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Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Huit étapes de la crise étudiante

Photo prise lors de la manif pour la transparence

Photo prise lors de la manif pour la transparence

…Telles que vécues par un artiste pour la paix

 
(Lire point de vue majoritaire du 7 mai des professeurs d’universités et le commentaire de L. Ferretti après le résumé des huit étapes)

 

 

 

 

Huitième étape (dernière?)

Samedi 5 mai 2012

Après-midi

Après 82 jours de grève (70 de blocage libéral refusant toute négociation), après 22 heures de négociations sans arrêt à Québec, le gouvernement représenté par les ministres Beauchamp, Courchesne et Paquet annonce une « entente de principe », que les leaders étudiants Paul-Émile Léger (TACEQ), Léo Bureau-Blouin (FECQ), Martine Desjardins, représentant la plus importante association, la FEUQ avec 125 000 adhérents, et même Gabriel Nadeau-Dubois de la CLASSE (100 000) qualifient d’offre présentable à leurs membres, certains parlant prudemment de feuille de route de sortie de crise.

Car crise il y a eu, les étudiants ayant fait preuve d’une résilience extraordinaire par des manifestations quasi-quotidiennes, exemplaires et festives pour la plupart.

Cette entente (?) aurait-elle été possible sans la présence, pendant ces 22 heures, de Réjean Parent de la CSQ et de Louis Roy de la CSN, arborant fièrement le carré rouge, symbole de la lutte étudiante (tout comme les députés du PQ, de Québec Solidaire et d’Option Nationale pendant les 80 jours)? Mais les recteurs présents ont-ils remis en question leurs absurdes politiques de frais afférents multipliés au cours des dernières années, leurs salaires honteux de cadres avec frais de voyages en première classe et boni de départ scandaleux, leur compétition malsaine interuniversitaire à coûts immodérés de publicités criardes (mon université est plus excellente que la tienne…) et de constructions excentriques (Sherbrooke à Longueuil, UQAR à Lévis, …) ?

Les étudiants ont gagné par leur discours articulé le droit de surveiller ces débordements par l’intermédiaire d’un conseil des universités instauré à la va-vite : mais pourront-ils jeter leur oeil critique sur la bureaucratie onéreuse du ministère de l’Éducation, sans compter celle que le rapport Rioux recommandait de supprimer, la bureaucratie du ministère de la Culture sur les Conservatoires (notons le combat parallèle mené par les étudiants du Conservatoire de Montréal, depuis leur solidarité avec leur enseignante Liette Yergeau jusqu’à leur participation remarquée à la manif du 22 mars et leur interprétation libre du Sacre du Printemps)? Les prochains jours verront les étudiantEs répondre de leur satisfaction ou de leur insatisfaction face à ces questions cruciales pour l’avenir du Québec.

À Victoriaville, une manifestation, au lendemain de l’émeute, réussit à garder son calme, grâce entre autres à nos amis intervenants du Festival de la Paix de Victo…

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Septième étape

Vendredi 4 mai

Soir

Alain Rayes, « ancien directeur d’école, citoyen du Québec et maire de Victoriaville » où s’est déplacé le congrès libéral fuyant Montréal, a dans un discours exemplaire, le lendemain du 4 mai, déploré la violence « exercée par une minorité qui a fait dégénérer en émeute une manifestation démocratique paisible et légitime ». Bilan : 110 arrestations, mais surtout 3 policiers et 6 manifestants blessés, dont deux pour traumatismes crâniens sévères : l’un perdra son oeil.

« Toute violence est inacceptable » ont pieusement déclaré les ministres libéraux.

