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"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Le « petit » problème nucléaire de la Grande-Bretagne

Par Bill Kidd et Erika Simpsoncette dernière collègue à Pugwash Canada et professeure en relations internationales, associée au département politique de la Western University (Ontario). Son article démontrerait l’avantage des petits pays, plus proches des préoccupations de leur population, ici les soucis que procure aux Écossais la base à Glasgow des sous-marins nucléaires anglais

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Si l’Ecosse vote jeudi prochain en faveur de son indépendance, un nouveau petit pays pourrait rejoindre bientôt les Nations Unies. Le Parti National Ecossais (SNP : Scottish National Party), qui milite pour une Ecosse indépendante et non-nucléaire, veut faire de l’Ecosse un membre de l’OTAN et de l’Union Européenne mais rejette les armes nucléaires, y compris les sous-marins nucléaires britanniques actuellement basés en Ecosse. Le SNP promet de négocier le retrait du système d’armes nucléaires britannique Trident de la base navale de Faslane, à 40 km de Glasgow.

Les quatre sous-marins de la classe Vanguard sont stationnés sur l’Estuaire de la Clyde, un ensemble de rivières, d’estuaires et de bras de mer. Un vote majoritaire en faveur du OUI signifierait que le programme de 20 milliards de livres que la Grande Bretagne s’apprête à consacrer au remplacement de ses quatre sous-marins Trident pendant la prochaine décennie ne pourrait pas démarrer. Il pourrait également signifier que l’engagement du Royaume-Uni en faveur des armes nucléaires devrait être repensé. Le gouvernement britannique a présumé depuis 1968 que le Traité de Non Prolifération nucléaire lui donne une sorte de droit de posséder des armes nucléaires.

Si une Ecosse indépendante applique sa politique d’évacuation du système d’armes nucléaires Trident, le Royaume Uni devra trouver dans les quatre ans un autre lieu de stationnement pour toutes ses têtes nucléaires navales, étant donné qu’il coûterait bien trop cher de les déployer toutes en même temps en mer pendant des mois. Ce sera une tâche bien difficile, presque autant que pour Vladimir Poutine aurait été celle de trouver un autre port d’attache pour la Flotte de la Mer Noire stationnée en Crimée. Si le Royaume-Uni veut conserver ses sous-marins nucléaires, il lui faudrait trouver un autre port en eau profonde, de préférence sur le territoire britannique plutôt qu’en terrain colonial (Le Canada loue à la marine des Etats-Unis un espace en eau profonde pour ses essais de torpilles nucléaires à Nanoose Bay, au nord de Nanaimo en Colombie-Britannique). Le gouvernement britannique affirme que d’autres implantations seraient inacceptables du fait de leur proximité avec des centres urbains populeux, nonobstant le fait que depuis 1969 le Royaume-Uni a hébergé ses sous-marins et entreposé ses armes nucléaires à deux pas de l’un d’eux : Glasgow.

Si Westminster décide de relocaliser ces armes, le coût estimé de l’opération varie énormément. Selon certains, construire une nouvelle base coûterait de 2,5 à 3,5 milliards de livres (4,47 à 6,26 milliards de dollars), tandis que pour d’autres, le transfert des Tridents coûtera près de 50 milliards de livres. En tout état de cause, ce serait une sacrée dépense pour les contribuables anglais et gallois, au lendemain de la partition de leur pays et d’un probable déclin économique. La question de savoir si une Ecosse indépendante continuerait à utiliser la livre britannique a fait l’objet de bien des débats politiques, le gouvernement écossais disant que oui, il continuerait, les parties unionistes menaçant de s’y opposer. Les gens se sont aussi demandé si l’Ecosse pourrait jouer un rôle central dans le désarmement nucléaire, si elle devenait un Etat membre de l’OTAN. Mais si une Ecosse indépendante décidait de rejoindre l’alliance, elle pourrait suivre l’exemple d’autres membres de l’OTAN tels que le Canada, la Norvège ou la Lituanie, qui interdisent en principe les armes nucléaires sur leur sol. En outre, si une Ecosse indépendante devenait le fer de lance d’initiatives en faveur de nouveaux traités internationaux en vue d’interdire les armes nucléaires, sa démarche pourrait avoir un impact majeur sur d’autres membres de l’OTAN, en dépit de la tendance actuelle à ouvrir un nouveau front en Europe centrale pour protéger les Etats baltes.

Même si les Ecossais n’étaient pas assez nombreux à voter Oui pour gagner l’indépendance, les motifs de leur vote pourraient offrir aux Britanniques dans leur ensemble l’occasion de repenser la question des armes nucléaires. Le coût très élevé du remplacement des sous-marins, couplé aux défis logistiques de la relocalisation des armes, signifie qu’il y aura une forte opportunité pour renoncer aux armes nucléaires, s’il se trouve à Westminster un parti politique pour adopter une telle politique. Pour leur part, les représentants du SNP sont prêts à participer activement à une initiative humanitaire sur les armes nucléaires et à soutenir des négociations sur un traité international d’interdiction des armes nucléaires, même sans la participation des Etats dotés d’armes nucléaires. Un tel traité rendrait la possession d’armes nucléaires indubitablement illégale pour tout le monde, en les plaçant sur le même pied que les armes biologiques et chimiques. Face à une telle opposition de l’Ecosse – même dans l’éventualité d’un vote majoritaire en faveur du Non – il sera difficile pour le gouvernement du Royaume-Uni de poursuivre le renouvellement absurde et coûteux du système Trident, dans un contexte de négociations internationales visant à bannir les armes nucléaires. Le vote de l’Ecosse ce jeudi peut bien s’orienter dans un sens ou un autre, il est d’ores et déjà assuré d’inciter Mère Angleterre à dépasser sa conception de la sécurité héritée de la Guerre Froide, en minant les arguments traditionnels en faveur de la conservation de ces armes de destruction massive.

