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Je suis APLP parce que…

"En cette époque de repli sur soi, de violence et de conflits incessants, plutôt que de publier mes états d’âmes sur les réseaux sociaux et de me cantonner dans un rôle de spectateur impuissant, je choisis de militer au sein d’Artistes pour la Paix, un regroupement qui me semble plus pertinent et nécessaire que jamais."
Sébastien Dhavernas, comédien, metteur en scène et producteur, v-p des APLP
"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Le général Mladic condamné à perpétuité par le Tribunal international

Le terrible massacre de Srebrenica en Bosnie-Herzégovine en 1995 a vu, malgré la présence des Casques bleus de l’ONU, le général serbo-bosniaque Ratko Mladic séparer femmes et enfants bosniaques des hommes, pour massacrer huit mille de ces derniers. Le voici enfin condamné à perpétuité pour génocide et crimes contre l’humanité par la justice du Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (son dernier jugement).

C’est en 1994 que Kateri Lescop, réalisatrice à Radio-Canada, a tourné un reportage [1] au Point, sur ma participation à une flottille de paix dans l’Adriatique organisée par le violoniste slovène, Miha Pogacnik. Un des premiers interprètes de l’œuvre Fratres du compositeur-ermite d’Estonie, Arvo Pärt, Miha avait fondé à Chartres l’Institut des Relations interculturelles par l’Art avant de devenir ambassadeur culturel slovène. Kateri avait tout de suite perçu le potentiel filmique de six bateaux peuplés d’une centaine de pacifistes, dont plusieurs musiciens donnant des concerts aux réfugiés de guerre de l’ex-Yougoslavie. Parmi les tout premiers civils à pénétrer la Croatie après la cruelle guerre qui continuait ses ravages en Bosnie, nous entendions fréquemment le grondement des bombardements serbes. Une des plus belles actions dont j’ai été témoin était le travail d’un organisme juif rassemblant des vivres à destination des assiégés musulmans de Sarajevo.

Car la guerre [2] allait démontrer sa plus grande cruauté à Srebrenica près d’un an plus tard en juillet 1995. Il faut donner le mérite à la légendaire Ariane Mnouchkine d’avoir mobilisé le festival d’Avignon 1995 pour alerter la communauté internationale sur ce honteux massacre de musulmans. Grâce à Marie-Hélène Falcon du Festival de Théâtre des Amériques de retour au Québec, la comédienne Louisette Dussault et moi nous sommes joints à une conférence de presse dès début août pour demander au gouvernement Chrétien de tout faire pour éviter que Sarajevo devienne une nouvelle Srebrenica. Gérard Pelletier, devenu membre des Artistes pour la Paix à cause de notre campagne en faveur du contrôle des armes à feu, suite au massacre antiféministe à l’école Polytechnique en 1989, a alors conseillé, à titre d’ancien ministre des Affaires internationales, une intervention ponctuelle de l’OTAN. Elle allait détruire sans morts d’hommes les canons juchés sur les montagnes entourant Sarajevo, parce qu’on avait averti une heure avant l’opération les serbo-bosniaques pour qu’ils fuient les lieux, sans toutefois leur donner le temps de pouvoir emporter leurs canons lourds et leurs caisses d’obus avec eux.

Je tiens à signaler que c’est la seule et dernière opération militaire que les APLP approuveront, car tout comme le général Lewis McKenzie (avec qui nous étions rarement d’accord [3]), nous avons condamné le bombardement de la Serbie par l’OTAN lors des événements du Kosovo. Et nous nous prononcerions aujourd’hui contre le bombardement du Myanmar, malgré la responsabilité indéniable, n’en déplaise à la trop silencieuse Aung San Suu Kyi, de l’armée birmane dans le drame des Rohingyas.

Car bombarder un peuple n’est jamais une solution.

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[1] Suite à la projection de l’émission en Allemagne, le journal populaire BILD IM ZEITUNG, tirage à deux millions, a titré : « En Croatie, les sons de Bach et Beethoven ont remplacé le bruit des fusils et des canons», aidant ainsi au retour des touristes.

[2] Le grand artiste Emir Kusturica a une vision différente des événements de la guerre yougoslave, que j’ai déplorée dans un article, où j’étais par contre tenté de lui donner raison quant à sa vision des événements plus récents en Ukraine http://lautjournal.info/20150212/kusturica-sur-l’Ukraine .

