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"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

C’est loin d’être simple…

La doctrine des États-Unis en matière de négociations a toujours été : “vous vous rendez, ensuite on discutera des termes”. Ça a fonctionné à la fin de la Seconde Guerre mondiale, lorsque l’Allemagne dut choisir entre une domination totale des Soviétiques et abandonner au moins une partie de son territoire aux mains des Alliés. Efficace aussi au Japon, sous la menace de réduire le pays à l’état de décombres radioactifs.

Mais ça a raté au Vietnam. Ça a raté en Iraq et en Afghanistan. À dire vrai, la seule fois où ça a vraiment marché depuis 1945, c’est contre la menaçante superpuissance qu’était l’île de Grenade.

La Corée du Nord

Bolton

John Bolton

Qui négocie pour les É-U ? John Bolton, dont l’atout principal n’est ni son intelligence, ni son expérience militaire mais sa moustache, et Mike Pompeo, dont la puissante faculté d‘analyse lui a fait conclure que le président Obama était à la fois un “méchant musulman” et un communiste.

Ce joyeux tandem a réussi à mettre en danger la rencontre prévue entre Kim Jong-Un et Trump. Premièrement, Bolton a annoncé que le modèle de négociations vers la paix était celui de la Libye. Kadhafi avait accepté de remettre ses matériaux nucléaires aux États-Unis, lesquels ont par la suite orchestré son renversement suivi de son assassinat. Ainsi, Bolton exige que la Corée du Nord lui livre son arsenal nucléaire et détruise toutes ses installations de production. Ensuite, on discutera.

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Mike Pompeo

Kim, pas idiot, a bien sûr dit non. Il faut se rappeler qu’il bénéficie d’un Traité qui lui assure depuis 1950 le soutien de la Chine en cas d’agression. De son côté, Kim est d’accord pour dénucléariser à condition que les É-U signent un Traité de paix garanti par la Russie et la Chine, que les É-U reconnaissent son gouvernement et retirent leurs forces armées de Corée du Sud.

Deuxièmement, Pompeo a fait réaliser à Kim que même si Trump signe un Traité, rien n’assure que ça vaudra vraiment quelque chose.

L’Iran

Pompeo n’a eu qu’à suggérer à Trump de se retirer du Traité P5+1 de 2015 selon lequel l’Iran cessait ses activités d’enrichissement d’uranium pour au moins 15 ans en retour de la levée des sanctions économiques.

Pompeo a récemment menacé “d’écrabouiller” l’Iran sous les sanctions punitives, et même laissé entendre qu’il autoriserait Israël à mener un raid contre de supposées installations de fabrication d’armement nucléaire. Peu importe si les autres signataires du Traité P5+1 affirment que l’Iran en a respecté à la lettre les conditions, et si les experts sont d’accord pour dire que de telles installations n’existent pas, Pompeo clame à qui veut l’entendre que le gouvernement iranien doit être étouffé par les sanctions.

Le Shah, le TNP et la révolution

Atoms_for_Peace_stamp

Timbre émis en 1955 pour commémorer le programme Atoms for Peace. Le programme fut lancé en 1953 par le président Eisenhower.

Le programme nucléaire iranien a commencé en 1957 avec l’aide des États-Unis, au sein de Atoms for Peace, qui prévoyait une “collaboration dans la recherche d’applications pacifiques de l’énergie atomique”. Durant les années 60, le gouvernement du Shah lança un ambitieux programme au Centre de Recherche nucléaire de Téhéran, à l’aide d’un réacteur de 5 mégawatts fourni par les É-U et alimenté par de l’uranium hautement enrichi.

L’Iran fut l’un des premiers pays à signer le Traité de Non-prolifération de 1968. Ce Traité autorisait les membres à poursuivre les recherches et l’enrichissement à condition de ne pas fabriquer d’armement nucléaire. En retour, les cinq pays détenant un arsenal nucléaire – É-U, URSS, Chine, France et Grande-Bretagne – devaient mener des négociations “de bonne foi” devant mener à un éventuel désarmement. Mais on a vu que loin de tenir leur promesse, ces pays ont mis au point des armes de plus en plus destructrices, bientôt rejoints par l’Inde, le Pakistan, Israël et maintenant la Corée du Nord.

