Babi Yar, Lviv-Zelensky et le massacre nazi à Bondi
Par Pierre Jasmin, secrétaire des Artistes pour la Paix 15 décembre 2025

Les héroïques Yevtouchenko et Shostakovitch
La 13e symphonie dite Babi Yar est un chef d’œuvre qui a vu difficilement le jour en 1961 dans une Russie pourtant plus libre sous Nikita Khrouchtchev, mais longtemps restée antisémite. J’en ai longuement parlé en 1972 avec Rosina Lhevinne, cofondatrice de l’école de musique de New York Juilliard qui reçut en 1898 la médaille d’or du Conservatoire de Moscou bien que juive et native de Kyiv, puis avec la poète russe Bella Achmadoulina en 1978 lors de mes études avec Neuhaus à Moscou et lors du tournage du film de Martin Duckworth Nos derniers jours à Moscou primé au Festival International des Films sur l’Art en 1988. Bella, femme moderne, fut mariée un temps au poète ukrainien Ievgueny Yevtouchenko dont le poème inspira les cinq mouvements de la symphonie avec choeur de Dmitri Shostakovitch.
La symphonie se lamente dès ses premiers mots sur le fait qu’il n’y a aucun monument sur ce pourtant plus grand massacre de Juifs en une seule journée répertorié pendant la Deuxième guerre mondiale. La photo choisie montre un superbe monument érigé vingt ans plus tard. Mais la journée tragique de septembre eut lieu vingt ans plus tôt dans la banlieue de Kyiv aux mains d’autorités ukrainiennes instrumentées par les nazis allemands (réécrites aujourd’hui, les sources ne parlent que de responsables allemands) : 35 000 morts, enfants et femmes compris, dépouillés de leurs biens puis fusillés dans un ravin, au vu et au su de la population ukrainienne.
On lira la prise de position récente de l’avocat Arno Klarsfeld accusant BHL de gommer l’histoire ukrainienne, comme il avait appuyé Sarkozy dans l’invasion brutale de la Libye en 2011 provoquant des milliers de noyades chaque année dans des tentatives désespérées de réfugiés à rallier l’Italie (voir le film Io, capitano). Klarsfeld écrit justement :
“Il y a 30 ans, Stepan Bandera, qui a appelé au meurtre des Juifs, était considéré en Ukraine comme un assassin, alors qu’aujourd’hui il est érigé en héros national”, a relevé l’avocat. “Le pays a frappé des timbres-poste à son effigie, érigé des statues et instauré des jours fériés en son honneur. La plus grande avenue de Kyiv, longue de cinq kilomètres et qui mène au site de Babi Yar, porte son nom. Quant à la prolongation de cette avenue, elle a été nommée d’après Roman-Taras Yosypovych Shukhevych, qui était encore pire que Bandera.”
Un fier monument à l’entrée du Complexe de l’unité de la jeunesse ukrainienne à Edmonton (en l’Alberta des Poilievre, Smith et Freeland) depuis le milieu des années 1970 est dédié à Roman Shukhevych, commandant de l’armée insurrectionnelle ukrainienne de 1943, que le monument salue pour sa lutte pour l’indépendance de l’Ukraine contre la Pologne et l’Union soviétique. Il s’agit en réalité d’un homme de main nazi qui s’est rangé du côté de l’Allemagne soi-disant pour obtenir l’indépendance de l’Ukraine ; un peu comme le nazi applaudi par Zelensky et toute la Chambre des Communes sous Trudeau, Yaroslav Hunka, membre de la 14e division Waffen Grenadier de la SS, invité à Ottawa le vendredi 22 septembre 2023, créant ainsi une polémique internationale. Elle est commodément oubliée pour permettre au PM Carney d’envoyer 3 milliards de $ en armes à Zelensky et à nos médias de censurer nos articles saluant toute tentative de paix qui arrêterait le martyre des Ukrainiens.
