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Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

JUSTE MILIEU PACIFISTE ET ÉCOLOGISTE

LA DROITE DÉBLATÈRE

Éditorialiste à qui il arrive d’émettre des opinions sensées, Mario Roy a commis mercredi le 4 juillet un éditorial d’une rare stupidité. Je cite La Presse: « Comment, après cela, continuer à prendre l’ONU au sérieux ? Dénoncer la faim au Canada, le fascisme au Québec ou le racisme à Montréal, ça, l’ONU sait faire. Cependant, de la même façon que son « machin » des droits de l’homme a depuis longtemps renié son rôle pour sombrer dans la bouffonnerie, le Conseil de Sécurité, crise après crise, du Rwanda à la Syrie, se révèle impuissant. Il faudra vraiment inventer autre chose ».

Qui « sombre dans la bouffonnerie »? La police n’émet-elle pas des contraventions de circulation, « sans renier son rôle » d’arrêter les meurtriers en série? Est-ce que Roy veut bientôt pondre un autre éditorial contre les policiers qui arrêtent des ingénieurs finançant le parti libéral, au lieu de concentrer tous leurs efforts sur les meurtriers? Et cet édito virtuel évitera évidemment de se pencher sur les assassinats perpétrés aux Indes et en Indonésie par les effets de l’amiante de la mine Jeffrey, dénoncés par l’éditorialiste le plus crédible de La Presse, Serge Chapleau. Contrairement à la droite de Jean Charest, René Lévesque et la gauche avaient l’excuse de ne pas avoir en main l’enquête accablante de l’Institut national de Santé du Québec ni l’interdiction décrétée par une cinquantaine de pays, lorsqu’ils ont appuyé la catastrophique nationalisation de l’industrie de l’amiante.

Roy pousse en outre le ridicule jusqu’à appeler à réinventer le concert des Nations. Je vais l’aider : suggérera-t-il d’en exclure l’Afrique, la Russie, la Bolivie, le Venezuela, la Chine, la Corée du Nord, le Myanmar, l’Iran, la Syrie, alouette…? Certes, la Syrie préoccupe les Artistes pour la Paix et Échec à la guerre qui s’indignent des morts (15 000 en un an et demi) tant par le régime Assad aidé par l’Iran que par les islamistes armés par les Sunnites arabes: la situation y est épouvantablement complexe, DONC ne peut être corrigée du simple envoi d’une force armée. Si Roy s’émeut avec raison de l’Archipel de la torture du président Assad, rapporté par Human Rights Watch, il trouve « vaudevillesque, [qu’] un haut-fonctionnaire de l’ONU, le rapporteur spécial, Richard Falk, ait réclamé que la Cour pénale internationale se penche sur les conditions de détention dans les prisons …israéliennes ». Beau synchronisme, M. Roy, avec le polonium suspect dans la mort de M. Arafat! Sans compter que sa position privilégiée d’éditorialiste pourrait faire la différence contre l’indifférence de Harper face aux exactions d’Israël dans la bande de Gaza ou face aux tortures des prisonniers Afghans livrés par l’armée canadienne.

LA GAUCHE CONTRE-IMPÉRIALISE

Pourquoi perdre notre énergie à dénoncer de banales et courantes opinions de droite? C’est qu’ayant assisté cette année à deux ou trois réunions et conférences anti-impérialistes, nous avons pu constater que, tout comme la droite représentée par Roy, elles carburent à une détestation semblable de l’ONU et de ses instruments tels l’UNESCO, la Commission des Droits de l’Homme et la Cour pénale internationale.

DROITE-GAUCHE = MARCHE MILITAIRE

            Pendant que gauche et droite prônent respectivement nationalisations et privatisations, pourquoi ne pas favoriser le système coopératif?

Le grand artiste pour la paix Mikis Théodorakis (docteur honoris causa UQAM) a changé de parti à quatre reprises au moins, parce qu’il s’est rendu compte que l’origine de la déroute économique grecque provenait de la coûteuse surenchère militariste et patriotique, à laquelle droite et gauche grecques se sont livrés, à l’instar de Brejhnev d’une part, de Reagan, des Bush et de notre Harper royaliste d’autre part.

La Cour pénale internationale vit des problèmes qui nous sont révélés par une correspondance fascinante quoiqu’épisodique avec son fondateur, Me Philippe Kirsch : ses rapports sur la Libye et le Bahreïn sont dénoncés à la fois …par les militaristes de l’OTAN et par la coalition anti-impérialiste qui appuyait …le dictateur Kadhafi.

