Evénements du mois

Activités de nos membres





Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

6 décembre 1989 – Polytechnique, le Québec se souvient

En six étapes : 3 événements principaux + rappels d’actions ou de lettres des APLP

Voir aussi le commentaire inscrit le 20 décembre et retwitté à 460 000 personnes (quelle proportion d’anglophones unilingues ?) par notre amie Margaret Atwood: merci à la Fédération des Femmes du Québec pour nous avoir envoyé ces textes!

Félicitons en premier lieu les médias qui ont courageusement décidé, cette année, de souligner ce triste anniversaire et on voit les fruits de ce courage, particulièrement dans la (trop prudente) réaction du premier ministre Couillard annonçant que le Québec, advenant une décision favorable de la Cour Suprême, acceptera de créer un registre des armes à feu (à condition qu’il ne soit pas trop cher, a-t-il toutefois ajouté).

polytechnique Trois événements (auxquels les APLP n’ont pas été invités mais allez-y) !

1  Pour Elles

« Quatorze chanteuses et chanteurs, parmi les plus importants de la culture québécoise actuelle, chanteront en l’hommage de ces quatorze femmes qui ont perdu la vie le 6 décembre 1989.  Sous la direction artistique de Lorraine Pintal (Directrice artistique et générale du Théâtre du Nouveau Monde), nous retrouverons Robert Charlebois, Louise Forestier, Daniel Bélanger, Mara Tremblay, Yann Perreau, Jorane, Vincent Vallières, Betty Bonifassi, Émile Proulx-Cloutier, Marie-Pierre Arthur, André Lejeune, Marie-Josée Lord et deux autres artistes à confirmer. «  L’artiste est dépositaire d’une mémoire affective. Pour que des événements tragiques, comme celui de Polytechnique survenu il y a 25 ans, ne sombrent pas dans les coulisses de l’oubli, j’ai voulu comme femme de théâtre témoigner de manière collective le 6 décembre prochain avec 14 artistes réunies qui chanteront pour Elles » Lorraine Pintal Tous les profits iront à la Coalition pour le contrôle des armes, organisme fondé à la suite de la tuerie de l’École Polytechnique. Ils serviront, notamment, à financer l’intervention en Cour suprême dans la cause pour la préservation des données du registre des armes à feu par la clinique juridique Juri-Pop. Bravo, de la part des Artistes pour la Paix ! On peut écouter le spectacle sur la radio communautaire CISM 87.9 à partir de 19h.


2  Comité organisateur

Le comité organisateur de la commémoration des 25 ans du drame de l’École polytechnique a invité la population à se joindre à la marche aux flambeaux partant à 15 h du cimetière Côte-des-Neiges, tout juste après la cérémonie tenue à la place du 6-Décembre-1989. À 16 h 30, lors de la vigile « Se souvenir pour elles », retransmise en direct du chalet du Mont-Royal, plusieurs personnalités politiques donnaient le discours attendu: Denis Coderre, Philippe Couillard, John Parisella, l’ex-maire Jean Doré par vidéo vu le cancer dont il souffre qui a rappelé le souvenir de Thérèse Daviau — qui avait perdu l’une de ses filles dans la tuerie —, Kim Campbell, Martin Cauchon, Jacques Duchesneau, le chef de police Parent, etc. mais on sentait le public alerte à applaudir toute allusion au registre des armes à feu. À partir des discours de Dawn Black, députée néodémocrate à l’origine de la « Journée de commémoration contre la violence dirigée contre les femmes », de Véronique Hivon et de Pauline Marois, présidente d’honneur du spectacle Pour elleson a senti la cérémonie basculer et se diriger vers un summum d’émotion et de pertinence, surtout avec les témoignages bouleversants de Josée Boileau, rédactrice en chef du Devoir, de Francine Pelletier et de Monique Simard ces dernières ciblées par la lettre de Marc Lépine comme féministes, d’Alexa Conradi (FFQ) et de Sue Montgomery (the Gazette) initiatrice des 8 millions d’ashtags révélant à travers le monde en un mois et demi tant d’agressions sexuelles jusqu’à présent cachées (#BeenrapedNeverreported). Leurs paroles saluées par des ovations debout ont brisé un plafond de verre. Le Québec ne sera plus le même! Moment Factory a érigé 14 faisceaux lumineux et la cérémonie s’est conclue par l’émouvant Ne tuons pas la beauté du monde de Luc Plamondon, chantée par Diane Dufresne et Marie-Josée Lord.


On lira dans notre commentaire pro-féministe la tenue d’un troisième événement (FFQ). Et maintenant nos réactions par le rappel de diverses actions et articles par les APLP.

3  Un combat politique permanent

À la lecture de la convocation du deuxième événement officiel (rédigé par du personnel politique influencé par le désir de ne pas effaroucher les autorités actuelles ?), on semblait refuser toute évocation du combat politique essentiel, mené entre autres par les APLP et surtout Heidi Rathjen, l’âme du mouvement Polysesouvient.org et Wendy Cukier professeure à la tête de la Coalition pour le contrôle des armes à qui le spectacle au Outremont confiera ses profits et avec qui je reproduis les échanges de courriels suivants.