Lviv (Lemperg) et l’extrême-droite ukrainienne
On écoutera religieusement la symphonie plutôt que de lire deux romans malsains aimés par l’extrême-droite française qui acheta une centaine de milliers d’exemplaires du premier et le fit décorer du meilleur livre étranger, écrit par l’avocat spécialiste du droit international qu’il enseigne à l’University College de Londres, le Franco-Britannique Philippe Sands. Il se rachète amplement en publiant 38, rue de Londres (éd. Albin Michel, 556 pages), vaste enquête historique sur les liens entre le criminel nazi Walther Rauff et le général Pinochet que les élections d’aujourd’hui réhabilitent en élisant l’extrême-droite de Kast.
Les deux livres de Sands, « Retour à Lemberg » et the ratline ou « La Filière » (éd. Albin Michel, 2017 et 2020) flirtent avec l’histoire romancée de la veuve d’un officier nazi fugitif, en se concentrant principalement sur sa vie d’après-guerre. La réalité est la suivante : Otto Wächter est un avocat autrichien, homme politique nazi et général SS, né le 8 juillet 1901 à Vienne (Autriche-Hongrie) et mort le 13 juillet 1949 à Rome (Italie). Pendant toute la durée de la Première Guerre mondiale, il vécut dans le Sud de la Bohême, où il obtient son baccalauréat en 1919 à České Budějovice (j’y ai enseigné pendant onze étés, nommé président d’honneur des classes de maître de la Bohême du Sud).
Mais en 1932, Wächter entre dans la SS et épouse Charlotte Bleckmann pour ensuite durant la guerre devenir gouverneur de Cracovie signant un décret ordonnant l’expulsion de 68 000 Juifs et créant le ghetto de Cracovie, sous le gouverneur général de la Pologne Hans Frank, jugé et exécuté à Nuremberg en 1946. Wächter sera en janvier 1943 nommé gouverneur de Galicie, dont la capitale, connue sous les noms de Lviv (en ukrainien), Lwów (en polonais) et Lemberg (en allemand), était avant 1918 la quatrième ville de l’Empire austro-hongrois après Vienne, Budapest et Prague, où Polonais, Ukrainiens et Juifs vivaient harmonieusement depuis des siècles. Dans le roman de Sands, madame Wächter déclare vivre mieux à Lviv qu’à Berlin, Vienne ou Cracovie, car entourée d’une population encore plus imprégnée de l’idéologie nazie. C’est le moment de rappeler que le nazi Roman Shukhevych honoré en Alberta mourut confortablement installé à Lviv en 1950.
En 1943, Wächter eut l’idée, approuvée par Heinrich Himmler, de créer une division Waffen-SS composée des Ukrainiens qui l’entouraient, animés avant tout d’un sentiment antibolchévique et antisémite. La Waffen-SS Galizien sera officiellement réorganisée en première division de l’armée nationale ukrainienne, prêtant un serment de loyauté au peuple ukrainien constitué des nationalistes, extrémistes de droite et néonazis qui honorent encore « l’héroïsme des Waffen-SS » par des célébrations annuelles!
Quant à Wächter, selon Wikipedia, il quitte la division vaincue par les Soviétiques en juillet 1944 en se cachant dans le district montagneux de Salzbourg, pour éviter d’être fait prisonnier et inévitablement extradé vers l’Union soviétique. Il est soutenu par son épouse qui lui fournit de la nourriture et de l’équipement dans des points de ramassage secrets. Au printemps 1949, Wächter traverse la frontière du Tyrol du Sud en Italie où il rencontre sa femme et ses enfants aînés pour la dernière fois (scène larmoyante du récit !). Le 24 avril 1949, il arrive à Rome où, par l’intermédiaire de l’évêque pronazi Alois Hudal, recteur du Collège teutonique de Santa Maria dell’Anima, il trouve refuge à l’institut clérical Vigna Pia où il est en contact avec Hartmann Lauterbacher, un des fondateurs des Jeunesses hitlériennes. À la suite de sa baignade matinale quotidienne dans le Tibre pollué, il est atteint d’une jaunisse le 3 juillet et le 9 juillet, conduit à l’hôpital Santo Spirito, où Wächter révèle sa véritable identité. Il reçoit les derniers sacrements de Hudal dans la soirée du 13 juillet et meurt le lendemain, probablement de la leptospirose, ayant réussi à échapper aux autorités alliées pendant cinq ans.
