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Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Merci, Gilles Vigneault, de titiller nos «cerveaux-lents»

GillesVigneault

Hier soir, 10 juin, le grand Gilles Vigneault, un des co-fondateurs des Artistes pour la Paix, remplissait le Vieux Clocher de Magog et y obtenait des ovations debout, avec l’extraordinaire pianiste Philippe Noirault et la présence sur scène de Françoise Guérette [1].

L’ayant vu il y a quatre ans dans cette formule de dialogues et de chansons, nous l’avons revu, ma femme (sa sœur et notre beau-frère) et moi, plus en forme vocalement, scéniquement et maître de cette formule qui débutait en 2013 encore un peu laborieusement.

Des recherches approfondies font de plus en plus l’exégèse de Vigneault mais hier lui-même nous a aidés à mieux comprendre les références de sa chanson « les cerfs-volants ». L’auteur d’une grande chanson sur l’uranium de Natashquan (voir http://www.artistespourlapaix.org/?p=7114 ) nous a expliqué le concept du « jour sans ombre » comme originant de l’éclat intense et meurtrier de la déflagration nucléaire. Je n’avais pas besoin qu’on m’ouvre plus grande porte à une interprétation inédite des « cerveaux-lents », ou c-l, ou conservateurs-libéraux.

Le Devoir fait sa première page de samedi sur la liberté de la presse anéantie en Turquie, alors que nous l’alertons en vain depuis septembre où les APLP avaient manifesté devant les bureaux de Trudeau contre cette horreur. Soyons beaux joueurs : félicitons le journal qui a délégué sa journaliste Lisa-Marie Gervais en Turquie.

Mais que RIEN NE SOIT ÉCRIT de négatif sur les 500 milliards de $ promis mercredi dernier à la militarisation ? Nous revoilà au Québec comme en Turquie l’an dernier où il était interdit de critiquer les militaires (encore que nous ne critiquons pas les militaires mais le ministre de la Défense, l’industrie militaire et ses joujoux très coûteux)…

Et qu’en plus jeudi, de 10h le matin à 18 heures, la Chambre des Communes ait été animée d’un débat passionnant sur la nécessité pour le Canada de prendre part à l’ONU avec 130 pays au débat voulant éliminer l’arme atomique, un débat auquel ont pris part une trentaine de députés, sans que PAS UNE SEULE LIGNE DU DEVOIR OU DE LA PRESSE et pas une image de Radio-Canada n’y ait fait ne serait-ce qu’une furtive allusion, nous voici en pleine CENSURE !

Résumons ce débat auquel Conservateurs et Libéraux ont apporté une mauvaise foi évidente à affirmer que le Canada faisait bien de s’aligner sur les neuf puissances nucléaires et surtout sur Donald Trump dont les Conservateurs ont repris les plus ignares positions sur la Corée du Nord.

Rejoints par la brillante Elizabeth May qui, présente à la Conférence de l’ONU portant sur la dégradation des océans (envahis par nos plastiques), a été interrogée par des délégués de plusieurs pays ne comprenant pas le boycott par Trudeau des pourparlers en vue d’éliminer la bombe nucléaire à l’ONU, le NPD avait très bien préparé la joute oratoire de jeudi, et c’est sans doute pourquoi les médias officiels l’ont entièrement boycottée, parce qu’il n’y avait pas moyen de la tourner à l’avantage de la mafia nucléaire.

Hélène Laverdière a été la première sur le sujet, ayant posé la question-qui-tue à sept reprises à Chrystia Freeland lors des derniers mois en Chambre des communes sans jamais obtenir de réponse. Elle est revenue à la charge jeudi le 8 juin, en l’absence de la ministre et de Justin Trudeau parti faire des selfies en Charlevoix, jubilant à l’idée de recevoir l’an prochain ses complices du G7. Qui sont-ils? Les cinq « grands » du Conseil de Sécurité n’ayant gagné leur place que parce qu’ils possèdent des bombes nucléaires, trois d’entre eux font partie du G7, les États-Unis, la France et la Grande-Bretagne. Le Canada, le Japon, l’Italie et l’Allemagne sont les quatre autres pays dominants membres.

