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Activités de nos membres

Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Voix des femmes

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Simonne Monet-Chartrand, nommée Artiste pour la Paix de l’année il y aura bientôt trente ans.

Sur la scène internationale est apparue une nouvelle et (bien)venue VOIX DES FEMMES AUTOCHTONES que nous saluons tous et toutes. Dans ses beaux jours, sous la direction de la valeureuse Françoise David, les APLP avaient appuyé avec enthousiasme la marche Du pain et des roses de la Fédération des Femmes du Québec dont « l’évolution » nous inquiète. Doit-on plutôt appuyer Nadia El-Mabrouk, Leila Lesbet et Michèle Sirois, des militantes féministes qui ont fondé en 2013 Pour les droits des femmes du Québec (PDF Québec) et qui ont dans Le Devoir du 4 février déploré :

« l’image caricaturale du féminisme générée par les dérapages de la présidence     actuelle de la Fédération des femmes du Québec (FFQ). Ce n’est pas sans tristesse que nous constatons que cela rejaillit sur la FFQ, car les femmes sont en train de   perdre une voix importante qui a compté depuis cinquante ans ».

Les trois auteures blâment « un courant intersectionnel » qui divise les féministes en banalisant les emplois «offerts» aux femmes par l’industrie pornographique et la prostitution, délaisse le juste combat pour le respect de l’orientation sexuelle en se perdant quelque peu dans l’adhésion légitime aux causes transgenre et queer, et endosse, contre la Loi 21 sur la laïcité de l’état, « une émancipation des femmes à partir des textes sacrés de religions patriarcales, par exemple le féminisme islamique ».

Les trois concluent sagement ainsi : « La solidarité avec les femmes plus vulnérables, qu’elles vivent ici au Québec, comme les femmes autochtones, ou ailleurs dans le monde, devrait nous inciter à (…) faire front commun de façon à continuer à faire avancer les droits des femmes sans cesse fragilisés. » Pressenza nous appelle à la solidarité avec Pamela Palenciano, monologuiste, activiste et féministe espagnole qui parcourt depuis 16 ans écoles, lycées, universités et théâtres pour dénoncer la violence de genre contre les femmes avec son monologue No solo duelen los golpes (les coups ne sont pas seuls à faire mal). Après avoir subi la violence machiste de son premier partenaire, elle subit maintenant la haine du parti d’extrême droite espagnole, VOX.

À l’époque de notre présidente d’honneur Antonine Maillet et de notre APLP 1991 Simonne Monet-Chartrand, l’organisme Voix des Femmes vivait intensément au Québec. En consultant le 3 février dernier la riche notice biographique de Simonne sur wikipédia, j’y ai trouvé l’épithète trou du cul, sans doute plantée là par un de ces fanatiques chauvinistes mâles mal élevés (pléonasmes). Cette attaque vise une grande pacifiste québécoise, dont les livres et les discours préservés sur films et reportages, devraient inspirer à tous et toutes, le plus grand respect. Je veux redonner aux Artistes pour la Paix son orientation résolument féministe, comme je crois l’avoir fait par mon dernier article.

De Toronto, Janis Alton nous envoie une communication récente provenant de Voices of Women dont vous trouverez ci-dessous la traduction partielle. Les mots en caractères gras originent de VoW.

2020 sera une année pivot.

Cette année, les Nations-Unies auront 75 ans.

Fêtera-t-on le 20e anniversaire de la toute première résolution sur les femmes, la paix et la sécurité (résolution 1325 de l’ONU) ? Si « grâce à elle, l’impact démesuré des conflits sur les femmes et les filles fut mis en évidence et l’absence de représentation de ces dernières dans les pourparlers de paix fut reconnue comme un problème de sécurité », rappelons qu’elle émanait du Conseil de Sécurité, ayant permis le bombardement funeste de milliers de femmes et de filles de la Libye par les avions de l’OTAN.

On célèbrera le 25e anniversaire de la Plateforme de Beijing pour avancer les Droits et l’Égalité des femmes – ONU. Il s’agit d’une définition simple mais efficace du féminisme, « projet d’un monde où chaque femme et chaque fille peut exercer ses libertés et ses choix, et connaître et comprendre tous ses droits, notamment le droit de vivre sans violence, le droit à l’éducation, le droit de participer à la prise de décision et le droit de recevoir un salaire égal pour un travail égal »

Va-t-on célébrer le 50e anniversaire du Traité de non-prolifération ? Aucune des membres de Pugwash Canada ne prédit du succès à sa prochaine ronde de négociations qui commencera dans deux mois à New York. Plusieurs d’entre elles remettent même en question ce que le TNP appelle l’usage « pacifique » du nucléaire civil, vu la dangerosité de ses déchets radioactifs que les pays riches rêvent d’enterrer dans quelque pays trop pauvre ou trop affecté par les changements climatiques pour les refuser.

Le TNP est aussi fragilisé :

  • par l’attitude belliqueuse et machiste de Trump qui renie toutes ses clauses l’une après l’autre, se retire d’accords de désarmement (traité antimissile, traité sur les missiles de moyenne portée en Europe, accord sur le programme nucléaire iranien) et projette de se retirer de l’accord New START avec la Russie venant à échéance en février 2021;
  • par l’exclusion de l’Inde, du Pakistan, d’Israël et de la Corée du Nord, pays nucléarisés.

