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Je suis APLP parce que…

"Je suis artiste pour la paix parce que quand je me monte sur scene, j'ai l'impression de faire la paix avec mon âme et celle du public. Je me retrouve là, en lieu sûr, pour explorer les forces et les failles de nos coeurs, sans danger, sans jugement ni discrimination pour célébrer la beauté de l'humanité. Et si la vie était toujours ainsi ?"
Paule Tremblay, autrice-compositrice-interprete
"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire
"Je suis artiste pour la paix... Sans la paix, pas d'avenir pour la planète. Contribuer à bâtir une culture de la paix me semble un devoir."
André Jacob, auteur et artiste-peintre, APLP honoraire
"Je suis artiste pour la paix parce que la paix justifie l'espoir ."
Denis Carrier, auteur

La murale des rapaces – Derouin, métis des Amériques

mur_des_rapaces

Le multidisciplinaire René Derouin, Artiste pour la Paix de l’année 2016, fait l’objet d’un documentaire diffusé par ART-TV le 5 avril à 20h, le 8 à minuit, le 10 à 6h et le 11 à 1h 30 qui sera disponible à Ici Tout.tv à partir du 12 avril. Sa réalisatrice, Julie Corbeil, a suivi l’artiste dans sa création de deux murales pour une école secondaire, non loin de Val-David où il habite, et pour l’École des Jardins des Patriotes à St-Eustache. Contrairement à la quasi-totalité de ses collègues créateurs québécois, ce n’est pas dans la tradition européenne que Derouin est allé puiser son inspiration principale, mais plutôt au Mexique où dès 1955, à l’âge de dix-neuf ans avec à peine les sous pour entreprendre le voyage, il va admirer non seulement l’art mural, mais aussi les cultures précolombiennes mayas et autres. Le Mexique vient d’accueillir La murale des rapaces (voir illustration), inspirée à la fois de son observation des oiseaux de proie et des muralistes, tel Diego Rivera. Notre sculpteur empreint d’américanité et de métissage poursuit donc la lignée des grandes œuvres marquées de patrimoine amérindien et d’oies sauvages de Riopelle, ce dernier, présentement objet d’une exposition au Musée des Beaux-Arts de Montréal (cette institution, en renvoyant Nathalie Bondil, a-t-elle compromis le succès d’un grand projet de lieu spécifique qui lui serait consacré ? On verra si la malédiction attachée à Borduas continuera dans notre société qui a peur de ses artistes, au point qu’aucun journal de la « grande presse officielle » n’ose même citer le site pacifique APLP !).

L’engagement écologique de Derouin est célèbre dans ses Jardins du Précambrien, peuplés de sculptures du monde haïtien, ainsi que dans la création de la page de garde [1] des deux mémoires APLP adressés au BAPE en 2016 pour stopper un projet de pipeline Enbridge sous le fleuve Saint-Laurent : on salue le travail de Marie Saint-Arnaud qui, avec un nouveau dossier Centr’Ère/UQAM, dénonce l’absurde projet GNL-Saguenay, auquel le BAPE vient d’accorder une retentissante note d’échec. Derouin se voit filmé à part égale lors de son séjour au Mexique, indigné en 2017 par la volonté de l’ex-président Donald Trump – rapace super-riche mangeant les appauvris qu’il traite de voleurs, violeurs et drogués – de couper l’Amérique en deux par un mur raciste. Toujours émerveillé de la débrouillardise du peuple mexicain qui sait se réinventer, même dans des circonstances difficiles, Derouin n’hésite pas en retour à dénoncer la société yankee de rapaces organisés en mafias criminelles profitant des paradis fiscaux. Il estime ne pas vouloir faire œuvre de propagande mais plutôt habiter pleinement une société, ce qui le force à l’interroger à la lueur de ses œuvres antérieures sur les migrants, symbolisés par la mouvance des trains transcontinentaux. Affirmant que le seul avenir de l’humanité est d’apprendre à vivre ensemble, il exprime avec force son engagement et se solidarise de tous les membres de la société américaine qu’il considère une et indivise, selon l’image prégnante véhiculée par Bolivar.

S’estimant choyé par de nombreuses galeries qui vendent ses tableaux et lui permettent ainsi de bien vivre de son métier, René Derouin considère de son devoir civique supplémentaire, grâce à une équipe d’assistants dévoués tel Guy Davidson, de s’attaquer à « des murales semblables à des films, en ce sens qu’elles ne comportent pas un centre mais habitent un espace perceptible gratuitement tout au long par un public déambulatoire …d’enfants curieux ». Témoignage accompagné de commentaires éclairants du professeur d’art à l’UQAM Gilles Lapointe, ne ratez pas ce documentaire à propos d’un immense artiste, intransigeant et admirable de dignité, qui persévère dans la création à 85 ans, appuyé par sa femme Jeanne Molleur, artiste inébranlable avec qui il a commencé à collaborer en 1967 et à qui il rend grâce.


[1] Une linogravure de Derouin illustrait la couverture de l’ouvrage collectif J’ÉCRIS FLEUVE, sous la direction d’Isabelle Miron et de Vincent Lambert (éditions Leméac 2015) où on trouve des textes des APLP Yvon Rivard, feu Frédéric Back, Pierre Ouellet, Jean Bédard et Lucie Sauvé. Voir aussi : http://lautjournal.info/20160422/refuser-energie-est-un-geste-concret-pour-la-paix

 

 

1 Commentaire

  1. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    2 avril 2021    

    Reçu d’Yvon Rivard:
    Merci pour ce texte
    qui nous rappelle
    via l’oeuvre de Derouin
    que notre Amérique n’est pas qu’étatsunienne.
    Yvon

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