[3] « En bombardant la Serbie, nous avons encouragé les minorités islamiques du monde entier à se rebeller », une des nombreuses déclarations controversées de Lewis McKenzie.

1 Commentaire

  1. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    29 novembre 2017    

    Reçu ce commentaire :

    « Très déçu de lire l’article signé Pierre Jasmin sur le massacre de Srebenica et son éloge du Tribunal pénal international pour la Yougoslavie [quel éloge??]. Peut-être, Pierre n’a-t-il pas lu cet article de feu Ed Herman, The Politics of the Srebenica Massacre publié par Z magazine et repris dans Global Research. Ed Herman, comme on le sait, était co-auteur avec Noam Chomsky de La fabrication du consentement [qui fait justement l’objet d’un autre article sur le site des APLP]. Aussi, a-t-il lu le livre magistral de Michael Mandel sur la guerre en Yougoslavie How America Gets Away With Murder ainsi que d’autres articles de Michael Mandel à ce sujet? Je les recommande fortement. Herman l’aborde aussi dans son livre publié par Lux Éditeur: Génocide et Propagande, autre livre important. »

    Global research ou mondialisation.ca en français est un site de valeur très variable, fondé par le controversé professeur Michel Chossudovsky, de l’Université d’Ottawa. Si le site, à ses débuts, a véhiculé avec le réseau Voltaire des théories de complot justement dénoncées le 26 novembre à Tout le monde en parle par Christian Page, il accueille maintenant plusieurs articles mieux documentés, grâce à la spécialisation en économie du professeur qui le rend très apte à dénoncer les méfaits de la mondialisation. Le site s’avère donc très utile, à mesure que les médias instrumentés par le militarisme ambiant refusent de publier des articles crédibles.

    Sur Srebrenica, le premier ouvrage cité n’a jamais réussi à convaincre que le massacre des habitants mâles de Srebrenica, exécuté sous les ordres du général serbo-croate Ratko Mladic, ne mérite pas la sanction du Tribunal international pour l’ex-Yougoslavie. Si ce tribunal spécialisé ne s’est pas distingué par une objectivité exemplaire, ce que j’accorde volontiers à mon interlocuteur, notons qu’il s’agissait de son tout dernier jugement. Revenons à ce qu’Ed Herman a écrit. Après avoir justement souligné le cynisme des Croates qui ont profité de l’attention internationale fixée sur Srebrenica pour exécuter leur « propre » nettoyage ethnique, accompagné de massacres de Serbes dans la région de Krajina, même si le suicide en direct par empoisonnement d’un accusé croate clamant son innocence est troublant, M. Herman a précisément écrit ceci sur le sujet du massacre en Bosnie :
    « L’intérêt politique du massacre de Srebrenica ne prouve pas forcément que le récit de l’establishment soit erroné. Mais il implique la nécessité d’être prudent et de se méfier des falsifications et des affirmations exagérées. Cette vigilance a totalement fait défaut aux mass-médias. »

    Tout à fait d’accord, d’autant plus que les Artistes pour la Paix ont fait preuve de cette vigilance en ne se glorifiant pas de notre influence en août 1995, pour plutôt, anecdotiquement aidés par la nationalité serbe de l’épouse de Brian Mulroney, contrer au Québec la diabolisation subséquente des Serbes. Mon collègue pianiste, le croate Ivo Pogorelich, marié à la Géorgienne Alissa Kezeradze, est même intervenu auprès du président géorgien Edouard Chevardnadze, l’une des figures marquantes de la « glasnost » et de la « perestroïka », pour qu’il aide à apaiser par sa vieille expérience diplomatique la tension internationale en ex-Yougoslavie. Mais les liens connus du président géorgien avec Mikhaïl Gorbatchev, opposant déclaré de Vladimir Poutine, n’avaient pas favorisé son intervention. Et hélas, l’OTAN a profité des déformations des mass-médias occidentaux pour bombarder ensuite la Serbie, avec peu d’opposition au pays, sauf celle des APLP.
    On ne peut dans un seul article tout rappeler, c’est pourquoi mon article contenait une référence au cinéaste et chanteur rock serbe Émir Kusturica qu’on peut voir aussi sur http://www.artistespourlapaix.org/?p=6763 pour montrer combien tout n’est pas si simple : on y relira entre autres un commentaire pertinent de la musicologue et professeure à l’Université de Montréal, madame Dujka Smoje.