Inacceptable, en effet, la fermeture violente des Libéraux face aux manifestations du printemps érable qui ont rassemblé depuis février environ un million de personnes opposées à :

1- la hausse des droits de scolarité de 75% sur 5 ans puis de 82% sur 7 ans

2- l’exploitation dangereuse du gaz de schiste par fractionnement

3- la réfection de la centrale de Gentilly 2 : 3 milliards$ que les Libéraux veulent « investir » (avec la bénédiction de Michel Arsenault de la FTQ et de son complice Accurso) dans un projet menacé par de sérieuses possibilités de séisme et un dossier noir de contamination au tritium

4- la vision d’une société soumise à l’automobile que représente le projet de nouvel échangeur Turcot (3 milliards$ confiés à SNC-Lavalin et à la société Louisbourg, deux sociétés investiguées par les policiers)

5- un Plan Nord qui comprend l’exploitation de mines d’uranium menaçant la sécurité de la nation Crie et des citoyens de Sept-Îles

6- l’attentisme coupable qui a retardé de deux ans la mise en opération de la Commission Charbonneau se penchant sur la corruption des élus, parfois par la Mafia

7- la violence des policiers envers des manifestants pour la plupart pacifiques, parfois infiltrés par des casseurs (à la lumière de l’affaire des manifs contre le G8 à Montebello, il faudrait enquêter sur l’usage possible d’agents provocateurs: depuis le film Z de Costa-Gavras, on en sait plus long là-dessus…)

8- l’abandon des objectifs de Kyoto, tant par les Conservateurs de Harper que par le Conservateur Jean Charest manipulant Hydro-Québec dans son refus des éoliennes pour favoriser le Sûroit, Rabaska, Cacouna etc.

9- la Chambre de Commerce de Montréal qui invite, 8 mois après l’élection d’Obama, le criminel de guerre George Bush comme conférencier invité (xxx xxx$???), lui qui a laissé la côte américaine du Golfe du Mexique détruite par les conséquences de son amour avide du pétrole, cause aussi de son invasion de l’Irak provoquant plus de 100 000 morts et 3 millions de réfugiés

10- la présence comme présidente du C.A. de l’UQAM imposée par le gouvernement libéral de madame Isabelle Hudon, pdg québécoise de Sun Life Financial Canada, qui investit dans Lockheed Martin et Northrop Grumman constructeurs américains de bombes atomiques et des F-35 à 29 milliards de $ payables par les contribuables québécois malgré leur opposition à plus de 80%!

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Sixième étape

Midi

Les Profs contre la hausse, bien pilotés par le professeur André Breton (membre des Artistes pour la Paix) qui agit au nom du Syndicat des Professeures et Professeurs de l’Université du Québec à Montréal, rassemblent autour de Gabriel Nadeau-Dubois, porte-parole de la CLASSE et d’Éliane Laberge (qui succédera à la tête de la FECQ à Léo Bureau-Blouin déjà parti pour Québec avec Martine Desjardins de la FEUQ), des profs représentant neuf universités (Concordia, McGill, Montréal, Sherbrooke, Téluq, UQAC, UQAM, UQO, UQTR) et  quatorze collèges (Ahuntsic, Bois-de-Boulogne, Édouard-Montpetit, Lionel-Groulx, Maisonneuve,  Marie-Victorin, Montmorency, Outaouais, Rosemont, Saint-Hyacinthe, Saint-Laurent, Valleyfield, Vanier, Vieux-Montréal). Ils sont entourés d’un millier environ de leurs collègues professeurs, chargés de cours et maîtres de langue qui tiennent à exprimer leur solidarité envers la cause étudiante.

L’invité spécial contacté par André est le sociologue Guy Rocher qui appelle le gouvernement à laisser tomber son mesquin esprit tacticien pour s’élever à une vision d’état, comme celle qui avait inspiré la recommandation en 1961 du rapport Parent (il faisait partie de son équipe de rédacteurs) d’assurer à court terme la gratuité universitaire. Ces propos ont évidemment déclenché des ovations et bien sûr l’assentiment enthousiaste du jeune Nadeau-Dubois. Pierre Jasmin, présent, encourage (inutilement…) le porte-parole de la CLASSE à garder une attitude raisonnable lorsqu’il quitte Montréal armé d’un simple sandwich pour un marathon de 22 heures de négociations à Québec. Inutilement, car Gabriel démontre son sang-froid remarquable (pour quiconque soumis à une telle pression et spécialement pour un jeune de 21 ans) de façon admirable face au barrage de questions parfois malveillantes des représentants de la presse en ce midi. Il le démontrera à nouveau par son appel au calme le soir même, face aux manifestants violents de Victoriaville. Pierre a l’occasion de faire son éloge le soir-même sur les ondes de Radio Ville-Marie.