2013 Bonjour M. Jasmin, Nous tenons d’abord à vous remercier sincèrement pour votre intervention en lien avec l’importance du registre des armes à feu faites lors de votre entrevue à Radio Ville-Marie ce samedi. Tous les efforts de sensibilisation en lien avec cet enjeu sont primordiaux et nous pouvons espérer que votre intervention a pu convaincre certain(e) citoyen(ne)s qui étaient à l’écoute de l’importance du contrôle des armes. Nous sommes très reconnaissants de l’engagement des Artistes pour la Paix en lien avec la défense des lois sur le contrôle des armes à feu, dont fait partie le registre des armes d’épaule. Sachez que votre appui à notre travail et à la cause, ainsi que vos efforts passés et actuels visant à préserver le registre dans son intégralité, nous sont précieux. La Coalition pour le contrôle des armes est endossée par plus de 300 organismes et groupes à l’échelle nationale, en plus de nombreux individus. (…) Nous éprouvons une profonde gratitude à l’égard des actions et des efforts posés par chacun d’entre eux, y compris ceux posés par les Artistes pour la paix. Nous incluons sur notre site web du matériel qui fait part des données et des faits canadiens pour aider l’argumentaire, l’expérience des intervenants, la consultation au registre, etc. De règle générale, nous évitons le plus possible de divulguer le nom de nos membres, partenaires et collaborateurs dans nos communications et sur notre site Internet (à moins qu’ils ne se soient positionnés publiquement en faveur du contrôle des armes). Il s’agit d’une précaution qui a pour but d’éviter que ceux-ci ne deviennent la cible du lobby des armes, chose qui est arrivée dans le passé. Soyez assurés que nous avons transmis vos amitiés à Mme Heidi Rathjen.

Nos sincères salutations, Madeleine Beaudet Chargée de projet COALITION pour le contrôle des armes www.controledesarmes.ca

Heidi Rathjen

Heidi Rathjen

Chaque année depuis 1989 – j’avais emmené Heidi lors d’un des fameux Pow-wow de Pierre Péladeau à Ste-Adèle pour qu’il intéresse ses publications au combat mené par la polytechnicienne -, Heidi Rathjen nous contacte aux Artistes pour la Paix, y compris l’an dernier en réagissant à notre hommage posthume à Jean-Louis Roux (on y a accès sur notre site en allant dans la colonne de droite en page d’accueil à hommages posthumes),  illustrant la belle résistance des Artistes pour la Paix au sénat canadien en faveur du registre des armes à feu (on lira plus loin un exemple d’une de nos lettre aux sénateurs).

Merci Pierre, je n’ai que de bons souvenirs au sujet de monsieur Roux. Il était un véritable homme d’honneur, soit un sénateur HONORABLE, contrairement à la plupart des autres (notamment ceux nommés par Harper)… Il a certainement laissé sa marque, dans le meilleur des sens possible. Heidi

Rappelons que Heidi écrivait suite à des révélations sur diverses escroqueries sénatoriales!

Merci, Amélie. Voici la lettre définitive, telle que nous l’avons modifiée et envoyée le jour de la démission du ministre Toews, démission dont nous nous réjouissons évidemment. Nos amis d’Amnistie internationale nous ont félicités. Vous pouvez la recopier sur votre site, si cela vous tente. Le ministre Blaney sera-t-il plus perméable aux doléances québécoises? Ne relâchons pas la pression. J’envoie toujours mes messages au premier ministre en copie conforme. J’ai aussi répondu à votre survey monkey et j’enverrai un mot parlant de vous à nos sept cents sympathisants à la fin août, alors que nous cherchons à nous doter d’une présidente bien plus jeune que moi. Je crois en outre que le meurtre d’un Noir en Floride, aussi horrible soit-il, à cause de la loi stand your ground et de la prolifération des armes américaines pourra faire avancer la cause, ici et aux États-Unis. Amitiés, Pierre

De: Coalition [mailto:cgc.montreal@gmail.com] Date: lun. 2013-07-08 14:30 À: Jasmin, Pierre Objet : RE : nouvelles initiatives des Artistes pour la Paix

Bonjour monsieur Jasmin, Merci de nous tenir au courant de votre démarche. La lettre me semble très bonne. Ma seule petite suggestion serait peut-être de parler de l’influence du lobby des armes sur la politique intérieure et internationale (d’autant plus que le ministre Toews a démissioné aujourd’hui). Sincères salutations, Amélie Baillargeon Directrice COALITION pour le contrôle des armes www.controledesarmes.ca @cgcmontreal

2013/7/7 Jasmin, Pierre

Chers amiEs de la coalition pour le contrôle des armes à feu, chères Heidi et Wendy, chère Béatrice Vaugrante d’Amnistie internationale, vous trouverez ci-dessous une lettre que nous avons l’intention d’adresser demain au ministre John Baird. Toute correction que vous suggéreriez sans trop alourdir le texte ni détourner la lettre de son but premier, sera envisagée avec plaisir. Amitiés, Pierre Jasmin président intérimaire des APLP
PS Ci-dessous notre lettre envisagée.

À l’Honorable John Baird, Ministre des Affaires étrangères
Monsieur le ministre,
Nous  vous remercions pour votre réponse du 5 juillet. En face de l’initiative de l’Organisation des Nations-Unies voulant régenter le trafic des armes internationales avec son Traité sur le Commerce des Armes (TCA), appuyé par l’Allemagne, la France, la Grande-Bretagne, le président Obama et une bonne partie des pays membres de l’ONU, nous comprenons difficilement qu’en tant que ministre des Affaires étrangères du Canada, vous hésitiez à le contresigner, alors que vous vous enorgueillissez d’avoir collaboré à son élaboration. Vous dites vous inquiéter des suites du Traité sur « le transfert des armes à feu utilisées à des fins récréatives, y compris le tir sportif, l’enrichissement d’une collection et la chasse ». Évidemment, cette distinction serait clarifiée si votre gouvernement se décidait enfin à interdire la vente domestique d’armes de guerre aux chargeurs multiples, telle que celle utilisée lors du massacre de Polytechnique en 1989. Vos préoccupations émanent sans doute du ministre Toews à qui nous avons exprimé nos désaccords profonds, entre autres en fustigeant son refus de transférer au Québec les listes du contrôle des armes à feu canadiennes. Vos hésitations nous semblent par conséquent tout-à-fait hors contexte d’un traité international sur les exportations d’armes à des groupes terroristes ou à des gouvernements génocidaires. Et d’ailleurs, sans avoir encore signé ce traité majeur pour la paix mondiale, vous en appliquez les principes, et nous vous en félicitons, vous et le premier ministre Harper, mieux que la France et les États-Unis, en refusant de fournir des armes aux rebelles syriens.