Bien qu’il ait été l’un des principaux auteurs de l’Holocauste et l’un des chefs de file de la campagne d’extermination des Juifs, le fils de Wächter, Horst, affirme que son père était « un bon Nazi » dans la série télévisée de PBS, Independent Lens, intitulé « My Nazi Legacy : What Our Fathers Did ». Des preuves réfutent les affirmations de Horst : chez lui, des albums de photos de familles montrent Otto Wächter avec Adolf Hitler, Hans Frank et Joseph Goebbels, et l’on trouve un livre avec l’inscription « Avec mes meilleurs vœux pour votre anniversaire, H. Himmler, 8 juillet 1944 ». En ce qui concerne sa responsabilité directe que je viens de démontrer, le chasseur de nazis Simon Wiesenthal affirme dans son livre “The Murderers Among Us“, que Wächter a personnellement supervisé le transport de quatre mille Juifs vers des camps d’extermination et a été responsable du meurtre d’au moins 800 000 Juifs.
Soyons désarmants comme le héros de Bondi
800 000 est dix fois plus que les Palestiniens assassinés par Nétanyahou. Mais pourquoi filmer ce génocidaire qui au lieu d’exprimer sa compassion avec ses coreligionnaires australiens les accable de ses reproches? Sa place est en prison à La Haye, comme l’affirment l’ONU et la Cour Pénale Internationale : arrêtez de lui tendre un micro et d’imprimer ses invectives. SOYONS DÉSARMANTS comme le héros tranquille en T-shirt blanc de Bondi qui a empêché sur la plage le terrible bilan de morts de s’alourdir. Imitons-le en désarmant les neuf pays nucléarisés, comme le voulaient Einstein, Russell et Rotblat en 1955, sinon la résurgence néo-nazie, visible au Chili, se propagera comme la peste brune. Et notre extrême-droite propage la rougeole, en dénonçant l’Organisation Mondiale de la Santé (ONU) qui prône la vaccination.
Merci aux Artistes pour la Paix qui ont appuyé notre article, comme notre ancien vice-président Dmitri Roussopoulos et la grande poète sino-canadienne Ying Chen qui vit en Colombie-Britannique :
Cher Pierre, Merci de cet article. Il y a eu en effet tant de morts silencieuses parce que certains criminels de guerre n’ont pas été jugés, certains reçoivent encore des hommages aujourd’hui. Entre 1931 (présenté au Japon comme “l’année de l’entrée en Chine”, et 1945 présenté au Japon comme “l’année de la sortie de la Chine”, il y a eu au moins 20 millions de morts en Chine. Parmi eux, les civils ont souvent été torturés et ont quitté ce monde dans l’épouvante. Veuillez jeter un coup d’œil sur le livre très documenté de Iris Chang 张纯如: “The Rape of Nanjing”(Basic Books, 1997). Si les massacres nous font tellement douter de la nature humaine, nous désespère leur interprétation par la suite, au gré des vents utilitaires, en hiérarchisant et des victimes et des crimes commis. yingchen365.com
The heroic Yevtushenko and Shostakovich
The 13th symphony known as Babi Yar is a masterpiece which was created with difficulty in 1961, in a Russia which although freer under Nikita Khrushchev, still remained anti-Semitic. I spoke about it at length in 1972 with Rosina Lhevinne, co-founder of the New York Juilliard music school, since she had received the Gold medal from the Moscow Conservatory in 1898, although Jewish and a native of Kyiv! Then with Russian poet Bella Achmadoulina in 1978, during my studies with Neuhaus in Moscow and during the filming of the NFB Martin Duckworth film Our Last Days in Moscow which won an award in 1988 at the International Festival of Films on Art (FIFA). Bella, a modern woman, was married for a time to the Ukrainian poet Yevgeny Yevtouchenko whose poem inspired the five movements of Dmitri Shostakovich’s choral symphony.