Les Conservateurs n’ont pas encore compris que la bombe nucléaire, même entre les mains de pays « amis » (l’OTAN considère la Turquie d’Erdogan comme tel!!!) est une arme dangereuse, sujette à accident, mal-fonctionnement, sabotage et vol terroriste : c’est un miracle que nous ayons été épargnés jusqu’à présent, la lecture de Command and control d’Éric Schlosser (2013) nous en convainc aisément.

Les Libéraux ont répété sous tous les tons l’argument qu’ils étaient à la tête de 159 pays voulant stopper le matériel fissile, sans pouvoir expliquer pourquoi, s’ils s’attaquent aux « munitions », ils n’ont pas le courage de s’attaquer aux armes (alors qu’une motion déposée par Judith Berlyn dans le comté de Westmount avait été adoptée en ce sens au Congrès de 2015), ni celui de reconnaître que l’OTAN et Trump leur lient les mains par un chantage auquel ils succombent honteusement.

Le débat de jeudi a  mis en vedettes les députés NPD Linda Duncan (qui s’est même rendue à New York le 27 mars pour les discussions de l’ONU), Murray Rankin, Anne-Minh-Thu Quach, Alexandre Boulerice, Sheri Benson, Sheila Malcolmson (rappelant les arguments de Rosalie Bertell et Ursula Franklin), Wayne Steski (vantant le pacifisme des Doukhobors et des Quakers, celui de Muriel Duckworth mère de notre cinéaste Martin), Pierre-Luc Dusseault appuyé par Pierre Nantel et enfin Roméo Saganash. Chacun arrivait avec ses arguments en béton, avec le dernier plutôt imparable : le Canada, qui cherche à retrouver un siège sur le Conseil de Sécurité, retire quel avantage de boycotter des discussions où 132 pays qui voteront réclament en vain sa participation? Même les Pays-Bas, pourtant membres de l’OTAN et disposant d’armes nucléaires américaines sur leur territoire,  a été présent sous la pression de son Parlement. Alors pourquoi pas le Canada? Le pays de Pierre-Elliott Trudeau, ferme avocat de l’élimination des armes nucléaires pour le bien humanitaire de la planète??

Samedi il y aura une marche organisée par Femmes d’origines diverses et le nouveau Mouvement Québécois pour la Paix: j’y prononcerai un discours à leur demande. Voir http://www.artistespourlapaix.org/?p=13509

.


[1] Françoise Guénette est journaliste indépendante et animatrice. Elle a été reporter à la radio de Radio-Canada, co-rédactrice en chef du magazine La Vie en rose et animatrice de quelques émissions de télévision dont Les Temps modernes à Radio-Canada, Option Éducation à RDI et Droit de parole à Télé- Québec. Elle vit à Québec où elle a été de 2001 à 2011 chroniqueuse à la revue de presse à la radio matinale de Radio-Canada. Elle collabore à l’occasion au magazine L’actualité. Depuis 15 ans, elle anime régulièrement des assemblées publiques et débats portant sur des enjeux sociaux, politiques et culturels. Parmi ses principaux clients : le Musée de la civilisation de Québec, le Commissaire à la santé et au bien-être du Québec, le Ministère de la Santé et des Services sociaux, Centraide Québec Chaudière-Appalaches, le Salon international du livre de Québec, l’ACFAS, le Ministère de la Culture et des Communications du Québec, le Secrétariat à la condition féminine du Québec, l’Université Laval (relations industrielles), la Société d’habitation du Québec, le canal Savoir…

3 Commentaires

  1. Pascale Camirand Pascale Camirand
    14 juin 2017    

    Dommage que cet article ne fasse pas plus largement état des débats à la Chambre des communes. Il aurait été intéressant de mettre en lumière les arguments des différent-e-s député-e-s de chacun des camps. La planète est à un tournant névralgique. La mauvaise foi et les fausses intentions supposément humanistes du gouvernement Trudeau doivent être exposées pour être récusées. Espérons que le nouveau mouvement pacifiste du Québec qui est en train de voir le jour saura faire lever le niveau des réflexions comme ont voulu le faire le NPD et le Parti vert. Il est insensé que le Canada ne se rallie pas aux 130 pays qui travaillent sur la législation sanctionnant la possession et la fabrication d’armes nucléaires.