La conférence de presse sur la Grande Place de l’UQAM est suivie (par l’intercession de Pierre Lebuis SPUQ et Pierre Jasmin APLP) d’une autre organisée par la Ligue des Droits et Libertés dénonçant, avec deux victimes étudiantes à leurs côtés, les inacceptables violences policières en Outaouais et à Québec, notamment. L’avocat Denis Barrette interpelle le ministre Dutil, notamment pour des détentions abusives de femmes et pour l’utilisation de poivre de cayenne et de gaz irritants, et déplore 1500 arrestations dont plus d’une centaine sans aucune accusation ( communications@liguedesdroits.ca ). Amnistie internationale fera de son côté une dénonciation semblable le jour-même.

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Cinquième étape Syndicat des professeures et professeurs UQAM

26 avril 2012 à 16 h 28 min

NOUS,professeures, professeurs et maîtres de langue de l’UQAM

DÉNONÇONS la présence répétée des corps policiers sur les campus des collèges et universités

RÉCLAMONS l’arrêt immédiat de la brutalité policière

DEMANDONS à l’Assemblée nationale de convoquer des États généraux sur l’université québécoise

EXIGEONS, d’ici leur conclusion, un moratoire sur la hausse des frais de scolarité

27 avril 2012 à 9 h 39 min

Présent dans les bureaux du SPUQ après la réunion syndicale qui a voté ce message que j’ai approuvé entièrement, je me dois d’exprimer un certain malaise à l’égard
1- d’une majorité de policiers respectueux du droit de manifester et des étudiantEs, qui doivent stoïquement essuyer chaque jour des jets de projectiles de la part de casseurs sans foi ni loi, comme on disait naguère… La Fraternité des policiers devrait récompenser cette attitude, plutôt que de protéger ceux qui disjonctent en matraquant et en aspergeant de poivre des manifestants pacifiques.
2- des casseurs dont on ne peut dénoncer la violence, vu qu’ils n’ont aucune identité. Je n’endosse que partiellement le raisonnement qu’un pays qui sécrète des dirigeants-escrocs de sociétés qui leur votent des boni d’un million de $ même lorsqu’ils sont « démissionnés » ou qui élit des politiciens ou des présidents de Chambres de Commerce copains-copains avec des entrepreneurs véreux et des marchands d’armes ne peut qu’engendrer l’apparition de tels nihilistes qui ne croient plus à l’action politique démocratique.

Voilà ce qui est inquiétant dans la crise actuelle : d’une part, la multiplication des actes de vandalisme qui punissent toute la société, d’autre part le silence médiatique qui ignore nos appels à la paix, nos solutions de compromis, comme en 1990 lors des troubles de Kanesatakeh. Entre parenthèses, les dirigeants étudiants devraient parler de signature de ministres libéraux d’alors non pas « avec des Mohawks » ce qui était légitime, mais avec de violents Warriors masqués. On sait que les Libéraux Dutil, Beauchamp et Charest sont en campagne pour assimiler la CLASSE aux casseurs, hélas avec la complicité des éditorialistes de nos « grands » journaux, à l’exception notable du Devoir qui s’était tenu debout de la même noble façon en 1970 (mais hélas pas en 1990).

P.J.

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Quatrième étape

Stupéfiants jeux libéraux de pouvoir à Québec

Le 26 avril 2012, 11h11

L’écologiste Daniel Breton démontrait il y a une semaine (voir plus bas notre article du 19 avril) l’irresponsabilité et la partialité de Line Beauchamp alors qu’elle était ministre de l’Environnement. Est-il aujourd’hui besoin de souligner l’irresponsabilité dont la ministre de l’Éducation a fait preuve tout au long du conflit qui l’a opposée aux étudiants et qui l’a amenée à sa sortie agressive d’hier, indigne de son poste de responsabilité?

Il ne reste qu’une seule solution pour que ce gouvernement libéral, déjà meurtri par toutes sortes d’accusations de favoritisme auprès d’entrepreneurs véreux, sorte le Québec de cette crise majeure : le premier ministre doit décréter un moratoire de quatre mois sur la hausse des frais de scolarité, afin d’assurer le retour en classe des étudiants dès maintenant et pour ne pas faire sombrer le Québec scolaire dans l’anarchie complète (ce qu’il souhaite peut-être pour de basses raisons électoralistes).

