Evénements du mois

Activités de nos membres

Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Solidarité internationale avec Wet’suwet’en

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Les chefs héréditaires Wet’suwet’en Rob Alfred, John Ridsdale (Na’Moks) et Antoinette Austin manifestent à Smithers, C. B., le 10 janvier 2020. Photo: Jimmy Jeong/The Globe and Mail

Artistes pour la paix pour la réconciliation

La première image signée Christi Belcourt (Métis), artiste visuelle au profond respect pour la Terre Mère et les traditions de son peuple qui a reçu hommages et prix artistiques, rallie une solidarité internationale impressionnante autour de l’opposition des Wet’suwet’en au projet de gazoduc Coastal GasLink, dont un chantier de pipeline occupe sans permission le territoire traditionnel (voir aussi l’article signé Izabella Marengo).

Alignés le 10 février le long de la rue principale de Sherbrooke (portant encore le nom rétrograde de King), nous étions environ soixante-quinze manifestants, rassemblés à la dernière minute, à exprimer notre solidarité avec les Chefs héréditaires Wet’suwet’en, à l’appel de l’Indigenous Cultural Alliance de l’Université Bishop’s et du collectif Solidarité sans frontières-Sherbrooke.

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Photo par Shawna Jerome de l’autochtone Tehahtkatonnions Bush au discours dynamique.

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L’eau avant les profits : Gordon Lambie, reporter-photographe, The Record/Sherbrooke

L’invasion de la Gendarmerie Royale et la répression

La Gendarmerie Royale du Canada a contribué à l’internationalisation de la cause :

  1. en fonçant sur des gens sans armes avec trente-trois véhicules militaires, quatre hélicoptères, un canon à ondes sonores, une escouade canine, quatre motos à neige, des scies mécaniques et du lourd équipement incluant deux bulldozers;
  2. en arrêtant une vingtaine de membres de cette nation, incluant des aînés, une femme enceinte et l’une des cheffes matriarcales;
  3. en éteignant le Feu Sacré au Unistoten Healing Lodge avec un camion;
  4. en déchirant les robes rouges érigées en l’honneur du MMIWG;
  5. en changeant les lois de l’espace aérien local de Transport Canada pour empêcher les drones autochtones de filmer et documenter leur raid illégal;
  6. en remorquant des véhicules privés autochtones en leur disant de marcher 27 kilomètres pour les récupérer;
  7. en interdisant les lieux aux médias (et en arrêtant un journaliste de Ricochet);
  8. en violant la Loi Internationale de l’ONU (UNDRIP) en commettant ces six infractions.

 

Et l’argent consacré à ce petit pipeline non économiquement viable et à la répression contre les protestataires solidaires partout au Canada aurait probablement été suffisant pour régler le problème d’eau potable affectant une majorité des communautés autochtones !

Les éditorialistes dénoncent des protestations illégales, mais ce ne sont pas des protestations, c’est plutôt un combat collectif pour la vie, répondent certains, comme Greenpeace. Citons quelques-unes de ces actions : le blocage de circulation ferroviaire par la communauté micmaque de Listuguj en Gaspésie, par les Mohawks à Belleville et Toronto empêchant la circulation des trains CN transcanadiens depuis une semaine et à Kahnawake empêchant celle du train de banlieue de Candiac; des manifs dans les ports de Halifax et de Vancouver ainsi qu’à Winnipeg; on parle aussi d’une pétition d’Amnistie internationale, d’une nouvelle Coalition étudiante pour un virage environnemental et social (CEVES) liant justice climatique et décolonisation, de membres de l’Alliance Étudiante Autochtone de l’Université McGill occupant les bureaux de Justin Trudeau et de Mélanie Joly ETC. ; on prend enfin connaissance de la déclaration surprenante mais réaliste d’un membre du Sénat, Murray Sinclair – de son nom anishnabe Mizhana Gheezhik – qui représente la Nation Ojibwe : « Si le Canada continue de mépriser les droits des Premières Nations et de perpétuer des violences coloniales, une rébellion violente peut s’ensuivre », selon sa lecture de Franz Fannon.

