Lotfi – lyrique et vrai!
Les Artistes pour la Paix 4 avril au matin

Rima Hassan eurodéputée de la LFI ET courageuse palestinienne
Mohamed Lotfi Lettre à Rima Hassan 2 avril 19h 08
Chère Rima,
Tu raconteras un jour à des enfants de Gaza qu’en ce 2 avril 2026, dans un pays universellement reconnu pour être le champion des droits de l’homme et du citoyen, tu as été arrêtée. Pas pour un crime établi. Pas même pour une suspicion ordinaire. Non. Pour « incitation à la paix ».
Tu leur diras comment tout s’est déroulé avec le soin qu’on réserve aux grandes occasions. Une escorte officielle, des véhicules de police, des agents de sécurité attentifs. Direction le Palais de l’Élysée. Le Président de la République en personne tenait à te recevoir. On n’improvise pas avec les grandes âmes.
Là, devant un parterre de dignitaires, on t’a remis une distinction exceptionnelle. Une médaille conçue spécialement pour toi. Grande Chevalière de l’Ordre Suprême, disons, de la parole tenace. Les majuscules sont de mise. Plus élevée encore que toutes celles qu’on distribue d’ordinaire pour service rendu à la Nation, à l’humanité.
Tu leur diras, aux enfants de Gaza, que ce jour-là, on n’a pas seulement honoré une personne. On a célébré une parole. À travers toi, toutes celles qui plaident pour la paix, toutes celles qui persistent à croire que les mots peuvent encore tenir tête au vacarme, toutes celles qui transforment, avec une obstination presque suspecte, les soldats en troubadours.
Tu leur expliqueras le contexte, car il faut toujours un contexte pour que l’ironie fonctionne. Une époque où certaines causes avaient cessé d’être des sujets pour devenir des évidences. Où la cause palestinienne, par exemple, ne faisait plus débat, tant sa légitimité allait de soi. Une époque apaisée, donc. Enfin, presque.
Tu leur parleras de toi. De tes origines palestiniennes. De ton enfance dans un camp de réfugiés en Syrie. D’un endroit où l’on apprend très tôt ce que signifient l’attente, le déplacement, et cette forme particulière de dignité qui ne fait pas de bruit. Tu leur diras que ces histoires-là ne s’effacent pas. Même dans les plus beaux discours. Elles s’invitent, elles insistent, elles donnent à la voix une texture que l’on ne fabrique pas dans les salons. Une forme de noblesse.
Tu leur raconteras aussi cet épisode étonnant. Cette fameuse « découverte » dans ton sac. Une potion magique. Un vestige gaulois. Un geste d’accueil pour faire de toi une Française à part entière. En France, on a le sens du symbole. On n’intègre pas à moitié. On ajoute, on complète, on enrichit. Quitte à surprendre.
Tu leur parleras ensuite du droit. Du leur, d’abord. Le droit de vivre, simplement. Le droit à la dignité, à la sécurité, à la justice. Tu leur diras que, dans cette époque lumineuse que tu décris, ces droits ont enfin cessé d’être théoriques. Que la France, et toutes les Frances, avaient fini par regarder les choses en face.
Reconnaître. Nommer. Réparer. Il aura fallu du temps. Il aura fallu ta voix, et bien d’autres. Tu leur expliqueras que c’est précisément pour cela que tu étais là, ce jour-là du 2 avril 2026. Invitée au Palais. Reconnue par le Président. Écoutée de tous avec attention.
Et dans ton discours, bien sûr, tu feras preuve d’élégance. Tu citeras Napoléon. Parce qu’il faut toujours une pointe d’esprit dans les grandes cérémonies. « Impossible n’est pas français », diras-tu. Et l’assistance applaudira. Non sans un léger sourire. Enfin, rendre possible ce qui ne l’était pas, reconnaître ce qui était nié, réparer ce qui était ignoré, il fallait bien que quelqu’un s’y mette.
Tu leur diras tout cela, avec ce mélange de sérieux et de malice qui permet de tenir debout. Tu en auras beaucoup à dire à ces enfants de Gaza. Ils retiendront l’essentiel. Tu n’auras jamais baissé les bras. Parce que l’impossible n’est pas palestinien. Tu le diras haut et fort “Gaza outragé ! Gaza brisé ! Gaza martyrisé ! Mais Gaza libéré ! Palestine libérée”.
