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Le Canada doit ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires

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Pour marquer la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, le 26 septembre, un article – cosigné par les cinq parrains/marraine de la campagne 2021 du coquelicot blanc – a été soumis aux médias pour publication. Vous le trouverez ci-dessous.

En plus d’être publié hier dans Le Devoir, et dans les 6 quotidiens numériques de la CN2i (Le Soleil, La Tribune, Le Nouvelliste, Le Droit, le Quotidien et la Voix de l’est), il a été publié aujourd’hui dans Le Journal de Montréal et Le Journal de Québec.

Une des priorités de travail du Collectif au cours de la prochaine année sera de faire campagne pour que le Canada signe et ratifie le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), entré en vigueur le 22 janvier dernier.

Raymond Legault, pour le Collectif Échec à la guerre

Le Canada doit ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires

Le 26 septembre est la Journée internationale pour l’élimination totale des armes nucléaires, un objectif d’une importance capitale dans la période extrêmement dangereuse que nous traversons. En effet, la confrontation militaire qui se profile entre les États-Unis et la Chine – deux puissances nucléaires – n’est surtout pas à prendre à la légère. Elle doit à tout prix être évitée car elle pourrait anéantir une partie importante de l’humanité, voire menacer sa survie même. Alors que les États-Unis font pression sur leurs alliés pour qu’ils adoptent une posture plus agressive vis-à-vis de la Chine, y compris sur le plan militaire, le Canada doit refuser et poser le geste responsable de ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN).

Le risque des armes nucléaires

Il est connu depuis longtemps qu’une guerre nucléaire, selon son ampleur, causerait de dizaines ou des centaines de millions de victimes immédiates. Les modèles climatiques les plus récents confirment aussi ce qui a été appréhendé dès les années 1980, à savoir qu’une guerre nucléaire engendrerait des changements climatiques durables pouvant plonger une grande partie de l’humanité dans la famine.

Ces risques ne sont ni théoriques, ni improbables.

D’une part, nous sommes déjà passés très près de la catastrophe à plusieurs reprises, notamment lors de la crise des missiles de Cuba en 1962 et lors de l’exercice militaire Able Archer en 1983. Tout récemment, en octobre et en janvier derniers, la Chine aurait cru à une attaque imminente de la part des États-Unis et le chef d’État-major étasunien Mark Milley – qui redoutait aussi que Trump ne déclenche une attaque nucléaire ! – aurait secrètement téléphoné à son vis-à-vis chinois pour le rassurer à cet égard.

D’autre part, plusieurs traités balisant les armes nucléaires ou permettant des survols de vérification réciproque sont maintenant caducs et une nouvelle course aux armements bat son plein.

Une nouvelle guerre froide… qui se réchauffe dangereusement

En 2010, sous Obama, les États-Unis ont décidé de « moderniser » tout leur arsenal nucléaire : nouvelles armes nucléaires, nouveaux missiles, nouveaux sous-marins et bombardiers stratégiques. En 2018, sous Trump, ce programme fut confirmé et élargi, pour un coût estimé de 1 200 milliards de dollars sur 30 ans. Le président Biden poursuit dans la même veine. De leur côté, la Russie et la Chine ont emboîté le pas et ont aussi lancé des plans de « modernisation » de leurs arsenaux nucléaires.

Depuis quelques années, nous assistons à la mise en œuvre d’une nouvelle Guerre froide de la part des États-Unis, qui se manifeste dans un discours antagonisant de plus en plus la Chine et la Russie sur nombre de questions : technologie 5G, traitement des Ouïghours, Hong-Kong et Taiwan, pour la première; Crimée, est de l’Ukraine, ingérence dans les élections étasuniennes et traitement des opposants, pour la seconde.

Ce qui est plus inquiétant encore, c’est que cette rhétorique de confrontation s’accompagne des exercices militaires de l’OTAN les plus importants depuis la fin de la Guerre froide, aux portes mêmes de la Chine et de la Russie et d’une nouvelle Stratégie de défense nationale (SDN) des États-Unis qui a substitué à  la « guerre contre le terrorisme » une nouvelle priorité : la concurrence stratégique avec la Chine et la Russie. En novembre 2020, les recommandations du Groupe de réflexion de l’OTAN sont allées dans le même sens. Puis, en mars 2021, le Royaume-Uni a adopté les mêmes orientations, annonçant également une hausse de 45 % du plafond de ses ogives nucléaires. Il y a quelques jours, les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie révélaient leur nouveau partenariat stratégique « pour contrer la Chine », incluant la fourniture de sous-marins étasuniens à propulsion nucléaire à l’Australie, qui annulait du même coup son contrat avec la France d’une valeur de 84 milliards de dollars canadiens.

De plus en plus, l’idée d’une guerre à venir entre les États-Unis et la Chine prend place dans le discours public, une perspective d’une irresponsabilité et d’une inconscience totales, au vu des conséquences possibles. Des officiels du Pentagone allant même jusqu’à affirmer que la question n’est pas de savoir SI une telle guerre aura lieu mais QUAND !