From its first words, the symphony laments on the fact that there is no monument to this largest massacre of Jews in a single day recorded during the Second World War. The chosen photo from UNESCO shows a superb monument erected twenty years later (see French version). But the tragic September day took place forty years earlier in the suburbs of Kyiv in the hands of Ukrainian authorities instrumentalized by the German Nazis (rewritten today, the sources only mention German officials, hum!): 35,000 dead, children and women included, robbed of their belongings and jewels, then shot and dumped into a ravine, in full view of the Ukrainian population.
A recent position taken by lawyer Arno Klarsfeld rightly accuses Bernard-Henri Lévy of erasing Ukrainian history, just as he supported Sarkozy in the brutal invasion of Libya in 2011, causing thousands of drownings each year in desperate attempts by refugees to reach Italy (see the film Io, capitano). Klarsfeld rightly writes:
“30 years ago, Stepan Bandera, who called for the murder of Jews, was considered a murderer in Ukraine, while today he is considered a national hero,” noted the lawyer. “The country mints postage stamps with his image, erects statues and establishes public holidays in his honor. The largest avenue in Kyiv, five kilometers long and leading to the Babi Yar site, is named after him. And the extension of this avenue is named after Roman-Taras Yosypovych Shukhevych, even worse than Bandera.”
Since the mid-1970s, a fierce monument at the entrance to the Ukrainian Youth Unity Complex in Edmonton (capital of the province of Alberta of Poilievre, Smith and Freeland) has been dedicated to that Roman Shukhevych, commander of the 1943 Ukrainian Insurgent Army, whom the monument salutes for his fight for Ukrainian independence against Poland and the Soviet Union, while he is actually a Nazi henchman who sided with Hitler’s Germany; a bit like the Nazi applauded by Zelensky and the entire Canadian House of Commons under Trudeau, Yaroslav Hunka, member of the 14th Waffen Grenadier division of the SS, invited to Ottawa on Friday September 22, 2023, thus creating an international controversy. It is conveniently forgotten to allow PM Carney to send $3 billion in weapons to Zelensky and for our media to censor our articles welcoming any attempt at peace that would stop the martyrdom of Ukrainians.
Lviv/Lemperg and the Ukrainian far-right
Please listen to the symphony religiously, rather than reading two dubious novels loved by the French far-right who bought a hundred thousand copies of the first and had it decorated with an award as the best foreign book, written by the lawyer specializing in international law whom he teaches at University College London, the Franco-British Philippe Sands. He amply redeemed himself by just publishing 38, rue de Londres (ed. Albin Michel, 556 pages), a vast historical investigation into the links between the Nazi criminal Walther Rauff and General Pinochet that today’s elections rehabilitated in Chile by electing Kast’s far-right.
Sands’ two books, “Return to Lemberg” and “the ratline” or “La Filière” (ed. Albin Michel, 2017 and 2020) flirt with the fictionalized story of the widow of a fugitive Nazi officer, focusing mainly on their post-war life. The reality is this: Otto Wächter is an Austrian lawyer, Nazi politician and SS general, born July 8, 1901 in Vienna (Austria-Hungary) who died July 13, 1949 in Rome (Italy). Throughout the First World War he lived in South Bohemia, where he obtained his baccalaureate in 1919 in České Budějovice (I taught there for eleven summers, even appointed honorary president of the South Bohemian piano master classes).
But in 1932, Wächter enters the SS and marries Charlotte Bleckmann. During the war he became governor of Krakow, signing a decree ordering the expulsion of 68,000 Jews and creating the Krakow ghetto, under the governor general of Poland Hans Frank (tried and executed in Nuremberg in 1946). In January 1943, Wächter was appointed governor of Galicia, whose capital known as Lviv (in Ukrainian), Lwów (in Polish) and Lemberg (in German) was before 1918 the fourth city of the Austro-Hungarian Empire after Vienna, Budapest and Prague, where Poles, Ukrainians and Jews lived harmoniously for centuries. In Sands’ novel, Mrs. Wächter declares that she lives better in Lviv than in Berlin, Vienna or Krakow, because she is surrounded by a population even more imbued with Nazi ideology. I choose this moment to recall that the Nazi Roman Shukhevych, honored in Alberta, died comfortably installed in a suburb of Lviv in 1950.