En 1974, le Shah décida de construire 23 centrales nucléaires. Les entreprises américaines et européennes se battaient pour les contrats. En 1975, la firme Erlangen-Frankfurt signa une entente de six milliards de $ pour la construction de la première centrale à Bushehr. En 1976, le président Ford offrit à l’Iran des centrales construites par les É-U, y compris une usine permettant d’extraire du plutonium.

bushehr

La centrale de Bushehr

Après la Révolution islamique, tout stoppa, y compris la centrale de Bushehr qui était presque opérationnelle. Après un délai de huit ans dû à la guerre avec l’Iraq, le gouvernement Rafsanjani décida de relancer le programme nucléaire. Il demanda aux entreprises qui devaient construire des centrales de reprendre les travaux, mais toutes refusèrent. En 1983, l’AIEA était d’accord pour aider l’Iran dans diverses étapes du développement d’une industrie nucléaire, mais, en contradiction avec les règles du TNP, les É-U firent pression pour que l’AIEA ne s’implique pas. L’Iran se tourna alors vers la Chine, mais les É-U, encore une fois, firent pression et la Chine déclina.

Cependant, la Russie accepta de terminer la construction de la centrale de Bushehr. L’Iran décida alors de lancer son propre programme d’enrichissement. Les É-U lui imposèrent des sanctions unilatérales et forcèrent plusieurs pays à faire de même. L’affaire se rendit devant le Conseil de sécurité de l’ONU, lequel coupa de moitié les exportations de pétrole de l’Iran. Mais celui-ci persista.

L’accord JCPOA

Ce ne fut que lorsque le président Obama déclara qu’en tant que membre du TNP, l’Iran avait droit à un programme nucléaire civil, que les négociations commencèrent, qui donnèrent lieu au JCPOA de 2015, l’accord renié par Trump.

Aux termes de l’accord, le stock d’uranium enrichi de l’Iran était diminué de 98% et le degré d’enrichissement permis était limité à 3,67%. Or, pour fabriquer une bombe, il faut de l’uranium enrichi à 90% – on voit bien qu’il devenait impossible d’y arriver. De plus, L’Iran se débarrassa de 15,000 de ses 20,000 centrifugeuses, ne conservant qu’une capacité de raffinage insuffisante pour fabriquer une bombe. Le réacteur Arak, seul capable de fabriquer du plutonium, fut fermé. Bref, de nombreuses restrictions sur la recherche furent mises en place. L’Iran devenait incapable de se doter de l’arme nucléaire.

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Un technicien pendant les opérations de désactivation du réacteur Arak.

Dans ce contexte, jetons un coup d’oeil aux demandes actuelles de Mike Pompeo :

L’Iran doit déclarer à l’AIEA l’étendue de ses travaux nucléaires passés et fournir la preuve qu’ils ont été abandonnés à perpétuité. Ceci a été vérifié par l’AIEA qui a déclaré que l’Iran a réussi des examens approfondis à la suite d’allégations par Israël selon lesquelles du matériel nucléaire était stocké sur la base militaire de Parchin. Par ailleurs, à titre de membre du TNP (ce qu’Israël n’est pas), l’Iran doit se soumettre à des examens fréquents.

L’Iran doit cesser l’enrichissement et le retraitement du plutonium, et fermer son réacteur à eau lourde. Demander l’arrêt de l’enrichissement va à l’encontre du TNP. Quant à fermer le réacteur et le retraitement, ce sont les termes mêmes du JCPOA déjà en application.

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Inspecteurs de l’AIEA à la centrale de Qom.

L’Iran doit laisser libre-accès à tous ses sites nucléaires à l’AIEA. Ceci est également inscrit dans le JCPOA. L’AIEA a souvent inspecté ces sites. De plus, les É-U eux-mêmes ont plusieurs fois certifié que les conditions étaient respectées.