 

L’arrivée à l’ONU en juillet 2017 du Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires, approuvé par 122 pays et maintenant ratifié par 35 d’entre eux (il en manque 15 pour que le Nuclear Weapons Prohibition Treaty fasse force de loi), si elle semblait rendre le TNP caduc, compte s’implanter grâce à un TNP aux clauses renforcées de désarmement et de vérifications.

 

Renouvelons notre action en faveur de ce désarmement, tant

  • individuel : loi sur les armes à feu à renforcer en bannissant la vente libre des armes de guerre, comme celle qui a tué les 14 Polytechniciennes en 1989, que
  • collectif : armes nucléaires, bombes à sous-munitions, ventes d’armes canadiennes à des pays en queue d’évolution quant au droit des femmes, comme l’Arabie Saoudite.

 

Les Artistes pour la Paix ont besoin de membres motivés comme Pierre Jasmin, pour animer efficacement et propager ces dossiers : on vous attend !

4 Commentaires

  1. Pascale Camirand Pascale Camirand
    15 février 2020    

    Bonjour Isabella,

    Permets-moi de te glisser un mot féministe qui peut-être te donnera le goût de poursuivre ta réflexion sur le féminisme québécois.

    Après la Marche Mondiale de l’an 2000 qui a su rallier les femmes d’ici, la FFQ s’est enlisée dans des débats qui ont été exacerbés par les États généraux de 2015. C’est à ce moment qu’est apparu PDF Québec. La FFQ a divisée le mouvement des femmes autour de la question de la prostitution, du port du voile, de la laîcité, de la charte des valeurs, de l’intersectionnalité et du mouvement queer. Lorsque M-Mme Bouchard a été élu-e c’était parce que après Alexa Conradi personne ne voulait relever le défi de rassembler les femmes autour de causes communes. Et les débats n’ont pas toujours étés sereins et respectueux.

    Je trouve dommage que nous en soyons là. Et je trouve dommage que des femmes se détestent, de renient, s’entre déchirent pour des questions idéologiques. Les femmes doivent apprendre à distinguer la position idéologique d’une personne et la personne elle-même. Les hommes font de la politique depuis des siècles. Ils sont plus capables que nous de maintenir une institution malgré les différences de point de vue.

    Je ne crois pas qu’il faille choisir entre la FFQ et PDFQ. Ce serait polariser le mouvement des femmes entre deux camps là où il faut retrouver une certaine cohésion plutôt que de la dissension. Le rôle des pacifistes en politique est celui d’un médiateur entre les partis pour que la communication devienne dialogique et non-violente. Les pacifistes ne doivent pas tomber dans le piège des raisonnements stratégiques du type « pour ou contre ».

    Mais bien sûr la présence d’un-une transgenre à la tête de la FFQ pose la question de la non-mixité des institutions créées par les femmes. Les transgenres sont des transgenres. Ils et elles ne sont ni des femmes ni des hommes. Et c’est difficile pour les femmes de maintenir la non-mixité des groupes politiques. À cause de la culpabilité et de la manipulation. Ça a été comme cela de tout temps. Et ça le sera encore. Cependant nous pouvons dire que se sont les femmes nées femmes qui font l’expérience de l’oppression des femmes et qui peuvent s’unir autour de cette expérience. C’est la base de la non-mixité.

    Faire ce débat ce n’est pas dire toujours oui à PDFQ et toujours non à la FFQ d’aujourd’hui. La question est plus complexe que ça. Les deux organisation mènent des luttes pertinentes. On ne peut pas être toujours d’un côté et renier l’autre tendance.

    Pascale

    • Izab ella Marengo Izab ella Marengo
      18 février 2020    

      Merci beaucoup pour tes précisions et ton point de vue. Cependant, j’aimerais préciser que je posais une simple question: « doit-on…? » Je suis proche en effet d’une position mitoyenne. Même les trois autrices de PDF déplorent que « les femmes sont en train de perdre une voix importante qui a compté depuis cinquante ans » et proposent que la situation devrait « nous inciter à faire front commun de façon à continuer à faire avancer les droits des femmes sans cesse fragilisés. » En fait, avec l’arrivée au pouvoir de gens comme Trump et Bolsonaro, ce sont les plus démunis et les races en situation d’infériorité qui sont fragilisés, et c’est pourquoi je crois en la paix comme objectif nous faisant avancer tous et toutes uniEs contre le machisme qui empêche les femmes d’avancer sur le chemin de l’égalité, mais aussi contre le racisme et le militarisme qui se montre le plus grand pollueur de la terre.

  2. 1011 Art 1011 Art
    23 février 2020    

    En lien avec votre article sur le féminisme Québécois, voici un petit échange. Plasticienne française engagée, j’ai réalisé une installation dans un centre d’art sur le violences faites aux femmes. Intitulée « Loi n°2010-769 », elle rend tristement hommage aux 130 femmes décédées en 2018 et 141 en 2019 en France et à toutes les autres décédées dans le monde, victimes de leur partenaire ou ex-partenaire.

    A découvrir : https://1011-art.blogspot.com/p/loi-n2010-769_2.html
    Et aussi « This is not consent » sur la culture du viol : https://1011-art.blogspot.com/p/thisisnotconsent.html

    Ces séries ont été présentées à des lycéens français. quand l’art contemporain ouvre le débat ?

    • Izab ella Marengo Izab ella Marengo
      29 février 2020    

      Merci beaucoup pour votre partage, vos oeuvres sont superbes et touchantes!

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