Sans doute avez-vous compris l’avertissement de l’ancien conseiller à la sécurité nationale des États-Unis sous le président Jimmy Carter, Zbignev Brzezinski, qui avait étudié à Montréal et décrit ainsi les rebelles syriens: They pledge allegiance to Al-Qaeda, explicitly call for Sharia law, kill thousands of Christians, use terrorist tactics, yet our corrupt media and political class pretend arming them will produce democracy. Les Artistes pour la Paix ont évidemment condamné les violences inqualifiables du président Bachar al-Assad envers ses propres concitoyens, mais nous refusons de croire que ce pauvre pays qui a souffert 100 000 morts et trois millions de réfugiés a besoin d’armes supplémentaires. Nous appuyons plutôt l’aide humanitaire aux réfugiés que le Canada leur apporte au Liban et en Jordanie et en les accueillant au pays. Nous croyons encore qu’une conférence internationale appelée conjointement avec les Russes pourrait amener un cessez-le-feu et un apaisement de la situation : c’est pourquoi nous avions appuyé par nos maigres moyens l’envoi en mai d’une délégation intitulée Mussalaha (Réconciliation, en arabe) dirigée par la Prix Nobel 1976 Mairead Corrigan Maguire. Avec nos sentiments distingués, Pierre Jasmin

2011/5/1 de Jasmin, Pierre
Bonjour! Hier, lors d’une entrevue faite à Radio Ville-Marie (vers 13 heures), j’ai parlé du problème de sécurité que poserait le retrait du registre des armes à feu et des pressions politiques que les Artistes pour la Paix ont faites à l’automne pour appuyer vos efforts et ceux du Bloc Québécois (nous avions répondu à votre chaleureuse invitation le 25 novembre dernier à honorer Gilles Duceppe pour ses efforts afin de préserver le registre, chez la députée Maria Mourani, à Ahuntsic). J’ai appelé les électeurs à défaire le parti conservateur au pouvoir. Ce n’est qu’un exemple récent de l’engagement des Artistes pour la Paix à défendre la cause à laquelle vous vous consacrez avec résolution et constance admirables!

2009 Merci beaucoup. Vous avez tout à fait raison. La lettre en annexe contenait la version non-révisée. Je ferai la modification soulignée pour nos dossiers. Svp nous tenir au courant des suivis. Bonne journée, Amélie 2009/3/26 Jasmin, Pierre: Merci de vos suggestions pertinentes maintenant intégrées. Notre position (en annexe en version officieuse) sera communiquée aux partis d’opposition, auxquels je vous demanderais respectueusement d’ajouter le Parti Vert dirigé par Elizabeth May. Puis-je me permettre une remarque: dans vos communiqués, vous parlez « d’incidents domestiques » (suicides etc.). À la lumière des actualités, ne serait-il pas plus juste de parler de « drames domestiques »? L’expression reflèterait davantage à notre sens la situation explosive. PS La lettre dans sa première forme a été envoyée à La Presse, Le Devoir, Radio-Canada (Maisonneuve et Desautels), Radio Ville-Marie et L’Aut’ Journal 

De la part de Coalition
Date: mer. 2009-03-25 14:10
Objet : Re: lettre des Artistes pour la paix

Merci beaucoup pour votre appui. Pourriez-vous nous spécifier à qui la lettre a été envoyée? Si je peux permettre une suggestion, serait-il possible de modifier légèrement le dernier paragraphe? Au lieu de réaffirmer votre soutien à la Coalition (Madame Cukier et moi-même), pourriez-vous réaffirmer votre soutien à la Loi sur les armes à feu: « C’est pourquoi les Artistes pour la Paix réaffirment leur soutien à la Loi sur les armes à feu et incite les partis d’opposition à rejeter le projet de loi conservateur (…) » Si ce n’est pas déjà fait, nous croyons très important que cette lettre soit acheminée aux chefs de l’opposition (Chambre des communes, Ottawa, ON K1A 0A6)


 4  Réaction féministe essentielle

Sur Sisyphe, le 6 décembre 2010

 À la mémoire de Geneviève Bergeron, Hélène Colgan, Nathalie Croteau, Barbara Daigneault, Anne-Marie Edward, Maud Haviernick, Barbara Maria Kluznick, Maryse Laganière, Maryse Leclair, Anne-Marie Lemay, Sonia Pelletier, Michèle Richard, Annie St-Arneault, Annie Turcotte, tuées à l’École Polytechnique de Montréal le 6 décembre 1989, par un jeune homme qui refusait que les femmes prennent leur place dans la société québécoise. « J’haïs les féministes », a-t-il crié en tirant sur les étudiantes.

