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Je suis APLP parce que…

"En cette époque de repli sur soi, de violence et de conflits incessants, plutôt que de publier mes états d’âmes sur les réseaux sociaux et de me cantonner dans un rôle de spectateur impuissant, je choisis de militer au sein d’Artistes pour la Paix, un regroupement qui me semble plus pertinent et nécessaire que jamais."
Sébastien Dhavernas, comédien, metteur en scène et producteur, vice-président des APLP
"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète, président des APLP
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, v-p. des Artistes pour la Paix et membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Syrie : quels sont les intérêts en cause ?

Dans Le Devoir du 12 avril, le professeur Rémi Bachand [1] a publié un article sous le titre Bombardements en Syrie et droit international [2] , dans lequel il estime que les bombardements du 6 avril dernier sont illégaux, si l’on considère le droit international.

Comme simple citoyen, les interventions musclées de l’armée américaine en Syrie suscitent une série de questions : quels sont les intérêts en cause? Qui avait intérêt à mener une attaque sur des civils en utilisant des agents toxiques? Qui avait le plus à gagner (ou à perdre) au plan de la propagande militariste mondiale dans cette histoire? Bachar Al Assad? La Russie? L’Iran? Israël? L’Arabie Saoudite? Les États-Unis et leurs alliés? L’État islamique et autres organisations opposées au gouvernement de Damas? A priori, je ne vois pas très bien ce qu’un gouvernement comme celui de Damas, déjà très discrédité auprès de l’opinion publique mondiale, aurait pu gagner à orchestrer un tel massacre, à moins d’avoir des objectifs militaires précis. Évidemment, vu sous cet angle, le mystère persiste.

Que dire des autres acteurs? À première vue, et ce d’une façon contradictoire et étonnante, les intérêts des États-Unis, ceux de leurs thuriféraires et ceux des opposants au régime de Bassar Al Assad semblent coïncider. Est-ce plausible? Peut-être. Supposons que les opposants au régime de Damas aient réussi à provoquer un tel massacre en s’organisant pour que les avions de Al Assad passent à l’attaque, ils sortent gagnants sur plusieurs fronts. Ce faisant, ils auraient réussi à détourner le regard des Américains vers leur ennemi principal, le gouvernement syrien. Dans un tel scénario, l’indignation de l’opinion publique se retourne contre le régime, l’aigle américain déploie ses ailes et fonce tête baissée sur le gouvernement syrien en utilisant toutes ses forces (renseignements, force militaire, propagande, manipulation de l’information, etc.). La rhétorique américaine et celle de son fan club de pays alignés se met en marche par la propagande et fait d’une pierre deux coups : elle justifie le bombardement pour des raisons soi-disant humanitaires, ce au mépris du droit international, et du même coup déclare l’arrêt de mort de Bachar Al Assad et discrédite la Russie. Une telle position s’inscrit très bien dans l’esprit et la lettre de la guerre idéologique que l’OTAN, les États-Unis en tête, cherche à imposer à l’égard de la Russie. Le gouvernement de Poutine se retrouve de plus en plus au ban des accusés et on le décrit comme une « menace à la sécurité » de l’Europe et des États-Unis. En bout de piste, les grands gagnants à cette loterie de la géopolitique, ce n’est sûrement pas le peuple syrien que l’on dit vouloir libérer… D’une part, il semble plutôt que ce sont l’EI et les autres organisations militarisées de la même mouvance qui s’en sortent blanchies et moins menacées par les forces occidentales; d’autre part, au risque de me répéter, les États-Unis et leurs alliés semblent réussir à convaincre l’opinion publique mondiale que l’intervention militaire tout azimuts et l’élimination de Bassar Al Assad s’avèrent les seules pistes de solution valables. À titre d’exemple, le président français François Hollande, soutien indéfectible de la doctrine de Trump, tient le même discours [3].

À cette situation complexe et déroutante en Syrie, s’ajoute un évènement crucial survenu le 13 avril quand les Américains ont largué la méga-bombe GBU-43 dite « la mère de toutes les bombes » non-nucléaires sur l’Afghanistan [4] . Est-ce à dire que l’Amérique du président Trump est en train de montrer ses gros bras, de jouer au comboy et d’ajouter à l’horreur guerrière au nom de SA sécurité? Le message du gouvernement Trump semble devenir clair : il va agir plus souvent et plus fortement avec des interventions militaires au nom des intérêts américains, ce au mépris des institutions internationales, du droit international et du droit à la médiation et à la négociation pour régler les conflits.

J’espère me tromper, car, si un tel scénario s’impose, l’avenir ne sera rose que pour les producteurs d’armes et les faucons américains, israéliens, chinois… saoudiens, canadiens et autres. Si le présent est un indice de l’avenir, nous nous retrouverons dans un monde de plus en plus régi par les guerres, et la lutte contre la course aux armements sera reportée aux calendes grecques.

Tout ce grand jeu sur le dos des Syriens et des Syriennes est affligeant et me laisse songeur avec mille questions en tête. De triste mémoire, quoi qu’on dise, depuis les interventions militaires en Irak, en Libye et en Afghanistan, ces pays vivent un chaos indescriptible et ce sont les civils qui en paient le prix par leurs souffrances et leur désarroi.

