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Activités de nos membres







Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Lettre à Jean Daniel, journaliste

M. Jean Daniel est le co-fondateur et rédacteur de l’OBS depuis plus de cinquante ans, à qui a été envoyé cet article, avec copie conforme à l’Humanité-Dimanche dont les coordonnées ont été aimablement fournies par André Cloutier.

Le 2 février 2016

Cher monsieur Jean Daniel,

Vous êtes le journaliste dont les opinions importaient le plus à mes yeux, comme je vous l’avais écrit le 27 mai 2014 [1]. En tant qu’Artiste pour la Paix (APLP [2]), je ne peux croire que vous assistez sans haut-le-cœur à la militarisation du parti socialiste. Vos prises de position récentes m’incitent à adresser ce nouveau courriel en cc au journal Humanité, qui à mes yeux représente désormais, enfin éloigné du dogmatisme de Georges Marchais, le vrai visage ouvert, libre, égalitaire et fraternel de la France journalistique.

Glissement militariste

Voici quatre dates suggérées, étapes cruciales du déplorable glissement militariste qu’ont vécu la France, puis le parti socialiste, autrefois inspiré par Jean Jaurès et Léon Blum :

  • 11 mars 2009 : sous Sarkozy, sans réelle contestation socialiste, la France adhère à l’Organisation du Traité d’Atlantique Nord, dont les APLP avaient en vain réclamé l’abolition dès 1991, peu après la dissolution du Pacte de Varsovie. L’OTAN, une alliance militaire, draine plusieurs fois le budget que les nations accordent parcimonieusement à l’ONU, l’UNICEF, l’UNESCO, l’UNIDIR et les autres instances onusiennes, dont les Casques bleus qui souffrent cruellement du manque de soutien des nations occidentales mieux équipées et entraînées.
  • mars à septembre 2011: l’OTAN lance son attaque contre la Libye, encouragée par l’irresponsable tribun Bernard-Henri Lévy; commandée par le général Charles Bouchard, son mandat était de protéger les insurgés islamistes de Benghazi [3]. Au lieu de quoi, le général [4], sans nul doute sous influence politique impérialiste, a choisi de bombarder le gouvernement Kadhafi, jusqu’à son anéantissement. Sans regretter le tyran libyen, force nous est de constater que le général canadien a trahi, ce faisant, le mandat confié par le Conseil de Sécurité de l’ONU, causant une perte subséquente de confiance de la part de la Chine et de la Russie. L’unanimité du Conseil de sécurité n’est hélas pas la seule victime de ces bombardements : les armes de la Libye se retrouvent dans les mains de groupes islamistes nord-africains, se frayant un chemin à travers le Niger et le Mali (où la France interviendra militairement), jusqu’au Burkina Faso limitrophe et aussi en Égypte, au Soudan, au Yémen en guerre civile, en Côte d’Ivoire et même en Syrie, etc.
Attaque djihadiste à Ouagadougou

Attaque djihadiste à Ouagadougou

  • mai 2012 : élection du gouvernement dit socialiste de François Hollande qui ne remet pas en cause le lien de la France avec l’OTAN; pourtant, un de Gaulle de droite, même à l’époque d’une URSS agressive qui aurait davantage justifié cette alliance, la voyait, avec raison, dangereuse pour l’indépendance française. Hollande n’adressera aucune critique aux aventures militaristes de l’OTAN, encourageant même ses dérives de la Géorgie jusqu’en Ukraine, sans mentionner ses bombes nucléaires imprudemment stationnées en Turquie. Quant à ses propres bombes nucléaires drainant un budget annuel de milliards d’Euros, jamais Hollande ne prendra l’initiative du moindre geste en vue de les abolir, comme le réclament ICAN.org (International Coalition to Abolish Nuclear Weapons) et le ministre des Affaires extérieures autrichien Sebastian Kurz, avec son Appel humanitaire auquel ont adhéré les deux tiers des pays de l’ONU, la Croix-Rouge et le pape François, à l’insu de la population désinformée par les médias de droite, auxquels l’OBS appartient désormais.
  • août 2013 : la France voulait alors bombarder la pauvre population syrienne, dont un quart de million a maintenant succombé sous le feu des bombes. Heureusement, une initiative de la Russie, appuyée par l’ONU, provoqua l’annihilation des armes chimiques de Bachar El-Hassad par un groupe de lutte contre les armes à destruction massive, dont seule la Norvège a souligné l’exploit en lui accordant le Prix Nobel pour la Paix 2013: il s’agit de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OPCW) oubliée de tous dont deux représentants, y compris un militaire canadien, posent fièrement sur la photo suivante avec M. Ban Ki-moon.