Plus choquant que l’oubli des raisons politiques de se souvenir du 6 décembre (vu sous l’angle pacifiste), les deux premières convocations n’abordaient pas la raison FÉMINISTE qui devrait pourtant sauter aux yeux de toute personne désirant rappeler le 6 décembre 1989 (les femmes invitées à la cérémonie se sont chargées de le faire !). Heureusement, nous avons reçu de la Fédération des Femmes du Québec la circulaire suivante : nous nous rassemblerons samedi le 6 décembre à 14h à la Place du 6-décembre-1989 afin de se réapproprier ce lieu symbolique où nous serons accueillies par les chants du groupe Odaya suivi par des prises de parole qui mettront de l’avant des formes de résistances féministes actuelles qui luttent contre les inégalités et la violence envers les femmes.

Voici en 2010 un échange de courriels des APLP avec Élaine Audet dont on trouvera plusieurs articles fort éloquents sur son site Sisyphe.org. Dois-je rappeler une des premières lignes de l’historique des Artistes pour la Paix sur notre site? Une certaine culture dominante, appelée rectitude politique, qu’on pourrait aussi désigner comme un consentement tacite à un ordre fabriqué, s’est plu à ériger un mur de méfiance autour des concepts féminisme et pacifisme. Il devient de bon ton de s’en distancer comme d’extrémismes sinon sectaires, du moins naïfs illuminés, alors qu’il s’agit de nécessaires et raisonnables contrepoids à une domination multi-millénaire par les armes et la violence. Combien de fois entend-on je ne suis pas féministe/pacifiste mais…!

Merci pour ce rappel, Élaine : j’ai été impliqué dans plusieurs commémorations du 6 décembre à l’Université de Montréal à titre de président des Artistes pour la Paix. Heidi Rathjen, ex-étudiante de Polytechnique et Wendy Cukier, présidente de la Coalition, ont tenu à m’inviter vu mes nombreux téléphones à Jack Layton et à Thomas Mulcair et vu les courriels des Artistes pour la Paix  à l’ensemble des députés et sénateurs canadiens depuis deux années. Merci de perpétuer la mémoire des quatorze jeunes femmes en rappelant le combat mené par la Coalition. Pierre J.

« Le 6 décembre 1989: et depuis? », Sisyphe

La violence faite aux femmes et aux filles demeure un problème grave au Canada, selon Condition féminine Canada. En moyenne, 178 femmes ont été assassinées chaque année entre 1994 et 2008. En 2008, 146 femmes ont été victimes d’homicide au Canada. De ce nombre, 45 ont été victimes d’un homicide conjugal. Les jeunes femmes connaissent les taux les plus élevés de violence. Certaines femmes sont particulièrement susceptibles d’être victimes de violence.

Lire la suite: http://sisyphe.org/spip.php?article3723 « Polytechnique, 6 décembre – À la vie à la mort », par Élaine Audet

La mémoire est un moment de l’oubli
La vie, le visage imprévu de la mort

Sa brève figure imposée avant la salve

Lire la suite: http://sisyphe.org/spip.php?article3707 * « Ode aux sur-vivantes », par Élaine Audet Lire: http://sisyphe.org/spip.php?article191

Et depuis 2010, comme Sisyphe où on retrouvera des articles plus actuels que ceux cités, les Artistes pour la Paix ont souligné le drame du millier de femmes autochtones disparues sans que le gouvernement Harper ne ressente le besoin de lancer une enquête nationale! Nous y reviendrons en 2015.


5  Manifs et lettres

« La Loi sur les armes à feu est un monument à la mémoire des victimes de la tuerie de l’École Polytechnique. » – Suzanne Laplante‐Edward, mère d’Anne‐Marie.

Les Artistes pour la Paix se consolent à l’idée que de 4 jeunes femmes, au départ, étudiant à Polytechnique il y a 50 ans, elles sont aujourd’hui 2000!   Les APLP furent de plusieurs manifestations (ici en 2011) et écrivirent un nombre incalculable de lettres dont voici un exemple (2012) Le 6 décembre 2011 JOURNÉE NATIONALE DE COMMÉMORATION ET D’ACTION CONTRE LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES Rassemblement sur la Colline parlementaire, Ottawa. Cette année, dans le cadre de la Conférence nationale du Syndicat canadien des communications, de l’énergie et du papier (SCEP) sur la condition féminine, un rassemblement a eu lieu sur la Colline Parlementaire. Marguerite Bilodeau (Raging Grannies) et Pierre Jasmin (APLP), venus de Montréal, se sont joints au rassemblement, avec près d’un millier de manifestants désirant honorer la mémoire des 14 femmes décédées lors de la tuerie de l’École Polytechnique et voulant exprimer leur désaccord avec l’affaiblissement du contrôle des armes à feu. C’était là un seul rappel d’une quinzaine de manifestations d’Artistes pour la Paix sans aucune subvention au cours des vingt-cinq années, sans compter leur vingtaine de lettres au premier ministre, au ministre Toews (dont la réponse fut un monument d’arrogance bête, peu de temps avant sa démission), à tous les députés fédéraux et à TOUS LES SÉNATEURS que les médias, hélas, ont choisi de ne jamais publier. Voici la dernière lettre aux sénateurs datée de 2012 (il y en avait eu une autre en 2009) qui vous renseignera sur la cause que nous avons inlassablement soutenue depuis 25 ans: page 1, page 2, page 3, page 4.


 6  Deux articles

Enfin, pour clore ce mini-dossier, deux articles écrits par le secrétaire Jean-François Garneau et par le vice-président Pierre Jasmin qui ont mis l’accent pacifiste sur la violence des armes à feu, le premier en 2013 un an après la tuerie à l’école de Newton aux États-Unis où JFG envisage avec lucidité l’échec de toute démarche de contrôle d’armes à feu américaines, le second en 2009 suite à la parution du film Polytechnique par Denis Villeneuve.

