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Je suis APLP parce que…

"C'est la paix et la justice pour tous que chacun d'entre nous souhaite et recherche. Contribuons à construire un monde meilleur, avec notre talent, quel qu'il soit !"
Camille Pelletier Antaya, membre du CA des APLP
"Parce que la paix est toujours à faire, en nous comme avec les autres, et que c’est par l’art que c’est le plus merveilleux de la promouvoir, de la défendre, de la fêter !"
domlebo, auteur-compositeur-interprète
"La paix est sacrée. C’est pour ça qu’on dit : Sacré-moi la paix !"
Yvon Deschamps, humoriste retraité
"Les mots de Louise Warren sur le dessaisissement et sur l’intensité préalable à la création me conduisent à Mozart et à Beethoven, à ma fille et à mon fils : je leur souhaite la paix… et travaille tous les jours à ce que ce vœu se réalise !"
Pierre Jasmin, pianiste, membre de l'exécutif de Pugwash Canada
"ChacunE, quel que soit son milieu d’appar-tenance et ses talents, peut et doit apporter sa petite pierre à la construction de la Paix (qui est tellement plus que l’absence de guerre ou de conflit armé)."
Dominique Boisvert, écrivain d'essais
"La paix est loin d’être acquise. Avec l’explosion de l’industrie militaire dans le monde, on aura besoin de nos mots, notre musique, nos films, de notre art pour faire contrepoids. La culture est arme de construction massive."
Guylaine Maroist, cinéaste documentaire

Lettre au ministre Lawrence Cannon

Montréal, le 19 novembre 2010

L’Honorable Lawrence Cannon,
Ministre des Affaires étrangères

Monsieur le ministre,

Vous avez pris le temps le 8 octobre dernier de nous envoyer la lettre de trois pages reproduite en annexe 1. Nous percevons votre geste comme une volonté positive de dialogue, et je prendrai le temps plus loin de souligner en détails les points où nous nous rejoignons. Mais je tiens à commencer cette lettre en vous exprimant au nom des APLP nos désaccords profonds envers les actions ou inactions de votre gouvernement, par exemple :

1- prolongation projetée, sans aucune légitimité démocratique, de la présence militaire canadienne jusqu’en 2014 en Afghanistan : nous déplorons que nos soldats y aient posé pieds et surtout que plus de cent cinquante d’entre eux y aient perdu la vie en vain; ce constat ne tient même pas compte de l’estimation minimale de 11 milliards de $ gaspillés jusqu’ici en pure perte dans cette aventure sans issue;

2- les 16 milliards de $ projetés par votre gouvernement pour l’acquisition d’avions furtifs et agressifs F-35 Lockheed Martin, un gaspillage nullement efficace pour la défense territoriale de notre pays comme l’ont dit maints spécialistes (Institut Rideau);

3- et les 11 milliards de $ dénoncés par la Vérificatrice générale, en très grande partie pour l’achat d’hélicoptères Chinook et leur équipement à des fins agressives plus que pour des missions de secours, pourtant si appréciées à Terre-Neuve suite à l’ouragan et en Haïti suite au tremblement de terre; ces dépenses invraisemblables par votre gouvernement nous rappellent les EH-101 équipés contre les sous-marins nucléaires projetés en 1993 par vos prédécesseurs Kim Campbell et l’un des deux députés conservateurs survivants de cette désastreuse campagne électorale : Jean Charest. Notre intervention avait alors été appuyée par Jean Chrétien;

4- l’inaction, en dépit de nos nombreux appels et de ceux du général Dallaire et d’Amnistie Internationale, face au sort de l’enfant-soldat Omar Khadr toujours non rapatrié en son pays et surtout non pris en main en vue de se réhabiliter;

5- les dépenses militaires du Canada presque doublées depuis 2004, alors que diplomates et artistes engagés dans l’établissement de liens culturels durables avec les peuples du monde ont vu leurs budgets coupés sauvagement;

6- la non-signature du Traité d’Oslo contre les bombes à fragmentation que votre prédécesseur libéral avait, selon nos informations, pourtant ratifié;

7- le vote honteux le 27 octobre à la Chambre des Communes contre le projet de loi 300 qui aurait amené les compagnies minières canadiennes à répondre de leurs actes non éthiques commis à l’étranger;

