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Kim Phuc, éternel symbole anti-guerre

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Photo de Kim Phuc et son frère par le Vietnamien naturalisé américain Nick Ut / AP / Sipa

Extrait du nouveau roman de Pierre Ouellet Dans le temps (éditions Druide 2016)

Les Artistes pour la Paix le remercient de réactualiser les atrocités de l’impérialisme américain qui se poursuivent hélas en Syrie et sous d’autres cieux

Nous entrions dans un monde où tout semblait à risque, dont toutes les zones seraient interdites, celles même que nous fréquentions chaque jour, où nous nous aventurerions au péril de notre vie : je me retournais à tous les coins de rue pour voir si des bouffées de napalm, d’agent orange ou d’autres gaz toxiques suffocants ou défoliants ne me suivaient pas… en une menace de chaque instant, où je pourrais être à découvert, cible mouvante des B52 de l’aviation ennemie (…).

C’était Kim Phuc, cette petite fille flambant nue que le photographe Nick Ut saisit en train de courir, les larmes aux yeux et la peur au ventre, sur une route perdue du village de Trang Bang, près du temple de Cao Dai que les G.I. venaient de bombarder.

Cette petite est un talisman : c’est elle et personne d’autre qui arrêtera la guerre, elle la petite corneille déplumée, aux ailes battantes comme des branches mortes dans le vent violent, au corps décharné par des mois d’une atroce famine que la défoliation au napalm aura créée après avoir été planifiée de longue date, elle qui n’a que la peau et les os contre les mines et les grenades, elle et sa tête haute, son thorax droit, ses bras en ailes de corvidé en proie aux pires détresses mais à la colère extrême qui peu à peu gagnera l’humanité au grand complet comme après Auschwitz, Hiroshima, elle dans toute son innocence d’où remonte en chacun la honte et la culpabilité qui l’agrippent et la broient, elle qui chassera à jamais l’Aigle impérial des territoires intimes, sacrés, millénaires où règnent les petits choucas jaune serin comme elle, qui courent dans l’Histoire bien plus que sur la Terre, courent dans le Temps, la Mémoire, l’Espoir, le Rêve, bien plus que sur une simple route, elle qui vole déjà dans l’air, le ciel et l’infini où son image la projette face à tous les regards de la planète…

La plus puissante bombe à avoir été lancée durant cette guerre, c’est l’image de cette enfant qui court dans sa détresse, dans le désarroi le plus absolu, contre lequel il n’y a aucun remède… sinon la Paix, là, tout de suite… la Paix! La paix!… criée et croassée dans un cri de guerre, de guerre ultime, de guerre à la guerre comme si la terre hurlait aux dieux de la laisser en paix… Foutez-moi la paix! Dit l’homme à l’homme, chacun à chacune et cette petite corneille à l’humanité au grand complet, à l’Univers, aux dieux qui le désertent…

(…) Les sources d’inspiration se trouvaient dans les prophéties d’Ézéchiel ou de Jérémie, les grands poèmes de Parménide ou de Lucrèce, les tragédies d’Eschyle ou d’Euripide, les Chants de Maldoror ou les Illuminations, les tableaux d’Egon Schiele ou de Frida Kahlo, les musiques chiffrées, cryptées, nombrées de Xenakis, Ligeti, Penderecki…

L’histoire s’écrit, se peint, se joue, se chante avant qu’elle ne se fasse, avant qu’elle ait lieu, suivant un plan ou un destin que la parole et l’image, le rythme et la voix, le geste et la danse lui façonnent comme un modèle ou un patron, dont chaque fait découlera ou s’inspirera.

Après cette description passionnée de Pierre Ouellet dont le lyrisme séduira tous les pacifistes, relatons les faits, à partir d’extraits d’un article de l’OBS. Le magazine français ressemble hélas de plus en plus à Paris-Match…

8 juin 1972, dans le village de Trang Bang, une effroyable bavure est commise par l’aviation sud-vietnamienne, qui lutte avec les États-Unis contre les forces communistes du Nord. Mal renseignés, les bombardiers Skyraider se trompent de cible. Ils larguent des bombes au napalm sur un temple qui abrite non pas des combattants vietcongs, mais leurs propres soldats et des civils.