L’Amérique, l’arme à l’œil
Par Jean-François Garneau, secrétaire des APLP et musicien-guitariste-compositeur, à l’occasion du triste anniversaire du 14 décembre 2012 (tuerie de Newton).

Le 14 décembre l’an dernier, sous le choc d’une tuerie ignoble, l’Amérique pleurait la mort de tout jeunes enfants et d’adultes qui en avaient la garde. Le président Obama déplorait le tragique événement dans une allocution d’autant plus touchante qu’il avait la larme à l’œil. Mais le drame dans toute son ampleur, c’est l’Amérique, l’arme à l’œil.

Depuis leur fondation, les États-Unis entretiennent avec les armes un lien fusionnel, au point où l’amendement de leur Bill of Rights qui autorise le port d’armes par des milices est interprété comme le droit de chacun d’en faire autant 1, donc de constituer un danger public. Après avoir mythifié la Conquête de l’Ouest et entrepris celle de l’Espace, l’oncle Sam possède la plus vaste armée que la planète ait jamais portée 2.

En 1970, alors que la jeunesse et une partie de la population protestaient contre la présence américaine au Vietnam, cette armée géante bombardait un pays incapable de porter le moindre coup hors de son territoire. Une triste première est alors survenue : la génération au pouvoir a donné l’ordre de tirer sur la suivante. Des étudiants de l’université Kent sont tombés sous les balles 3. Qu’arrive-t-il, au fil du temps, dans une culture où les armes font partie des mythes fondateurs? Au-delà du plus grand nombre de morts jamais constaté en temps de paix, une forme perverse d’anesthésie sociale s’installe, sous l’averse constante du sang à la une. Un drame violent chasse l’autre au service d’une rentabilité elle-même réservée à un groupe de possédants qui détroussent en quelques décennies la classe moyenne porteuse du « rêve américain ». Cette lente déprime économique stimule les conflits sociaux, notamment dans un Sud qui pratique le déni quant aux conséquences de son passé esclavagiste. Ironiquement, le taux de crimes violents décroît depuis 1989, au contraire de la tendance belliqueuse lancée en 1987 par la Floride en autorisant à tout citoyen le port d’une arme cachée, le fameux concealed weapon réservé jusqu’alors aux policiers et à ceux qui devaient prouver la nécessité pour eux de détenir une telle arme 4. Vingt-huit États ont emboîté le pas au Sunshine State depuis, ce qui a multiplié le nombre de citoyens trimballant partout une arme sans que quiconque s’en aperçoive, soit plus de huit millions d’Américains. Ce nombre devrait nous faire réfléchir : imaginez-vous l’entière population du Québec portant une arme à feu?

Le cinéma et la télévision magnifient à la fois le pouvoir du détenteur d’arme, et c’est un homme dans la plupart des cas, et la marge de manœuvre dont il dispose pour gérer par coups de feu successifs une situation extrême. La réalité est d’une banalité fatale : en quelques secondes, le tireur tue ou meurt criblé de balles. Mais le sang médiatisé au quotidien devra sûrement faire l’objet d’un sevrage bien calculé. Qui sait quelle violence additionnelle ne jaillirait pas sans l’exutoire de celle des écrans? Le glorieux Far West, génocidaire d’autochtones et gaspilleur de bisons, s’est prolongé dans l’aura des policiers, des gangsters et de tous les James Bond depuis 1962. Point culminant de l’horreur guerrière, Hiroshima n’a pourtant pas extirpé la racine du mal : la culture américaine est armée jusqu’aux dents, jusqu’aux yeux. Depuis 1970, près d’une centaine d’invasions et de tirs aériens à l’étranger ont fait des millions de victimes, qui pour la plupart ne menaçaient pas la sécurité américaine 5.

Dans ce pays pétri de christianisme, c’est la paille et la poutre de l’Évangile, en plus grave. L’arme est le regard même que l’Amérique jette sur le monde et sur la vie. Malgré les hécatombes, le réflexe le plus répandu est de s’armer davantage. Bardés de munitions, mitraillette au poing, les citoyens terrorisés les uns par les autres doivent se rendre à l’évidence : poser les armes ou mourir.

1 District of Columbia v. Heller
2 http://www.globalfirepower.com/country-military-strength-detail.asp?country_id=United-States-of-America
3 http://fr.wikipedia.org/wiki/Fusillade_de_Kent_State_University
4 Happiness is a Worn Gun, http://harpers.org/archive/2010/08/happiness-is-a-worn-gun
5 http://en.wikipedia.org/wiki/Timeline_of_United_States_military_operations

In the arms of America

Last year on December 14th, another insane killing spree opened an endless trail of tears and sadness over the death of small children and of their adult caretakers. President Obama has spoken of the tragedy in a speech that touched many people, showing those tears were shared by the most powerful man on Earth. But the full force of the tragedy lies in the arms of America. To raise a child, you must first take it in your arms in a safe and love-giving way. Over the last few centuries, the arms of America haven’t rocked anyone to sleep, but rather killed thousands each and every year. Since their foundation, the United States have maintained a fusion-like bond with firearms, making most interpretations of the second amendment a plea to turn the right of militia to bear arms as the right of anyone to do the same, a constitutional hazard to their neighbor’s life 1. After having promoted the myths of West and Space conquest, Uncle Sam possessed the biggest army ever organized 2.