8- le vote conservateur heureusement minoritaire qui aurait pu démanteler le registre canadien pour le contrôle des armes à feu en faveur duquel nous avons lutté dès 1991 aux côtés de Heidi Rathjen et de Wendy Cukier, grâce à diverses manifestations artistiques et, cette année-même, grâce à des courriels adressés à chaque député et sénateur canadien;

9- la scandaleuse et hypocrite attaque cette semaine du Sénat non élu qui a annihilé un projet de loi piloté par le NPD et adopté démocratiquement à la Chambre des Communes qui aurait engagé réellement le Canada dans la lutte contre les changements climatiques; c’est d’autant plus déplorable que notre pays a fait si piètre figure à Copenhague sur ce sujet, une des nombreuses causes de la non-sélection de notre pays au Conseil de Sécurité de l’ONU (prédite par ma conférence du 26 septembre pour Projet Écosphère).

Mais puisque vous m’avez écrit à titre de membre de l’exécutif du Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire et de Pugwash, ma lettre s’attachera donc principalement aux points suivants :

– nous nous associons pleinement aux efforts de votre gouvernement envers le Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN ou CTBT) et envers le Traité d’interdiction de production de matières fissiles (FMCT). Nous sommes par contre préoccupés de rumeurs que des déchets nucléaires canadiens soient utilisés dans la fabrication de bombes à uranium appauvri; or, des médecins allemands les relient aux très nombreux cancers, leucémies et naissances difformes observés non seulement à Falloujah (où ils auraient été provoqués par leur utilisation en novembre 2004 en Irak), mais aussi dans les familles des vétérans utilisateurs américains et britanniques.

– quant au traité START, nous avons salué le courage du président Obama (voir notre article sur le site pugwashgroup.ca à ce sujet) et de ses aides rencontrés en janvier dernier à Ottawa : j’ai alors été porte-parole à la télévision des Communes aux côtés de mes collègues Audrey McDonough et Douglas Roche de résolutions adoptées en vue de la réunion du Traité de Non-Prolifération à New-York (ONU) du 3 au 28 mai 2010. Nous sommes persuadés que vous devriez vous engager (subtilement, vu la réticence des Américains en matière de politique étrangère de voir des pays, même amis, s’immiscer dans de tels débats) aux côtés du président américain dans ce dossier vital et urgent, car la mort du traité START relancerait une prolifération nucléaire accrue, potentiellement catastrophique pour la survie de notre planète;

nous attendons toujours de votre part réponse à un point majeur de notre appel du 3 juin cosigné par Margaret Atwood et plusieurs autres personnalités (voir annexe 2) appelant le Canada à définir une aide à la défense d’Israël pour permettre son désarmement nucléaire : cela nous semble un des plus grand danger actuel pour la paix mondiale, vu la volatilité extrême démontrée par la flotte militaire de ce pays dans l’arraisonnement d’une flottille humanitaire à destination de Gaza le 31 mai dernier. Nous sommes très préoccupés de voir votre gouvernement aligné sur celui d’extrême-droite au pouvoir actuellement en Israël, dont le traitement des Palestiniens est à l’égal des pires régimes colonialistes d’antan; notre préoccupation constate aussi que votre discours d’appui à la résolution du 28 mai des 189 pays signataires du Traité de Non-Prolifération ne contenait aucune référence à leur convocation pourtant décidée unanimement d’une conférence en 2012 (c’est dans treize mois et demi!) en vue d’un Moyen-Orient libre d’armes de destruction massive : je préfère à « libre d’armes nucléaires » cette appellation globale, parce qu’elle contient implicitement une référence aux armes chimiques ou bactériologiques (vu la réticence dans le passé par l’Égypte, l’Iran et la Syrie à appuyer officiellement l’interdiction totale de ces armes sournoises). Or, cette conférence nous apparaît comme le meilleur moyen de forcer l’Iran au respect total des clauses de l’Agence internationale d’énergie atomique et de quitter l’hypocrite non-mention occidentale des bombes nucléaires israéliennes; car l’arme atomique détruirait sans nuances pays ennemis et amis…

