Evénements du mois

Activités de nos membres





Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Hommage posthume à Paul Buissonneau

Paul Buissonneau (24 décembre 1926 – 30 novembre 2014)

Les Artistes pour la Paix ont adopté depuis quelques années la tradition de prononcer des hommages posthumes à la mémoire d’artistes qui ont travaillé pour la justice sociale en sacrifiant les succès d’une carrière au profit d’une parole libre et empreinte de vérité: nous avons décerné de tels hommages aux cinéastes Arthur Lamothe et Magnus Isaacson, ainsi qu’aux femmes de paroles Hélène Pedneault et Myra Cree.

buissonneauIl y a soixante ans, Paul Buissonneau choisissait d’établir au Québec les bases d’un art théâtral davantage improvisé et critique de la société, en fondant d’abord la compagnie de théâtre pour enfants La Roulotte puis le Théâtre de Quat’ Sous, où il a mis en pratique plusieurs des objectifs chers à Bertold Brecht. On a souvent raconté comment celui que la télévision a baptisé Picolo a créé l’expression l’Osstidchô, spectacle qu’il a mis en scène et dont le secrétaire des APLP Bruno Roy, décédé il y a tout juste 5 ans, a décrit l’importance dans un livre sous-titré le désordre libérateur. En effet, à partir de ce moment-là, l’aspect guindé cérémonial présidant aux représentations allait laisser sa place à quelque chose qui ressemble davantage aux Québécois.

Domlebo : « Chère madame Monik Barbeau, nous sommes touchés que vous nous honoriez de votre présence et notre présidente Guylaine Maroist est heureuse, en témoignage de notre estime pour vous et votre défunt mari, de vous remettre copie de ce manuscrit qui sera remis à tous les lauréats ce midi, rédigé par Richard Séguin et Raymond Lévesque. Il se lit ainsi : « Nos armes de paix sont le cinéma, la musique, les arts visuels et médiatiques, la chanson, le théâtre, la poésie, la danse, le cirque… Nos armes de paix sont nos gestes et nos paroles. Nos armes de paix sont nos engagements. Nos paroles et actions résonnent dans le présent de ce monde et trouveront écho dans les générations à venir. Quand les hommes vivront d’amour, les soldats deviendront troubadours. »

Monik Barbeau et Yvon Deschamps (photo Monique Rondeau)

Monik Barbeau et Yvon Deschamps (photo Monique Rondeau)

Yvon Deschamps, qui a eu le bonheur de côtoyer Paul pendant six décennies, nous dit quelques mots» (à sa manière inimitable qu’on ne peut transcrire, même).

Puis Romain Pollender nous renverse en recréant Paul Buissonneau !

« Paulo, comme un ami indéfectible, vous gueulait par la tête de vous grouiller le derrière, parce que vous pouviez faire mieux, parce qu’il avait vu clair en vous, il avait vu ça, lui, même si d’autres prétendaient le contraire : il s’en foutait et criait qu’il vous botterait le derrière jusqu’à ce que vous deveniez celui qu’il savait se cacher en vous !

Ça, c’est le Paulo que peu de gens connaissent, celui qui vous poussait à n’en faire qu’à votre tête de cochon, celui qui vous affirmait que vous valiez la peine, qui vous encourageait à foncer droit devant, toujours droit devant, parce que vous et vos rêves en valaient la peine! Mais la grande réussite, le grand chef-d’œuvre inconnu de ce Paulo-là, c’est que nous sommes probablement des milliers d’anonymes à l’avoir cru quand il nous prenait sous son aile pour nous secouer la carcasse, des milliers que vous ne connaîtrez probablement jamais, mais dont Paulo aura changé la vie. Ça devait être comme une maladie chez lui, il fallait qu’il change pour le mieux la vie des autres. Pouvait pas s’en empêcher ! Mais sans jamais que la foule ne le sache. Non, ses bontés n’étaient pas pour la galerie, et comme doivent toujours l’être les véritables coups de pouce charitables, les siens s’effectuaient dans le secret le plus strict de son gigantesque cœur de guignol attentionné. Voilà ce qui doit être dit, ce qu’il faut retenir, ce que Paulo savait faire mieux que tous ceux que j’ai croisés dans mon existence, juste ça : Paulo savait aimer son monde. Il savait comment être l’ami qui vous manquait et que vous méritiez d’avoir. Paulo savait aimer. Pourquoi est-ce que vous pensez qu’il est parvenu à changer le monde et le Québec en particulier? C’était tout con, son truc, mais ça marchait en s’il vous plaît! Une anecdote : les enfants trisomiques, qu’on parque souvent devant la télévision, reconnaissaient leur Picolo et lui, prenait le temps de leur ouvrir les bras et de les cajoler. Chapeau, l’artiste pour la paix, toujours reconnaissable à son affection particulière envers les plus faibles, les marginaux et les exclus!