In 1970, when youth and a vast part of the population were protesting its activities in Vietnam, this gigantic army was bombarding a country that was unable to even strike once out of its small territory. A sad event then happened: for the first time, one generation ordered shots to be fired on a younger one. Kent University students died under fire 3. What develops over time in a culture that includes firearms among its founding beliefs? After a record-setting number of peacetime deaths, a perverse form of social indifference sets in, under the constant storm of blood-stained titles. Violent stories bump each other off the front pages, always bringing profit to a minority of media moguls who in a decade or two stole the American Dream away from the middle class that had made it real. This slow economic depression fueled social conflicts, mostly in a South that tended to stay in denial over the consequences of its slave-driving past. Ironically, the crime rate has dropped since 1989, unlike the trend set by Florida in 1987 when every citizen got the right to bear a concealed weapon without having to ask for it, like previously done by law officers or people who could prove it essential to their security. Since then, 28 other legislations voted as the Sunshine State, boosting the number of citizens who carry a weapon without anyone noticing to more than 8 million 4. This is worse than giving a firearm to everyone in the entire province of Quebec.

Movies and TV shows are magnifying the gun owner’s power, as well as the margin he has – because he’s a male in most cases – to turn any situation around with a few well-aimed bullets. The sad reality is different: in a few seconds, the shooter kills or gets killed. But media-glorified bloodshed has to be wisely managed. If suppressed from every screen, who knows what additional violence would hit the streets? The Far West’s glory, killer of First Nations and buffalos alike, has been extended in that of police officers, gangsters, and each and every James Bond spy characters since 1962. A summit in the climb to horror paradise, Hiroshima’s bombing has not attacked the root of all evil: the arms’ culture. America is up in arms. Since 1970, almost a hundred invasions and aerial strikes have made millions of victims, most of them not a threat to American security 5.

In this God-fearing country, it’s the Gospel truth-denying reflex, but it’s even worse: The arms of America will hug the country to death. Now, in spite of killings due to assault-weapons, the trend is to gather more weapons. Armed to the teeth, weapon-brandishing citizens terrorizing each other don’t have much of a choice: get rid of firearms or die.

1 District of Columbia v. Heller
2 http://www.globalfirepower.com/country-military-strength-detail.asp?country_id=United-States-of-America
3 http://fr.wikipedia.org/wiki/Fusillade_de_Kent_State_University
4 Happiness is a Worn Gun, http://harpers.org/archive/2010/08/happiness-is-a-worn-gun
5 http://en.wikipedia.org/wiki/Timeline_of_United_States_military_operations

Enfin, un article de Pierre sur notre site dès 2009 après son visionnement du film Polytechnique

Première impression (dans le sens littéral du mot) : les coups de feu… A-t-on déjà entendu au cinéma détonations aussi terrifiantes et réalistes? L’arme utilisée étant automatique, les premiers morts, non, excusez, les premières mortes le sont en une seconde et demie, le temps qu’il a fallu pour décharger plus d’une trentaine de projectiles d’une arme militaire pourtant déclarée « légale et en vente libre ». Des images remarquables en noir et blanc de Pierre Gill pour une réalisation exemplaire de Denis Villeneuve, servie par un montage extraordinairement fluide de Richard Comeau, par une musique de Benoît Charest minimale, nécessaire, jamais lyrique et par des acteurs justes, qui ne cabotinent jamais, en premier lieu l’assassin au terrible dessein misogyne si bien interprété par Maxim Gaudette : ces talents conjugués viennent contrer l’oubli que notre société bienséante recherche par-dessus tout sur un tel sujet (combien ont déclaré ne pas vouloir voir ce film?). Alors disons merci et encore merci à ses artisans pour cette œuvre sans aucun doute féministe.

Mais ce film ne dure que soixante-seize minutes car il relate seulement les faits : alors, n’est-ce pas plutôt, osons le dire, un film de gars? Car à l’instar de la commission Bouchard-Taylor confiée à deux hommes, le film Polytechnique a été co-scénarisé par trois gars : un tel constat navrant est-il de mise, vu la réussite indéniable du film, en particulier au moment où cette œuvre d’art joue le rôle primordial de nous aider à porter le deuil d’un événement crucial de notre histoire collective?

Posons-nous la question en examinant les deux personnages qui échappent à la littéralité des faits : Sébastien Huberdeau campe le désarroi de celui que la culpabilité poussera au suicide (auquel s’est ajouté celui de ses parents, ce qui n’est pas dans le film) et Karine Vanasse personnifie la survivante qui devenant enceinte, exercera malgré le traumatisme le difficile métier d’ingénieure aéronautique: des critiques (encore des gars!) ont relevé cette fin qui représente la vie qui perdure et l’ont qualifiée d’artificielle et imposée par l’actrice co-productrice. Remercions plutôt Karine d’avoir imposé cet épilogue positif (elle aura l’élégance de nier, évidemment…).

À ces deux personnes « fictives » mentionnées, atteintes de plein fouet par la violence du tueur, qui ont su ou non surmonter l’obstacle, d’autres en périphérie s’en sont servi comme d’un tremplin à la poursuite d’un idéal de non-violence et je voudrais, en m’excusant à l’avance de mes oublis, mentionner celles-ci, bien réelles :

1-Heidi Rathjen, diplômée 1990 de Polytechnique : avec l’entêtement magnifique de trouver un sens à sa vie bousculée par l’assassinat de ses compagnes de classe, je l’ai vue travailler des semaines de soixante heures à la tête de la Coalition pour le contrôle des armes à feu avec la professeure Wendy Cukier de Toronto et sillonner le Canada pour lui imposer une sécurité accrue (corroborée par des statistiques très améliorées sur 20 ans). Cette coalition existe toujours, mais les journalistes, vu que ce n’est plus à la mode ou effrayés par le pouvoir du premier ministre Stephen Harper qui est contre, n’en parlent plus …!