– vous voilà présentement au Portugal à la révision de la mission officielle de l’OTAN, organisme militaire auquel les Artistes pour la Paix déplorent voir le Canada associé. Nous avions rencontré en janvier M. Ted Whiteside, secrétaire du conseil Atlantique Nord, après un discours où il n’avait jamais fait référence à l’ONU, ce que nous avions aussitôt dénoncé comme une lacune embarrassante mais révélatrice de l’inconscience militariste. Nous préférerions voir notre pays poursuivre avec acharnement une mission de désarmement nucléaire de l’Arctique en poussant cet objectif cher à mes collègues de Pugwash, Adele Buckley et Steven Staples : vous pourriez vous appuyer sur le Danemark, la Finlande, l’Islande et la Norvège, et aussi peut-être obtenir la collaboration des États-Unis et de la Russie advenant un succès du traité START. Car il nous semble primordial de protéger cet océan aux écosystèmes si fragiles de possibles radiations nocives. Il en va surtout de notre désir de voir les ZLAN, zones libres d’armements nucléaires, qui couvrent la moitié du globe, s’étendre éventuellement, comme le demande l’Alliance canadienne pour la Paix, au Canada entier et, comme les Maires pour la Paix présidés par Dr Tadatoshi Akiba le souhaitent, à toute la planète!

Enfin, une tradition chez les Artistes pour la Paix marquait chaque période de l’Avent si avare de lumière solaire par l’émission d’un communiqué soulignant des motifs de ressentir notre appréciation positive de progrès pour la paix (comme nous fêtons chaque 14 février des personnes symboliques de la diversité de nos combats pacifiques pour la paix). Cette tradition avait été abandonnée lors de deux des trois dernières années pour cause de pessimisme aggravé par les prises de position de votre gouvernement et, l’an dernier, par notre effort exclusif, heureusement couronné de succès, exercé par une pétition déposée sur le site de l’Assemblée Nationale du Québec grâce au député Amir Khadir : la première revendication de cette pétition endossée par plus de quatre mille personnes demandait au gouvernement du Québec d’abandonner l’achat de la centrale nucléaire de Pointe-Lepreau.

Nous sommes donc heureux d’associer, à cette lettre qui vous est personnellement adressée, le retour de cette tradition, grâce à deux raisons majeures de nous réjouir :

1- Nous avons eu avec vous un échange (courroucé de notre part) de points de vue à partir de novembre 2008 sur le scandale que représentait à nos yeux un vote de notre pays à l’ONU ayant alors pour effet de bloquer une résolution demandant aux pays détenteurs de bombes nucléaires en état d’alerte maximale de les désalerter, afin d’éviter tout court-circuit électronique ou décision impulsive qui aurait entraîné leur déclenchement désastreux. Nous vous sommes maintenant reconnaissants d’avoir eu le mois dernier, à notre grande surprise, le courage de vous dissocier de l’OTAN, des États-Unis, de la Grande-Bretagne et de la France, qui se trouvent désormais isolés face à une demande raisonnable mondiale à laquelle nous sommes fiers de voir le Canada désormais associé. C’est par la rigueur de tels comportements que le Canada réussira le mieux à contrer la délinquance de la Corée du Nord et de l’Iran !

2- Nous vous avions fait connaître notre déception amère de voir le Canada parmi trois scandaleuses exceptions mondiales refusant d’apposer sa signature sur la Déclaration des Nations Unies sur les droits des peuples autochtones. Vous savez sans doute que les Artistes pour la Paix ont toujours travaillé activement à la reconnaissance politique et culturelle des autochtones, par exemple en appuyant la nomination du commissaire Konrad Sioui lors de l’Enquête populaire sur la sécurité du Canada (1994), par nos actions culturelles avec des artistes tels que Samian et Bob « Seven Crows » Bourdon, par la nomination d’Artistes pour la Paix de l’année tels que Florent Vollant (1996) et la regrettée Myra Cree (2004) ou les métissés Chloé Sainte-Marie (2009), Marcelle Ferron (2000), Marie-Claire (1995) et Richard Séguin (1990, notre co-président d’honneur avec Antonine Maillet). Nous sommes enchantés d’avoir appris à Toronto la semaine dernière, lors de notre participation au gala du 50e anniversaire de VOIX DES FEMMES où nous avons dédié notre prestation pianistique aux regrettées Solange Vincent et Simonne Monet-Chartrand APLP1991, que vous avez finalement décidé de signer cette déclaration : nous vous en remercions vivement.