À très bientôt, j’espère, chère Rima, à Montréal où tu seras accueillie par le Premier Ministre du Canada en personne.
2 – Précision à un commentateur
Vous êtes sans doute professeur de rhétorique. Vous savez donc qu’à un certain niveau d’ironie, il ne sert plus à grand-chose d’argumenter. Dans mes recherches, ce ne sont pas les arguments juridiques qui manquent. Ils sont assez clairs.
L’immunité parlementaire, prévue par le Protocole n°7 de l’Union européenne, protège les élus contre toute poursuite pour des opinions exprimées dans l’exercice de leurs fonctions. Elle existe précisément pour garantir la liberté d’expression politique. Or, placer une élue en garde à vue pour des propos, même controversés, pose une question sérieuse quant au respect de ce principe.
De la même manière, le droit français distingue l’apologie du terrorisme d’une simple citation ou référence. La jurisprudence exige une intention claire de valorisation. Citer n’est pas adhérer. Sinon, il faudrait inquiéter quiconque cite des figures historiques sans en approuver les actes. Quant à la liberté d’expression, elle est protégée à la fois par la Déclaration des droits de l’homme et par la Convention européenne. La voir devenir conditionnelle, interprétable, devrait nous alerter.
Juridiquement, l’affaire est donc loin d’être solide. Politiquement, en revanche, elle dit autre chose. Créer un précédent. Installer une peur. Envoyer un signal. Et le tout, au moment même où le projet de loi Yadan sécuritaire vient élargir ce qui peut être considéré comme punissable. Une drôle de coïncidence? Sans doute!
3- Les Artistes pour la Paix – via son secrétaire
Merci, cher Mohamed, nous avons besoin de ton immense talent pour que le lyrisme de ton art oratoire désarme la perfidie des génocidaires qui attaquent parce qu’ils ne peuvent pas défendre l’indéfendable.
Les textes érudits en particulier de Yakov Rabkin, Samir Saul, Michel Seymour, Rodrigue Tremblay et tant d’autres disent les mêmes vérités que toi. Hélas, nos médias les évitent afin d’entretenir la confusion meurtrière, raciste et sioniste qui accuse ses détracteurs d’antisémitisme.
4- Rima Hassan – un tout petit communiqué pour faire taire les titres blessants

5- Conclusion: Nous voulons simplement rappeler que Rima Hassan a d’abord été une réfugiée en danger en Syrie et qu’aider l’UNHCR pourrait sauver la vie d’une future Rima (le prénom Rima d’origine arabe signifie « gazelle ou antilope blanche ». Il symbolise la grâce, la beauté, la pureté et la douceur, souvent utilisé dans la poésie arabe pour évoquer la délicatesse et l’élégance du mouvement).
Nous arrivons au noeud de l’affaire, où un président fasciste fou furieux menace d’oblitérer une civilisation multimillénaire avec son surplus d’armes que LES ARTISTES POUR LA PAIX DÉNONCENT DEPUIS LE DÉBUT DE LEUR EXISTENCE EN 1983. Notre travail pour la paix est entravé par les médias qui nous CENSURENT depuis 2017 pour avoir soutenu le Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires approuvé par 121 pays. Netanyahu a même refusé l’inspection des siennes par l’ONU en faisant un pied de nez au faible Traité de Non-Prolifération Nucléaire (191 pays). Et nos adversaires ennemis de l’ordre international (de droite et d’extrême-gauche) refusent la protection des Palestiniens par l’UNRWA de Francesca Albanese et celle de réfugiées telle Rima par le Haut-Commissariat des Réfugiés de l’ONU !!!
LE JOURNAL FRANÇAIS LIBÉRATION DU 9 AVRIL DÉNONCE
Jeudi 2 avril, trop pressées de taper sur l’une de leurs cibles favorites, de nombreuses rédactions ont propagé de FAUSSES INFORMATIONS à propos de la garde à vue de la députée européenne LFI Rima Hassan, distillées au goutte-à-goutte et en direct par leurs sources policières. » Patatras ! Une semaine plus tard, la procédure pour « détention de drogue » contre Rima Hassan est classée sans suite. Ce naufrage médiatique illustre la dynamique du journalisme de préfecture, enclenchée par des services « police-justice » n’ayant aucun mal à fouler au pied les principes élémentaires du journalisme, pour peu que leur source fût …la police (relayé par André Cloutier 10 avril)