2-Les mères survivantes des victimes, qui ont appuyé de leurs discours et de leurs présences opiniâtres le projet de loi C-68 auquel s’objectait Jean Charest, chef du parti conservateur et otage des Rednecks de l’Alberta : il s’est racheté d
epuis, comme premier ministre du Québec, avec la loi de Sousa, victime d’une tuerie plus récente au Cegep Dawson.

3-Jean-Louis Roux (président des Artistes pour la Paix de 1984 à 1988) : je me souviens d’un téléphone, tard le soir, où il me demanda de lui fournir en douze heures des arguments en vue de son discours au Sénat pour défendre la loi du ministre Allan Rock en danger et de sa joie, le surlendemain après le vote positif, en particulier celui de feu le sénateur progressiste-conservateur Gérald Beaudoin, devenu peu après membre des APLP. Était-ce en 1996?

4-Judi Richards et
5-Richard Séguin
, artistes pour la paix qui m’avaient accompagné en chansons à l’une et l’autre des commémorations du 6 décembre, que feue la vice-rectrice de l’Université de Montréal, madame McNicoll, m’avait demandé de venir animer à titre de président des APLP, ces rendez-vous où la détresse de feue madame Daviau et des autres mères présentes (c’est curieux, et même plutôt troublant, je ne me souviens pas des pères…?) était palpable et où tant la musique que les poèmes apaisaient par leur immense tendresse l’horrible tension revenant au rendez-vous, année après année. En évoquant ces rencontres, il me faut faire amende honorable devant mes réticences exprimées précédemment et donner raison aux trois scénaristes d’avoir présenté les faits, uniquement les faits, vu que je n’ai souvenir d’aucune parole signifiante que j’aie alors prononcée pouvant exorciser l’horreur et vu qu’une morale trop appuyée aurait diminué l’impact du film.

6-Alex Magrini, nommé artiste pour la paix de l’année 1994 (avec Florent Vollant), sculpteur qui se consacra corps et âme à un militantisme tant par ses œuvres que par sa Fondation le silence des armes présidée par

7-Marie-Claire Séguin (APLP 1995) : grâce à la collaboration des corps policiers des Pays-Bas, de Belgique et des villes de Montréal, Québec et Chicoutimi, la Fondation procéda à d’importantes collectes d’armes à feu en échange desquelles des artistes tel Michel Goulet offraient gracieusement des lithographies. Cinq ans après Polytechnique, la Belgique invite Magrini, emballée par son projet de récupérer la fonte des obus et l’acier des fusils pour en faire des sculptures (démarche symbolique inverse qu’en temps de guerre), comme il vient d’offrir son Piano pour la paix fait de fusils recyclés au président Aristide de Haïti (qui en profite pour annoncer la dissolution de son armée importatrice et exportatrice de cocaïne). Alex répond positivement à l’invitation de la Belgique et le gouvernement fédéral canadien lui adjoint une douzaine de soldats en costumes d’époque (oui, il y a beaucoup d’argent pour cela, qui va encore couler à flots pour la reconstitution de la bataille des plaines d’Abraham [non, grâce sans doute à Pierre Falardeau, cette mise en scène nous a été épargnée], alors que les APLP reçoivent 0 $ pour toutes leurs activités).

Belles cérémonies après lesquelles les soldats sont invités à dîner somptueusement au mess des officiers de l’OTAN, pendant qu’Alex doit se sustenter de frites dans un stand populaire, vu qu’il n’a aucune subvention. Après trois belles années, la Fondation mourra faute de fonds, alors que le programme d’enregistrement d’armes à feu pour lequel on a tant milité est confié à un responsable policier qui exige la divulgation en plusieurs pages de tous les détails sur les calibres des armes et sur le genre de munitions utilisées par les civils pour satisfaire sa propre curiosité de collectionneur d’armes passionné et dépasse le milliard de dollars en coûts arbitraires et excessifs.

8- Françoise David (qu’un animateur de Québec, digne émule de Jeff Filion, condamne en ce moment : je lui souhaite de voir le film, tiens! Et de se souvenir que Françoise était sur la liste de Marc Lépine) qui à la tête de la Fédération des Femmes du Québec organise sa marche au succès mondial Du pain et des roses, quelques années après Polytechnique (il y a un lien!), avec sa chanson-thème écrite par la regrettée

9- Hélène Pedneault et composée par nulle autre que Marie-Claire Séguin, toutes deux honorées par les APLP. Bref, y aurait-il un second film à faire sur l’aftermath de Polytechnique, avec Heidi, Marie-Claire, une ou deux mères, Alex, Judi, Richard, Jean-Louis, Françoise et feue Hélène? Est-ce que Maxime Rémillard y donnerait suite, lui qui se retrouve patron d’une TQS [V aujourd’hui] gorgée de ces films violents et misogynes dénoncés par les Artistes pour la Paix lors d’une pétition de 156 000 noms initiée un an avant les événements de Polytechnique par leur présidente d’honneur Antonine Maillet? Parions que non, mais qu’il sache qu’il lui sera beaucoup pardonné, à la suite de ce film essentiel produit à l’incitation déterminée et splendide de Karine Vanasse.