L’Iran doit stopper la prolifération de ses missiles balistiques et cesser le développement de ses missiles à charge nucléaire. Qu’on soit pour ou contre, l’Iran dispose du droit inaliénable de se défendre selon l’Article 51 de la Charte de l’ONU. Ses voisins disposant d’un arsenal fourni par les É-U, l’Iran doit se reposer sur ses propres missiles. Ceci dit, l’Iran ne possède pas de missiles intercontinentaux car la portée de leur arsenal, qui n’est pas conçu pour transporter des charges nucléaires, est limité à 2000 Km.

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Missiles iraniens Sayyad-3, d’une portée de 150-200 km.

L’Iran soutien le terrorisme en Syrie, en Iraq , au Yemen, etc… L’Iran a combattu l’État Islamique et autres organisations en Iraq et en Syrie à la demande de ces gouvernements. D’accord, on schématise un peu, mais il appartient aux Syriens de demander le retrait des troupes iraniennes, pas au Secrétaire d’Etat américain. Quant au Yemen, les massacres des populations sont surtout causés par l’Arabie Saoudite avec l’appui des É-U.

Suite au retrait décrété par Trump, aucun des autres pays signataires du P5+1 n’est d’accord avec les É-U. Selon eux, l’Iran a respecté l’entente et ils ne veulent en aucun cas imposer de nouvelles sanctions. Ils sont furieux que Pompeo et Bolton menacent des entreprises européennes de sanctions américaines (et non imposées par l’ONU). Non mais, de quoi je me mêle ?

Mike Pompeo et John Bolton

On finit par se rendre compte que les joyeux drilles n’en ont pas après le programme nucléaire iranien, mais veulent se débarrasser du régime actuel. Mike Pompeo en particulier semble cultiver une haine de l’Islam. Par exemple, en 2015 il a accusé Obama d’être du côté de “l’Islam de l’Est”, par opposition à “l’Ouest chrétien”. John Bolton a déclaré récemment que “la politique américaine devrait être d’anéantir la révolution islamique de 1979 avant son 40e anniversaire. La reconnaissance d’un nouveau régime en Iran laverait l’affront d’avoir subi une prise d’otage de 444 jours”.

Ça va barder, économiquement parlant

Pendant ce temps, la Chine propose à l’Iran un achat de pétrole à long terme, payé en monnaie chinoise, contournant ainsi un éventuel embargo sur le dollar. L’UE envisage également de protéger ses entreprises en fournissant des euros aux banques iraniennes, sortant ainsi du système de commerce international basé sur le dollar.

Bolton et Pompeo vont réussir à eux deux à déclencher le pire cauchemar du Trésor américain et de la Réserve fédérale : que plusieurs pays abandonnent le dollar comme monnaie d’échange internationale. C’est ce système basé sur le dollar qui a permis aux É-U. de vivre au dessus de leurs moyens depuis des années, et de financer leur dépenses militaires : on n’avait qu’à imprimer plus de dollars lorsqu’on en manquait. Grandement surévalué, le dollar s’écroulerait jusqu’à sa réelle valeur, advenant la perte de son statut international. Cette valeur serait tellement basse que les É-U seraient obligés de monter les taux d’intérêt pour soutenir l’économie. Ce qui l’étoufferait lentement mais sûrement.

Retour en Corée du Nord

Kim Jong Un

Les deux acolytes sont convaincus que la puissance militaire américaine leur assure la supériorité mais en fait, Kim pense que sa petite réserve de missiles bricolés-maison lui donne un atout imparable. La présence américaine en Corée du Sud est concentrée sur quelques bases qui se trouvent à quelques secondes de vol du Nord, et sur des navires pas tellement plus éloignés. Le général Mattis le sait bien, lui qui est le seul conseiller de Trump ayant une expérience de la guerre sur le terrain, ce qui lui a fait dire qu’une guerre en Corée serait dévastatrice et meurtrière, autant pour les Coréeens que pour les Américains qui s’y battraient.