Les négociations avec les trois associations étudiantes reprendraient en septembre, avec, espérons-nous, une ou un nouveau ministre de l’éducation, ou alors les Libéraux iront en élection référendaire sur leur hausse aussi injuste face à la génération étudiante actuelle, que le Plan Nord l’est face aux autochtones menacés de mines d’uranium.

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Troisième étape  24 avril

Nous sommes très heureux en tant qu’Artistes pour la Paix que les associations étudiantes et la ministre Beauchamp aient enfin trouvé le chemin de la table de négociations.

Nous déplorons l’attitude gouvernementale qui a attendu tant de semaines pour ce faire.

Mais nous espérons que les parties sauront oublier les aléas de ces semaines perdues et trouveront l’ouverture d’esprit nécessaire pour en arriver rapidement à un compromis acceptable.

Il faut sauver la session d’hiver des étudiants pourtant déjà engagés dans un printemps érable.

Leurs sessions ou emplois d’été sont en jeu.

Le gouvernement doit oublier sa hausse de 75%!!!

Mais comment ne pas être inquiet de l’aboutissement de ces négociations alors que des juges (nommés par les Libéraux?) prononcent des injonctions pour forcer le retour en classe, même dans des institutions qui ont tenu des votes secrets légitimes en faveur de la grève?

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Deuxième étape

Tentative de médiation, jeudi 19 avril

Chers amis de la CLASSE,

Professeur à l’UQAM, j’ai marché avec mon syndicat samedi dernier en solidarité avec votre combat légitime contre la hausse des frais de scolarité. Le 22 mars, nous étions nombreux à être présents avec notre banderole des Artistes pour la Paix et pour la justice sociale.

La ministre Line Beauchamp veut projeter l’image de politicienne qui « se montre ferme face aux étudiants » et « qui prend ses responsabilités au sérieux ». Comme le souligne mon ami Daniel Breton (collectif Maîtres chez nous 21e siècle) avec qui je mène depuis quatre ans de nombreuses luttes écologiques :

« Lors de son passage à l’environnement, elle a démontré que lorsque venait le temps de prendre ses responsabilités et de s’élever au-dessus des intérêts de son parti et de ses « amis » VS ceux de l’environnement et du Québec, elle a TOUJOURS penché du côté de son parti.

Quelques exemples éloquents:

Lors de la marche du Jour de la Terre du 22 avril 2007, Mme Beauchamp, nouvellement nommée ministre de l’environnement, s’est formellement engagée à « mettre les bouchées doubles » (sa propre expression) afin que le Québec atteigne les objectifs du protocole de Kyoto. Or, pendant son passage à ce ministère, le gouvernement de Jean Charest a autorisé:

– le projet de port méthanier de Gros-Cacouna,
– elle a personnellement donné sa bénédiction au projet de port méthanier Rabaska,
– les permis d’exploration de gaz de schiste ont été octroyés à travers le Québec
– et le ridicule projet d’échangeur Turcot a été mis de l’avant grâce à son silence complice.

Ainsi, malgré son engagement à « mettre les bouchées doubles » et à agir de façon responsable, le Québec n’atteindra pas les objectifs de Kyoto.

AH OUI… c’est aussi lors de son passage que le projet de reconstruction de la centrale nucléaire Gentilly 2 a été autorisé par son gouvernement… et qu’a-t-elle alors fait comme ministre de l’environnement? Réponse: RIEN. Elle est restée muette… pour un projet qui NOUS coûtera plus de $3 MILLIARDS (!) qui a été AUTORISÉ SANS DÉBAT PUBLIC (alors que les commissaires du BAPE exigeaient un tel débat) et dont le gros du contrat sera octroyé à… SNC-Lavalin.
Et Mme. Beauchamp va venir faire la morale aux étudiants en disant qu’elle agit de façon responsable??? »

Le 4 avril dernier, j’écrivais un courriel au recteur Claude Corbo qui, je crois, lui a enlevé le goût de faire des injonctions :

« M. le recteur, quelle est votre autorité morale face aux étudiants en grève ?