Mais des « bavures » plus coupables surviennent tant et plus et Pierre Ouellet en relate aussi, toujours en son style inimitable:

« My Lai, du nom de ce village du golfe du Tonkin, dans la province de Quang Ngai, où les G.I. avaient massacré plus de trois cents innocents, le jour du 16 mars 1968, en représailles à ce qu’on appelait l’Offensive du Têt. C’est ce village détruit, cette clairière noircie au napalm, dont l’image circulera dans le monde entier comme celle du corps désespéré de Kim, qui incarnera à jamais le symbole de cette bombe à retardement que les peuples opprimés posent dans les consciences pour les faire exploser de honte et de colère, pour les faire imploser comme des grenades de larmes dans le regard, des mines de remords au milieu des rêves… C’était une leçon, My Lai, Kim Phuc, une leçon d’humilité et de courage qu’il fallait suivre coûte que coûte si l’on voulait que le monde change… non pas sous la menace des armes, mais sous celle d’images plus terribles encore, d’effigies de notre humanité qui nous fassent davantage horreur… »

Poursuivons l’article de l’OBS :

Kim Phuc (c’est son prénom principal, qui signifie « bonheur ») et sa famille voient s’abattre sur eux les bombes incendiaires, sans avoir le temps de fuir. Le déluge de napalm, qui peut atteindre les 1.200 degrés Celsius, inflige à la fillette des brûlures inhumaines. Ses vêtements désintégrés, Phuc s’extirpe des flammes et se retrouve à déambuler sur la route 1 de Trang Bang comme une damnée.

À quelques centaines de mètres de là, le photographe Nick Ut a assisté à toute la scène. Avec un groupe de journalistes internationaux, il a découvert, horrifié, que des civils surgissaient du nuage de fumée. Il a photographié, parmi eux, la grand-mère de Kim Phuc portant dans ses bras le corps inerte d’un petit garçon : Danh, trois ans. Et dans les bras d’un homme vêtu de blanc, Cuong, un bébé de neuf mois. Tous deux sont les cousins de Kim Phuc, les fils de sa tante Anh. Tous deux ont été touchés mortellement.

Lorsque la fillette parvient à son tour jusqu’à lui, Nick Ut tire de son sac son quatrième et dernier appareil photo encore chargé, un Leica M3. Il immortalise la détresse de la fille de neuf ans et à sa droite son grand-frère Tam qui implore les adultes : « Aidez ma sœur ! »

Dans l’instant qui suit le cliché iconique, un homme interrompt la course désespérée de Kim Phuc : c’est Christopher Wain, un journaliste de la chaîne britannique ITN, qui lui donne à boire et verse de l’eau sur ses blessures – geste généreux mais dérisoire, compte tenu de l’extrême gravité des dégâts causés par le napalm. Car Kim Phuc est en danger de mort. Le napalm a ravagé un tiers de la surface de son corps : son dos, son cou, son bras gauche, son cuir chevelu sont brûlés au moins au troisième degré. Sans prise en charge immédiate, elle succombera à ses blessures.

kim_phuc_2Un homme vietnamien demande alors aux journalistes, qui sont motorisés, de conduire la fillette à l’hôpital (photo de Kim Phuc hospitalisée, le 10 juin 1972, Robinson / AP / Sipa). Nick Ut s’en charge. Il embarque la petite victime ainsi qu’une jeune femme grièvement blessée dans sa voiture et, après trois quarts d’heure de route cahoteuse et douloureuse, parvient avec son chauffeur à un hôpital proche de Saïgon. « S’il vous plaît, aidez-les« , dit le preneur d’images à une infirmière. Nick Ut ne peut rester, il doit rentrer au plus vite au bureau de son agence Associated Press pour transmettre son travail. Les chemins du photographe et de la petite fille se séparent. Provisoirement.

Un long combat pour la survie

Dans les jours qui suivent, tandis que la photographie prise par Nick Ut se propage dans la presse mondiale, la vie de Kim Phuc ne tient qu’à un fil. À un fil… et à une intervention providentielle : celle de Christopher Wain, le journaliste d’ITN, celui-là même qui avait donné à boire à la petite Vietnamienne après l’attaque de Trang Bang.