Ainsi, Bolton vient de torpiller le rêve de Trump de recevoir le Nobel, en révélant à Kim que leur vrai plan est de décapiter son régime une fois qu’il aura dénucléarisé. Cela implique que si des négociations doivent avoir lieu, ce sera désormais d’égal à égal et non plus de dominant à dominé.

Tournons-nous vers la Chine

Ici, les négociations relèvent de l’amateurisme (selon le Washington Post).La position des É-U, une variante du classique “rendez-vous, on discutera après”, voulait que la Chine abandonne un système éprouvé de planification étatique d’investissement, en particulier un plan sur 10 ans devant assurer à la Chine une place de leader technologique, surtout en communications, aéronautique et intelligence artificielle. Évidemment, quand elle a eu fini de rire, la Chine a écarté ces demandes et intégré la région administrative spéciale de Hong Kong dans le plan gouvernemental. Et paf.

Peut-être les deux comiques à la Maison-Blanche s’imaginent-ils pouvoir intimider la Chine avec leur puissance militaire, mais ça va rater aussi. Question armement, la Chine a de beaucoup comblé son retard. Déjà, les porte-avions, clé de voute de la stratégie américaine, évitent de trop s’approcher des côtes chinoises pour rester hors de portée des missiles de croisière.

En conclusion sur l’Iran

En réalité, l’Iran est en bien meilleure position que Pompeo le laisse entendre dans ses menaces. La Russie a déjà apporté son aide à l’Iran et le refera sûrement, incluant la fourniture d’armement du genre missiles anti-aériens, qui rendraient d’éventuelles attaques américaines ou israëliennes très risquées et donc coûteuses. La Russie, compte tenu de ses attentes stratégiques, n’attend sans doute que l’occasion d’offrir à l’Iran de beaux avions de chasse tous neufs.

Pompeo devrait mettre à jour ses connaissances sur l’Iran : un territoire deux fois plus peuplé que l’Iraq ou l’Afghanistan et beaucoup plus homogène que la mosaïque de sumnites, shiites, arabes, turkmènes, kurdes et autres nations qu’était l’Iraq sous Saddam Hussein. L’histoire de l’Iran remonte aussi loin que celle de la Chine. Le peuple iranien a sans aucun doute des griefs contre le régime qui le gouverne mais l’histoire démontre qu’en cas de coup dur, il se ralliera derrière une cause nationale, tout comme les Vietnamiens. Seul un crétin envisagerait sérieusement une guerre avec l’Iran.

cabinet_trump

Une partie du Cabinet Trump : DeVoss, Pruitt, Mnuchkin, Mattis et compagnie.

Malheureusement, l’administration Trump semble être peuplée d’imbéciles à l’égo démesuré, encore plus que celle du président Johnson en 1965. Le problème est qu’ils se croient infaillibles. On se surprend à penser “McNamara, sors de ce corps”… Espérons qu’il reste assez de personnes lucides pour se rendre compte que leur tactique de négociation ne fonctionne plus, ou au moins pour entrevoir les conséquences de leur inévitable échec.

Sources de recherche : Farhang Jahanpour et Dave Lindorff

1 Commentaire

  1. Odette Bougie Odette Bougie
    22 juillet 2018    

    En ce beau dimanche de fin juillet 2018
    ,Je vous souhaite la paix de l esprit.
    Et un corps sain
    A vous, a nous,
    Et ce, malgre tous les partis pris !

    Quoi qui nous tombe sur la tete ,
    Ou qui tremble sous nos pieds
    On n y pourra jamais rien
    De votre vivant du moins
    Ce sera peut-etre encore une fois la fin du monde

    Que ce soit la pluie qui nous tombe dessus
    Ou bien la neige
    Ou toutes autres calamites innomables.
    Restons sains d esprit
    Et de corps.

    Bon dimanche plus vieux !

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