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"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
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COP25 : paradoxes et contradictions

Ça discute ferme à la COP25, mais pas forcément des sujets chauds auxquels on s’attendrait : les délégués se concentrent sur les règles de l’application de l’Accord de Paris de 2015. Quant aux engagements concrets, ils seront à l’ordre du jour de la réunion de l’an prochain à Glasgow. Mais, aux dires de scientifiques comme Johan Rockström, co-directeur de l’Institut de Potsdam pour la recherche sur les impacts climatiques, les discussions s’embourbent dans des points de détails et des technicalités. « Il va y avoir des déceptions envers l’ONU, car le sentiment d’urgence n’est pas vraiment présent » a-t-il déclaré au Guardian.

La militante Greta Thunberg a également critiqué les dirigeants mondiaux pour leur inaction : « On fait la grève depuis plus d’un an, et il ne se passe rien ».

La COP25 noyautée par les grands pollueurs

Un des paradoxes de la réunion est l’omniprésence des industries fossiles. En effet, le financement de la COP de Madrid est assuré par les plus grands pollueurs d’Espagne : Endesa (10% des émissions espagnoles de Co2), Iberdrola, Santander, Suez, Telefonica Abertis, BBVA, Acciona et Indra. Ces entreprises en profitent pour se drapper dans l’identité verte de la COP.

De leur côté, Chevron, BP, Shell et l’IETA (International Emissions Trading Association) ont fondé la semaine dernière une entité intitulée Marchés pour des solutions climatiques naturelles. L’IETA est en fait le réseau de blanchiement des grands pollueurs, d’ailleurs récipiendaire il y a une dizaine d’année à Copenhague, du Prix de la Sirène en colère, pour sa promotions de fausses solutions aux changements climatiques. Bref, ça ne date pas d’hier, et ça continue. Les Solutions climatiques naturelles veulent compenser les émissions de carbone du Big Oil en plantant des arbres (voir notre article précédant sur le sujet).

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L’entête du site web de Shell.

Cette solution ne nuira pas, c’est certain, mais n’aidera pas non plus. Ce n’est pas avec cette idée que Shell et compères se feront une image de militant climatique, nous ne sommes pas dupes. Les leaders mondiaux, Trudeau en tête, trouvent l’initiative formidable parce qu’elle est rassurante (tout va bien aller) et confortable (pas besoin de changer ton style de vie). Justin Trudeau a promis de planter 2 milliards d’arbres, sans trop donner de détails… ce qui absorberait 80 mégatonnes de GES d’ici 2030. À noter que le pétrole pompé dans TransMountain (890 000 barils par jour) générera 620 mégatonnes d’ici 2030. Comme nous le disions, ça ne nuira pas, mais ça n’aidera pas du tout.

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Justin Trudeau plantant son arbre à St-Anaclet. Plus que 1 999 999 999 à planter. Photo TVA

Une coalition de 160 groupes de la société civile demande que les marchés du carbone soient exclus des règles d’application de l’Accord de Paris à partir de 2020. Un communiqué de cette coalition précise que « générer du carbone à partir de carburants fossiles dans une partie du monde ne peut pas être compensé à partir des cycles naturels ailleurs sur la planète, les écosystèmes ne fonctionnent pas comme ça ».

L’ONU devrait donc exclure les grands pollueurs, Big Oil en tête, des discussions des COP. Dans n’importe quelle autre situation de négociation, on hurlerait au conflit d’intérêt. Il y a d’ailleurs un précédent : d’après l’article 5.3 de la Convention encadrant le contrôle du tabac, cette industrie ne peut exercer une quelconque influence sur les politiques de santé publique.

Des manifestants pro-climat éjectés de la COP

Deux jours après cet appel de la société civile, que s’est-il passé ? Les organisateurs de la COP de Madrid ont éjecté non pas les grands pollueurs, mais des membres de la société civile.

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Photo Anabelle Avril/wecf

De jeunes manifestants venus d’une douzaine de pays pour exiger des actions tangibles ont occupé la scène lors d’une session plénière, scandant « nous sommes inarrêtables, un autre monde est possible ». Un peu plus tard, une manifestation de casseroles a précédé la session lors de laquelle le Secrétaire général de l’ONU devait prendre la parole. Cette manifestation rassemblait 300 activistes de tous horizons : jeunes, autochtones, syndicats et organisations de première ligne. Le message en était clair : que les pays riches tiennent leurs promesses de 2015.

Pendant le discours de M. Guterres, les agents de sécurité s’en prirent aux manifestants, tentant par la force de leur arracher une banderole. Ils les refoulèrent à l’extérieur, pour ensuite leur interdir l’accès au batiment.

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Photo Anabelle Avril/wecf

L’organisme Oil Change International a émis un communiqué conjoint avec plusieurs autre groupes : « Au lieu d’exclure les grands pollueurs, la COP25 a jeté le peuple dehors. Au lieu de nous écouter, elle a tenté de nous faire taire. Nous avons été poussés, bousculés et intimidés. Nous avons été éjectés de la salle de négociation. On nous a dit d’aller manifester dehors. La sécurité nous a poussé à l’extérieur par les portes de chargement ».

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Les manifestants refoulés à l’extérieur des portes gardées par la sécurité de la COP25.

Il va falloir choisir : visiblement, les grandes entreprises et la société civile ne font pas bon ménage à la COP. M. Guterres va-t-il se rendre compte qu’en invitant les grands pollueurs, il sabote le processus ? Pour qu’on prenne la COP au sérieux à Glasgow l’an prochain, il est nécessaire que tous les intervenants soient crédibles, ce qui n’est pas le cas en ce moment.

Avec Andy Rowell

1 Commentaire

  1. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    14 décembre 2019    

    Grand merci à Christian Morin pour cet article passionnant qui nous plonge à Madrid où aucune entente n’a encore eu lieu sur un texte final, ce qui reflète les tensions qu’il a bien décrites, avec les sociétés pétrolières et autres coupables d’embrouiller les enjeux (par contre, son dernier article sur l’OTAN et ses jeux de pouvoir ne présente guère d’intérêt, lorsqu’il ne dévoile pas les centaines de millions de $ gaspillées pour le complexe militaro-industriel).
    Une des solutions vantées à la COP25 et au Canada par les pollueurs et par Trudeau, qui a déjà investi 4.5 milliards de $ de nos taxes pour le pipeline TransMountain, est de planter deux milliards d’arbres. Or, notre journée de recherches scientifiques à Pugwash à la fin septembre a consacré quelques minutes à une présentation par la présidente de Science for Peace, Metta Spencer, sur le fait que la science n’a pas encore établi la latitude exacte où planter des arbres peut s’avérer nocif pour la planète en libérant du méthane …si on les plante dans une zone subarctique à préciser.

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16 mai 2019 : Lettre ouverte du CNANW au Premier ministre Trudeau.
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