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PAPICHA « représente » l’Algérie aux Oscars 2020

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Image fournie par A-Z Films

Trois films de révoltes

Comme l’excellent Antigone de Sophie Deraspe représentant le Canada, Papicha choisie par l’Algérie n’a pas été retenue pour la soirée des Oscars du 9 février, tandis que les Misérables de Ladj Ly, lauréat du Prix du Jury au Festival de Cannes 2019, se sont hissés parmi les dix sélections finales. Créés par deux jeunes réalisatrices et un réalisateur, ces trois films ont en commun un rythme fébrile qui rend bien la situation inextricable de la jeunesse musulmane en nos pays plus occupés à faire (ou à subir) la guerre du pétrole qu’à améliorer leurs conditions de vie. En tout état de cause, ces trois films incontournables présentent le problème récurrent de l’héritage des guerres coloniales, tel que vécu par des jeunes opprimés et parfois révoltés à l’extrême, ceux de Ladj Ly ayant provoqué la réaction bouleversée d’Emmanuel Macron et de millions de Français.

Alger dans les années 90 présente un cas de figure différent, plus pacifique en apparence. La réalisatrice a choisi de centrer sa caméra sur Nedjma, une jeune fille (c’est le sens du terme Papicha) habitant la cité universitaire. Une des rares à ne pas chercher la voie de l’émigration, elle est toute à sa passion de coudre des vêtements avec style et panache, sans hélas comprendre que sa recherche artisanale de beauté heurte de front les intégristes islamistes prônant le retour à l’effacement de la femme sous le tchador : trois cent mille concitoyens seront massacrés sous prétexte qu’ils ne sont pas des co-religionnaires purs et durs, chiffre gonflé par d’innombrables bavures militaires [1].

Preuves que l’Algérie n’a pas tourné la page sur ce passé douloureux, des manifs chaque vendredi interpellent un gouvernement dont l’élection était plus que douteuse et qui a annulé en octobre la première de Papicha : le film figure néanmoins dans la liste des films représentant chaque pays publiée par l’Académie des Oscars, même si son producteur a dû «surseoir» à l’avant-première et à la sortie du film après un appel téléphonique en ce sens du ministère de la Culture (qui pourtant a coproduit le film !). L’Académie a fait une entorse à son règlement pour admettre le long-métrage malgré sa non-diffusion en son pays d’origine, après une demande de dérogation faite par son producteur.

La beauté de la détermination

Le scénario de Papicha centre son attention sur quatre jeunes filles qui veulent vivre en toute liberté, dont l’héroïne jouée avec souffle par Lyna Khoudri. De belles images de camaraderies de plages et de soirées de danse, qui nous semblent incongrues vu le contexte de guerre civile, affectent parfois la crédibilité du film, quand cette insouciance suit l’assassinat d’une parente, une tentative de viol ou un œil au beurre noir provoqué par un amoureux indigné par la liberté de sa fiancée : le montage est-il responsable de ce problème ? Mais le parti-pris de la réalisatrice Mounia Meddour, qui transparaît même dans le choix de l’affiche du film, solaire et rayonnante, s’avère gagnant, puisque les amitiés souriantes féminines s’imposent à nos yeux comme LA RÉALITÉ en contraste éclatant avec le lugubre instinct de mort intégriste.

papicha_2Cette image qui représente bien le haïk n’est pas tirée du film mais d’une des innombrables manifestations algériennes. L’héroïne du film le détourne de sa fonction de pruderie religieuse en « l’intégrant » à des toilettes de mode qui mettent en valeur le corps féminin. C’est d’autant plus fort que le film ne craint pas de rappeler que ce voile servait aux courageuses résistantes à faire circuler « sous le manteau » les armes pour le compte du FLN, pendant la guerre de Libération nationale contre les Français.

Enfin, Papicha « renvoie à un vécu de résistance qui nous rappelle que les luttes pour l’Etat de droit et la démocratie n’ont pas commencé il y a un an avec le hirak, mais depuis des décennies et souvent au prix fort», a souligné Samia Ammour, membre de l’Association pour le changement et la démocratie en Algérie (ACDA). «Nous sommes convaincus qu’il ne peut y avoir de démocratie sans égalité des droits.»


[1] C’était le sujet d’un article récent qui revenait sur notre spectacle soleil dans la nuit au Spectrum dans ces années infernales pour l’Algérie : http://www.artistespourlapaix.org/?p=17736

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