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Militante pacifiste septuagénaire blessée lors d’une manifestation à Nice

Mis à jour le 30 mars 2019

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Geneviève Legay et son drapeau de la Paix à Nice le 23 mars. Photo AFP

Une militante pacifiste a été blessée lors d’une charge de CRS à Nice, samedi. Geneviève Legay, 73 ans, participait à l’Acte XIX des Gilets jaunes en brandissant le drapeau de la Paix, son gilet jaune plié sous le bras.

La situation risquait de devenir tendue à Nice, le maire Christian Estrosi ayant interdit les manifestations et ordonné une tolérance zéro dans un périmètre sécurisé s’étendant de la Promenade des Anglais à l’aéroport – l’équivalent, pour Montréal, de bloquer l’accès au centre-ville d’Atwater à Papineau. Estrosi voulait à tout prix éviter une reprise des incidents survenus à Paris samedi dernier, peu flatteurs pour l’image de sa ville.

Pour compliquer encore les choses, le président de la Chine devait atterir à Nice dans la journée et souper avec le président Macron à la Villa Kerylos, à Beaulieu-sur-Mer, après un saut à Monaco. Bref, de quoi donner des sueurs froides aux militaires, policiers, gendarmes, gardes mobiles et CRS mobilisés en surnombre par le préfet des Alpes-Maritimes, encouragé par le ministre de l’Intérieur dont la ligne dure envers les manifestations fait l’objet de nombreuses critiques.

Geneviève Legay, éducatrice spécialisée retraitée, est une activiste engagée dans plusieurs mouvements sur la Côte d’Azur, dont l’ATTAC. Elle a jusqu’à récement animé un restaurant communautaire à Nice. Lorsque les CRS ont chargé pour disperser la manifestation place Garibaldi, madame Legay est tombée à la renverse, sa tête heurtant un des poteaux qui délimite le trajet du tramway. Elle a été transportée à l’hopital par les pompiers, où on a constaté plusieurs fractures du crane. Elle serait aujourd’hui consciente et cohérente, selon les amis qui lui ont rendu visite.

« Elle est tombée en arborant le drapeau arc-en-ciel symbole de la paix et en réclamant pacifiquement la liberté de manifester. Rien dans ses actes ne pouvait constituer un danger pour l’ordre ou la sécurité et justifier cette violence policière envers une pacifiste de 73 ans…. »

Il semble que l’arrêté préfectoral concernant la zone d’interdiction des manifestations n’ait été publié dans les médias que vendredi en fin de journée. On pourrait croire que c’était une tactique pour empêcher une possible contestation judiciaire, ce qui est démenti par les autorités.

Interviewée aujourd’hui, madame Legay a déclaré « l’arrêté, on l’a pas vu ». Interrogée juste avant la manifestation par un journaliste de CNews, à savoir si elle quitterait la Place Garibaldi si les forces de l’ordre le demandait, elle avait répondu : « Écoutez, on la quittera quand on voudra. Après, s’ils prennent la force, on verra bien. (…) Je n’ai pas peur, j’ai 73 ans, qu’est-ce qui peut m’arriver ? Je me bats pour mes petits-enfants. »

Le parquet de Nice a ouvert une enquête sur les causes de la chute de Mme Legay. Lors d’une conférence de presse, le procureur de la République de Nice Jean-Michel Prêtre a finalement affirmé que ses «blessures résultent de l’action d’un fonctionnaire de police». On peut lire les détails dans cet article de Libération.

Toujours aussi jupitérien, le président Macron a souhaité « un prompt rétablissement et une certaine forme de sagesse » à la victime en ces mots : Quand on est fragile, qu’on peut se faire bousculer, on ne se rend pas dans des lieux qui sont définis comme interdits et on ne se met pas dans des situations comme celle-ci.

Un rassemblement de solidarité a eu lieu lundi, place Garibaldi, à l’appel de plusieurs associations dont ATTAC, France Insoumise et le syndicat CGT.