Le Mouvement québécois pour la Paix

Le 10 février, une assemblée appelée à la CSN par le Mouvement Québécois pour la Paix dont le procès-verbal signé Sabine Friesinger a été rendu disponible par Nancy K. Brown, a décidé de « suivre de près les évènements de wet’suwet’en et de faire circuler auprès des membres et des réseaux nationaux et internationaux, les appels à la mobilisation pour faire connaître le comportement disgracieux et colonial du régime canadien de Trudeau et ce malgré ses beaux discours de réconciliation ».

En tant que co-président d’honneur du MQP et « journaliste » pour Entrée libre, revue mensuelle communautaire locale et pour l’Aut’Journal, j’ai fait un discours et participé le même soir le long de la rue principale de Sherbrooke (portant encore le nom rétrograde de King), avec environ soixante-quinze manifestants rassemblés à la dernière minute, à une expression collective de solidarité avec les Chefs héréditaires Wet’suwet’en. Je remercie pour leur ouverture et leur permission de parler les très jeunes militants qui ont organisé cette manifestation : l’Indigenous Cultural Alliance de l’Université Bishop’s et le collectif Solidarité sans frontières-Sherbrooke. Les photos suivantes tirées de leur facebook ne montrent guère la créativité exprimée, par exemple en allant manifester au coin achalandé de King et Belvédère, en traversant à chaque feu vert l’intersection en tous les sens tout en brandissant des pancartes aux slogans éloquents.

Rencontre sur le budget fédéral 2020

Soulevées par les faits révoltants entourant la répression de la paisible Première Nation d’à peine quelques centaines de membres, ces oppositions feront-elles réfléchir le gouvernement Trudeau sur son prochain méfait annoncé, l’extension du pipeline Trans Mountain dont on estime les coûts à au moins 12,6 milliards en plus des 4.5 milliards gaspillés à son achat ?

J’ai pu démocratiquement protester contre cette future dépense que j’ai qualifiée d’irresponsable, ainsi que celle de 70 milliards de $ pour des navires de guerre Irving/Lockheed Martin, auprès de la ministre Marie-Claude Bibeau et de la Secrétaire parlementaire de la ministre du Développement économique et des Langues officielles Élisabeth Brière, alors que j’étais leur invité en l’après-midi du 10 février comme représentant les Artistes pour la Paix.

Mon intervention a suivi une vingtaine de présentations par de rares membres sympathiques d’ONGs présentes, comme Bleu Massawipi, Carrefour de solidarité internationale et deux environnementalistes dont je n’ai pas retenu les noms, et aussi par divers maires et responsables économiques régionaux de chambres de commerce quémandant de l’argent pour réaliser toutes sortes de plans polluants d’expansion, entre autres pour réaliser l’aéroport de Sherbrooke (est-ce réaliste à peu de distance de Burlington où les prix sont très bas ? N’est-ce pas un affront au cri d’alarme lancé par le GIEC à l’ONU sur les changements climatiques ?).

Ma présentation a débuté spontanément en reprenant la comparaison du canari dans la mine qui alerte les mineurs de la raréfaction de l’air, vu que les artistes me semblent asphyxiés par les GAFA de ce monde, et en faisant remarquer que la réunion suivait de quelques heures à peine la désignation par le vote de 9000 membres de l’Académie des Oscars de deux films aux fins très violentes et profondément pessimistes sur la société humaine, Parasite et Joker; ils font certes réfléchir et ils ont heureusement été rachetés par les discours humanistes des lauréats et lauréate, la compositrice islandaise du film Joker, Hildur Guðnadóttir qui avait aussi créé la bande-son de la série Tchernobyl.

Bref, j’ai insisté que les discussions, toutes démocratiques soient-elles, du budget Morneau nous semblent surréalistes quand elles ne remettent pas en question la violence des budgets militaristes adoptés par le gouvernement libéral, dont j’ai par ailleurs loué l’accueil des réfugiés en comparaison avec la fermeture conservatrice.