    Pascale Camirand

  2. 14 juin 2017    

    Sans la volonté des gens qui travaillent dans les usines d’armements la guerre serait impossible. Ce sont eux qu’il faudrait convaincre de changer de métier.
    Les responsables politiques et leurs commanditaires banquiers et actionnaires n’ont pas d’âme, ni foi, ni religion, ni nationalité, ni identité, ni morale mais seulement un compte bancaire et un certain sens des affaires.

  3. 14 juin 2017    

    La dangereuse imposture nucléaire
    LE MONDE | 07.09.2012 à 14h01 • Mis à jour le 07.09.2012 à 18h46
    Par Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie en CPGE, ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud
    L’information commence à émerger : dans la centrale nucléaire de Fukushima, la piscine du réacteur 4, remplie de centaines de tonnes de combustible très radioactif, perchée à 30 mètres, au-dessus d’un bâtiment en ruine, munie d’un circuit de refroidissement de fortune, menace l’humanité d’une catastrophe pire encore que celle de Tchernobyl. Une catastrophe qui s’ajoute à celle de mars 2011 à Fukushima : 3 réacteurs percés qui déversent leur contenu mortel dans l’air, dans l’océan et dans la terre.
    Les ingénieurs du nucléaire ne savent pas quoi faire face à tous ces problèmes. Ils ont déclamé que la sécurité, dans le nucléaire, était, est et sera totale, que, lorsqu’une catastrophe majeure a lieu, personne n’a de solution à proposer. Telle est l’effroyable vérité que révèle Fukushima. Tchernobyl avait été mis au compte de l’incompétence technique des Soviétiques. Impossible de resservir la même fable politique.
    Si l’on fait usage de sa raison, il ne reste qu’une seule conclusion : l’incompétence des ingénieurs du nucléaire. En cas de panne du circuit de refroidissement, si l’échauffement du réacteur atteint un seuil de non-retour, il échappe au contrôle et devient un magma en fusion de radionucléides, de métal fondu et de béton désagrégé, très toxique et incontrôlable (le corium).
    La vérité, posée par Three Miles Island, Tchernobyl et Fukushima, est que, une fois ce seuil franchi, les ingénieurs sont impuissants : ils n’ont pas de solution. Ils ont conçu et fabriqué une machine nucléaire mais ils ignorent quoi faire en cas d’accident grave, c’est-à-dire « hors limite ». Ce sont des prétentieux ignorants : ils prétendent savoir alors qu’ils ne savent pas. Les pétroliers savent éteindre un puits de pétrole en feu, les mineurs savent chercher leurs collègues coincés dans un tunnel à des centaines de mètres sous terre, etc. Eux non, parce qu’ils ont décrété qu’il n’y aurait jamais d’accidents très graves.
    Dans leur domaine, ils sont plus incompétents que les ouvriers d’un garage dans le leur. S’il faut changer le cylindre d’un moteur, les garagistes savent comment faire : la technologie existe. Si la cuve d’un réacteur nucléaire est percée et si le combustible déborde à l’extérieur, les « nucléaristes » ne savent pas ce qu’il faut faire. On objectera qu’une centrale nucléaire est plus complexe qu’une voiture. Certes, mais c’est aussi plus dangereux. Les ingénieurs du nucléaire devraient être au moins aussi compétents dans leur propre domaine que ceux qui s’occupent de la réparation des moteurs de voiture en panne : ce n’est pas le cas.
    Le fait fondamental est là, affolant et incontestable : les radionucléides dépassent les capacités technoscientifiques des meilleurs ingénieurs du monde. Leur maîtrise est partielle et elle devient nulle en cas d’accident hors limite, là où on attendrait un surcroît de compétence : telle est la vérité, l’incontestable vérité. D’où l’ aspect de devin à la boule de cristal des ingénieurs et des « spécialistes » du nucléaire. La contamination nucléaire ? Sans danger, affirment-ils, alors qu’ils n’en savent rien. L’état du réacteur détruit sous le sarcophage de Tchernobyl ? Stabilisé, clament-ils, alors qu’ils n’en savent rien. La pollution nucléaire dans l’océan Pacifique ? Diluée, soutiennent-ils, alors qu’ils n’en savent rien. Les réacteurs en ruine, percés, détruits, dégueulant le combustible dans le sous-sol de Fukushima ? Arrêtés à froid et sous contrôle, assurent-ils, alors qu’ils n’en savent rien.