Le Mouvement de la Paix (France) travaille pour l’abolition des flashballs et des grenades explosives utilisées dans la répression des manifestations. Ces armes, offensives plus que défensives, contribuent à créer des mouvements de foule imprévisibles, comme celui lors duquel Geneviève Legay a été blessée, en plus d’infliger des blessures graves et permanentes à des manifestants pacifiques : cliquez ici.

Photo AFP

Photo AFP

De notre correspondante à Nice

«Deux attitudes irréconciliables s’affrontent. La loi française respecte le droit de manifester mais exige qu’une manifestation soit déclarée en préfecture, avec son itinéraire. Cela permet, dit-on, de protéger le citoyen. En fait, certaines manifs non-déclarées ont été tolérées.

Or, parmi les gilets jaunes, comme chez la dame qui a été blessée, il y en a qui sont pour la liberté absolue de manifester, partout et à tout moment. D’ailleurs les toutes premières manifs des gilets jaunes n’étaient pas déclarées. Par la suite, il y a eu des déclarées et non-déclarées. Lorsque c’est déclaré, cela permet à la police d’en encadrer le déroulement et éventuellement faire obstruction aux casseurs. Malheureusement, depuis quelques années, toutes les manifs à Paris ont attiré des casseurs en fin de parcours; la casse n’a pas commencé avec les gilets jaunes.

Dans les manifs du samedi des gilets jaunes, l’attitude des autorités a vascillé entre une certaine tolérance et la répression. Celle-ci a résulté dans un certain nombre de blessés chez les manifestants, tandis que trop de tolérance a laissé le champ libre aux casseurs qui s’infiltrent, avec la situation désolante sur les Champs-Élysées il y a dix jours. Et certains gilets jaunes ont exprimé une certaine compréhension de l’action des casseurs. La police a été accusée tantôt d’être trop molle, tantôt trop répressive.

Les gilets jaunes ont désigné à tour de rôle une ville en particulier pour leurs rassemblements du samedi. Une fois c’était Bourges, au centre de la France. Samedi dernier c’était Nice qui était désigné.

Le cas de samedi dernier est encore plus particulier en raison de la présence sur la Côte d’Azur dimanche et lundi du président chinois et son épouse, reçus à dîner par les Macron à la Villa Kérylos à Beaulieu avant d’aller coucher à l’Hôtel Negresco à Nice. D’ailleurs c’est pour cela que les gilets jaunes ont choisi Nice pour le grand rassemblement. Or, personne ne voulait revivre les incidents de Paris du samedi précédent. On a critiqué la police d’avoir laissé faire les casseurs. Beaucoup de personnes, sympathiques au gilets jaunes, commencent à trouver que cela a assez duré. De petits commerçants, loin d’être riches, ont beaucoup perdu.

Le gouvernement a donc décidé de décréter des zones d’interdiction de manifester à Paris, Toulouse et Nice notamment. C’était annoncé à l’avance; on a prévenu que la police interviendrait en cas de non respect. 
À Nice, la promenade des Anglais a été complètement fermée aux voitures et aux manifestants pendant trois jours. Une bande parallèle ainsi qu’une partie du centre-ville et du Vieux Nice se trouvaient dans la zone interdite, dont la place Garibaldi.

Un groupe d’environ une soixantaine de manifestants pacifiques, défiant l’interdiction, se sont rassemblés place Garibaldi. Il est à souligner que les samedis précédents, cela s’était bien passé et il n’y a pas eu de casse à Nice. Mais là, la police avait des ordres de faire évacuer. Et la dame en question, qui porte bien ses 73 ans, brandissait son drapeau marqué « paix » avec énergie sous les yeux des policiers.

Il y a eu des sommations de la part de la police avec demande d’évacuer. Les manifestants n’ont pas voulu quitter. La police a chargé; la dame est tombée et s’est frappé la tête. Ont-ils chargé trop fort, étant donné qu’il n’y avait pas l’ombre d’un casseur en vue ? Mais elle avait des instructions très précises de procéder à l’évacuation.

Donc deux attitudes irréconciliables. A-t-on raison de revendiquer une liberté totale de manifester, là les casseurs s’invitent ? Mais toute mesure restrictive comporte sa part d’arbitraire et peut mener avant longtemps à étouffer le droit de manifester.

EGM

 

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