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Les banquiers définissent la politique canadienne en Amérique latine

Traduit par Christian Morin avec l’aimable permission de l’auteur.
Le texte original est disponible ici.

 

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Juan Guaido en visite à Ottawa.

Des droits de la personne et la démocratie, ou du bilan des banquiers, laquelle de ces propositions a le plus d’influence sur les politiques canadiennes dans notre hémisphère ?

La semaine dernière, le politicien vénézuélien Juan Guaido était reçu avec tous les égards à Ottawa. Ce président auto-proclamé a rencontré notre Premier ministre et les ministres du Développement international et des Affaires étrangères. Trudeau a déclaré : « Je félicite le président par intérim pour le courage et le leadership dont il a fait preuve dans ses efforts pour rétablir la démocratie au Venezuela, et je lui offre le support continuel du Canada ».

Le mois dernier, Guaido se voyait démis de sa fonction de leader de l’Assemblée nationale du Venezuela. Bien que contesté, ce vote ébranla sérieusement la prétention de Guaido à la présidence légitime qu’il clamait depuis un an. Pour renforcer sa position de leader de l’opposition, il s’est rendu dans plusieurs capitales internationales, au Forum économique mondial en Suisse et était l’invité du président Donald Trump lors du discours sur l’état de l’Union.

L’étape canadienne de la tournée de légitimation de Guaido s’inscrit dans la stratégie du gouvernement Trudeau pour renverser le gouvernement Maduro. Afin d’isoler Caracas, Ottawa a appliqué des sanctions illégales, traîné le gouvernement devant la Cour pénale internationale, financé une opposition pas toujours très nette et décidé qu’un politicien de seconde zone issu de l’opposition est le président légitime.

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Brian Porter

Le jour où Guaido était reçu à Ottawa, le directeur (CEO) de Scotiabank (la Banque de Nouvelle-Écosse) Brian Porter signait dans le National Post le texte Un appel à l’action au Venezuela. Ce texte d’opinion réclamait « la saisie des avoirs des responsables corrompus du régime » et de consacrer ces sommes « au financement du mouvement démocratique au Venezuela ». Porter félicitait les Libéraux pour leur « discernement moral pour avoir condamné sans réserve les abus du régime Maduro » ainsi que leur « immense courage et leadership dans notre hémisphère et sur la scène mondiale ».

Scotiabank a toujours entretenu des relations plutôt glaciales avec le gouvernement Bolivarien. Peu après le décès d’Hugo Chavez en 2013, le Globe & Mail publiait à la une de son Report on Business un article sur les intérêts de la banque au Venezuela. On pouvait y lire : « Scotiabank est souvent citée en exemple pour son imposante expansion en Amérique latine, suite à d’importants investissements en Colombie et au Pérou. Par contre, quand il est question du Venezuela, la banque n’y a pas fait grand-chose depuis 15 ans – surout parce le gouvernement du président Hugo Chavez s’est montré hostile aux investissements étrangers d’importance ».

Les perspectives d’affaires de la 40e banque en importance au monde ont pu façonner l’attitude d’Ottawa vis-à-vis Caracas. À l’autre bout du continent, ses intérêts ont poussé le gouvernement Trudeau à fournir son appui au président milliardaire Sebastian Pinera, pourtant dans l’eau chaude. Plusieurs articles dans la presse ont décrit les préoccupations de Scotiabank face aux récentes manifestations contre les inégalités au Chili. Le Financial Post notait que « la stratégie de Scotiabank en Amérique latine frappe un obstacle au Chili » et que « les émeutes au Chili forcent Scotiabank à reporter un événement pour investisseurs ». Porter blamait, la semaine dernière, « une ingérence venue de l’extérieur dans l’intention d’installer le chaos », pour les émeutes qui sévissent depuis octobre. Dans un article intitulé Pourquoi Brian porter s’obstine dans l’expansion de Scotiabank en Amérique latine, il déclara au Financial Post que des comptes Twitter liés à la Russie étaient à l’origine des émeutes !

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Sebastian Pinera

Deux semaines après le début des manifestations monstres contre le gouvernement Pinera, Trudeau eut une conversation téléphonique avec le président chilien, qui avait alors une cote de satisfaction de 14%. Selon Amnistie Internationale, on comptait déjà 19 morts et des douzaines de blessés graves lors des manifestations qui, ayant débuté comme des marches contre une augmentation des tarifs de transport en commun, se muèrent en un mouvement plus large contre les inégalités économiques. On dénombra plusieurs milliers d’arrestations après que le gouvernement déclara la loi martiale et envoya l’armée dans les rues.

Selon une transcription de cette conversation, Trudeau et Pinera discutèrent d’une stratégie conjointe pour déposer le président du Venezuela, et le Premier ministre cita les « irrégularités électorales » en Bolivie qui servirent de prétexte pour éjecter le président autochtone de gauche Evo Morales. Selon un article de la Presse Canadienne, « le résumé de cette conversation fourni par le bureau du Premier ministre ne mentionne aucune allusion directe à l’agitation ayant cours au Chili, pays en plein essor avec lequel le Canada a négocié une entente de libre-échange ».

Malgré les nombreux appels de la communauté chilienne au Canada, le gouvernement Trudeau est resté muet sur la pire répression que le Chili ait connu depuis l’ère Pinochet. Une délégation de parlementaires, enseignants et syndicalistes du Québec qui se rendit au Chili en janvier demandait récement à Ottawa de s’élever contre les abus qui firent quatre morts la semaine dernière. Dans un communiqué au sujet de cette délégation, l’organisme Mining Watch souligne que 50% de la grande industrie minière chilienne appartient à des intérêts canadiens. Des entreprises canadiennes sont également impliquées dans les infrastructures du pays et Scotiabank y est l’une des plus grosses banques. Le Chili est la destination de choix pour les investisseurs canadiens en Amérique latine, à hauteur de 20 milliards de $.

Comme je l’explique dans mon livre à paraître House of Mirrors – Justin Trudeau’s Foreign Policy (Black Rose), même s’ils ont violement condamné les violations des droits de la personne au Venezuela et au Nicaragua, les Libéraux ont été avares de commentaires sur les centaines de meurtres dus aux régimes en Haïti, au Honduras, en Bolivie, au Chili et en Colombie. D’aucun à gauche diront que c’est parce que ces régimes sont alignés sur Washington, ce qui est vrai. Mais c’est aussi parce qu’ils se montrent accueillants pour les entreprises canadiennes. Si vous voulez comprendre les politiques d’Ottawa en Amérique latine, regardez ce qu’en disent les banquiers canadiens.

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