M. le recteur, aujourd’hui vous avez eu le culot d’invoquer la justice pour coller une injonction aux étudiantEs dont la grève est pourtant respectée, voire appuyée par vos professeurs, chargés de cours et employés, qui vous désavouent.

Quelle serait donc votre autorité à ce sujet ? Celle de votre conseil d’administration ? Votre autorité morale ?

Parlons-en, aujourd’hui même le 4 avril où le scandale des avions de combat furtifs et agressifs éclate dans tout le pays, un scandale que les Artistes pour la Paix dénoncent en priorité depuis juillet 2010 (voir article F-35 du 24 mars sur notre site). Quel rapport avec l’UQAM, oserez-vous me demander ? Vous avez accepté comme présidente de votre conseil d’administration madame Isabelle Hudon qui siège sur les C.A. de CIRANO et du conseil des festivals de Montréal. Jusque là rien de répréhensible. Mais le mois dernier l’informatif site www.dontbankonthebomb.com mis sur pied par ICANW.org (International campaign to abolish nuclear weapons) révèle dans sa section du Canada que la Sun Life Financial, présidée au Québec par madame Hudon, est la seule institution canadienne à financer et Lockheed Martin et Northrop Grumman : ce sont deux compagnies américaines associées à la construction des bombes atomiques américaines, un objectif encouragé contre le président Obama par les Républicains (« Dieu a créé les États-Unis pour dominer le monde », Mitt Romney, 2011). En outre, ces compagnies sont associées à la construction des F-35 que le gouvernement canadien a eu l’indécence de s’engager à acheter au nombre de soixante-cinq au coût projeté de 29 milliards de $, ce qui représente la gratuité pour toutes les institutions universitaires canadiennes pendant des décennies. »

Ce courriel était toutefois accompagné de l’introduction suivante :

Aux étudiantEs, manifestez sans vandalisme svp: le Québec n’a pas les moyens de réparer les dégâts et quand on a une bonne cause, la raison doit rejeter la violence. Camus disait: « À partir du moment où un opprimé prend les armes au nom de la justice, il met un pied dans le camp de l’injustice. »

(Désolé pour le ton paternaliste de cet addendum)…

Chers amis, le gouvernement libéral et la ministre Beauchamp qui s’appuient sur la violence mortifère des forces de l’argent n’en ont probablement plus pour longtemps, le recteur Corbo non plus. Si leur arme de judiciarisation est condamnée par les professeurs (FQPPU) et les amiEs des droits de la personne, une révolution n’arrivera toutefois ni demain ni après-demain : le changement se fera par les urnes, le Parti Québécois et Québec Solidaire ayant promis qu’ils n’appliqueraient pas la hausse décrétée par le parti libéral. C’est donc politiquement qu’il faut travailler. Vous représentez les forces de la vie, avec qui nous bâtirons d’ailleurs nos célébrations du Jour de la Terre dimanche, aux côtés de Dominic Champagne et de Frédéric Back.

Au nom de la paix sociale au Québec, puis-je respectueusement et humblement vous conseiller, vous conjurer même, d’accepter l’invitation de la ministre et de condamner toute violence, tant de la part des policiers et gardes de sécurité engagés par les institutions d’enseignement que de la part de manifestants mal inspirés?

Ce serait une première étape essentielle, en vue de vous asseoir avec la ministre pour tenter de gagner un compromis en deux points :

– inciter le gouvernement à augmenter l’offre de bourses plutôt que de prêts qui ne profitent qu’aux banques scandaleusement riches;

– selon les résultats positifs de cette négociation du premier point, accepter la mort dans l’âme «une hausse des frais de scolarité » (déclaration qui permettrait au gouvernement de sauver la face), tout en négociant ferme pour la limiter possiblement à l’indexation à l’indice d’inflation ou à un pourcentage par exemple de 5%, en tout cas très inférieur aux iniques 75% que la CAQ et le parti libéral favorisent (et il n’est hélas pas exclu qu’ils gouvernent par alliance après les prochaines élections…).

Ce faisant, vous gagneriez le respect des Québécois qui salueraient votre sens admirable de la mesure et du compromis. Ce n’est qu’une suggestion amicale personnelle, mais pressante.