Que devrait faire le Canada ?

Pour que le Canada joue un rôle positif face à cette spirale menaçante, il devrait se dissocier de cette propagande guerrière et intervenir fortement pour calmer le jeu, en faisant valoir qu’aucun enjeu économique ou stratégique ne vaut  qu’on risque la vie d’une grande portion de l’humanité, voire sa survie même. De façon plus circonscrite et immédiate, le Canada devrait renoncer à la politique nucléaire de l’OTAN et ratifier le Traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN), tel que souhaité par 74 % des Canadiens et des Canadiennes.

Le Canada porte une grande responsabilité dans la genèse et la persistance du péril nucléaire. Impliqué dans la mise au point des premières bombes atomiques, il a ensuite vendu suffisamment d’uranium aux États-Unis  et au Royaume-Uni pour fabriquer 15 000 bombes nucléaires. Depuis, le Canada a continué à défendre la thèse de l’OTAN selon laquelle les armes nucléaires sont indispensables à la sécurité et à la défense de ses pays membres.

Depuis des décennies, le Canada soutient en paroles l’élimination mondiale des armes nucléaires, tout en s’opposant aux mesures concrètes pour atteindre cet objectif. C’est ainsi qu’en 2016 il a voté contre la résolution de l’ONU établissant le processus qui a conduit au TIAN et, comme 28 des 29 pays membres de l’OTAN, il a ensuite boycotté ce processus et refusé de ratifier le Traité. S’il veut contribuer à freiner la folie actuelle, le Canada doit changer de cap et appuyer le TIAN.

Malheureusement, tout comme pour la crise climatique, il y a peu de chance qu’un gouvernement canadien adopte les mesures que la situation exige sans que des mobilisations citoyennes importantes et soutenues ne l’y forcent.

François Avard, auteur et scénariste
Ariane Émond, journaliste indépendante, animatrice et auteure
Martin Forgues, ex-militaire, journaliste indépendant et auteur
Jacques Goldstyn (alias Boris), auteur, illustrateur et caricaturiste
Christian Vanasse, auteur et humoriste
Parrains et marraine de la campagne 2021 du coquelicot blanc.

1 Commentaire

  1. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    28 septembre 2021    

    Dans cet excellent texte, on ne trouve hélas mention de l’ONU qu’une seule fois. Vous trouverez des références indispensables dans l’article précédent « C’est la Journée internationale pour l’élimination des armes nucléaires ». Voici LA DÉCLARATION D’ANTONIO GUTERRES, secrétaire général de l’ONU
    « Dès le départ, les activités de l’Organisation des Nations Unies ont
    été axées sur la lutte contre la menace existentielle que représentent
    les armes nucléaires.
    En 1946, dans la toute première résolution qu’elle a adoptée,
    l’Assemblée générale s’est fixé comme objectif « d’éliminer, des
    armements nationaux, les armes atomiques et toutes autres armes
    importantes permettant des destructions massives ».
    Toutefois, soixante-seize ans plus tard, nous n’avons toujours pas
    atteint cet objectif.
    En cette Journée internationale pour l’élimination totale des armes
    nucléaires, le risque nucléaire est même à son plus haut niveau depuis
    pratiquement quarante ans.
    Près de 14 000 armes nucléaires sont stockées dans le monde, dont des
    centaines pourraient être déclenchées par une simple pression sur un
    bouton. Bien que le nombre global d’armes diminue depuis des
    décennies, des États perfectionnent leurs arsenaux et nous observons
    les signes inquiétants d’une nouvelle course aux armements.
    Les armes nucléaires ne sont pas une affaire du passé et constituent
    aujourd’hui encore une menace. Malgré les progrès accomplis,
    l’humanité demeure beaucoup trop proche de l’anéantissement nucléaire.
    Cela étant, il y a des raisons d’espérer. La décision prise par la
    Fédération de Russie et les États-Unis de prolonger le nouveau Traité
    de réduction des armements stratégiques et d’engager un dialogue est
    encourageante, tout comme l’entrée en vigueur, en janvier, du Traité
    sur l’interdiction des armes nucléaires.
    C’est aux États qu’il appartient désormais de poursuivre sur cette
    lancée. La Conférence des Parties chargée d’examiner le Traité sur la
    non-prolifération des armes nucléaires offre en effet à tous les pays
    l’occasion de prendre des mesures concrètes pour prévenir
    l’utilisation des armes nucléaires et les éliminer une bonne fois pour
    toutes.
    Notre grande famille mondiale ne peut plus laisser le spectre du
    conflit nucléaire planer sur notre action visant à promouvoir le
    développement, à atteindre les objectifs de développement durable et à
    mettre fin à la pandémie de COVID-19.
    Il est grand temps de chasser ce spectre pour de bon, de débarrasser
    le monde des armes nucléaires et d’entrer dans une nouvelle ère de
    dialogue, de confiance et de paix pour toutes et tous.

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