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Je suis éberlué de lire l’OBS chaque semaine où des gens informés ignorent comment enrayer le phénomène de vases-communicants liant baisse de popularité du Parti socialiste et montée de l’extrême-droite. Vu d’un pays gouverné par le jeune Premier ministre Justin Trudeau, qui a demandé de cesser les frappes aériennes contre l’Armée islamique pour plutôt aider les Kurdes à se défendre (pas les Turcs sunnites, ni les Irakiens chiites, ni le dictateur Bachar al-Assad !), l’explication nous semble simple : le président Hollande par ses discours vengeurs et son recours à son porte-avions et à ses bombardiers fait déjà une politique de droite militariste. Aussi bien voter extrême-droite, se disent certains électeurs inquiets de l’arrivée massive d’immigrants, puisque des médias sans boussole assimilent ces flux d’entrée et de sortie de Syrie à des éléments radicalisés et violents.

Gilles Bibeau, professeur émérite à l’Université de Montréal, révèle dans son livre Généalogie de la violence :

« Sous la présidence socialiste de François Hollande, le secteur économique qui a connu la plus grande croissance est celui de l’industrie des armes. Les entreprises d’armement ont contribué en moyenne à 24 % du total des exportations françaises sur la période allant de 2010 à 2013. Selon les chiffres présentés par le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian, les commandes nouvelles d’armements à l’exportation ont grimpé de 43 % en 2013, pour atteindre 6,87 milliards d’euros. Dans le seul domaine des avions de combat multirôle, Dassault a annoncé la vente, pour 2015, de 24 Rafales à l’Égypte et de 24 autres au Qatar ; des négociations sont en cours pour de possibles livraisons de 36 appareils à l’Inde et d’un nombre encore non déterminé à l’Arabie saoudite (à qui le Canada de droite de Stephen Harper a vendu pour 15 milliards de $ de blindés fabriqués en Ontario). La France se situe aujourd’hui au troisième rang pour la fabrication d’armements, immédiatement après les États-Unis et la Russie. »

Des initiatives de paix à tenter

Les Artistes pour la Paix ont reçu à Montréal en décembre 2013 Mère Agnès-Mariam de la Croix, aidée en Syrie par la prix Nobel de la Paix 1976 Mairead Maguire, une Irlandaise au caractère forgé par l’organisation de nombreuses manifestations contre l’extrémisme de factions religieuses qu’elle a su réconcilier dans son propre pays. Pourquoi la France, pourtant exemplaire par sa longue expérience de laïcité et d’engagement féministe, tourne-t-elle le dos sciemment à leurs remarquables initiatives de paix ?

En mai dernier, en vue de la campagne électorale qui réussira à expulser du pouvoir un premier ministre canadien conservateur trop porté sur l’action militaire et les contrats d’armements avec l’Arabie Saoudite (comme la France avec ses Rafale au Qatar), les APLP imprimaient à leurs frais cinq mille cartes postales représentant Gaza détruite par les bombardements israéliens de 2014 bénis par Stephen Harper et non remis en question par Hollande: ce dernier veut même déclarer hors-la-loi le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions, issu de la société civile palestinienne. Nous n’y avons pas adhéré, par solidarité avec Daniel Barenboim injustement accusé par le BDS. Mais de là à vouloir enlever aux Palestiniens un de leurs seuls espoirs de défense contre les occupations et emprisonnements israéliens, votre pays vient de franchir un pas injuste ! Nos cinq mille cartes posaient la question : « Que reste-t-il à bombarder ? »