Souhaitant raconter l’histoire de « la fille de la photo », comme on l’appelle déjà, Wain retrouve la trace de Kim Phuc le 10 juin. Il découvre que le pronostic des médecins est dramatique : les brûlures sont trop graves, l’hôpital n’est pas équipé pour les traiter, on s’attend à ce que l’enfant meure d’un jour à l’autre.Alors le journaliste britannique remue ciel et terre. En multipliant les coups de fil, il apprend l’existence d’un établissement américain à Saïgon, la clinique Barsky, où l’on soigne les grands brûlés. L’espoir renaît. Ne reste plus, alors, qu’à obtenir l’aval des autorités sud-vietnamiennes pour effectuer le transfert. Une formalité ? Pas tout à fait ! Contre toute attente, l’interlocuteur de Christopher Wain au ministère sud-vietnamien des Affaires étrangères traîne des pieds. Il laisse entendre au journaliste médusé que Kim Phuc, si elle devait vivre, attirerait encore davantage les projecteurs médiatiques sur cet épisode honteux pour son gouvernement. La réponse de Christopher Wain, retranscrite dans la riche biographie de Kim Phuc par Denise Chong, est cinglante :

« Le monde entier a déjà vu que l’aviation sud-vietnamienne a bombardé son propre peuple, et [la survie de Kim Phuc] serait encore pire pour vous ?! »

Et, saisissant un couteau :

« Tenez ! Pourquoi ne lui faites-vous pas une faveur ? Allez à son hôpital et tranchez lui la gorge immédiatement ! »

Après un long silence, le fonctionnaire finit par donner son accord. Grâce à Christopher Wain, la fillette a gagné le droit de survivre. Transférée à la clinique Barsky, où elle bénéficie enfin de soins adaptés, Kim Phuc reste dans un état critique pendant une quarantaine de jours, subit 17 opérations et vit le supplice quotidien du nettoyage des plaies. Ce n’est qu’au bout de 14 mois qu’elle rentre chez elle. Sauvée, mais marquée à vie. Plus tard, elle rencontrera un autre bienfaiteur, le journaliste allemand Perry Kretz, qui obtiendra des autorités qu’elle se fasse opérer dans un hôpital d’Allemagne de l’Ouest pour tenter d’apaiser ces douleurs qui n’en finissent pas.

De la propagande communiste à l’exil au Canada

Le gouvernement sud-vietnamien ne voulait pas s’offrir de mauvaise publicité avec le sort de l’infortunée Kim Phuc. À l’inverse, le régime communiste qui lui succède après la réunification du pays en 1976, va vite prendre conscience de l’intérêt stratégique que représente « la fille de la photo ». Quel symbole plus frappant, plus célèbre de la brutalité de l’ennemi capitaliste ? Après plusieurs années dans l’anonymat, Kim Phuc, adolescente puis jeune femme, participe désormais à des films de propagande, enchaîne les interviews avec les journalistes du monde entier, voyage en URSS où l’attendent des festivals dédiés à l’anti-impérialisme.

En 1986, Kim Phuc est envoyée dans le Cuba de Fidel Castro pour y poursuivre ses études de pharmacologie. Le temps d’un reportage, elle y retrouve un certain Nick Ut, désormais installé aux États-Unis. Celui-ci dira, plus tard, avoir perçu à cet instant la mélancolie de l’ancienne fillette de Trang Bang.

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Nick Ut photographie Kim Phuc à Cuba, en 1989 (Jim Caccavo / AP / Sipa)

C’est sur les bancs de la fac que Phuc rencontre son futur mari, Toan, un étudiant vietnamien. Avec lui, elle décide de fuir le régime de Hanoï qui exploite sa renommée en la manipulant à distance. Les deux tourtereaux mettent leur plan à exécution en 1992, à l’occasion de… leur voyage de noces, organisé en Union soviétique. Alors que l’avion du retour vers La Havane fait escale à Gander, sur l’île de Terre-Neuve, le couple sort discrètement de l’appareil et entre sur le territoire canadien avec la bénédiction des autorités, qui accueillent les immigrés à bras ouvert.

Un symbole de la guerre… qui œuvre pour la paix

Un nouveau chapitre s’ouvre dans la vie de la jeune femme, qui s’installe définitivement au Canada, devient mère de deux garçons et ambassadrice de bonne volonté de l’Unesco pour la paix.