Sincèrement,

Pierre Jasmin
Président des Artistes pour la Paix

Cc M. le Premier Ministre Stephen Harper
le ministre de la Défense Peter MacKay
Michael Ignatieff, chef de l’opposition
Bob Rae, porte-parole libéral en matière d’Affaires étrangères
Gilles Duceppe, chef du Bloc Québécois
Pierre Paquette, porte-parole bloquiste
Jack Layton, chef du NPD
Thomas Mulcair, porte-parole québécois du NPD
Mme Elizabeth May, chef du Parti Vert
Pugwash
Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire
Médias


 

Annexe 1 Lettre du 8 octobre du ministre Cannon

À Monsieur Pierre Jasmin
Membre du Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire,
membre de Pugwash et président des Artistes pour la Paix

Monsieur,
Je vous remercie de votre lettre du 5 février 2010, de votre courriel du 18 mai 2010 ainsi que les pièces jointes, au sujet de la politique canadienne de non-prolifération, de contrôle des armements et de désarmement (NCAD). Mon collègue, l’honorable Peter G. MacKay, ministre de la Défense nationale, m’a également fait parvenir le 13 juillet dernier, votre correspondance à ce sujet. Je vous prie d’excuser ce retard à vous répondre.

Le Canada s’est engagé à promouvoir la paix et la sécurité à l’échelle internationale en s’efforçant de prévenir la prolifération des armes nucléaires. En effet, l’objectif du gouvernement canadien est l’élimination totale de tout type d’armes nucléaires. La politique du Canada est fondée sur son adhésion au Traité sur la non-prolifération des armes nucléaires (TNP), pierre angulaire du régime mondial de non-prolifération. Le TNP, auquel 189 pays sont parties, est presque universel aujourd’hui.

Aborder les questions de NCAD nucléaires était l’une des priorités de la réunion des ministres des Affaires étrangères du G-8 qui a eu lieu les 29 et 30 mars 2010 à Gatineau, Québec. Les ministres des Affaires étrangères ont rendu publique une déclaration sur la non-prolifération nucléaire, le désarmement et l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire. Cette déclaration visait à promouvoir un résultat positif de la Conférence des Parties chargées d’examiner le TNP qui a eu lieu à New York du 3 au 28 mai 2010. J’ai été heureux de participer à l’ouverture de la Conférence des Parties chargées d’examiner le TNP et de prononcer la déclaration nationale du Canada qui appelait toutes les parties à travailler à un résultat équilibré qui renforcerait le TNP appuyant notre objectif commun d’un monde libre de toute arme nucléaire. Le Canada a salué le résultat positif de la Conférence des Parties chargées d’examiner le TNP. Le document final qui a rallié le consensus de tous les États parties a atteint l’objectif du Canada qui visait à mettre sur pied des mesures constructives afin de réaliser des progrès à l’égard des trois assises du TNP, soit la non-prolifération, le désarmement et l’utilisation pacifique de l’énergie nucléaire.

La promotion du Traité d’interdiction complète des essais nucléaires (TICEN) est un élément clé du régime de NCAD. Le TICEN a été rédigé de manière à constituer une mesure efficace de désarmement nucléaire et de non-prolifération en restreignant la capacité d’un État à mettre au point des armes nucléaires ou à améliorer qualitativement les armes nucléaires existantes. Le Canada se réjouit que 153 pays aient ratifié le TICEN et que le nombre de signataires de ce traité s’élève désormais à 182. Comme je l’ai indiqué dans la déclaration que j’ai faite à la Conférence en vue de faciliter l’entrée en vigueur du TICEN de septembre 2009, le Canada continue d’exhorter les neuf pays qui n’ont pas encore ratifié le TICEN, et dont la ratification est indispensable à son entrée en vigueur, à le faire dès que possible. À cet égard, le projet de l’honorable Barack Obama, président des États-Unis, de présenter à nouveau au Sénat américain le TICEN, aux fins de ratification le plus tôt possible, représente un pas dans la bonne direction.