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C’est la question que nous osons vous poser : Hollande croit aux bombes, croyez-vous aux bombes, monsieur Jean Daniel ? On connaît les conséquences funestes des bombardements massifs en Afghanistan, en Irak, en Syrie, en Libye et au Mali : des millions de morts et de réfugiés et sur ce dernier sujet, l’accueil de la France reste méritoire, mais pour combien de temps, sous les coups de butoir de Marine LePen ? La guerre aux terroristes ne peut pas être menée comme une guerre traditionnelle : les bombes larguées du haut des airs sur des populations ne font que créer davantage de terroristes vengeurs.

justin_garnotteC’est ce que notre nouveau premier ministre a bien compris, en prévoyant retirer les F-18 canadiens de l’Irak et de la Syrie, récoltant quolibets des caricaturistes et des militaristes de tout acabit, tant au Canada qu’aux États-Unis, en France et en Grande-Bretagne.

Alors que faire, direz-vous ? Voici un tout petit exemple que nous suggérions il y a dix ans, par une lettre officielle en solidarité avec le voyage en Afrique centrale de l’actuelle Secrétaire générale de la francophonie, la très honorable Michaëlle Jean, alors chef des armées canadiennes à titre de Gouverneure générale [5]. Nous rappelons la devise de la Fondation Michaëlle Jean  qui nous lie à cette dame et à son mari français Jean-Daniel Lafond: le pouvoir des arts contre la violence et pour mieux vivre ensemble.

Ajoutons que l’excision, comme la burka ou le tchador, sont des pratiques islamistes favorisées par la dérive waabiste de l’Arabie Saoudite, et non mises de l’avant par le Coran. Ces pratiques non religieuses minent l’autorité de l’Islam et l’autonomie des femmes, en exacerbant l’agressivité fanatique des djihadistes. En constatant cette dernière semaine leurs massacres insensés, on pense à ce qu’une simple initiative de la sorte aurait pu accomplir en tous ces pays du Moyen-Orient (y compris la Turquie dont la France culturelle de gauche a compris le combat mené par ses femmes indépendantes en commanditant l’envoi du film Mustang comme candidat du meilleur film étranger aux Oscars), de l’Asie du Sud-Est et de l’Afrique centrale, hantés hélas par des milliers d’enfants-soldats, y compris des jeunes filles fanatisées armées de kalachnikov. Et des millions d’Africains de l’Est sont en danger de mort, faute d’eau potable et de nourriture : le Secrétaire-général de l’ONU M. Ban Ki-moon appelle chaque année à une solidarité internationale pour éviter de cycliques désastres humanitaires. Demandons aux pays occidentaux de sacrifier chacun le budget d’un seul de leurs bombardiers offensifs : l’argent ainsi épargné, s’il était attribué à l’UNICEF, sauverait des millions de vies d’enfants ! Et un tel geste enclencherait une nouvelle image de nos pays qui gagneraient ainsi en dividendes de paix et freineraient, qui sait, l’escalade fanatique désespérée des djihadistes.

La France qui nous inspire

C’est celle de Christine Taubira qui a démissionné pour préserver la justice française d’un projet de loi déshonorant créant deux sortes de citoyens.

McKenna

Madame McKenna et Justin Trudeau lors de la nomination du nouveau Conseil des Ministres avec parité du nombre de ministres femmes : « parce qu’on est en 2015 » a déclaré Trudeau à une question à ce sujet !

C’est celle de la COP21 ralliant à Paris l’humanité entière, avec l’aide de notre ministre de l’Environnement et du Changement Climatique, Catherine McKenna, autour de l’objectif incontournable de deux degrés maximaux de réchauffement permissible, sans hélas réussir à cristalliser ce modèle par des objectifs mesurables contraignants.