In 1943, Wächter had the idea, approved by Heinrich Himmler, of creating a Waffen-SS division composed of the Ukrainians who surrounded him, driven above all by anti-Bolshevik and anti-Semitic sentiments. He officially reorganized the Waffen-SS Galizien into the First Division of the Ukrainian National Army, swearing an oath of loyalty to the Ukrainian nationalists, right-wing extremists and neo-Nazis who still honor the “the Waffen-SS heroism” with annual celebrations!
As for Wächter, according to Wikipedia, he left the division defeated by the Soviets in July 1944 by hiding in the mountainous district of Salzburg, to avoid being taken prisoner and inevitably extradited to the Soviet Union. He was supported by his wife who provided him with food and equipment at secret collection points. In the spring of 1949, Wächter crossed the border from South Tyrol into Italy where he met his wife and older children for the last time (a tearful scene in the story!). On April 24, 1949, he arrived in Rome where, through the pro-Nazi bishop Alois Hudal, rector of the Teutonic College of Santa Maria dell’Anima, he found refuge at the Vigna Pia clerical institute where he was in contact with Hartmann Lauterbacher, one of the founders of the Hitler Youth. Following his daily morning swim in the polluted Tiber, he became jaundiced on July 3 and on July 9, taken to Santo Spirito Hospital, where Wächter revealed his identity. He received the last rites by Hudal on July 13 and died the next day, probably of leptospirosis, having managed to escape the Allied authorities for all his life.
Despite being a principal perpetrator of the Holocaust, a leader in the campaign to exterminate Jews, Wächter’s son Horst claims his father was “a good Nazi” in the PBS television series Independent Lens, “My Nazi Legacy: What Our Fathers Did.” Evidence refutes Horst’s claims: family photo albums at his home show Otto Wächter with Adolf Hitler, Hans Frank and Joseph Goebbels, and there is a book with the inscription “With best wishes on your birthday, H. Himmler, July 8, 1944.” As for his direct responsibility that was just demonstrated, Nazi hunter Simon Wiesenthal claims in his book “The Murderers Among Us” that Wächter personally oversaw the transportation of four thousand Jews to extermination camps and was responsible for the murder of at least 800,000 Jews.
Let’s be disarming like Bondi’s hero !
800,000 is ten times more than the Palestinians murdered by Netanyahu? Why film this genocidaire who, instead of expressing compassion with his Australian co-religionists, overwhelms them with his reproaches ? His place is in prison in The Hague, as the UN and the International Criminal Court stated: stop handing him a microphone and printing his invectives. LET’S BE DISARMING like the quiet hero in white T-shirt from Bondi who prevented the terrible death toll from rising on the beach. Let’s imitate him by disarming the nine nuclear countries, as Einstein, Russell and Rotblat wanted in 1955, otherwise the neo-Nazi resurgence will spread like the brown plague, like today in Chile.
Two reactions: excellent! Dimitri Roussopoulos, former vice-president Artistes pour la Paix
Greg Gillis (Canada-Wide Justice and Peace Network)Thank you Pierre, for making us aware of efforts to sanitize the Nazi past and those both abroad and here in Canada who continue to be ignorant of our history and support and allow a former SS leader from a notorious Nazi unit to be honoured by every member of parliament present that day. This reveals the historically ignorant nature of our ruling class who fail to recognize Russia’s suffering of 27 million slaughtered by the Nazis in what Russia calls the Great Patriotic War. Not to mention those slaughtered in WWI, and the Napoleonic invasion of Russia. Now we have Germany and Britain and most of Western Europe preparing for a new war on Russia along with Canada led by Mr. Carney a die in the wool militarist and Russophobe.