    Mon critique poursuit :
    « Mais c’est aussi décevant de ne pas y voir une critique du TPIY. Je rappelle comment l’ambassadeur plénipotentiaire des États-Unis pour les crimes de guerre, David Scheffer, en parle dans ses mémoires. Voici la citation qui en dit long:
    « By then, the tribunal was a potent judicial tool, and I had enough support from President Clinton, Secretary of State Madeleine Albright, Secretary of Defense William Cohen, and other top officials in Washington to wield it like a battering ram in the execution of U.S. and NATO policy. »
    Ces tribunaux (CPI, TPIR) ne sont qu’un bras judiciaire de l’OTAN qui ne ciblent que les faibles. Pour cela, ils ne devraient pas exister. »

    Merci pour la citation qui en effet en dit long, mais comme les autres critiques « d’extrême-gauche », elle en dit tout aussi long, à mon avis de façon très dommageable, sur l’impossibilité de défendre les actions de paix sans se faire attaquer à gauche et à droite. À droite, on trouve par exemple de nombreux articles attaquant la manif pacifique « ni haine, ni racisme » du 12 novembre. Et à l’extrême-gauche, on s’attaque à l’ONU, qui il est vrai n’a déployé aucun effort pour protéger le gouvernement catalan des actions de la police espagnole. On s’attaque à l’ONU et à la Cour Pénale Internationale comme étant manipulées par les puissants Américains. Il y a évidemment des signes irréfutables de ces manipulations : dans une conversation à Toronto dans les locaux de Pugwash Canada en novembre 2012 avec le procureur de la Cour pénale internationale Moreno-Ocampo, je lui faisais part de mes préoccupations à ce sujet, ce à quoi il avait finement répondu : « Mais les Américains n’ont pas signé leur adhésion à la CPI. Aucun homme de gauche serait davantage rassuré s’ils en faisaient partie».

    Averti par de subtils signaux émanant du fondateur de la CPI, j’aurais dû poser des questions plus perfides à ce procureur qui s’étant pris pour une vedette, fait face aujourd’hui à des accusations très sérieuses qui, si prouvées, risquent d’endommager plus sérieusement la réputation de la CPI, déjà mise à mal par des accusations africaines qu’elle ne cible que leurs pays. L’impasse est hélas réelle, d’autant plus que les États-Unis sont des ennemis déclarés de la CPI et que ni la Chine, ni la Russie, ni l’Inde, ni le Pakistan, ni Israël, ni les États arabes sauf la Jordanie et la Tunisie, etc. ne font partie des états-membres ayant adhéré au statut de Rome ayant instauré la Cour Pénale Internationale.

    L’ONU et la CPI sont de grands outils de paix mondiale qui à long terme ont le potentiel de nous débarrasser de la guerre comme moyen de régler les conflits. Dire que la CPI est un jouet pro-américain n’a aucun sens. Si c’était le cas, elle ne serait pas en train d’investiguer l’Afghanistan où les crimes américains sont visés tout autant que ceux des Taliban. S’il est évidemment souhaitable de lui adresser des critiques bien étayées, affirmer qu’elle ne devrait pas exister procède d’un nihilisme qui fait le jeu des militaristes, de l’extrême-droite et de l’OTAN. Sans compter que sur le plan local, l’éternel pessimisme de l’extrême-gauche à la Jean-Paul Sartre l’amène à ne pas se dissocier du Black Bloc et d’autres contestataires violents et destructeurs de propriétés, pendant que la Meute se fait du capital politique en complimentant à la télévision complaisante la police de Québec!

    J’ajoute sur une note personnelle que pendant qu’on les critique, on ne fait pas l’effort de reproduire les articles des APLP dénonçant l’OTAN et l’extrême-droite. Et ils restent non commentés par les médias officiels qui en les ignorant, contribuent à augmenter le désarroi associant facilement contestations de gauche à atteintes à la paix : quel gâchis…

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