Le 4 février 2019, 10e réunion du Groupe de Lima. Chrystia Freeland y est bien entourée, entre autres par Kelly Craft, ambassadrice U.S. Photo PC

Le 4 février 2019, 10e réunion du Groupe de Lima. Chrystia Freeland y est bien entourée, entre autres par Kelly Craft, ambassadrice U.S. Photo PC

Diplomatie internationale bafouée

En chassant Stéphane Dion vers l’Allemagne (il est maintenant à Paris) pour s’emparer du ministère des Affaires étrangères, la militariste pro-OTAN Chrystia Freeland s’y est appuyée sur des idéologues conservateurs solidement implantés pendant le trop long règne de Harper qui ont tout de suite approuvé les discours de haine de leur nouvelle titulaire.

C’est ainsi que Trudeau s’est d’abord fourvoyé dans l’aventure du groupe de Lima [1], une coalition militariste contre le Venezuela chaviste. Mais bientôt les heureux changements de gouvernements au Mexique, en Colombie, en Bolivie et au Brésil ont éliminé ce groupe que le ministre des Affaires étrangères du Pérou, Héctor Béjar a qualifié de « chose la plus désastreuse commise par le Pérou dans son histoire de politique internationale ».

Il est toujours utile de lire le Monde Diplomatique qui seul expose, mois après mois, les vérités tues par l’ensemble des médias occidentaux qui suivent l’OTAN dans ses déclarations et actions provocatrices extrémistes sur la guerre en Ukraine. Pour notre part, jeudi le 17 mars, nous citions dès l’entrée en guerre du Canada l’ancien Premier ministre Dominique de Villepin, célèbre pour sa déclaration à l’ONU en 2003 refusant la guerre d’Iraq, rappelant l’importance d’user des voies diplomatiques pour obtenir un cessez-le-feu. S’il a qualifié les frappes russes visant les civils de « crimes atroces et il est normal que la conscience internationale s’élève face à de tels crimes », il a toutefois critiqué les déclarations de Joe Biden au sujet de Vladimir Poutine: « L’obsession d’un responsable doit être de faire avancer la paix, d’obtenir un cessez-le-feu et de négocier une paix durable.  Des négociations se nouent et il faut les développer. La diplomatie est un processus très compliqué car elle permet de transformer de la violence en énergie politique et diplomatique. »

Oscar Arias, Prix Nobel de la Paix 1987, ex-président du Costa Rica (pays sans armée) et conseiller de l’Institut de Sécurité Globale affirme que « négocier avec Poutine est la seule voie ouverte ». « Si les protagonistes de la Guerre Froide ont réussi à se réunir pour compléter le Traité de Non-Prolifération Nucléaire dans les années 60 et si les pays d’Amérique centrale se sont entendus sur un règlement mettant un terme à leurs conflits dans les années 80, on peut y arriver en Ukraine en 2022. » Au lieu de favoriser les bombes, le Canada devrait travailler à la paix aux côtés de l’ambassadrice du Costa Rica, Elayne Whyte qui avait négocié à l’ONU le Traité sur l’Interdiction des Armes Nucléaires obtenant une majorité des deux tiers et qui préside maintenant l’International Gender Champions (association pour le droit des femmes à de meilleurs représentations internationales) œuvrant avec UNITAR (ONU) où travaille aussi Ouided Bouchamaoui, co-lauréate tunisienne du Prix Nobel pour la Paix 2015. Les médias accusent constamment l’ONU d’impuissance, mais ce sont eux qui la rendent impuissante en ne relayant pas ce genre de nouvelles.

ChomskyNoam Chomsky le 17 mars (traduction Pierre Jasmin qui l’a lue le 18 mars à la radio CPAM) : « Je voudrais accentuer le point crucial à inscrire au fronton de toutes discussions à propos de cette terrible tragédie. Nous devons trouver une façon de terminer cette guerre avant qu’elle n’escalade dans la destruction totale de l’Ukraine et vers une inimaginable catastrophe au-delà. LA SEULE ISSUE EST UN RÈGLEMENT NÉGOCIÉ. Qu’on aime cela ou non, ce règlement doit inclure une sorte d’échappée pour Poutine, OU LE PIRE ARRIVERA.

Ce genre de souci doit gouverner nos esprits. Zelensky a reconnu que joindre l’OTAN n’est plus une option pour l’Ukraine ».

Azeb Wolde-Giorghis, une des rares journalistes radio-canadiennes à sortir indemme de la guerre en Ukraine (avec Marie-Ève Bédard), rapporte que la neutralité et la démilitarisation de l’Ukraine sont la seule avenue viable, selon l’Américain Ted G. Carpenter de l’Institut Cato approuvé par Jocelyn Coulon, ancien assistant de l’ex-ministre Dion. Elle a transmis aussi les conseils à Zelensky, publiés au journal The Hindu, de l’ancien président de l’Afghanistan Hamid Karzaï: « ne laissez pas les grandes puissances faire leur guerre par procuration sur votre territoire comme ils l’ont fait chez nous ». On connaît l’horrible dévastation de son pays par une guerre à laquelle le Canada a hélas participé pleinement pendant 21 ans d’activités criminelles que les Artistes pour la Paix ont constamment dénoncées.

Le Canada tourne le dos à la COP27

Nos médias ne relaient pas le retournement dramatique du président Zélensky qui vient de comprendre en début de semaine le fourbe jeu de ses faux amis canadiens et autres qui ont appuyé la dévastation de son pays juste pour faire la guerre à la Russie avec l’OTAN.

Avec consternation, nous voyons le 11 novembre, jour des morts (passés et à venir?), précédé par une déclaration de haine antichinoise de sa ministre Mélanie Joly, le général Trudeau s’en aller, plutôt qu’à Charm al-Sheik en Égypte, en Asie prêcher son approche sur le pied de guerre pour contenir la Chine hors de Taiwan. On se doute que l’Inde, informée par Karzaï, sera difficile à convaincre : comme la majorité des pays du monde, elle a refusé de condamner unilatéralement la Russie dans la guerre d’Ukraine commencée en 2014 par la révolution du Maïdan fomentée en partie par l’ambassadeur canadien des Affaires étrangères, John Baird, méprisant la diplomatie des deux Traités de Minsk mis de l’avant par l’ONU afin de protéger la population russophone du Donbass.

Auréolés de tels exploits passés, même animés des meilleures intentions, nos deux apôtres canadiens devraient échouer dans leur mission typique occidentale imbue de supériorité. Quant à leur absence à la COP27, ils se sont assurés d’être bien représentés en subventionnant Enbridge, les industries de pétrole des sables bitumineux et même le maire Damphousse représentant l’Union des Municipalités pour faire l’éloge du ministre Stephen Guilbeault quant à la politique occidentale NON PLUS DE LUTTE, mais d’ADAPTATION aux changements climatiques. Ce changement majeur égoïste laissera ainsi les îles du Pacifique et le Bengladesh souffrir de la montée des eaux, conséquence du laxisme canadien le plus nocif de tous les pays en proportion de notre population, quant aux gaz à effets de serres (lire l’AQLPA).

Et la COP15 à Montréal ? Le gouvernement Trudeau s’en fiche et Poilièvre encore plus complètement. Et nos journalistes ? Le Devoir va encore refuser de publier cet article.


[1] http://www.artistespourlapaix.org/oups-le-groupe-de-lima-a-perdu-lima/ merci à Yves Engler