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Kim Phuc avec son fils Thomas et son mari Toan à Toronto, en 1997

Ses activités caritatives l’amènent à croiser un certain John Plummer, ancien capitaine de l’armée américaine au Vietnam, impliqué dans la chaîne de commandement qui a abouti au bombardement de son village. « Je suis désolé, je suis désolé« , lui confie-t-il, en larmes, lors d’une conférence. « Je te pardonne, je te pardonne », répond Kim Phuc en le prenant dans ses bras.

Mais le temps qui passe n’efface pas les blessures physiques, qui sont indélébiles. En 2015, après plus de quatre décennies de souffrance quotidienne, Kim Phuc est toujours incapable de lever correctement ce bras gauche si sévèrement meurtri par le napalm et vit un martyr lors des changements de saison.

Alors la Canadienne décide d’entamer une nouvelle bataille contre les brûlures en recevant un traitement au laser dans une clinique de Miami. À ses côtés, son mari Toan, et… Nick Ut, encore lui, qui réalise un reportage sur l’événement, 43 ans après avoir photographié pour la première fois la petite blessée de la Route 1. De lui, Kim Phuc dit : « Il est le commencement et la fin ».

Nick Ut, un photographe dans l’Histoire

Nick Ut, de son nom vietnamien Huynh Cong Ut, possède lui aussi un destin hors du commun. De prime abord, rien ne prédestine le jeune Vietnamien au photojournalisme. Le photographe de la famille, c’est son grand frère La, qui travaille pour Associated Press. Et puis, en 1965, La se fait tuer sur le front, et « Nick » prend sa suite. D’abord comme laborantin, puis comme photographe à part entière.

kim_phuc_5« Pas de nudité frontale ! » Chez « Associated Press », à l’époque, cette interdiction n’est pas de celles qu’on outrepasse. Pourtant, le 8 juin 1972, quand Nick Ut revient dans la nuit avec le cliché déchirant de cette fillette anonyme brûlée par le napalm, le bureau de Saïgon décide tout de même de transmettre la photo au siège de l’agence américaine. Il faut dire que le chef de l’équipe n’est autre qu’Horst Faas ; avec son œil avisé, cette légende du photojournalisme mesure sans délais la puissance exceptionnelle de l’image prise par le jeune Ut.

Son flair ne l’a pas trompé. Non seulement l’image est acceptée au sommet de l’agence, mais elle fait le tour du monde à vitesse grand V et vaut bientôt à Nick Ut une flopée de récompenses, dont le prestigieux prix Pulitzer. À seulement 21 ans, le voilà auteur d’une image instantanément mythique. En 1975, alors que les Nord-Vietnamiens fondent sur Saïgon, Associated Press évacue Nick Ut aux États-Unis. Une nouvelle vie, bien plus paisible, débute pour lui en Amérique, une vie faite de photographies de faits divers ou de célébrités. Lié pour toujours à Kim Phuc, qu’il a très souvent au téléphone, le reporter retrouve régulièrement « la fille de la photo » pour des reportages ou des événements caritatifs.

Autre article à propos du Vietnam sur http://www.artistespourlapaix.org/?p=7192 . On ne manquera pas de lire le commentaire qui le suit de « Jade », pseudonyme d’une amie très chère de Pierre, une des boat people qui a courageusement refait sa vie à Montréal. Tout comme Kim Phuc, elle ne blâme pas unilatéralement les Américains pour ses souffrances endurées… 

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Nick Ut et Kim Phuc lors d’une exposition à Los Angeles, en 2013

1 Commentaire

  1. 18 février 2017    

    Ravi, Pierre, que les extraits de mon livre paraissent dans le cadre de ce bel article, qui dit clairement et avec tant de pertinence ce que les mots et les images — la musique aussi bien, comme tu en as si souvent fait la preuve — peuvent faire contre la violence du monde et les horreurs de l’histoire.
    C’est un honneur pour moi que ces extraits d’un livre tout entier voué au désir éperdu de justice et à la volonté farouche d’une résistance active aux maux qui nous assaillent de toutes parts puissent paraître dans ce contexte où ils prennent tout leur sens…. Je t’en remercie de tout cœur.
    Salutations amicales,
    Pierre Ouellet

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