La rencontre allait être suivie par notre manifestation pro-wet’suwet’en à Sherbrooke, dont je leur ai appris la nouvelle, peu relayée par les médias à l’exception de Radio-Canada.

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Budget fédéral 2020

Recommandations des APLP – présentation Pierre Jasmin

1- Rapprocher le Canada de l’ONU

  • Les objectifs de l’ONU et de son Secrétaire général Antonio Guterres, à partir de la réunion de la COP21 et des recommandations du GIEC, suggèrent au Canada de stopper ses subventions ainsi que l’exploitation du pétrole des sables bitumineux, afin d’affronter les changements climatiques qui menacent la survie de centaines de millions de personnes.
  • l’ONU veut aussi réduire les dépenses militaires dans le monde et grâce au Traité d’Interdiction des Armes Nucléaires (boycotté par le Canada) et grâce à des négociations fin-avril à New York en faveur du Traité de non-prolifération exigera le respect de son propre article 6 et s’opposera à l’expansion militariste américaine dans l’espace et dans ses 800 bases militaires.

 

2- Continuer l’accueil des immigrants et sortir le Canada de l’OTAN

Nous sommes d’accord avec la générosité de M. Trudeau et de Mme Arbour qui a fait accepter le Pacte global (ONU – juillet 2019) par 152 pays contre les États-Unis et quatre autres pays dans une volonté commune d’accueil des immigrants. Nous sommes heureux du remplacement de Chrystia Freeland par François-Philippe Champagne comme ministre des Affaires extérieures. Le Canada doit se retirer de l’OTAN, de sa politique hostile à l’Iran et à la Russie, de ses demandes abusives d’augmenter le budget militaire jusqu’à 3% de notre PIB et de ses campagnes armées en Afghanistan, en Libye et en Syrie, qui ont augmenté le nombre de réfugiés de guerre à 70 millions (estimation de l’UNHCR). Réhabilitons plutôt les Casques bleus quand leurs opérations sont bienvenues par les populations de pays éprouvés par des guerres civiles (Haïti échaudée par des troupes atteintes du choléra, envoyées au lieu des Casques bleus canadiens retenus par Harper, ne sera pas du nombre de ces pays volontaires).

3- Couper le budget militaire et recycler le rôle de l’armée en vue des défis environnementaux

C’était déjà une recommandation de l’Enquête populaire sur la paix à laquelle les APLP et 600 autres groupes avaient participé en 1992, bien reçue par Jean Chrétien et les sénateurs libéraux en 1994 : les Forces armées doivent être plus aptes à répondre aux défis climatiques. Les militaires interviennent encore en lourds véhicules blindés et en uniformes de guerre pour affronter des problèmes environnementaux qui se multiplient : chutes de neige record (Terre-Neuve le mois dernier), verglas, inondations et feux de forêt. Le budget du ministre Sajjan prévoit 70 milliards pour construire des bateaux de guerre Irving/Lockheed Martin, quand le gouvernement prétend ne pas avoir 70 millions de $, soit mille fois moins, pour un nouveau traversier Matane-Godbout ni les sommes nécessaires pour acheter de nouveaux Canadair contre les feux de forêts.

 

2 Commentaires

  1. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    14 février 2020    

    Vendredi le 14 février vers midi cinquante-cinq, je suis intervenu à RDI – TV lors d’une émission avec Madeleine Blais-Morin et le professeur Éric Cardinal. Ce dernier a approuvé mes commentaires répondant à la question « comment régler la crise » en disant qu’il me semblait que l’expérience de Kanasetakeh en 1990 aurait dû nous enseigner comment ne pas en déclencher une nouvelle! Tous les ingrédients revenus (une entreprise qui coupe des arbres et creuse des trous pour son gazoduc, Coastal Gas Link, une intervention maladroite de la Gendarmerie du Canada) ont répété le même genre de fiasco, heureusement sans mort d’homme jusqu’à présent, s’est réjoui l’animateur que j’avais choqué au début de mon intervention en signalant combien Radio-Canada avait montré un exemple de populisme violent à 7h le matin…

  2. 17 février 2020    

    Merci beaucoup pour cet article!

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