Pierre Jasmin

Professeur à l’UQAM 514-987-3000 poste 3937 et artiste pour la paix

Catégorie(s): L’actualité commentée, Paix sociale

2 commentaires pour Pour un Printemps québécois

Daniel-Jean Primeau

20 avril 2012 à 7 h 14 min

À titre de citoyen soutenant la cause étudiante, je me permets de contredire la prise de position de Pierre Jasmin ici quand il propose aux étudiants d’accepter une hausse de 5%.
Je suis d’accord avec toute la démonstration qui la précède, mais je reste par principe fermement opposé à une hausse car elle aura deux conséquences graves que peu arrivent à évaluer en ce moment:
– La hausse fera des gradués de demain des citoyens endettés. Le but de cet endettement est de contrôler une société qui pourra alors être encore mieux exploitée par ces « investisseurs » qui reconstruisent des échangeurs autoroutiers et des centrales nucléaires, qui pillent les sols à la recherche de gaz de schiste et qui construisent des avions furtifs ou des bombes… (un citoyen endetté « ferme sa gueule »)
– La hausse, et sa conséquence qu’est l’endettement feront réfléchir les jeunes qui veulent s’engager dans des études supérieures. Ils voudront embrasser une profession « payante » pour payer leurs dette, plus question de faire des études en philosophie, en théologie, en anthropologie, en littérature, en art visuels, en danse, domaines moins payants… Mais qui font la richesse d’un peuple au sens culturel…
Non à la violence…
Nous devons, me semble-t-il, dénoncer la violence gratuite des policiers qui trop souvent frappent sur des manifestants tout à fait pacifistes? C’est à se demander si le but de cette répression n’est justement pas de discréditer les étudiants pour qu’ils en deviennent violents de vexations et de colère!

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1ère étape 22 mars

Les Artistes pour la Paix dans la rue en appui à la grande manifestation étudiante du 22 mars : 200 000 personnes au comportement pacifique exemplaire, selon l’estimé conjoint des policiers et des associations étudiantes. On peut voir (et même lire!) notre banderole sur la photo géante du Journal de Montréal du 23 mars! Elle a rallié divers artistes, dont le président des APLP, Daniel-Jean Primeau, le vice-président Pierre Jasmin, le secrétaire André Cloutier, Diane Croteau-Grenier, membre du C.A., l’écrivain Jean Barbe et les comédiens Christian Bégin et Alexis Martin que venait de quitter Dominic Champagne en route pour les studios de Tout le monde en parle (émission du 25 mars).

Félicitations aux artistes de L’HAUSSETIE-D’SHOW, qui sous les encouragements de Paul Ahmarani, Dan Bigras (« la liberté, ça ne se demande pas : ça s’lève debout et ça se prend! ») et Jacques L’Heureux, ont défilé gra-tui-te-ment comme l’éducation devrait être, avec les Zapartistes, Manu Militari, Paul Piché, Martin Léon, Louis-Jean Cormier, Michel Rivard, David Marin (avec les mots de Gaston Miron) et Chloé Sainte-Marie! C’était au Métropolis, pendant qu’un autre spectacle gratuit de la scène alternative montréalaise en appui aux étudiants se tenait au Théâtre National intitulé le show des pas d’classe, tous deux le même soir du 22 mars.

Ces protestations sont nécessaires en face de gouvernements qui ignorent le bien commun et le respect dû à la nature, avec la complicité d’hommes d’affaires sans scrupules qui prônent, entre autres, le projet aberrant de réfection de la centrale nucléaire de Gentilly 2. Car le même jour, à l’Assemblée nationale, le ministre Clément Gignac n’a pu expliquer les 275 millions de $ inscrits dans le budget Bachand sous la rubrique de la réfection de la centrale, malgré la rafale de questions par le député péquiste Bernard Drainville qui a justement dénoncé cette dépense aberrante équivalant en un an à la somme qu’irait chercher le gouvernement libéral avec la hausse des frais de scolarité en cinq ans!