Romain Pollender

Romain Pollender fait lecture d’un texte inédit de Paul Buissonneau.

Il y a une chose que j’aimerais vous révéler avant de retourner à mon anonymat. Un truc important que Monik et quelques autres privilégiés sont les seuls à savoir, toi Monik, sa Dulcinée, que ton gros Don Quichotte au doux cœur de peluche pouvait « aimer jusqu’à la déchirure » et te confier sur l’oreiller toujours vouloir « brûler quoiqu’ayant tout brûlé» quitte « à s’en écarteler » parce qu’il était encore loin d’en avoir fini avec ses « impossibles rêves ».

Eh bien, Paulo, comme Jacques Brel, écrivait des poèmes. Un fameux bricoleur de sens, juste, truculent, baveux même : bref, un poète extraordinaire. Je vous lis l’un des tout derniers poèmes que Paulo nous a laissés, avant de monter foutre le bordel au Paradis, c’était à l’Hôtel-Dieu où il était soigné. »

 La peau des autres

Nostalgie ou hantise? Perdre à jamais ce que nous avons été. Faire son deuil de nos souvenirs que l’on disait impérissables. Place au silence interminable. La mémoire défaillante du film de notre existence.

L’écriture peut-être, saura sauver les lambeaux de la saga de cette vie réinventée avec ses contradictions que nul ne peut contester. Qui avons-nous été? Les autres ont-ils les mêmes curiosités? Je voudrais m’évader de moi pour connaître les autres, … changer ma peau contre la leur, récapituler l’histoire de leur vie, connaître enfin le savoir de chacun, conforter mes angoisses.

Tout nu, plus nu que jamais sans ma peau, seul habit à ma mesure, je suis lancé dans cet échange impensable. Cette vieille pelure de presqu’un siècle, usée jusqu’à la corde et toujours vivante, peut-elle encore intéresser quelqu’un?

Quel sera mon futur personnage? Faut y penser, j’abandonne à l’autre mes cicatrices, mes empreintes digitales et toutes mes tares inscrites jusqu’au bout de mes doigts, signature indélébile prouvant mon identité. Je suis habillé de la peau des autres, héritant de leurs malheurs, de leurs maladies et des emmerdes qui vont avec; la panoplie de l’homme tout court! Je ne me ressemble plus.

Je refuse le contrat d’interpréter tous les rôles que la comédie humaine a voulu nous inculquer. Nous sommes faits du même moule, le responsable de nos malheurs, tous nés sous la même bannière : «la connerie»!

Paul Buissonneau

Aucun commentaire jusqu'à présent.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code

Le Manifeste pour la Paix


Nos actions récentes

23 avril : Cérémonie de remise des Prix APLP 2018.
20 avril : Participation à la journée de dialogue sur le contrôle des armements à Ottawa.
12 novembre : Manifestation contre la haine et le racisme à Montréal.
14 octobre : Manifestation contre l'OTAN à Montréal.
26 septembre : Récital-conférence de Pierre Jasmin.
5 août : Vigile commemorative pour Hiroshima au Jardin botanique de Montréal.
17 juin : Manifestation contre les armes nucléaires, Montréal.
17 juin : Rassemblement de soutien aux réfugiés, Montréal.
27 mai : Marche pour l’humanité et la prévention des génocides, Montréal.
13 mai : Les APLP participent à la fondation du Rassemblement Québécois pour la Paix.
13 mai : Allocution de Pierre Jasmin lors de l'événement Cuisine ta ville.
9 avril : Présence à la manifestation pour la paix en Syrie à Montréal.
21 janvier : Manifestation au rassemblement pour les droits des femmes à la Place des Arts.

Voir toutes nos lettres aux élus »

Remontez dans le temps »

Recherche par sujets