Enfin, face au délire militariste généralisé, je me désole de voir le premier ministre Trudeau entrer dans le jeu des États-Unis.


[1] Rémi Bachand, professeur de droit international, membre du Centre d’études sur le droit international et la mondialisation

[2] http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/496132/bombardements-americains-en-syrie-et-droit-international

[3] Cheikhoun, Khan. François Hollande : en Syrie, « il faut saisir les fautes de l’adversaire. » Le Monde, 13 avril 2017.

[4] http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/496311/les-etats-unis-larguent-la-mere-de-toutes-les-bombes-sur-uen-cible-du-groupe-ei
MOAB (Massive Ordonnance Air Blast) La mère de toutes les bombes non-nucléaires.

 

1 Commentaire

  1. 17 avril 2017    

    Ô, SYRIE, TU PLAISANTES ?
    La Syrie, pays millénaire berceau des civilisations où fût inventé l’écriture, la belle, l’héroïque Syrie où il faisait bon vivre de liberté, d’amour et de paix, la Syrie où les citoyens manifestaient pacifiquement et quotidiennement leur désir de parfaire les lois de leur grand pays, la Syrie, notre sœur à tous, la Syrie a soudain vu ce matin gris de plomb, des ombres s’infiltrer dans les murs de sa maison, pour y faire paraître à la grande lumière de ses jours, de sales bêtes dressées par les ennemis de l’humanité, des animaux domestiqués par les Avares du monde capitaliste, assoiffés de misère et saigneurs de la planète; dans la population syrienne ils ont installé la terreur, en se mêlant aux manifestations pacifiques des citoyens syriens, pour tirer sur les autorités qui protégeaient la foule, ils ont attenté à l’ordre public et, ayant amené avec eux des journalistes des caniveaux de Wall Street et des reporters des égoûts médiatiques parrainés par les banquiers de la Terre, ils ont répandu l’infamie en créant une rumeur hostile aux bonnes gens de Syrie, et les ont fait qualifier de terroristes, de dangereux criminels, et cela pour que le reste du peuple de l’humanité croie des mensonges répétés sans arrêt, comme une vérité qui a donné prétexte aux raisons de la destruction de ce pays magnifique, et au génocide total de sa population, et maintenant, maintenant, des millions de gens vivent l’exode transportant avec eux d’affreuses et innommables blessures.
    Le Soleil ne se couche plus sur les ruines fumantes, il pleut des pierres et je ne peux pas aider les miens, je nage dans mon chagrin, un océan de chagrin où surgissent des terres pour échouer solitaire, dans des nuits frontières barbelées de l’indifférence muette du mépris. Ô, ma Syrie, ma sœur qui fut reine, je traîne derrière tes haillons et ramasse les pierres qui tombent pour en faire une fronde. J’avais tant à faire pour des routes, des maisons, et des jeux, que me voici en guerre contre ma propre colère, qui m’étrangle, la gorge sèche, j’avale ce cri qui m’étrangle, et toi, ma Syrie, ma sœur tendre, tu me consoles en marchant devant, dans les fumées tu chantes une mélopée sans voix, et tes paroles raisonnent en moi, comme si Baal roulait les pierres du mont Safoon dans les torrents qui remplissent tes sources de sable.
    Ô, Syrie !
    Le chiendent et le coquelicot ont fleuri entre les pierres, l’herbe jeune frémit sur l’aire, un chardonneret espère en un chant neuf. Qui viendra le consoler d’éternité, quel cadeau le présent ne peut ne pas nous apporter, quelle joie insensée danse à mon bras quand tu ris après avoir épuisé toutes tes larmes ? Ô, Syrie, tu plaisantes ? Moi, je reste interdit.

    Pierre Marcel Montmory Trouveur

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Nos actions récentes

17 juin : Manifestation contre les armes nucléaires, Montréal.
17 juin : Rassemblement de soutien aux réfugiés, Montréal.
27 mai : Marche pour l’humanité et la prévention des génocides, Montréal.
13 mai : Les APLP participent à la fondation du Rassemblement Québécois pour la Paix.
13 mai : Allocution de Pierre Jasmin lors de l'événement Cuisine ta ville.
9 avril : Présence à la manifestation pour la paix en Syrie à Montréal.
21 janvier : Manifestation au rassemblement pour les droits des femmes à la Place des Arts.
21 décembre : Lettre au premier ministre Trudeau sur le vote à l'ONU et le désarmement.
26 novembre : Lettre au premier ministre Couillard pour une enquête systémique sur les pratiques policières.
26 novembre : Déclaration de paix au premier ministre Trudeau avec démission suggérée de son ministre de la Défense.
26 novembre : Lettre au ministre Dion sur l'OTAN, le TCA et les armes nucléaires.
11 novembre : Manifestation avec la coalition Échec à la guerre, Montréal.
2 novembre : Lettre collective au ministre Dion, avec le Réseau canadien pour l'abolition de l'arme nucléaire.
14 octobre : Lettre au ministre Carr sur les centrales nucléaires.
21 septembre : Conférence de presse devant le bureau de J. Trudeau sur la situation Kurde.
20 septembre : Lettre à Stéphane Dion sur les Kurdes, les bombes nucléaires et l'exportation d'armes canadiennes.
18 septembre : Conférence de presse du Front Commun pour la transition énergétique, contre la loi 106.

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