 

JUSTE MILIEU PACIFISTE ET ÉCOLOGIQUE

Par mon travail plus modeste à la Conférence internationale de Pugwash (www.pugwash.ca cliquer sur le médaillon « français » à gauche) à Berlin en juillet dernier (avec rencontres individuelles de médiation entre l’ex no1 du Mossad d’une part et l’Ambassadeur iranien à l’Agence internationale d’énergie atomique à Vienne d’autre part) et par mon lobbying en faveur du Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire, favorable aux conclusions de la révision du Traité de non-prolifération nucléaire (New-York 2010), je me rends compte à quel point on garde sous silence la voie du milieu du travail pour la paix, avare des discours idéologiques de gauche ou de droite, nationalistes et fédéralistes, qui plaisent tant aux médias, parce qu’ils les comprennent!

On aura beau jeu d’accuser de mollesse ce juste milieu défendu par de pusillanimes diplomates à la langue de bois ou par des clubs (je ne parle pas de l’excellent Club 2/3) qui ne sont là que pour les discours officiels et leurs petits fours. Mou et condamnable, par conséquent? Alors pourquoi recevons-nous sur la tête, comme me l’écrivait Margaret Atwood, des pierres des deux côtés des barrières idéologiques? Ces deux côtés passent sous silence la grande action d’Amnistie internationale et d’Oxfam que les Artistes pour la Paix appuient depuis le début pour que l’ONU « monitore » les exportations d’armes et de munitions (hommes d’affaires conservateurs canadiens coupables!) afin d’enrayer les ravages humains considérables qu’elles provoquent, en particulier en Afrique et Développement et paix exerce un travail aussi admirable contre les compagnies minières canadiennes pillant et polluant les Amérique du Sud et Centrale et bien sûr l’Afrique.

Nos principes ou valeurs immuables de respect de la vie, La Presse se garde bien de les publiciser, en ignorant le plus souvent les actions des ONG et des Artistes pour la Paix (http://artistespourlapaix.org) et en ridiculisant ceux qui dénoncent, pour reprendre dans l’ordre l’éditorial cité au début:

– l’abandon par les Conservateurs du traité de Kelowna qui aurait assuré des soins, des logements, de l’eau potable et un accès à de la nourriture moins hors de prix pour les autochtones, car la faim au Canada n’est hélas ni une vue de l’esprit ni une exception,

–  la loi 12 (ex-projet de loi 78) qui fait fi de la garantie constitutionnelle de la liberté de manifester, sorte de fascisme léger contre lequel le devoir de tout démocrate devient d’arborer le carré rouge des étudiants et de marcher inlassablement à leurs côtés, en battant des casseroles avec Pauline Marois et des centaines de milliers de personnes, comme nous l’avons fait en arborant nos bannières,

– le racisme institutionnel dont on trouve hélas, malgré des progrès, bien des exemples, avec des cas documentés de profilage racial policier ou de discrimination contre d’éventuels locataires de couleur, et pas seulement à Montréal-Nord.

Le juste milieu, c’est être conscient de ces problèmes, non pas pour prendre le pouvoir avec des armes au service d’une idéologie, mais pour se regrouper entre pacifistes, écologistes et gens sensés qui célèbrent la vie et dénoncent les forces de mort qui s’y attaquent, comme nous l’avons fait le 22 avril le Jour de la Terre avec Frédéric Back et Dominic Champagne.

LUTTE DES ÉTUDIANTS ET L’UQAM

C’est pourquoi je me sens triplement privilégié d’être artiste et professeur à l’UQAM :

1- La hausse des frais de scolarité décrétée par les ministres libérales Beauchamp et Courchesne s’attaque aux étudiants les plus pauvres, oui, ceux de mon UQAM où par hasard on trouve les programmes qui ciblent scientifiquement la pauvreté systémique des quartiers populaires d’ici (et d’ailleurs dans le monde) et le réchauffement climatique qui multiplie ouragans et feux de forêt engloutissant des centaines de maisons, alors qu’avec le prix d’un seul F-35, on pourrait se procurer une dizaine de « Canadair » et continuer de financer les services de recherche gouvernementaux essentiels supprimés par C-38, loi qui a amené les scientifiques à manifester dans la rue le 10 juillet à Ottawa.