Le Canada continue de participer activement aux forums internationaux, comme la Conférence du désarmement (CD), afin de négocier de nouvelles mesures de non-prolifération et de désarmement nucléaires qui renforceront la sécurité du Canada. La priorité du Canada à la CD est la négociation d’un Traité sur l’interdiction de la production de matières fissiles (FMCT) vérifiable, qui mettrait fin à la production de ces matières utilisées dans les armes nucléaires. Le Canada a été à l’avant-garde des efforts internationaux visant à lancer les pourparlers sur le FMCT. En 2009, le Canada a rallié un consensus sur une résolution de l’Assemblée générale des Nations Unies recommandant d’amorcer les négociations d’un FMCT au début de 2010. Toutefois, en dépit de ces efforts, les négociations du FMCT n’ont pas débuté à la CD en raison de l’opposition du Pakistan.
Le Canada s’est réjoui de la signature par les États-Unis et la Russie, le 8 avril 2010, d’un nouveau Traité sur la réduction des armements stratégiques. La réduction des stocks d’armes nucléaires des deux États possédant les plus importants arsenaux au monde permettrait de franchir une étape importante vers le désarmement nucléaire. Le Canada se réjouit également des réductions unilatérales annoncées ces dernières années par d’autres États possédant des armes nucléaires.

Le Canada est favorable au principe selon lequel une convention sur les armes nucléaires constitue la dernière étape d’une démarche graduelle visant à mettre fin à la capacité des États à produire et à mettre au point des armes nucléaires, de même qu’à réduire et éventuellement à éliminer les arsenaux nucléaires. Le Canada prend des mesures afin d’exhorter tous les États à adhérer aux traités qui doivent d’abord être en vigueur avant d’envisager une convention sur les armes nucléaires. Ceux-ci sont notamment, l’entrée en vigueur du TICEN et la négociation en vue d’un FMCT.

Le Canada est membre de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord (OTAN) et du Commandement de la défense aérospatiale de l’Amérique du Nord. La coopération du Canada avec les nations alliées demeure essentielle, non seulement pour assurer notre sécurité mutuelle, mais aussi pour respecter la politique du Canada visant à soutenir les changements politiques positifs. Tous les États membres de l’OTAN acceptent le concept de sécurité collective pour se défendre contre les agresseurs, dont certains possèdent des armes nucléaires ou cherchent à s’en doter. La menace nucléaire étant réelle, les mesures de dissuasion nucléaires de l’OTAN demeurent essentielles.

Le Canada demeure préoccupé par la menace que présentent les stocks existants d’armes de destruction massive et des matières connexes dans les États de l’ancienne Union soviétique. Par conséquent, le Canada s’est engagé à verser 1 milliard de dollars sur 10 ans au Partenariat mondial contre la prolifération des armes de destruction massive et des matières connexes. Par l’entremise du Programme de partenariat mondial d’Affaires étrangères et Commerce international Canada, le Canada continuera de s’employer à garantir la sécurité des matières nucléaires, à détruire les armes chimiques, à réorienter les chercheurs du domaine de l’armement vers une carrière dans le monde civil, à démanteler les sous-marins nucléaires ainsi qu’à garantir la non-prolifération des agents biologiques. Cette initiative de non-prolifération vise directement à atténuer la menace envers la population canadienne et la communauté internationale que laisse présager une mauvaise utilisation éventuelle de ces armes et de ces matières par des terroristes.

Je peux vous assurer que le Canada fait la promotion d’une politique de NCAD qui préconise fermement la non-prolifération, la réduction et l’élimination éventuelle de toutes les armes nucléaires. Le Canada continuera de collaborer avec ses partenaires nationaux et internationaux afin d’atteindre cet objectif.

Je vous remercie d’avoir écrit et vous prie d’agréer, Monsieur, l’expression de mes sentiments les meilleurs.
Le ministre des Affaires étrangères,
L’honorable Lawrence Cannon, c.p., député


 

Annexe 2 : lettre au premier ministre

Montréal, 3 juin 2010

Le Très Honorable Stephen Harper

Monsieur le premier ministre du Canada,

Nous portons d’abord les faits suivants qui nous préoccupent à votre attention.

1- L’attaque le 31 mai dernier par Israël d’humanitaires rassemblés dans une flottille de paix désarmée, voguant en eaux internationales, porteuse de vivres, fournitures scolaires et médicales et de matériaux de construction, nous révolte.

