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La question à mille milliards de dollars

La version originale de cet article de Lawrence Wittner est parue le 16 mars 2016.
NDLR : on utilise le terme
billion dans le contexte original américain.

Étrange que la plus grande dépense américaine prévue pour les prochaines décennies n’ait reçu aucune attention dans les débats présidentiels 2015-2016… Il s’agit du programme de trente ans en vue de « moderniser » l’arsenal nucléaire américain et ses usines de production. Même si Obama a débuté son mandat avec la promesse spectaculaire de construire un monde sans arme nucléaire, cet engagement qui s’est rétréci au point de disparaître a été remplacé par un plan pour bâtir une nouvelle génération d’armes nucléaires US et d’usines qui propulserait la nation jusque dans la deuxième moitié du 21e siècle. Ce plan, à peu près ignoré par nos médias, inclut des ogives redessinées, ainsi que de nouveaux bombardiers, sous-marins, missiles terrestres, laboratoires d’armes et usines de production nucléaire. Coût estimé? 1,000,000,000,000.00, c’est-à-dire un billion (mille milliards) de $.

Des critiques affirment que l’emprunt d’une telle somme entraînera la banqueroute de l’État ou du moins, des coupures massives dans les autres programmes fédéraux. « On se demande bien comment diable on pourra payer ça », a admis Brian McKeon, sous-secrétaire à la Défense. Et nous « remercions le ciel que nous ne serons plus là pour résoudre ce problème », a-t-il ajouté en réprimant un rire nerveux.

Ajoutons que ce plan de « modernisation » viole la lettre du Traité de non-prolifération de 1968 (ONU), qui exige des puissances nucléaires de s’engager en un processus de désarmement. Ce plan s’élabore en dépit du fait que le gouvernement américain possède au moins 7000 armes nucléaires qui peuvent maintes fois détruire toute vie sur terre, plus rapidement que les changements climatiques.

Une exposition des plus de 7000 ogives nucléaires en miniatures

Une exposition des plus de 7000 ogives nucléaires en miniatures

La question à un billion n’a inspiré aucun commentateur ni modérateur dans les multiples débats présidentiels, même si quelques candidats ont levé le voile sur leurs opinions.

Du côté Républicain, les candidats – en dépit de leur dégoût prononcé contre les dépenses fédérales et un « big government » – ont au contraire salué avec enthousiasme ce bond en avant dans la course à l’armement nucléaire. Donald Trump, qui caracole en tête, a prétendu que « notre arsenal nucléaire ne fonctionne pas », en insistant qu’il est désuet. Sans mentionner le coût projeté d’un billion pour sa « modernisation », le programme obtient sa faveur, vu que sa campagne se base sur la construction d’une machine militaire « si grosse, forte et puissante que personne ne pourra nous chercher noise. »

Ses rivaux républicains ont adopté une approche similaire. Lorsqu’un activiste pour la paix a posé la question à Ted Cruz s’il était d’accord avec Reagan sur la nécessité d’éliminer les armes nucléaires, le sénateur du Texas a répliqué : « Je crois que nous sommes très éloignés d’une telle éventualité et qu’entretemps nous devons nous défendre. La meilleure façon d’éviter la guerre est d’être assez fort pour que personne ne puisse nous chercher noise », un leitmotiv répétitif (don’t mess with us) chez les Républicains.

Du côté démocrate, Hillary Clinton a adopté une position ambigüe sur une si dramatique expansion de l’arsenal nucléaire américain. À cette question d’un billion, elle a répondu qu’elle « y verrait », ajoutant qu’une telle somme « ne faisait aucun sens à ses yeux ». Mais comme tant de questions pour lesquelles l’ex Secrétaire d’État a promis « d’y voir », celle-ci ne semble pas avoir été résolue. La section de « Sécurité Nationale » de sa campagne (voir son site web) a promis qu’elle maintiendra la «plus forte armée que le monde ait jamais connue » – pas spécialement un signe favorable pour ceux qui visent une réduction des armes nucléaires.

Seul Bernie Sanders a adopté une position sans équivoque de rejet. En mai 2015, peu après avoir déclaré sa candidature, Sanders a répondu ainsi à la question d’un billion de dollars : « cette question s’adresse à nos priorités nationales. Quel genre de peuple sommes-nous? Le Congrès doit-il toujours endosser les guerres du complexe militaro-industriel, qui ne peut résister à aucune? Ou écouterons-nous le peuple qui souffre? » En fait, Sanders est l’un des trois sénateurs qui endossent « the SANE act », une législation qui réduirait de façon significative les dépenses sur les armes nucléaires. De plus, en campagne, il a affirmé qu’il était en faveur de leur complète abolition.

Vu la réticence des animateurs à aborder le sujet de la « modernisation » des armes nucléaires, le peuple américain reste encore dans le noir à ce sujet. Et pour empêcher cet énorme gonflement des dépenses nucléaires, les Américains devront aller eux-mêmes rencontrer leurs candidats pour leur poser… la question à un billion de dollars.

Lawrence Wittner
Professor of History emeritus at SUNY/Albany and author of Confronting the Bomb (Stanford University Press). He is a regular contributor to the Peace and Health Blog.
(http://lawrenceswittner.com)

Traduction libre par Pierre Jasmin (pierre.jasmin@artistespourlapaix.org)
membre des exécutifs de Pugwash Canada et du Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire.

Lawrence Wittner et Pierre Jasmin au Musée de la Guerre à Ottawa (5 juin 2013)

Lawrence Wittner et Pierre Jasmin au Musée de la Guerre à Ottawa (5 juin 2013)

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