Au fédéral qui serait en mesure d’aider les études universitaires, on est affligé de ministres ignorants qui prônent l’achat des avions furtifs F-35 Lockheed Martin agressifs, sans aucune valeur défensive, dont le coût projeté équivaut aux coûts totaux de fonctionnement et d’actions du ministère canadien de l’Environnement jusqu’en 2041. Et qui profiterait de la pauvreté accrue des étudiants? Les Forces armées canadiennes qui feront signer davantage de pauvres conscrits avec promesse de subvenir à leurs études, avant de les envoyer se faire tuer ou mutiler ailleurs ou en Afghanistan (guerre dont les coûts minimaux reconnus par le gouvernement ont été de 12 milliards de $, sans compter les morts afghanes et canadiennes : 150, pour ces dernières, innombrables pour les premières).

Les Artistes pour la Paix vous invitent de nouveau dans la rue le 22 avril pour appuyer le manifeste de Dominic Champagne, artiste pour la paix de l’année.

Pierre Jasmin, vice-président APLP

2 Commentaires

  1. Pierre Jasmin Pierre Jasmin
    6 mai 2012    

    Je reçois sur mon courriel personnel un commentaire de Lucia Ferretti inquiète de l’équité de l’entente par rapport aux universités des régions. Vous pouvez l’entendre à la télé de Radio-Canada, à l’émission « Montréal, ce soir » (lundi 7 mai). Elle y exprime sa positiion sur « l’entente » de principe .
    « Les universités en région, particulièrement celles du réseau de l’Université du Québec, sont gérées de manière beaucoup plus efficace que McGill ou l’Université de Montréal. Quand avez-vous entendu parler la dernière fois d’un scandale financier à l’UQAT, à l’UQAR, à l’UQAC, à l’UQO ou à l’UQTR?

    Il est à prévoir qu’on y aura rapidement fait le tour du «gras à couper». Or, la baisse des frais afférents dans chaque université est liée à l’amélioration de sa gestion. En conséquence, les étudiants inscrits dans les établissements de l’UQ en région subiront la hausse des frais de scolarité sans grande compensation à espérer d’une baisse des frais afférents.

    Les étudiants de McGill n’ont pas fait grève et ils sortent grands gagnants de l’entente signée hier à Québec. Quant à ceux des établissements de l’Université du Québec, surtout en région, ils sortent perdants. Le gouvernement Charest n’a pas voulu « perdre la face » sur les droits de scolarité : en voilà le résultat!

    Lucia Ferretti
    Professeure titulaire
    Université du Québec à Trois-Rivières »

    Cette très légitime préoccupation de la fille de mon amie Andrée se verra infirmée ou sans doute confirmée dès décembre prochain: il sera alors temps de réagir en repartant en grève si nécessaire. En attendant, sauver la session d’hiver serait une bonne idée, non? Lorsqu’on parle de scandales, on a un peu à l’esprit l’îlot Voyageur de mon université, mais surtout les salaires des recteurs de Concordia et McGill, les généreuses mises à la retraite de leurs vice-recteurs et les frais de voyage en première classe de la rectrice de McGill au Brésil récemment P.J.

  2. Montréal, le 06 mai 2012 (reçu le 8 mai par Pierre Jasmin) – La Fédération québécoise des professeures et professeurs d’université (FQPPU), seule organisation représentant la majorité du corps professoral universitaire, a été exclue des négociations qui ont eu lieu les 4 et 5 mai entre le gouvernement et les associations étudiantes. La FQPPU n’a pas pu exprimer le point de vue des professeures et professeurs dont le travail sera pourtant indispensable au moment de la reprise des cours.
    Tout aussi incompréhensible, l’entente de principe annoncée le 5 mai prévoit la composition d’un Conseil provisoire des universités composé de 19 personnes, dont un seul professeur délégué par la FQPPU. À l’évidence, les considérations pédagogiques et scientifiques ne seront pas prises en compte, puisque les
    principaux responsables des activités académiques seront écartés des débats, alors que ceux-ci les concernent et les engagent au premier chef.
    Compte tenu de l’absurdité de cette situation et de la dilution des enjeux qui sont apparus au cours des derniers mois, la FQPPU n’appuie pas l’entente annoncée le 5 mai.
    Fondée en 1991, la FQPPU rassemble 15 syndicats et associations qui
    représentent plus de 5000 professeures et professeurs d’université.
    – 30 –
    Source : FQPPU
    514-843-5953
    http://www.fqppu.org

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