Libération, deux jours après nous

Par Pierre Jasmin, secrétaire des Artistes pour la Paix, 21 août 2026

1- Candidatures : article du 23 juillet par Libération

À l’ONU, qui succédera à Antonio Guterres au poste de secrétaire général ?

Six personnes – quatre femmes et cinq représentants de l’Amérique latine – briguent la succession du secrétaire général, qui quittera ses fonctions le 1er janvier 2027. Le processus de sélection débute officiellement ce jeudi 23 juillet.

De gauche à droite et de haut en bas, l’ex-présidente du Chili Michelle Bachelet, l’économiste costaricaine Rebeca Grynspan, l’ancien président sénégalais Macky Sall, l’ancienne ministre des Affaires étrangères équatorienne Maria Fernanda Espinosa, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique Rafael Grossi et l’ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana Carolyn Rodrigues-Birkett. (Jody Amiet /AFP)

Par Philippe Coste correspondant à New York

C’est une campagne mondiale mais, jusqu’à présent, elle est passée totalement inaperçue. Entre le boucan de la Coupe du monde de footballles bombardements de l’Iran et l’approche des élections de mi-mandat aux Etats-Unis, la course à la succession d’António Guterres à la tête de l’ONU, au terme de son deuxième mandat de cinq ans, ne défrayait pas la chronique avant que Donald Trump s’en mêle. Au moment où six personnalités internationales candidates au poste s’apprêtaient à se réunir, ce jeudi 23 juillet, à New York pour un débat devant l’Assemblée générale des Nations Unies, le président étatsunien a fait savoir, par une confidence d’un de ses porte-paroles au tabloïd New York Post, qu’il verrait bien l’ami Gianni Infanti.

2- Une aberration et une nouvelle d’un quotidien respecté

Relayer les délires de Trump comme une nouvelle respectable est une aberration, commune hélas à tous nos médias obnubilés par le président américain! Mais on apprécie du quotidien la nouvelle de deux personnalités importantes qui se sont lancées dans la course : l’ancienne ministre des Affaires étrangères équatorienne Maria Fernanda Espinosa et l’ancienne ministre des Affaires étrangères du Guyana Carolyn Rodrigues-Birkett.

On constate surtout le manque de nouvelles relayées par les médias nord-américains pour qui l’ONU a déjà été enterrée par l’OTAN. Pouvons-nous vous engager à relire notre article du 11 mai : https://www.artistespourlapaix.org/avancer-lhistoire-avec-lonu-pas-lotan/

Et nous permettre de revenir en arrière en lisant notre prise de position d’il y a six ans révolus : Un Canada ankylosé et trompeur, 29 mai 2020

https://www.artistespourlapaix.org/un-canada-ankylose-et-trompeur/

On y lira une description exacte de Marc-André Blanchard dont le grenouillage à l’ONU, où il était ambassadeur du Canada, n’a pas permis au Canada d’être élu au Conseil de sécurité (la vraie gauche du Canada s’y était opposée) : il a depuis été nommé, en raison de ses accointances, chef de cabinet de Mark Carney, dont il se fait propagandiste aujourd’hui des « accomplissements de Carney » qui consistent à faire que des tarifs annoncés par Trump à 50% s’appliqueraient à 25%! Formidable : c’est comme annoncer à un condamné que sa peine pour un crime NON COMMIS sera de 10 ans et non de 20 ans! Et les médias embarquent, déçus de l’échec d’une négociation pourtant perdante dès le début du show du ministre Dominic Leblanc : Carney avait pourtant tout jeté par-dessus bord, les 5% du PIB pour des produits militaires en grande partie américains (F-35, bateaux de guerre, missiles, munitions Lockheed Martin) pour plaire à l’OTAN, sans compter son adoption de politiques antipalestinienne, antiiranienne, anticubaine, antivénézuélienne et surtout antiONU. Un désastre.

Dans https://www.ledevoir.com/opinion/editoriaux/1002296/deplorable-abandon-casques-bleus-canadiens, Nadia Alexan et P. J. ont exprimé leur indignation totale envers l’impardonnable destruction par la politique militariste et anti-humaniste de Carney du programme canadien des Casques Bleus. Notre ami professeur au Royal Military College de Toronto, ainsi qu’à Kingston, le lieutenant Walter Dorn a consacré plus de trente ans de sa vie à un travail achevé auprès d’Antonio Guterres pour améliorer les communications si importantes au succès des Casques Bleus (exemple négatif: le Rwanda où le général Dallaire avait souffert d’un manque de communications particulièrement nocif).

Non, Carney qui appuie même le génocidaire Netanyahu par l’envoi d’armes, continue la politique conservatrice de Harper qui avait refusé l’envoi de Casques Bleus canadiens bien organisés pour venir au secours de Haïti après le tremblement de terre si dévastateur : l’ONU avait dû improviser en catastrophe (c’est le mot!) un envoi de Casques bleus népalais de la MINUSTAH très mal préparés, en plus d’avoir introduit le choléra depuis leur camp de Mirebalais.