2- Coupés du monde par le Tsahal et la volonté politique du premier ministre Benjamin Netanyahu, les civils de Gaza meurent par dizaines par manque de ressources médicales et de vivres et par conséquences des destructions de conduites d’eau potable et d’égouts lors de l’invasion de Gaza par Tsahal en janvier 2009. Le rapport Goldstone, auquel les Artistes pour la Paix ont apporté leur entier appui, y compris sa condamnation des tirs de roquettes palestiniennes aveugles contre la population civile israélienne, a détaillé d’autre part les crimes de guerre et contre l’humanité dont se serait alors rendu coupable Israël. Le sculpteur et vice-président des Artistes pour la Paix Daniel-Jean Primeau avait voulu en mai 2009 constater de ses yeux l’étendue des dommages et apporter son aide aux écoliers de Gaza, mais Tsahal l’en a empêché. Outre son témoignage, d’autres visiteurs d’Israël et de la Palestine nous ont informés du climat de répression régnant : l’écrivaine Margaret Atwood (cf son article The shadow publié cette semaine dans Ha’aretz) et le cinéaste Martin Duckworth, de retour d’Israël ce 3 juin.

3- Des documents signés en 1975 par Shimon Peres où Israël offrait des bombes nucléaires au régime criminel d’apartheid d’Afrique du Sud, prêt à s’en servir contre ses voisins, ont été déterrés. Le Sunday Times de Londres (30 mai) nous apprend que trois sous-marins israéliens équipés de missiles porteurs de charges nucléaires, appartenant à la flotte 7 et identifiés par les noms Dolphin, Tekuma et Leviathan, patrouillent au large de l’Iran et que chacun des colonels à la tête de leurs équipes d’une trentaine d’hommes pourrait y déclencher ces bombes. On vient de constater de la part de la marine israélienne un mépris total de la vie d’humanitaires pourtant animés par une compassion légitime non hostile à Israël. Mesure-t-on le danger de catastrophe sans précédent dans l’histoire de l’humanité auquel nous exposent ces militaires armés de bombes nucléaires, face à un pays gouverné par Ahmadinejab qui a déjà clamé sa volonté d’éradiquer Israël ?

Solution internationale en vue 

Nous appuyons sans restriction l’appel lancé de façon unanime par les 189 nations signataires de la résolution finale adoptée le 28 mai lors de la conclusion de la révision du Traité de non-prolifération nucléaire à New York (ONU). Le Canada s’est félicité de ce succès, sans dire un mot (cf communiqué de Lawrence Cannon, ministre des Affaires étrangères) sur la convocation en 2012 d’une conférence sur un Moyen-Orient libre d’armes nucléaires pourtant un élément clé de cette résolution. Le Canada doit jouer un rôle positif et favoriser cette conférence, en trouvant une façon d’assurer la sécurité d’Israël, sans besoin d’armes nucléaires qui aux mains de militaires à la mèche courte pourraient mener l’humanité entière à sa perte.

Nous prions donc votre gouvernement de

1- demander à l’ONU une enquête impartiale sur l’arraisonnement meurtrier de la flottille de paix par la marine israélienne

2- exiger d’Israël la levée du blocus de la Bande de Gaza

3- de travailler dès maintenant aux côtés de l’ONU au succès de la conférence 2012 voulant assurer un Moyen-Orient sans armes nucléaires

Ont signé :

Pierre Jasmin, pianiste, président des Artistes pour la Paix
Margaret Atwood, écrivain, vice-présidente de PEN international

Robin Collins, écrivain
Martin Duckworth, cinéaste, Artiste pour la Paix 2002
Andrée Ferretti, écrivain
Graeme Gibson, écrivain
Georges Leroux, philosophe, vice-président de l’Académie des Lettres du Québec
Pascale Montpetit, comédienne
Alice Munro, écrivain
Daniel-Jean Primeau, sculpteur, vice-président des Artistes pour la Paix
Yvon Rivard, écrivain
Louise Warren, poète
Claudio Zanchettin, philosophe

Respectueusement et pacifiquement vôtre,

Pierre Jasmin
Président des Artistes pour la Paix, www.artistespourlapaix.org ,
membre de Pugwash www.pugwashgroup.ca
et de l’exécutif du Réseau canadien pour l’abolition de l’arme nucléaire

 

 

 

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