    Les effets des radionucléides disséminés dans l’environnement sur les générations humaines à venir ? Nuls, clament-ils, alors qu’ils n’en savent rien. L’état des régions interdites autour de Tchernobyl et Fukushima ? Sans nocivité pour la santé, aujourd’hui, comme pour des décennies, proclament-ils, alors qu’ils n’en savent rien. Pour qui les radiations sont-elles nocives ? Seulement pour les gens tristes, avancent-ils, alors qu’ils n’en savent rien. Ce sont des devins. L’art nucléaire est un art divinatoire. C’est-à-dire une tromperie.
    Le nucléaire, qui s’annonçait comme la pointe avancée du savoir technoscientifique au point de se présenter comme une sorte de religion du savoir absolu, se révèle d’une faiblesse extrême non pas par la défaillance humaine mais par manque de savoir technoscientifique. Quelle que soit la cause contingente du dépassement du seuil de non-retour (attentat terroriste, inondation, séisme), l’incapacité de réparer et de contrôler la dissémination des radionucléides manifeste un trou dans le savoir qui menace la certitude de soi de la modernité. Les modernes prétendaient avoir rompu avec les conduites magiques. Le nucléaire est l’expérience d’une brutale blessure narcissique dans l’armature de savoir dont s’entoure l’homme moderne ; une souffrance d’autant plus grande que c’est sa propre invention qui le place en situation de vulnérabilité maximale.
    En effet, le refus de considérer la possibilité réelle d’un accident hors limite a pour conséquence la négligence pratique et l’indisponibilité de fait des moyens techniques appropriés à ces situations hors limite. Ces moyens n’existent pas ; et personne ne sait si l’on peut les fabriquer. Peut-être qu’un réacteur en « excursion » est incontrôlable ou irrécupérable.
    Je ne le sais pas et aucun « nucléariste » ne le sait; mais il est sûr que personne ne le saura jamais si l’on n’essaye pas de fabriquer ces outils techniques. Or l’affirmation d’infaillibilité empêche leur conception. Sans doute, ouvrir ce chantier impliquerait d’avouer une dangerosité jusqu’ici tue et de programmer des surcoûts jusque-là évités. Ainsi, l’infaillibilité des papes du nucléaire a plusieurs avantages : endormir les consciences et accroître les profits, du moins tant que tout va bien ; l’inconvénient majeur est de nous exposer sans aucun recours à des risques extrêmes.
    Tout savoir scientifique ou technique est, par définition, incomplet et susceptible de modification. Affirmer l’infaillibilité d’un savoir technoscientifique ou se comporter comme si cette infaillibilité était acquise, c’est ignorer la nature du savoir et confondre celui-ci avec une religion séculière qui bannit le doute et nie l’échec. D’où l’effet psychotique de leurs discours (infaillibles et certains) et de leurs pratiques (rafistolages et mensonges). Tout observateur est frappé par cette contradiction et plus encore par son déni. Chacun est sommé d’un côté de leur reconnaître une science et une technique consommées et de l’autre côté de se taire malgré le constat de leur échec. Bref, le nucléaire rend fou. Mais ce n’est qu’un aspect de notre condition nucléaire. Contaminés de tous les pays, unissez-vous !
    Jean-Jacques Delfour, professeur de philosophie en CPGE, ancien élève de l’ENS de Saint-Cloud

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