C’est celle des artistes martyrs de Charlie Hebdo et spectateurs du Bataclan.

C’est celle qui a accordé à notre collègue de l’UQAM Corinne Gendron la Légion d’Honneur, sans doute pour sa définition raisonnée du développement durable et de l’acceptabilité sociale qu’elle nous communiquait au printemps 2015 [6].

C’est celle de Daniel Cohn-Bendit, lorsqu’il a compris l’avertissement lancé par nos artistes amérindiens Samian et Alanis Obomsawin, cette dernière affirmant lors de l’hommage que les APLP lui ont rendu en février 2015:

Lorsque le dernier arbre sera coupé,
Le dernier poisson pêché,
Et la dernière rivière polluée,
Que respirer l’air vous rendra malade,
Vous réaliserez trop tard que la richesse n’est pas à la banque
Et que vous ne pouvez manger l’argent.

C’est celle véhiculée par Dominique de Villepin, ce qui prouve combien les notions de gauche ou de droite sont bousculées par les questions de paix, comme par celles d’écologie. En contraste des pénibles rodomontades patriotiques avec excès de drapeaux et de Marseillaises de François Hollande, il a fait le lucide constat, lors d’une interview sur BFM TV, que le «terrorisme islamique» est «l’enfant monstrueux de l’inconstance et de l’arrogance de la politique occidentale.» C’était dans la droite lignée de son discours historique à l’ONU où la France osait interpeller, avec la complicité du Canada de Jean Chrétien, les Blair et Bush intervenus militairement en Irak en 2001.

C’est enfin celle regrettée des Georges Brassens, Jacques Brel, Albert Camus, Léo Ferré, Jean Giono, Pierre Perret, Jean Ferrat, Romain Rolland, Albert Schweitzer, Boris Vian, Serge Gainsbourg, etc. et celle qui a accueilli les réfugiés Jorge Semprun, Pablo Casals, Yves Montand, Pablo Picasso qui éclairaient jadis le chemin humaniste de la gauche.

Pendant que les points de vue pacifistes sont ignorés, même par la plupart des médias de gauche (à l’exception de l’Humanité), l’extrême-droite, sournoisement unie dans son racisme primaire, se fait du capital politique contre les malheureux réfugiés et la France de Hollande se perd dans de vagues discours économiques pervers au profit des industries du pétrole, du nucléaire et d’avions militaires. Au secours !

La France doit, peut retrouver son chemin. M. Mélanchon devrait laisser sa place à une femme charismatique qu’il serait présomptueux de la part d’un Québécois de désigner. Qu’il me soit seulement permis d’espérer son avènement de toutes mes forces !

Pierre Jasmin
professeur honoraire de
l’Université du Québec à Montréal et vice-président des Artistes pour la Paix


[1]« Avec pour seul résultat positif l’abolition de la peine de mort en 1981, le PS était déjà devenu, sous Mitterrand et son ministre Roland Dumas (scandale Elf), un parti affairiste, gangrené d’hommes d’affaires soucieux d’enrichir leurs industries militaires au détriment du bien commun de la France. »

[2] Les Artistes pour la Paix voient le jour à Montréal en 1984 en joignant l’organisme international Performing artists for nuclear disarmament, co-présidé par le chanteur américain Harry Belafonte et l’actrice suédoise Liv Ullmann. Soutenant l’idéal de contribuer à une paix durable par le désarmement et la justice sociale, son assemblée générale annuelle souveraine élit une douzaine de membres d’un conseil d’administration qui fonctionne selon les règlements démocratiques d’une charte qu’on peut consulter sur le site http://www.artistespourlapaix.org .

Lettres ouvertes aux journaux, spectacles, concerts, expositions et encans d’œuvres d’art, conférences, soirées de poésie, tables rondes, articles divers, prises de position féministes sur le site web, nomination d’unE artiste pour la paix de l’année (au Québec) chaque 14 février, mémoires adressés aux comités permanents de la Défense et des Affaires étrangères ou à des commissions, envois massifs à des milliers d’artistes permettent de susciter une réflexion sur les grands enjeux de paix et de militer contre l’accroissement des dépenses militaires mondiales : 1800 milliards de $ en 2014, selon les chiffres du SIPRI.