— Bill Kidd est membre du Parlement écossais, élu dans la circonscription de Glasgow Anniesland, et membre du Parti National Ecossais qui milite pour une Ecosse indépendante et non-nucléaire 

Traduction : Jean-Marie Matagne (Pierre Jasmin a inséré quatre mots en italiques pour une meilleure interprétation)


 

Ce matin 18 septembre, Le Devoir a publié dans sa version électronique :

Les Écossais face à leur destin

Plusieurs souverainistes québécois sont à Édimbourg en ce jour de référendum

18 septembre 2014 | Marco Fortier – LE DEVOIR

Les yeux du monde entier sont tournés vers l’Écosse : la petite nation de 5,3 millions d’habitants doit décider ce jeudi si elle maintient une union politique vieille de 307 ans avec la Grande-Bretagne ou si elle vole de ses propres ailes. Comme au Québec en 1995, les camps du Oui et du Non se trouvent dans une quasi-égalité — 51 % à 49 % en faveur du Non, selon les sondages — au moment où les électeurs doivent envahir les bureaux de vote. Le sort de la nation repose entre les mains de 600 000 électeurs indécis qui peuvent pencher d’un côté ou de l’autre au moment de remplir leur bulletin de vote, estiment les analystes. Le référendum se déroule sous haute surveillance de Québécois, surtout du mouvement souverainiste, venus chercher la recette du succès de la campagne du Yes Scotland. Le député péquiste Pierre Karl Péladeau et sa conjointe Julie Snyder sont débarqués mercredi à Édimbourg pour voir de leurs propres yeux ce moment historique. Les péquistes Alexandre Cloutier, Martine Ouellet et Mathieu Traversy ont aussi participé à une manifestation pour le Oui, en soirée à Édimbourg. Des représentants de Québec solidaire et d’Option nationale se trouvent aussi sur place. Jean-Martin Aussant, qui a appelé la semaine dernière à une « refondation » du Parti québécois (PQ), doit arriver ce jeudi de Londres avec femme et enfants. « La campagne référendaire peut certainement donner des ailes à d’autres mouvements indépendantistes, notamment en Catalogne et au Québec », croit Michael Fry, historien et auteur écossais qui est devenu indépendantiste en 2007, après avoir milité pour le Parti conservateur. « Peu importe le résultat jeudi, la campagne a changé la dynamique politique en Écosse », estime de son côté Michael Keating, professeur de science politique à l’Université d’Aberdeen, qui a déjà enseigné à l’Université Western Ontario, à London au Canada. L’Écosse sort plus forte de cette campagne d’une intensité jamais vue, et les électeurs plus exigeants envers leurs élus, selon lui. « Le statu quo est à peu près impensable. Il y aura certainement dévolution de pouvoirs en cas de victoire du Non, même si on ne sait pas lesquels », ajoute Michael Keating.

(Lire la suite de l’article dans LE DEVOIR)

Il m’est arrivé de constater tout récemment que le drapeau de Montréal n’avait pas que les 4 écus, symboles des communautés fondatrices, excluant les premières nations, bien entendu (et c’est ignoble). Avec le lys pour les francophones issus de la Nouvelle-France, on aligne le chardon écossais, la rose anglaise et le trèfle irlandais.Cependant, au coeur même du drapeau de Montréal, dominant les écus, une croix de Saint-Georges, qui vient des croisades en passant par la Guerre des cent ans, mais qui est le drapeau de l’Angleterre, situé au coeur de l’Union flag, amalgamé en outre avec le drapeau national écossais, sur le modèle de la croix de Saint-André. Et il est là le problème, dans l’union. Une union qui est centralisée à Westminster. Une union qui a toujours une logique coloniale et impériale, une union qui résulte de guerres de conquête d’une autre époque. Que la ville de Montréal soit encore marquée symboliquement par l’Angleterre me révolte, mais c’est un autre débat. Ce que je constate, c’est l’incapacité des nonistes orangistes de comprendre leur relation avec l’autre autrement qu’en étant les dominants, en étant incapables d’établir une relation chaude, proche et intime, mais à l’internationale. Une Écosse libre, avec un parlement souverain, serait inévitablement proche de l’Angleterre. Il est temps de faire comprendre la nécessité de l’indépendance des peuples, mais aussi de leur interdépendance, qui n’est pas seulement praticable par une union politique, surtout si elle est le résultat de conquête, de centralisation, de marginalisation des provinces qui sont en fait des sociétés et de pays. L’intégration de l’Autre dans l’union par les anglais, n’est pas une ouverture d’esprit, mais un travers colonial.

Commentaire de Pierre Jasmin

Sans prendre position pour le oui ou pour le non (de toute façon, avec le non en légère avance et la tendance conservatrice des électeurs seuls devant une boîte de scrutin, le non va l’emporter), les Artistes pour la Paix présentent l’exemple de la position écossaise face aux sous-marins britanniques.

1 Commentaire

  1. judi richards judi richards
    19 septembre 2014    

    Bien aimé le parallel Québec/ l’Écosse dans «Les Écossais face à leur destin»
    Aussi la paragraphe sur le drapeau de Montréal… je ne me suis jamais pas penchée sur cette réalité,
    merci !

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