Pierre Jasmin
Président des Artistes pour la Paix


mercredi 11 février 2009
2 commentaires 

Cher Pierre, la persévérance est une qualité qui t’honore en gardant le cap vers un objectif aussi noble et universel que la Paix.  Mon copain François, celui qui a, il y a longtemps, résidé à Assise, a su toujours m’inspirer avec une phrase toute simple gravée dans ma mémoire : «Seigneur, fais de moi l’instrument de ta paix». Même si on enlève, pour d’autres, la couleur religieuse de cette phrase, elle garde toujours la même beauté car on peut remplacer  le mot Seigneur par frère, sœur, amis etc.  et  affirmer simplement «Chers amis, soyons des instruments de paix». Polytechnique symbolise quelque chose de grand et de beau car c’est à partir de ce drame, sur les corps de ces victimes, que de nombreuses fleurs ont poussé, que de nombreux cris ont retenti dans le ciel pour condamner cette violence.  Ces cris d’alors sont aujourd’hui une symphonie pour la paix.  Je suis fier cher ami, d’avoir participé à ces voix avec tous ceux que tu as énumérés dans cet article.  Honnêtement, ce que tu évoques, c’est le genre de film que j’aurais aimé voir, un film où on aurait souligné cette grande prise de conscience collective rendue possible par ces victimes innocentes.

Alex Magrini

jeudi 12 février 2009 – 19:34

Pierre, wow,
Ton écrit sur le film Polytechnique, tes pensées «follow-up» avec notes de faits précédents, c’est clair, évocateur, et pertinent. Bien que je ne mérite pas avoir mon nom cité, j’ai lu avec grand intérêt et je suis  refrappée par le sentiment de fierté que tu sois notre président. Bravo toujours et encore. Avec toute mon amitié,

Judi Richards
ps: j’irai voir le film malgré ma réticence de revivre ce 6 décembre, si sombre.

Communiqué par courriel personnel le 14 février 2009

Cher Pierre, tu as tout mon appui et mon admiration. Merci pour ce texte. Amicalement,

Gilles Tremblay, compositeur

2 Commentaires

  1. 6 décembre 2014    

    Moi, qui est loin Montréal et la partie du 6 décembre qui restera toujours sombre, merci pour ce beau dossier. J’ai aimé l’angle de Jean-François Garneau dans son texte L’Amérique, l’arme à l’œil.
    Je vous écris du Sunshine state honteux avec ses armes du Far West pour tous …et je pense au 14 xxx
    6 décembre 2014
    Judi

  2. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    20 décembre 2014    

    Les Artistes pour la Paix remercient la Fédération des Femmes du Québec pour nous avoir communiqué les textes féministes ci-dessous qui résonnent en nous très fort (commentaire twitté hier à quatre cent soixante mille environ exemplaires (dont combien d’unilingues anglophones?) par Margaret Atwood.
    « Nous sommes, partout au Québec, partout dans le monde, en mouvement. En mouvement pour refuser l’effacement et le déni de nos histoires, de notre savoir.
    Polytechnique était un crime politique contre les femmes et les féministes. Nous l’affirmons haut et fort.
    Le féminicide perpétré contre les femmes autochtones au Québec et au Canada est un crime politique.
    Blâmer les femmes pour les agressions sexuelles qu’elles ont subies est un geste politique.
    Entre 1989 et 2014, 1500 femmes et enfants ont été tués par leur conjoint ou ex-conjoint. Pris ensemble, c’est un crime politique.
    C’est pourquoi nous devons encore aujourd’hui nous rappeler de la tuerie, c’est aussi pourquoi nous affirmons la nécessité du féminisme. De son mouvement collectif.
    Aujourd’hui, il y a 25 ans, le monde a découvert ce que les femmes savaient depuis longtemps, que la société protège les espaces de pouvoir réservé aux hommes. Bien sûr, rares sont ceux qui assassinent les femmes en bloc. Mais le message se fait entendre quand même.
    Blagues nous dépeignant comme niaiseuses. Obsession maladive sur notre beauté. Mains baladeuses. Harcèlement de rue. Les messages sont nombreux et puissants
    La tuerie était un crime politique contre les femmes et les féministes. Mais on nous a vite dit qu’on avait tort. Que l’on récupérait l’événement! Que le tueur était fou. Qu’il n’y avait rien de sociologique dans ce geste!
    Or, cette indignation meurtrière est celle d’hommes qui croient qu’on leur prive de leur dû. Personne ne voulait voir la colère des hommes blancs qui se sentent dépossédés par l’avancement des femmes et des minorités et qui tiennent leur privilège pour normal.
    Le tueur n’a ciblé que des femmes, des femmes qui avaient le courage d’entrer dans un monde d’hommes. Ce qu’on oublie c’est que leur courage s’est appuyé sur la force d’un mouvement collectif puissant. Elles n’étaient pas seules. » Alexa Conradi
    La FFQ nous a aussi envoyé le texte de Sylvie Havernick, sœur de Maud Havernick – l’une des 14 victimes – :
    Extrait
    « Je voudrais souligner votre vaillance, votre courage patient à dénoncer la violence faite aux femmes sous toutes ses formes, abus, agression, harcèlement, discrimination, disparition et meurtre. Aujourd’hui, vous savez que vous faites une différence importante car le sujet n’est plus tabou, il est même à l’ordre du jour, surtout depuis quelques semaines!
    Vous êtes inspirantes, vous donnez le goût aux jeunes générations de femmes de poursuivre vos rêves heurtés par ces tirs de haine folle.
    Et surtout, vous inspirez le respect de ces hommes blessés, dans leur cœur et dans leur âme, en les accompagnant dans le changement de leurs regards sur les valeurs des femmes, leurs égales!
    Que reste-t-il du 6 décembre 1989?
    Pour moi, pour plusieurs maintenant, et souhaitons demain aussi, le 6 décembre est une femme, une femme vivante prenant sa Place! »

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