Les APLP épousent les grands idéaux de l’ONU, de l’UNESCO et de l’UNICEF et s’inspirent du rapport Notre avenir à tous de Gro Brundtland (1986, traduit par des Québécois), ainsi que des rapports scientifiques du groupe Pugwash. Avec Oxfam et Amnistie internationale, les APLP prônent le monitoring et la restriction du trafic international d’armements par le Traité de Commerce des Armes (ONU) et par l’abrogation des abris fiscaux, du secret bancaire et du blanchiment d’argent.

[3] de beaux serpents qui allaient un an plus tard assassiner l’ambassadeur américain et provoquer les attaques incessantes des Républicains militaristes contre Hillary Clinton

[4] Rappelons que la carrière militaire de 38 ans du général Bouchard a vu son aboutissement un an après sa retraite de la Royal Canadian Air Force, par sa nomination comme représentant en chef au Canada pour Lockheed Martin, la firme principale avec Northrop Grumman qui construit F-35, drones et bombes nucléaires. On peut consulter sur le rapport www.dontbankonthebomb.com de l’Institut chrétien PAX et de l’organisme International Coalition to Abolish Nuclear Weapons le nombre effarant de compagnies françaises et autres qui subventionnent à coups de milliards d’Euros ces nuisances militaristes. Bombarder devient une action très rentable, certains missiles coûtant un million de $ pièce et les armées occidentales influencées par ces industries peuvent devenir les marteaux qui voient, en chaque situation internationale tendue, un clou qu’il faut frapper en vue de la résoudre.

[5] « La paix et la cause des femmes seraient infiniment mieux servies en intervenant civilement, ailleurs qu’en Afghanistan (où échoue une part importante des [dizaines] de milliards de dollars supplémentaires consacrés à l’armement) ; par exemple en Afrique où, avec cent fois moins que la somme des dépenses militaires citée, le Canada pourrait initier une révolution culturelle, un large mouvement irréversible contre l’excision des femmes, ouvrant ainsi à des améliorations notables pour la condition et la santé des femmes, et même pour l’économie africaine en général : on appliquerait au continent noir sur une plus grande échelle le succès des microcrédits, à l’initiateur bengladais desquels fut décerné le prix Nobel de la Paix 2006. En vue de cette avancée, nous saluons avec enthousiasme le succès remporté par la tournée récente, justement en Afrique confrontée aux ravages des mutilations génitales féminines, de la Gouverneure générale du Canada, Michaëlle Jean, qui sans son état-major et avec une simplicité désarmante, a eu le courage politique de s’adresser à des parlements majoritairement masculins sur la question de l’excision pour laquelle il n’existait à peu près aucun antécédent de prise de position officielle : elle y a récolté un accueil extrêmement favorable des populations et même des hommes politiques des pays concernés, bref, un succès d’estime pour laquelle elle mérite les plus chaleureuses félicitations de tous les Canadiens et Canadiennes. Nous avons écrit « ailleurs qu’en Afghanistan » en pensant au travail extraordinaire de réconciliation des catholiques et protestants accompli en Irlande par le général canadien De Chastelain, profitant de mille fois moins d’argent en aide canadienne que celui gaspillé en Afghanistan. »

[6] L’une des ruptures les plus importantes de notre époque au sein des représentations sociales résulte de l’éveil de la conscience écologique. Celle-ci a profondément bousculé l’imaginaire du progrès en questionnant le modèle de développement industriel de même que l’exploitation intensive des ressources qu’il sous‐tend. Alors qu’elle n’avait de valeur que transformée, la nature est aujourd’hui une valeur en soi et son intégrité, un bien à préserver; son exploitation ne se justifie donc qu’à condition d’apporter davantage de richesses que sa préservation sur un horizon temporel assez long pour inclure les générations futures.

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