre justice et foi
Jean-François Garneau, secrétaire, Artistes pour la Paix
Isabelle Gaudreau, administratrice, Solidarité Ahuntsic
Bernard Gauvin, membre du CA, Solidarité Ahuntsic
Maurice Gendron, citoyen pacifiste
Dalie Giroux, professeure, École d’études politiques, Université d’Ottawa
André Gravel, président, Solidarité Ahuntsic
Lorraine Guay, infirmière retraitée
Dany Harrison, président, Fondation Salvador Allende-Montréal
Denise Helly, Institut national de recherche scientifique
Mouloud Idir, secteur Vivre ensemble (Centre justice et foi)
Robert Ismaël, animateur et journaliste
André Jacob, professeur retraité, Université du Québec à Montréal
Pierre Jasmin, vice-président, Artistes pour la Paix
Molly Kane, coordonnatrice, Entraide Missionnaire
Jooneed Khan, journaliste et activiste de droits humains
Maya Khankhoje, écrivaine
Michelle Lacombe, directrice artistique
Danièle Lacourse, cinéaste
Louise Lacroix, présidente, Carrefour Tiers-Monde de Québec
Ève Lamont, réalisatrice
Jean-Claude Landry, président, Comité de Solidarité/Trois-Rivières (CS3R)
Thierry Lapointe, professeur agrégé, sciences politiques, Université de St-Boniface
Alexandre Lavallée, coordonnateur, Table ronde des organismes volontaires d’éducation populaire de l’Estrie (TROVEPE)
Raymond Legault, porte-parole, Collectif Échec à la guerre
Abby Lippman, professeure émérite, Université McGill
Suzanne Loiselle, répondante, Sœurs Auxiliatrices
Alain Long, président, Syndicat du personnel enseignant du Collège Ahuntsic
Amir M. Maasoumi, citoyen
Dr. Robert Mahood, professeur adjoint, médecine familiale, Université McGill
Anita Marin, secrétaire, Fondation Salvador Allende-Montréal
Alain Marois, vice-prés. vie politique, Fédération autonome de l’enseignement
Guylaine Maroist, présidente, Artistes pour la Paix
Gilles Marsolais, homme de théâtre
Jacques Mascotto, professeur associé de sociologie
Maguy Métellus, animatrice
Serge Mongeau, éditeur et écrivain
Victor Montenegro, président, Centre Chilien Pablo Neruda de Québec
Christian Nadeau, président, Ligue des droits et libertés
Zaida Nunez, vice-présidente, Fondation Salvador Allende-Montréal
Joël Pedneault, coordonnateur, Mouvement d’éducation populaire et d’action communautaire du Québec (MEPACQ)
Jean-Marc Piotte, professeur émérite, UQAM
Yolande Pieyns, présidente, Syndicat de l’Enseig. du Cégep André-Laurendeau
Jean-Claude Ravet, rédacteur en chef, Relations
Nathalie Ricard, doctorante en anthropologie
Judi Richards, vice-présidente, Artistes pour la Paix
Geneviève Rochette, comédienne
Louis Rousseau, professeur associé, sciences des religions, UQAM
Guy Roy, porte-parole, Parti communiste du Québec
François Saillant, coordonnateur, FRAPRU
Mélanie Sarazin, présidente, Fédération des femmes du Québec
Richard Séguin auteur-compositeur, président d’honneur des APLP
Caroline Senneville, présidente, Fédération nationale des enseignantes et enseignants du Québec (FNEEQ-CSN)
Sid Ahmed Soussi, professeur, sociologie, UQAM
Pierre-Hugues Sylvestre, coordonnateur, Maison populaire de Joliette
Marie-Blanche Tahon, prof., École d’études politiques, Université d’Ottawa
Carmina Tremblay, L’autre Parole, collective femmes féministes et chrétiennes
Claude Vaillancourt, écrivain, essayiste et président d’Attac-Québec
Alexandre Vidal, président du Centre de ressources sur la non-violence

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