2- Mon poste à l’UQAM m’a permis, malgré son recteur, de travailler à des conférences nationales dénonçant, aux côtés du Mouvement Sortons le Québec du nucléaire et des Médecins pour la Survie mondiale, grâce aux rapports de Michel Duguay, Éric Notebaert et Gordon Edwards, la collusion probable entre la soi-disant Commission canadienne sur la « sécurité » nucléaire et les ingénieurs, qui, comme à Fukushima selon un rapport gouvernemental japonais récent, mais sans les mêmes conséquences dramatiques – pas encore? -, veulent nous faire croire à une réfection sécuritaire et à la rentabilité des réacteurs CANDU de Darlington, Pointe Lepreau et Gentilly 2.

3- Enfin, professeurs au carré rouge, à juste titre préoccupés de liberté d’expression et de la qualité de l’enseignement – pédagogiquement impossible à respecter avec la raréfaction des semaines envisagée par l’hypothétique retour en classe du mois d’août -, nous nous devons de réfléchir aussi de façon responsable à la finalité des cours, selon la charte de l’éducation rédigée par l’UNESCO, pour qu’ils conduisent à la démocratie et à la paix, et non à la répression ni à l’insurrection armée. Cela ne veut pas dire être paisible sans caractère, bien au contraire, comme l’ont démontré Gandhi, King et Mandela, et à leur suite, nos modestes héros Martine Desjardins, Amir Khadir et Laure Waridel.

L’UQAM va bientôt choisir une nouvelle rectrice (le féminin comprend le masculin, règle plus « naturelle » que l’inverse). Belle responsabilité que nos statuts confient hélas à la présidente du C.A. de l’UQAM contre laquelle il est de notre devoir moral de nous révolter; parce qu’elle préside au Québec la Sun Life Financial, seule institution bancaire canadienne à financer les deux compagnies américaines Lockheed Martin et Northrop Grumman (voir www.dontbankonthebomb.com de l’International Coalition for the Abolition of Nuclear Weapons). Ces deux compagnies-là construisent :

les F-35, avions D’ATTAQUE à 30 milliards de $ – ce qui équivaut à la gratuité universitaire pour des décennies – favorisés (masculin pluriel) par M. Harper.

les bombes atomiques favorisées par Mitt Romney contre la timide politique de Barack Obama de les réduire (les anti-impérialistes vont pourfendre ce flagrant parti pris!), alors que le budget annuel de maintien des armes nucléaires américaines équivaut à DIX FOIS le budget TOTAL de l’ONU et que la force de frappe française désormais « socialiste » requiert un budget annuel équivalant.

EN CONCLUSION

N’oublions pas ces chiffres lorsqu’il nous viendra à l’idée de condamner l’ONU pour ses lenteurs à empêcher les massacres au Congo (trois millions de morts en quinze ans, M. l’éditorialiste de La Presse) ou au Rwanda. N’oublions jamais que ces cinq milliards de $ seraient suffisants pour fournir l’eau potable à chaque enfant qui en manque et meurt à toutes les six secondes selon Jean Ziegler. Et en attendant, aidons UNICEF plutôt que le budget publicitaire de Vision Mondiale. Est-ce naïf de croire encore qu’il se trouvera quelques éléments de droite qui se soucieront davantage de ces morts que de leurs actions d’usines militaires en Bourse?

Soyons pacifiques activement! Dénonçons ces gogôches-droites qui marchent au pas militaire et s’entendent pour dénigrer l’ONU et augmenter les dépenses militaires nationales. Amis écologistes, après le fiasco de Rio + 20, pourquoi ne pas écouter le Secrétaire-Général de l’ONU Ban Ki-moon qui, n’en déplaise à Jocelyn Coulon, en a fait l’objectif prioritaire de son 2e mandat, presser les gouvernements de droite et de gauche d’éliminer les 20 000 bombes nucléaires totalement inutiles encore en circulation? En plus de libérer assez d’argent pour aider à une révolution écologique, on éviterait ainsi la mort de millions de civils en une seconde, en cas de déclenchement accidentel (électronique) ou délibéré d’une arme nucléaire, par un gouvernement ou des terroristes, quoique la nuance entre les deux m’échapperait alors…

 

Pierre Jasmin, le 11 juillet 2012

Vice-président des Artistes pour la Paix

Membre des exécutifs de Pugwash

et du Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire

Nommé ambassadeur au Cercle universel de paix (Genève)

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